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sensation d'angoisse : ces accés, d'abord hebdomadaires, devinrent quotidiens. : $
Accès de toux sèche, nausées, légers Voie moe Constipa= tion où au contraire diarrhées profuses. Les règles se supprimè-. rent. À plusieurs reprises, diplopie. Par moments, polyurie et. pollakiurie. Urine pauvre en acide urique et urée. — Enfin sur+ vint un endolorissement généralisé, empéchant les mouvements ‘spontanés et même provoqués. ne ya or mois, la marche devint impossible.
À son entrée à l'hôpital (12 etre 1890) la re était inca- 3 pable de faire aucun mouvement volontaire. Elle restait assise, 4
immobile sur son fauteuil, Les mains étendues sur les genoux, la tête penchée en avant, renfoncée ‘dans les épaules, le dos voué, {assée sur elle-même, ne remuant même pas la tête pour regarder de côté, les jambes à demi-fléchies, et incapable de se soulever volontairement. La physionomie était inerte, peu expressive, empreinte d'une certaine langueur ; le masque peu mobile tradui- … sait un léger degré de torpeur cérébrale. — Mais ce qui. frappait d’abord, c'était un gonflement énorme des membres surtout pro-. noncé aux extrémités : les mains étaient tuméfiées sur le dos; les doigts, énormes à la base, s ’effilaient à L extrémité, ils n'étaient pas étendus complètement {attitude de la main qui tient une sphère : un peu grosse). Les mouvements spontanés des doigts et du pois. gnet étaient impossibles ; ceux du coude et l'épaule presque nuls. Les mouvements provoqués déterminaient dans toutes les articulations une douleur très vive. — Cet œdème était beaucoup plus dur et résistant que l'ædème ordinaire ; l'empreinte du doigt ne persiste pas. La peau n’est pas pâle et transparente, mais à sa couleur normale ; elle est rugueuse et sèche. — L'ædème est encore plus considérable aux pieds, qui ont un aspect véritablement éléphantiasique. Sur Le dos du pied il est légèrement dépressible, mais à la jambe sa consistance rappelle celle de la sclérodermie.— La face est légèrement bouffe, le cou énorme, les creux sus-claviculaires sont saillants et comme boursouflés par des pseudolipomes. Le tronc est également le siège d’un léger gonflement, mais beaucoup moins appréciable, la Hole étant grasse à Pétat normal.
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Les articulations, douloureuses, présentent des ee ë
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. assez forts. Les poignets sont déformés, globuleux, cylindriques ; on sent par la palpation que les têtes articulaires et l'appareil ligamenteux participent au gonflement. A la pression, on a une Sensation de rénitence rappelant celle d’un kyste synovial irès tendu. Les articulations des doigts sont aussi très hypertrophiées. > Les genoux présentent une déformation et un volume considéra-
bles : bosselés dans tous les points où l'appareil ligamenteux est
plus lâche, comme si l'articulation était le siège d’un épanche- - ment. Elle n’en contient pas cependant, mais on constate ici encore une hypertrophie des têtes osseuses et de la capsule fibreuse. Aux chevilles, tuméfaction moins marquée. Sur le cou-de-pied et au
niveau des deux malléoles, saillie globuleuse donnant la ue
… d'un kyste très rénitent et à capsule épaissie.
Nombreuses taches pigmentaires (tempes, joues, poitrine, cou bras, pieds, notamment autour de l'articulation du cou-de- pied).
Des démangeaisons dans le dos, à un moment du prurit vulvaire.
En y apportant un peu d'attention, on constate une légère exophtalmie, plus marquée à gauche. Elle a toujours eu du reste les
yeux saillants ; actuellement ils sont brillants, les réflexes pupil-
laires normaux, le champ visuel légèrement rétréci (?). La malade a de la diplopie quand elle regarde en haut {[parésie du droit infé-
rieur droit) ou en haut et à gauche {parésie du grand oblique). Les
paupières se relèvent avec une certaine paresse el incomplètement, … l'œil toujours à demi ouvert.
Pas de goitre ; on ne sent pas les lobes du corps thyroïde, Le cou
est du reste uniformément développé. Pas de battements,
- Cœur, aucune lésion, bat régulièrement et au calme de 110 à 120, mais la moindre émotion, le moindre eg lui donne une accélération de 160.
Tremblement très marqué, à petites oscillations rapides, des
mains.
L'auscultation de la poitrine ne révèle rien, —- malgré une toux
laryngée, rauque, revenant par accès, accompagnée de dyspnée. Pas d’expectoration. Les urines sont normales. Les sensations de chaleur s'accompagnent d'une élévation nola-
ble de la température, qui atteint 38°! ordinairement. Je froid - et la chaleur lui paraissent excessifs l’un et l'autre.
Légère anesthésie laryngée, peut-être un peu d’hyperesthésie.
région précordiale, un léger massage des articulations et des mou-.
ju
Pas de paralysie, de spasmes, ni de COR ITACMRE ReDeRr FOIE e. normaux. me Les règles, re depuis cinq ans, n ont pas paru HU deux mois.
La résistance électrique est très diminuée el n'est que 4
1700 ohms. : :
La faradisation et la galvanisation quotidiennes à cou et de la.
RER CARS are Der ue
vements passifs modérés, ont amené des modifications qui, du côté. de l’æœdème, ont été résumées dans le tableau suivant :
es Die es LS
19 nov. 5 déc. 15 déc. 31 déc. 8 janv. 24 janv. 23 fév. 7 avril
Co nome 00 10 30 19208 3112 97,437 3612 SUR Main droite ..... 20 2147221 21 201/2 201/2 201/2 201/2 2 (Partie moyenne) de En * Roignet droit...... 191/2 191/2 ‘191/2 19 19 181/2 181/2 18172 {€ Jambe drôle. r,) 417: M0 Ha9re 4397 1868 8803707 50472 (A dix centimètres Fa :
au-dessous de laro- 4 tule), ES Cheville droite... 31/20 3314/2 33 93 82 52 | 5194.30 à Gou de pied droit... 30 ‘© 294/2 27 9264/2 27 28 271 26 3/4 x
(Les chiffres ous pour le côté gauche sont sensiblement parallèles:
2500 ohms {22 nov.),
Pendant ce temps, les règles réapparaissent. La malade coM- + mence à à marcher, d’abord soutenue par des ailes, puis seule en.
s'appuyant sur une canne ; au mois de mai, elle peut descendre : seule un escalier de vingt marches. — Beaucoup moins émotive; : tes doigts reprennent leur souplesse; elle peut mangér seule. et * s'occuper à de petits ouvrages de femme. — Le sommeil est plus * régulier. — La résistance électrique remonte successivement à * 2700 (6 janv.), 3200 (2 avril), 7800 (10 juin). C'est la date de sa sortie. - Ÿ
A ce moment, l’ædème est considérablement atténué sur tout le corps : la face paraît diminuée, le cou (diminué de 4 cm. ) paraît aminci, les creux sus-claviculaires sont plus déprimés. Les mains peuvent se fermer complètement et les doigts ont repris leur forme presque normale. L'œdème persiste seulement aux jambes à leur : extrémité. — La diminution de l'ædème au niveau des articulations permet de mieux constater l'épaississement des surfaces arti- à culaires et le relächement des ligaments. — La pigmentation ne.
persiste plus qu'aux pieds. — Encore un peu de parésie de la musculature de l'œil, d’où de la diplopie dans certains mouvements du globe oculaire ; mais les paupières se relèvent complète-
ment. — Le pouls n’est plus qu’à 90, l'exophtalmie n'est plus
guère appréciable. Le tremblement persiste encore. — Un examen très complet des urines montre une diminution de la moitié dans l'élimination de l'acide urique, de l’urée, des phosphates et des chlorures, signe de nutrition peu active; cependant, l’urée, quoique au-dessous de la normale, s’est bien relevée depuis avril. :
OBSERVATION X. (Résumée)
Von Jaksch (Réunion des médecins allemands à Prague, Prager : medicinische Wochenschrift 1892, n° 49, p. 602)
La malade observée, le 14 octobre, souffrait depuis trois ou quatre ans. Le premier symptôme observé avait été l’exophtalmie de l'œil droit, suivie de celle de l'œil gauche. En même temps se manifcs -
taient des palpitations et le cou commença de grossir « comme si on
.l'exprimait ». La malade fut soignée pendant quelque temps dans
uné clinique ophtalmologique.
Le symptôme qui frappe le plus à son entrée est une exophtalmie énorme qui, jointe à l’ahsence de l'oblitération palpébrale, a amené des altérations du bulbe oculaire qui ont entrainé la perte de la vue. On remarque aussi un goître considérable et, du côté de
+ l'examen du cœur, de Ja tachycardie (120-150) et de l’arythmie. En
qu mot, tous les symptômes cardinaux de la maladie de Basedow. Remarquons en outre que « le passage de l'électricité est beaucoup plus facile, les muscles réagissant déjà à des énergies de courants qui, chez le sujet normal, ne sont suivies d'aucune réaction » t. Mais le malade présente encore deux symptômes qui rendent le
fait particulièrement intéressant : le premier n’a été, aussi loin
que porte ma connaissance bibliographique, opservé que trois fois :
+ 4 La diminution de la résistance électrique avait déjà été décrite par Vigouroux (Progrès médical 1887.et 1888). Charcot (Leçons du mardi 1888) et Renau (Thèse Paris 1890. no 213).— d.
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à deux r eprises par Sollier, une fois par Kovalevski et par Môbiust : : si l'on examine les extrémités inférieures, on remarque qu elles ‘sont incomparablement plus épaisses que les extrémilés supérocessus inflamma-
à état où je l'ai trouvé le 14 cèpes à “ah près que l'épaisseur des extrémités
inférieures a peut-être un peu diminué depuis notre observation. À Un examen plus minutieux nous donne la conviction que lasubs+ tance qui infiltre le tissu sous-cutané est plus résistante qu ‘une 4 infiltration liquide. Cet élat de la peau nous remet én mémoire ; celui que Gull {en 1873), puis Ord et d' autres décrivirent sous le e nom de myxædème, dont la cause est attribuée à une Hope de 2. ? la glande thyroïde. +
Von Jaksch pense qu'on doit édifier sur le fond de l observation x actuelle.une nouvelle théorie de la maladie de Basedow et donner de ce chef à la thyroïde un rôle important. Mais dans ce cas ilpense beaucoup plus que c'est une complication de la maladie de Basedow. Le tissu glandulaire du corps thyroïde s'hypertrophie constamment dans cette maladie, mais c'est seulement dans les cas où il s'hypertrophie et perd sa lonction aie se produisent les sur 7 tômes du myxædème.
Le second symptôme important sianal par Von J oh est cons- ‘ titué par les contractions énergiques se produisant du côté de la
. mimique quand on excite mécaniquement le facial: cette excitation rappelle le symptôme cardinal de la tétanie; dans certaines formes de cette maladie, du reste, la lésion de la glande thyroïde “joue un rôle. L'excitation galvanique est aussi augmentée, mais on ne peut rien conclure, car elle peut être causée RTATNnE
par la conduction plus rapide de l'électricité, :
DT RP T EN PET APE TE OP PE D DOTE I ie
ui AO 2 RS TT PU OT TO TT
1 Nous n’avons pu retrouver l'observation de Mobius qui, du reste, dans son plus récent ouvrage (Die Basedow'sche Krankheit, Wien 1896; p. 63-64), s'oc-
cupant de l'association des deux maladies, cite les principaux cas mais ne fait pas allusiün à un cas personnel $i le fait existe,
il se trouve probablement i in se Deutsche Zeitschrift für Nervenheilkunde 1891, où Mobius examine différentes Er
associations pathologiques de la maladie de EASGORW et indique sa théorie pathogénique.
ie —
OBsERvATION XI (Résumée)
Olser oha PAS Hospital Bulletin, Baltimore 1892 p. 42)
R: D: 93 ans, Hérédité : ni goître, ni trouble nerveux. — La maladie actuelle commença il y a 3 ans 1/2 par de la constipation, des troubles gastriques et une sensation de froid. Le gonflement débuta à la face et aux mains : du côté de celle-là il n' y avait ni trouble de la sensibilité, ni trouble de la motilité : le malade sent sa face épaisse, engourdie : les paupières sont parfois enflées. Les pieds et les jambes n'étaient pas plus enflées à cette époque qu’ils ne le sont maintenant, L'hypertrophie de la thyroïde survint à la même époque. Occasionnellement, il a eu des palpitations.
Etat actuel : C’est un homme bien bâli et de musculature audessus de la moyenne. La figure paraît un peu épaisse et enflée ;
du elle l'était plus il y a trois semaines (le malade le sent quand il
rit); la couleur des lèvres et des conjonctives un peu atténuée. Pas d'éxophtalmie. On ne peut pas déterminer de godet d'æœdème, et les paupières supérieures seules semblent un peu enflées, La langue est propre. — La thyroïde est agrandie symétriquement dans ses lobes moyens et latéraux ; les battements sont marqués : il semble y avoir une impulsion diffuse de toute la glande et non un simple choc transmis par la carotide ; son auscultation permet de constater un murmure systolique grave sans pression du stéthoscope. Sur les bords latéraux le murmure est une aspiration continue. Les veines ne sont pas. distendues. — Cœur bat peu ‘énergiquément. Pas d'accroissement de la matité cardiaque, Souffle doux apexien, systolique, ne se propageant pas dans l’aisselle, Pouls 84.— Les urines ne contiennent ni albumine ni sucre, :
L’ergot de seigle à la dose de xx. XXV et XXX gouttes a amené à deux reprises la diminution de l'æœdème facial et des mains; le malade a repris son travail, il n’a pas présenté de troubles mentaux:
— 148 — Te .
Osservarion XII (Résumée)
“Harris et Wright (Manchester Royal Infirmary. Th. Lancet 1892 p. 198)
Me T..., 48 ans. Dans la famille ni goitre ni myxædème. — 3
y a neuf ans, à la suite d’une violente bronchite, elle conslata que son cou avait grossi; malgré des badigeonnages à l'iode, son cou
devint de 6 en plus gros. — Puis il diminua, et la malade cons-
tata que les chevilles et le ventre grossissaient de temps entemps;
les mictions devinrent fréquentes même la nuit. — Il y a environ deux ans el demi, nouvelle attaque de bronchite encore plus grave : l’enflure des pieds et des mains s'accroît el gagne même la face. À ce moment; le cou avait presque repris ses dimensions naturelles. — Depuis et dans l'intervalle de deux ans, elle voit se développer la lenteur de la parole, l'œdème de la face, de Ja faiblesse, une sensation de constriction du côté de la tête el l'impression que: sa bouche est devenue plus petite que d’ ordinaire.
Au moment de son admission, la malade est d’une assez forte corpulence, La peau est sèche el épaisse, mais elle n'est ni dure
ni squameuse ; elle est dans son ensemble d'une couleur jaune,
lisse, mais sur le nez et sur une certaine étendue des joues elle est rouge terne. Les ailes du nez et des lèvres sont rouges et épaissies. Le front est sillonné par trois ou quatre rides. Les conjonctives sont œædémateuses et brillantes ; les paupières sont notablement enflées, pâles et translucides. La bouche, les gencives et le palais ” sont plutôt ædématiés, La langue est notablement élargie, un peu pâle : ses bords sont marqués par les dents. — Le cou est flasque
et mou, et sa palpation donne la sensation de quelques vestigés durs et disséminés de la glande thyroïde. — Lés mains ne sont
pas démesurément grandes, les doigts sont effilés ; la peau qui les recouvre est sèche el rugueuse. — L'abdomen proéminé à l’om-
bilic ; pas d'ascite. — Pas d’œdème des jambes; peau des pieds
sèche et cornée. — La malade est très intelligente. Parmi les organes des sens la vue a seule diminué. Sensibilité diminuée. Réflexes rotuliens, du poignet et de l'olécrane diminués, réflexes plantaire, épig: astrique et abdominal nuls. — Parole notablement
diminuée. Mastication el déglutition etes: — Pouls 60. Cœur
Es y EN EN Eal
DES 1 PDP MARTY E EE TR TO ET à 7 EU CT PO EE NE DER ARTS PORTES De TS TA ul * SAT TER A PA s ! it AS 27 ;
normal. — Urines : ni sucre ni albumine, Sang : globules rouges 5 970.000, pas d’excès de globules blancs, taux de l’hémoglobine à peu près normal.
Le 4 avril on lui greffe la moitié d'une thyroïde de singe sous chaque sein. L'amélioration se maintint encore pendant quelques semaines, puis la malade retomba dans le même état. Un nouveau soir à l'hôpital l'améliora.
(Nous avons cité ce cas parce qu'il est signalé par la plupart des auteurs, mais la maladie de Basedow est bien fruste réduite à un
goitre que les auteurs n'ont même pas différencié d'un goitre
ordinaire ,— J.
OBsErvaATION XIII (Résumé) Williams (Notthingham méd, chir. Soc. — Brit. med, Jour, 1893 I 799)
Femme de 30 ans futsuccessivement atteinte de ces deux maladies. Elle présente les symptômes de la malade de Graves pendant
qu’elle résidait dansle Derbyshire. Après modification de ses occu- - pations et un traitement par l’arsenic elle revint tout à fait bien.
Cinq ans après, elle devint languissante et apathique ; la face
bouffie ; ses mains et ses bras deviennent aussi volumineux et le
siège de crampes; pas d'albuminurie.
— Le Dr Broadbent pensa que ce cas était du myxædème avancé,
ce qui est aussi l'opinion dé l’auteur.
— L'arsenic et le fer amenèrent une amélioration. Mr Williams considère que l’hyperactivité fonctionnelle de la thyroïde (ce qui pourrait bien être le cas de la maladie de Graves)
pourrait s'accompagner. d’une période d’épuisement et finalement
de l’atrophie de la glande, si-souvent constatée dañslemyxædème.