‹ Du MyxédèmeChapitre 2 sur 52 · ONS · texte numérisé non relu

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Au moment de terminer des études déjà longues, qui nous paraissent cependant bien courtes aujourd'hui, il est un devoir qui s'impose à nous ayec une impérieuse douceur :

celui de remercier nos Maîtres. Nous ne saurions oublier

que no#connaissances en médecine sontdues àleurs savantes leçons et leurs sages conseils ; mais il est surtout un point à propos duquel nous ne saurions leur témoigner une recon-

\ naissance assez grande, c'est l'aimable et constante bonté

qu'ils ont toujours eue pour le fils de leur ancien collègue.

Nous ne pensons jamais sans émotion à l'accueil plein de

sympathie avec lequel ils nous reçurent à la Faculté ou dans les Hôpitaux, à intérêt et à la bienveillance extrêmes qu'ils voulurent bien nous accorder en tant de circonstances inoù-

bhables. Vouloir remercier chacun d’eux serait les nommer * tous: qu'ils veuillent bien nous permettre de les réunir dans

une même pensée cle pro ofonde gratitude et de sincère recon-

naissance. à C'est le souvenir à jamais vivant de celui qui fut pour

nous tout ensemble le Père le meilleur et le premier Maitre

qui nous a surtout déterminé à entreprendre pour sujet de

notre thèse inaugurale l'étude du Myxœdème. Le Professeur-

Agrégé Jacquemet fit en effet, à la séance du 3 décembre 1894

de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier ', une communication ayant pour titre «Une ébauche de Myxædème»

il y décrivait un malade présentant à la face et aux jambes un ædème dur et grisàtre, des mains épaisses el rugueuses, apathique au point de vue physique comme au point de vue

! Comptes rendus de la Section de Médecine,

intellectuel, assez indifférent à sa guérison, le sujet paraissait «confit dans une glue interne» ; l'œil et l'oreille étaient restés bons; le poids, qui s'était élevé à 123 kilog., subit une forte diminution sous l'influence de sueurs provoquées par le jaborardi, puis par l'ingestion de glande thyroïde qui amena également une amélioration des mouvements et de l'in: telligence. La glande thyroïde avait était constatée dés le début très atrophiée. M. Jacquemet fit remarquer combien les troubles fonctionnels des glandes vasculaires sanguines retentissent sur lapeau, et provoqua à la séance du 7 janvier 1895 une discussion sur le traitement par «les sucs organiques ». n'avait guère élé question de cachexie pachydermique

jusqu’à ce moment à Montpellier, depuis le cas observé par M. le docteur Blaise, chef de clinique de M. le Professeur Grasset dans le service des maladies des vieillards, et relaté par lui dans les Archives de Neurologie de 1882; cette observalion a été d’ailleurs l’occasion de la thèse de M. Gimié (Montpellier 1883).

Depuis, M. le docteur Houël, chef de clinique de M. se Professeur Carrieu (Montpellier Médical, 1895) et M. le professeur agrégé Espagne (Académie de Montpellier, 4 mai 1896) en ont signalé deux cas. Enfin, une malade à fait l'objet d’une étude très complète de M. le professeur agrégé à Vires (Leçons de clinique 1900), qui est venue donner au. myxædème un regain mérité d'actualité dans nos hôpitaux. Peu après, et presque coup sur coup, se présentaient dans le service de M. le professeur Carrieu, un cas de myxædème assez spécial puisqu'il est combiné à dés symptômes de goitre exophtalmique, et dans le service de M. le professeur Baumel, un cas de myxædème congénital infantile. Nous avons pensé qu'il serait intéressant el utile de joindre les trois termes de cette belle «série clinique» à notre travail, qui deviendra par cela même moins théorique,

eo D : Nous avons divisé cette thèse, qui n'a certes pas la préè tention d’être complète (la chose serait difficile dans un sujet qui touche à une question aussi actuelle que le myxæ-

dème, aussi vaste que la maladie de Basedow), en trois pois dans la première, nous étudions les principaux - caractères et les grandes formes cliniques du myxædème; — E. dans la seconde, nous envisageons les formes frustes que l'on commence à bien connaître ; — dans la troisième, les relations qui existent entre le myrædème et le goitre erophtal- : nique et les cas où ces affections ont été trouvées associées. = Qu'il nous soit permis, avant d'aller plus avant, d’expri- É Ê mer toute notre reconnaissance à ceux qui nous ont plus spé- 4 cialement encouragé et aidé dans l'étude que nous avons. - “entreprise : .

: AM. le professeur Currieu, qui nous à réservé dans son service et permis de publier, dans ce travail, une observation inédite, —qui à soutenu d'une façon constante nos efforts et mis le comble à notre gratitude en nous faisant l'honneur d'accepter la présidence de cette thèse ;

À M. le professeur Baumel, qui à su, d'une façon si aima- ; ble, faciliter pour nous l'étude forcément rapide de sa petite . malade:

. A M. le professeur-agrégé Viresqui, ayant été pas son Cas si intéressant, le promoteur de notre thèse, n'a cessé de nous donner des conseils aussi éclairés qu'amicaux, qui sont pour beaucoup dans l’heureuse terminaison de notre travail: qu'il nous permette de lui en témoigner nos sincères remer- ciements ; ne A MM. les docteurs Meige (de Paris) et Courmont (de Lyon), qui ont bien voulu nous communiquer deux obser- - vations récentes ; — à M. le docteur ÆHortolès, qui, en cette circonstance, comme dans toutes, du reste, a mis à notre entière disposition son amitié délicate et forte ;

Remercions également nos excellents amis na A MM. les docteurs Ardin-Delteil, chef de clinique, Mérel, préparateur de physiologie, et Layré, pour la traduction de nos observations anglaises et allemandes : Na M. le docteur Pelon, chef de clinique, qui à si bien | su diriser le début de l’une de nos observations ; MM. les docteurs Salager et Andrieux, pour l'amabilité avec laquelle ils nous ont donné des renseignements à propos de leurs malades: à M. le docteur Gagnière, préparateur de physique, pour l’art avec lequel il a su fixer, par la photserapis les traits | de l’un de nos cas. F: | | Et de même M. le docteur Teulié, ne de l'Université, pour la liberté avec laquelle ilnous à nn de fouil-

ler une partie de ses nombreux livres.

À Le mvxaur

Ses symptômes — ses formes cliniques

Le myxædème, cacherie pachydermique de Charcot, est un.

syndrome anatomo- -clinique, ne cinq grands caractères. HSE ;

Ce sont : ui d'abord une suppression de . fonction thy=

roidienne qui se manifeste le plus souvent par la disparition ou l’atrophie de la glande thyroïde ; Puisune #nfltration des téjuments, toujours bien marquée, se montrant dans les cas les plus purs sous la forme d’un œædème spécial de la face, des membres et du tronc; Ensuite l'apathie des sujets qui se traduit par la lenteur des mouvements, de la parole et de la pensée; | - Enfin l'amélioration produite dans l'état des malades par l'emploi de /a médication thyroïdienne, one d'une agen rationnelle et prudente ; | Ajoutons que le myxædémateux est, au point de vue des : échanges organiques, dans un état de nutrition ralentie, décelée : notamment par l'examen des urines et de la température. Nous pourrons ainsi caractériser Île myxœædème et, par : suite, Je reconnaître dans les diverses formes cliniques qu'on Jui a décrites. Le =

lbes formes cliniques sont aussi des étapes successivement | parcourues pal Jes auteurs qui ont édifié lg maladie; elles

: sont au nombre de quatre! : deux concernent t l'adulte, Aie portent le nom de »y.rædéme atrophique spontané et de » yxœdème opératoire suivant que la suppression de la sécrétion thyroïdienne est morbide et lente ou opératoire et brusque : expliquons-nous sur ces derniers termes : la forme chirurgicale peut être marquée par des accidents aigus convulsifs, la « tétanie opératoire » qui emporte rapidement le malade, . mais cette forme est rare?, car le chirurgien ne s'adresse guère qu'à une glande altérée à la fois dans sa forme et dans son fonctionnement, et l'organisme, qui s’est habitué, ou à suppléé à la perte de la fonction thyroïdienne, ne réalisera que des troubles progressifs et chroniques : ce sont ceux que, nous aurons surtout en vue, car ce sont les plus habituels et ils se prêtent mieux à la comparaison avec les autres for= mes du syndrome: — le troisième mode se présente chez l'enfant et sera nommé suivant les cas »yrædème congénital ou myrædème infantile (précoce ou tardif): il pourra être causé par la maladie oupar le chirurgien, mais ce qui le caractérise toujours, c'est l'intensité de certains symptômes, dépendant de l’âge du malade, qui en fait, selon l'expression de Thibierge, «la caricature du myxædème » et lui à valu les noms d’ «idiotie myxædémateuse » où de «crétinisme sporadique »; — enfin, dans ces dernières années, certains auteurs, et notamment Kocher (1893), élaguant de l’ancien tableau symptomatique si complexe du crétinisme les observations que l'on devait rapporter à l’hydrocéphalie, à la microcéphalie, à la sclérose cérébrale ou à la surdi-mutité, qui avaient créé comme symptôme commun l’idiotie (si voisine

! Combe (le Lausanne) Le myxœælème. Revue médicale de la Suisse romande 20 Juin 1897, pag. 411. 6

Thibierge; Le myxœ lème, Monographie cliniquè 1898, pag. 3.

? Une thèse a été soutenue à Paris le {1 juillet 1900 Sur «le Goiître exophtafmique et la Tétanie» (M. Fraisseix) : nous n'avons pu nous la procurer en temps utile.

il faut bien F connaitre du crétinisme) ont reconnu dan le crélinisme vrai la forme « endémique » du myxædème'. Mais si la parenté des trois premières formes cliniques a “été nettement établie par la similitude des symptômes, l'identité de l'élément pathogénique et les bons effets d’une | même médication, il n’en à pas été de même pour le créti- : nisme : Bourneville à opposé le goître des crélins à l atrophie thyroïdienne des myxædémateux, mais Kocher a répondu que le goître comme l’atrophie est la cause d’une atténuation de * la fonction thyroïdienne,réfutation vérifiée par les autopsies de Hanau et de Coulon ; —Pel (d'Amsterdam) a objecté le sexe des malades, mais il allait à l’encontre de Baillarger, qui à __indiquéla fréquence du crétinisme, chez la femme, — et leur | âge voulant taire du myxædème l'apanage dé l'adulte, mais ce serait nier le myxædème de l'enfant, établi cependant sur des bases solides et qui aboutit par des gradations insensibles E- au myxædème de l'adulte d'une part, et d'autre part au créti- : nisme lui-même; — Bircher enfin à voulu voir une barrière infranchissable dans l’endémicité, ce qui n’est guère admissible, — et dans cette opinion que le myxædème n'atteignait | pas le squelette dans son évolution : mais l'observation clinique et anatomo- -pathologique pt: plus près de nous, la radio- graphie, ont démontré dans le myxœædème infantile des arrêts du développement osseux qui viennent concorder avec tous les autres troubles trophiques. Le crétinisme semble donc actuellement devoirêtre envisagé, avec Kocher, Régis, Combe, “4 Thibierge, Brissaud, Raymond, Marfan, pour ne citer que Æ les principaux, comme le myxædème endémique.

A ces diverses formes cliniques sont communs les grands … symptômes que nous avons exposés au début: envisageons done ces manifestations primordiales d'une façon un peu

1 Régis; Société de édanie et de chirurgié de Bordeaux, L4 Décembre 1894, Gombe (loc. cit). pag. 269. : 2e

Re = générale, les placant dans chacune des modalités du myx&œdème : ayant montré ce qui existe, nous verrons mieux ce qui

manque et pourrons mieux exposer les formes ae ou

associées de l'affection.

I. La lésion thyroïdienne à été constatée dès la première autopsie par O7d', sous la forme d’«alvéoles comprimés et la plupart du temps oblitérés par du tissu de nouvelle

formation qu'on peut distinguer très nettement autour des.

vaisseaux ». Peu après, Hadden? plaçait au nombre des.

symptômes l’atrophie de la glande thyroïde. Chez l'enfant,

Bourneville et Olier* ne trouvaient en fait de «tumeur thy-

roïdienne que quelques petits nodules appartenant probable

ment à la glande thyroïde», chez le «Pacha de Bicêtre »,

dont l’autopsie devait plus tard démontrer l’absence de glande #. Après eux, nous voyons les auteurs signaler Le plus souvent l’atrophie ou l’absence du corps thyroïde, mais les

chniciens ne pouvaient guère aller plus loin, car les nécropsies -

demyxædémateux étaient rares, etsur le vivant la palpation de l'organe, déjà peu probante, était encore contrariée -par l'épaississement du tégument cervical.

L'intérêt de la question passe alors dans le domaine chirurgical : J.-L. Reverdin® indique à la Société Médicale de Genève (13 sept. 1882) les accidents qui suivent habituel-

lement l'ablation complète de la thyroïde, accidents qui

l'ont fait renoncer à cette opération et qui rappellent par leurs

1 Ord, médico-clinic. Transactions 1877, pag. 57.

2 Hadden; Le myxœædème (Revue Pr Progrès médical, 1880, paz. 608 et 625.

8 Bourneville et Olier; Progrès mélical, 1880, pag. 709.

4 Bournevillo et Bricon; Archives de neuro'ozie, 1836, pag, 309,

5 J,-L, Reveridia; Revue médicale de la Suisse roninle oët. 1882, pag, 539, et Lyon médical, 11 avril-1886,

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caractères le myxædème. Æocher' présente au Congrès-des chirurgiens Allemands (avril 1883) des observations sem- blables à celles de Reverdin, mais il pense quele dommage est imputable plutôt aux lésions opéraloires qu'à la destruc-

tion fonctionnelle de la glande et propose l'appellation spéciale

de«Cachexie Stwumiprive». J.-L. et A. Reverdin rapprochent encore (juin 1883) les accidentsconséculifsalath yroïdectomie

totale de ceux du myxædème et leur donnent le nom de «Myxædème par exlirpation de la thyroïde» ou plus brièvement «Myxœædème opératoire». Kocher lui même, convaincu

parParticlede Serion’,quisans connaitre lesidées de Reverdin

arrivait à la même conclusion, accepte bientôt l'idée de la

parenté de la cachexie strumiprive avec le myxædème et le crétinisme sporadique. Peu après, Brüns*, par l'autopsie d'un

malade thyroïdectomisé depuis dix-huit ans et qui avait présenté la symptomatologie complète du myxædème chirur-

gical (infantile), se rendait compte de labsence de tissu thyroïdien. La lésion thyroïdienne élait élevée du rang de

symptôme à celui de cause: expérimentation d’une part, la

thérapeutique de l’autre, allait confirmer celle manière de VOIr.

Les idées physiologiques directrices sont dues à Seb:

démontre que l’ablation simultanée des deux lobes du corps

thyroïde * amène la mort de certains animaux (carnivores :

chien, chat) dans une somnolenée continue ou entrecoupéé de convulsions. tétaniques — et il attribue le fait à la suppression d’un facteur important dans la nutrition des centres

1 Kocher: Archiv. für Klinik chirurg. XXIX, pag, 254. 2 J.. L. et A. Reverdui; Revue médicale de la Suisse romande (Juin 1883). ? Semoa; Clinical Society of Lon‘lon, 23 nov. 1883 — 24 oct. 1884. Semaine

- médicale, 1885 pag. 66.

4 Brons: Volkmann’s Sammlung Klinischer Vorträge, 1884, pag. 2079, ÿ Schif, Revue médicale de la Suisse romande, 15 février 1884.

nerveux : — tandis que d’autres animaux (herbivores : lapin, rat) supportent parfaitement la même opération. L'ablation successive des deux lobes ‘ chez le chien n’était suivie d'aucun accident (intervalle de 20 jours, ou d'accidents n’empêchant

pas la guérison (intervalle minimum de dix jours) : celte

accommodation de l'organisme à la diminution, puis à la dis-

l'existence d'un organe de suppléance, mais la suppresion

parition de la fonction thyroïdienne, donna à Schiff l idée de

falable des capsules surrénales ne modifia pas ses résul-

pré

lats. Peu après *, Schiff recherchant si la thyroïde agit méca- =.

niquement par sa situation anatomique dans la circulation

cérébrale ou bien chimiquement par la production d’une

- substance nutritive des centres nerveux, pratique lablation …

de

la thyroïde d’un chien auquel il avait, quelques jours aupa-

ra vant,-greffé la même glande d'un autre chien dans le péritoine: l'animal survit indemne, la thyroïdectomie perdait done ses dangers chez les carnivores par la greffe préalable de la

thyroïde d’un animal de la même espèce : c'était encore donner

une belle preuve de la fonction glandulaire du corps thyroïde que confirment du reste l'anatomie comparée, l'embryogénie

et

l'histologie de l'organe *. La théorie mécanique, de régula-

trice de la circulation cérébrale, était réléguée au second plan, — la théorie hématopoïétique (Zézas) ou anoxhémique (Albertoni et Tizzoni, Herzen) ne s’accommodait pas des sym-. ptômes du myxœdème opératoire si peu semblables à ceux. d’une anémie aiguë, — enfin la théorie nerveuse réflexe (Munck, Drobnick, Arthaud et Magon‘), qui s 'accordait peu avec l'absence d'accidents conférée par une petite partie de:

Schif; 15 août, 1884, Schiff, Archiv. fur exper. Pathol, VII, pag. 25,34: Idée expos ‘e en détails in Combe, loc. cit, Dig 36

# Arthaud et Magon ; Soc. biolagie 1891,

ul à 4. dix lobes du sr parmi eux, Hosley ?

reproduit chez l'omnivore le plus voisin del homme, Je singe, les ni formes de . sur de ue en le

. dit lee à animaux opérés à une en cons tante élevée (32°), il arrive à une période Due qui permet une survie de quelques mois, c'est la «période atrophique» qui se rapproche par ses caractères de celle que l’on rencontre habituellement. chez l’homme. Horsley pense cependant uon peut observer ces trois phases chez l'homme: la ernière ne serait-elle pas plus fr équente parce que le chirurgien enlève une glande déjà altérée ou parce que l'organisme de l’homme plus parfait établit plus rapidement des suppléances ? Horsley expliquait les faits observés en joignant à la théorie hématopoïétiqué la propriété qu aurait la glande de rendre assimilables les substances mucinoïdes (métabolisme mucineux). La glande agirait donc, comme L avait dit Colzi (1884), sur les échanges nutritifs. — Ce n'est pas l'opinion de Roy one frappé des ressemblances

‘4 Herzen; Rev. méd. Suisse ‘romande 1889, pag. 105, af Horsley; Bristish medical Journal. 1.1885 et thèse Mackew, Paris 1888- 89 n°44,

‘4 # 3 Rogowitsch Centralbl, fur die med. en. .» 1886, p, 530 et Semaine

5 médicals, 15 nov, 1888, pe 2: . 3 Ja = ie = *

pps

sous la dépendance absolue l’une de l'autre, les parathyroïdes préparant pour ainsi dire la fonction de la thy= roïde et pouvant au besoin la suppléer: au point de vue …

clinique, la suppression de la fonction produirait pour Gley,

soit un «myxædème total », assez semblable à la tétanie du

chien et qui serait dû à la déchéance soudaine de l'appareil

thyroïdien complet, soit un « myxœædème partiel » qui se rap-

proche assez du myxædème proprement dit et qui proviendrait de ce que les glandules ne seraient pas suffisantes à

empêcher les troubles nutritifs mais leur imprimeraient une évolution lente. — Roureau' a vu, lui aussi, Pablation de la :

thyroïde être compensée parune hypertrophie des glandules,

leur seule ablation étant suivie d'accidents plus marqués. — Vassale et Generali? vont plus loin; ils attribuent aux «parathyroïdes » une fonction nb. leur ablation amè-

nerait une intoxication, d'où la tétanie, — à la « thyroïde re

la direction du trophisme général, sa suppression ralentirait : la nutrition, d'où le myxœdème: ils auraient même vu les

accidents tétaniques de la parathyroïdectomie être atténués

par la thyroïdectomie consécutive : pour expliquer ces faits, qui paraissent bien paradoxaux, ils disent que le ralentisse-

ment de la nutrition entraînerait forcément un ralentisse- S

ment de l’intoxication. +

D'autres biologistes se sont occupés de ls question à au point. de vue chimique: un des premiers, Frænkel* extrait de la thyroïde un composé défini, la «thyréoantitoxine » (CH!

A7°0°).— Mais bientôt on cherche à réaliser la dualité fonc-

1 Rouxeau; Soc. biologie, 9 janvier 1897, pag. 17.

ologiq., 1899, pag. 866.

3 FrϾnkel; Wiener, klin. Rundchau et Journ, de Pharm. et Cain. . =

Oité par Lépinois, Thèse Pharmacie. Paris 1899-1900, ne 1,

* Vassale et Generali ; Soc. med. chir. de Modène, 4 juillet 1899. Rev. neu- ;

er ie — 93 — s tionnelle dans la dualité élémentaire: Notkin! admet qu'il ya dans la glande thyroïde deux substances albuminoïdes : 1° La fyroprotéide, en lamelles blanches, produit des échanges intraorganiques, très toxique : si le corps thyroïde n'est que partiellement lésé, elle s’ ‘aceumule dans son épaisseur, lirrite et produit le goitre commun: si la glande est totalement détruite, elle se répand dans l'organisme et amène les accidents strumiprives connus, aigus où chroni- ques suivant la rapidité de destruction de l'organe; mais, . normalement cette thyroprotéide est neutralisée dei le 3 corps thyroïde par — 2° la fhyréoidine, poudre jaune pâle, principe spécifique élaboré par Les cellules de la glande ,encore plus toxique, décomposable en deux éléments, une globuline et un enzyme. Cette thyréoïdine qui enlève normalement à la

: thyroprotéide sa toxicité, n’est pas attaquée par le suc gastri-

que, on pourrait donc Fl administrer aux goîtreux où aux myxædémateux pour détruire chez eux la thyroprotéide aceu- mulée. — /tevilliod? admet, au point de vue clinique, les deux substances de Notkin, la /yroprotéide, déchet organique, et le ferment chargé de la neutraliser, de la détruire et de l’éliminer. Si ces deux substances sont en quantité proportionnelle, l'équilibre physiologique n’est pas troublé ; mais l’une ou l’autre peut être en excès soit d’une façon absolue (surproduction d’une substance), soit d’une façon relative (défaut d’une substance entraînant l'excès de l’autre) et dans ce cas nous aurons l’une ou l’autre des deux intoxications suivantes :

__4{°Si la thyroprotéide est en excès ou bien la sécrétion

thyroïdienne insuffisante, nous aurons du {hyroprotéidisme, ralentissement de la nutrition et de la dénutrition qui se traduira par des symptômes semblables à ceux du « myxæ-

1 Notkin,; Pharm. ZeietRe f. Russland, 1895 et Journ. de Pharm, et Chim., 1896. s ? Revilliog ; Revue médicale de la Suisse romande, 1895, pag. 413.

Res

= of

état que Moussu de de la maladie de: .

Moussu fait donc des deux organes dont l'ensemble constitue

l'appar eil thyroïidien déux organes indépendants et presque 4

antagonistes au point de vue fonctionnel et, par suite, au point de vue morbide. Deux expériences de Moussu semblent être venues apporter depuis une confirmation à sa théorie. C’est d'abord l'arrêt d'accidents tétaniques consécutifs à la thyroïdectomie par l'extrait parathyroïde, alors que l'extrait thyroïde est impuissant ', — c’est ensuite l’ag-

gravalion d’un myxædème et l'amélioration d'un goitre

exophtalmique par la médication parathyroïdienne?, Brissaud? donne aussi à chaque partie de la glande une action différente en rapportant à l'organe « thyroïdien »

le myxædème qui ne se complique pas d’apathie intellec- ”

tuelle et à l'organe «parathyroïdien» (celui dont la fonction est indiquée par l'ablation totale de l'appareil thyroïdien) « l'arrêt de développement de l'idiotie crétinoïde ou l’abrutissement de la cachexie strumiprive »; Brissaud, du reste,

ne fait que préjuger vu la rareté des « cas purs de tout

mélange ».— Gley*, par contre, a admis dès le début l'étroite parenté de la glande et des glandules: ilavait, du reste,montré que le respect d’une seule glandule empêche l’éclosion des accidents; il aurait même vu cette glandule s'hypertrophier et, qui plus est, « perdre ses caractères histologiques embryonnaires pour évoluer vers letype définitif de la glande normale »; d'autre part, la richesse en iode, bien plus grande dans la glandule que dans la glande”* , parait — après l'importance que Baumann a fait accorder à l'iode de la

1 Moussu ; Soc. biologie, 30 juillet 1898, p.. 867. 2 Moussu ; Soc. biologie, 25 mars 1899, p. 242, = Brigand Leçons sur les maladies du système nerveux, 1899, p. 494-504. 4 Gley ; Archiges de physiologie, 1892, p. 35, Gley; Académie des Sciences, 2? août 1897,

ne so | — : thyroïde, — Ci cette. opinion. Ainsi serait démontrée la troisième grande idée de Schiff (ablation successive des deux lobes chez le chien), de la possibilité d’un organe | “vicariant : dans ce cas, ce serait une partie de la thyroïde elle-même qui établirait la suppléance, et cette suppléance . serait même bien préférable à celle qu'on obtient en laissant | en place un fragment de la glande proprement dite, car, = si celle-ci subit le plus souvent une hypertrophie compensatrice, on l'a cependant vue s’atrophier et disparaître même après une simple section de l’isthme (cas de S. Jobnes, - 1883). Maïheureusement, cette idée de la suppléance par la | parathyroïde n'est pas admise ni par Ædmunds (1896), ni par. Cristiani et: Ferrari, qui n’ont jamais vu se produire

l'évolution histologique LE la glandule du type embryonpaire au type adulte, ni par Mouwssu qui admet bien les

; phénomènes de compensaliow, mais les attribue à la sup- pléance par la glandule restante des autres glandules décrites par Nicolas 92 et Kohn (1895), qui sont imcluses dans la glande et qu’on enlève forcément avec elles.

Une suppléance peut cependant se produire, comme le montre le cas où Gley, ayant fait la thyroïdectomie complétée à l'exception d'une glandule, qu'il enleva quelques jours après, observa la survie de l'animal : un organe vicariant

avait dû se développer: la plupart des auteurs pensent à.

à l’hypophyse (Rogowitsch 1888, Pisenti et Viola, Sliéda

1890, Hofmeister et Gley.1892). — Quoi qu'il en soit, 11 physiologie en est arrivée maintenant à discuter deux opinions absolument contradictoires : celle de Mousse, qui.

admet l'indépendance, l’antagonisme même de la thyroïde et des parathyroïdes, — et celle de G/ey, qui admet que les deux parties constitutives de l'appareil thyroïdien sont

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