‹ Du MyxédèmeChapitre 39 sur 52 · EN TIR PET · texte numérisé non relu

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dents myxædémateux: c'est l'avant-dernier hiver (1898- 1899), à la suite de frissons violents et répétés et d’une exagération de symp- {+ômes basedowiens, qu'elle a commencé à sentir que ses jambes enflaient et qu ele devenait plus paresseuse intellectuellement et physiquement.

L'Œdème s'est installé d'abord par intermittence et d’une facon transitoire, puis d’une facon permanente ; il s’est emparé des membres progressivement et en remontant vers leur racine, Cet œüdème était il y a peu de temps bien marqué jusqu'aux genoux et produisait un assez fort élargissement des jambes sans cependant les transformer en « colonnes massives » (on peut du reste le voir = sur notre photographie) ; cet œdème frappe dès l’abord par son teint blanc blafard ; il se laisse déprimer par le doigt, mais après une

certaine insistance (comme pour un pneumatique aux trois quarts gonflé}, puis la peau revient sur elle-même sans laisser de godet ni même la simple pâleur qui persisterait pour un œdème ordinaire. À son niveau, la peau est gläbre et sèche : les glandes sébacées n’ont pas l'air de fonctionner (une feuille de papier à cigarette appliquée fortement ne s’est pas ternie); pour ce quiest des glandes sudoripares, la malade à remarqüé que,la sueur est peu intense au niveau des jambes, même dans les-grands accès sudoraux qu’elle éprouve du fait de son goître exophtalmique, accès qui sont presque constants la nuit ou qui la forcent quelquefois en été à changer de linge deux fois de suite. La peau œdématiée ne peut être plissée qu’en un assez large pli, on peut la faire glisser sur les organes -sous-jaceuts ; elle n'est pas le siège. d'une desquamation. Nous verrons les modifications de cet œdème sous l'influence du traitement thyroïdien, — Mais depuis que la malade n’a plus voulu s’y soumettre l'enflure s’est marquée au ventre : la malade sent pour ainsi dire cette région « enfler », elle ne peut s'asseoir qu'avec peine sur son lit à causedu coussin adipo-ædémateux qui s’est constitué, Les mains sont petites et potelées, presque « succulentes » mais … non déformées, ne constituant pas la « la Spade licke » de Gull ; | les avant-bras et Les poignets sont légèrement enflés.

A la face, l'œdème est peu marqué; il en existe cependant au front et aux joues, qui ont l'air d'être un peu grasses et un peu brillantes. Les paupières né. renferment pas précisément de l’œee joper elles sont plutôt repoussées et fortement plissées par l'œil

proéminent. C est, du este surtout cette exophtalmie qui caracté- | rise le faciès de la malade, les yeux paraissent plus gros d’ un tiers S qu'habituellement et le regard est fixe: La physionomie de la malade n’a pas l'aspect de la «colère figée» {Potain), mais plutôt ui = air tranquille et peu expressif qui devient cependant assez vite craintif. Le front est orné de quelques rides surtout sur les côtés et couronné de cheveux tout à fait blancs, très fins, assez ESpACÉS ; la chute du Système pileux, assez marquée pendant les deux dernières années, s'est un peu atténuée. Les ongles poussent moins : vite. La dentition est devenue mauvaise. $ .

En même temps que l'ædème, s'est développée chez notre malade la lenteur caractéristique des mouvements, de l'intelligence et de la parole. Pour cette dernière, la chose est assez marquée : quand nous l’interrogeons, elle ne nous répond pas avec cette volu- … bilité que l'ontrouve si souvent dans le goître exophtalmique, mais même lentement, sans se presser, la voix étant monoloneetcomme « traînée » — L'intelligence est intacte, normale ; cependant nous devons remarquer qu’au faciès inquiet correspond un caractère pusillanime ; la malade a toujours: peur qu'on «lui fasse mal », ce qui est bien peu en rapport avec le myxædème ; mais corres-. pond plutôt à cet état « d'anxiété spéciale » (Charcot) qui est peutêtre le prélude de la « mélancolie anxieuse » (Devay) de certains Basedowiens. Tout effort (couture, lecture, : attention soutenue) : la fatigue. La mémoire s'est atténuée pour les faits récents. Au point de vue affectif, la malade a remarqué que depuis sa maladie elle est devenue de plus en plus indifférente aux choses et aux ; .

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