‹ Du MyxédèmeChapitre 38 sur 52 · HAN · texte numérisé non relu

HAN

- , moder les voisins »; depuis que la malade est à l’hôpital, cette sorte

d’aura est supprimée et la crise commence par une sensation de « piqûres d’aiguilles » dans la région du cœur; puis, le cœur se met à battre violemment, « dans les oreilles », et en même temps la malade éprouve une « sensation d'étouffement », mais qui reste précordiale, différant en cela de la boule yon. En même temps les yeux grossissent, la malade ayant la sensation de leur

projection. Le cou ne grossit pas ; pas de battements cervicaux, ni

aux tempes. Il y a, de plus, du vertige et de la toux. Au moment

où la crise va se terminer, la malade ressent des bouffées de cha-

leur, le plus souvent suivies de sueurs profuses.— Ces crises sont fréquentes : depuis deux ans, il ne se passait pas de semaine qu’elle ne les eût deux ou trois fois; — au mois de janvier, elle en avait une toutes les nuits (remarquons que ces crises paraissent influencées par le froid, à Balaruc, par les bains, qui n'amenaient

qu'une amélioration de quelques heures, suivie d'une pénible

recrudescence) ; — mais, depuis quelque temps, elles sont plus

espacées et moins violentes. — Il nous a paru intéressant de rap-

porter ces crises dans leur entier, car elles ne rappellent qu'incomplètement les crises de pseudo-angines de poitrine décrites par Huchard et, d’un autre côté, la malade ne présente actuellement pas de stigmates d’'hystérie (pas de zones hystérogènes, champ visuel plutôt étendu, sensibilités pharyngienne et cornéenne normales), sauf un peu d'hyperesthésie cutanée peu marquée à la face, mais nette aux membres et au tronc, où elle semble exagérée au niveau des centres sympathiques. Les réflexes sont marqués aux poignets, les réflexes plantaires diminués; les réflexes rotuliens ne seraient guère caractéristiques, à cause de la douleur provoquée par l'hydarthrose. L’épilepsie ne saurait être incriminée malgré de grands vertiges avec tendance à tomber à gauche. M. le professeur Carrieu pense qu'il s’agit probablement ici de crises hystériques mais auxquelles la maladie de Basedow donnerait un siège et une forme spécialement cardiaque.

L'hystérie nous paraît devoir être acceptée même en l'absence

à de symptômes, la malade ayant présenté chez elle des accès

1 Nous avons bien regretté de ne pouvoir déterminer la résistance électrique qui aurait peut-être pu nous fixer à cet égard.

caractérisés par le médecin qui la soignait à cette époque de

« véritables accès de manie », avec surexcitation intense, ten-

dance à tout briser, etc.: la malade se-demandait même souvent

«si elle n’allait pas devenir folle », ce qui permettrait presque de: penser à la folie basedowienue. Mais cette situation semblait être la

suite naturelle d'une modification dans le caractère, qui était devenu irritable et changeant, inquiet et surexcité. Pas d’alternatives -d’agitation et de dépression; pas d'idées délirantes ni d'hallucinations.Cependant remarquons que le sommeil est très irrégulier, la malade se réveillant toujours avec des cauchemars, qu'elle continue quelquefois à vivre un peu après le réveil. = Comme autres symplômes nerveux, notons des douleurs que

la malade appelle « névralgiques »: il a existé en effet à un.

cerlain moment de la rachialgie, très violente, bien entre les deux épaules qui forçait la malade à se courber en deux pour marcher {on n'était alors qu'au début du traitement thyroïdien) “= des arthralgies très douloureuses de l'épaule, du coude et du genou : celui-ci était aussi le siège d’une ‘hydarthrose qui avait augmenté le volume de l'articulation et permettait de déterminer le choc rotulien surtout à droite, et cela bien que la rotule fût enfouie dans

l'ædème et le tissu adipeux et malgré la résistance instinctive de

la malade, qui ressentait une vive douleur dès qu'on touchait à

l'articulation; — enfin des crampes musculaires qu'elle anal se. y

parfaitement (durcissement du muscle, son relâchement, fatigue. douloureuse consécutive). Ajoutons que depuis quelque temps elle éprouve des démangeaisons continuelles etirès PERS et des. sensations de fourmillements.

Nous parlerions bien d'autres symptômes constatés chez notre malade, tels que la raie méningitique que nous avons vue fort nette sur le thorax, un peu moins sur l'abdomen, — des crises de boulimie, — l'impossibilité de faire de grandes inspirations {nombre derespirations 16 à 18 par minute), etc. Mais la maladie de Basedow nous paraît suffisamment caractérisée. — La plus grande partie de ces symplômes existent encore aujourd'hui (22 juillet 1900) ; pour ce qui est de leur début,la malade, bien qu'intelligente et s'observant bien, n’a pu simplement que le reporter à une époque assez éloignée. .

Par contre, elle a bien su nous dire la date d’ apparition des aCCi=

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