EXAMEN DE LA TUMEUR
Nous avons parlé plus haut de ses rapports, nous ne nous occuperons ici que du tissu. A l'œil nu, c'est par place l’aspect du sarcome, mais sur une plus grande étendue celui du tissu muqueux, masses gélatineuses, de colorations diverses; par points, c'est plutôt un liquide gluant qu'un tissu solide.
Au microscope, l'on trouve :
1° Du sarcome à petites cellules et à cellules fusiformes ;
2° Des points où les cellules rondes sont écartées par une subs:
tance intercellulaire abondante.
Sn
3 Des fibrilles conjonctives comme dissociées par un liquide; aspect analogue à celui que donne la boule d'œdème,
Dans les points ou la tumeur envahit le muscle, on voit les faisceaux musculaires comme dissociés par un tissu œdémateux de même aspect que celui que nous venons de signaler.
OBSERVATION VIII Myxome de la jambe. — Ablation
Douris-Begon (Claude), 43 ans, aiguiseur de rasoirs, demeurant à Lombard, près Thiers (Puy-de-Dôme), entre à l'Hôtel-Dieu, opéré par M. le professeur Poncet le 28 octobre 1884. (Personnelle).
Rien à noter, du côté de l’hérédité, son père est mort subitement à 68 ans, sa mère, âgée de 8l ans, est encore vivante et très robuste. Lui-même a 4 enfants qui se portent bien.
A l’âge de 8 ans, il eut au pouce droit une lésion de nature inconnue, une incision fut nécessaire ; depuis lors, les fonctions de ce doigt sont fort incomplètes. Il y a 5 ans 1/2, lygroma du genou gauche, traité avec succès par une incision. Cette affection peut être attribuée à la profession du malade, qui l'oblige à travailler couché à plat ventre. Pas d'excès alcooliques.
Le début de l'affection pour laquelle il entre à l'Hôtel-Dieu remonte à l'année 1880. Cette année, le malade vit apparaître au-dessous de la malléole externe une tumeur qui avait le volume et la forme d’une noisette, le jour où il s’en aperçut. L'année suivante, d’autres petites tumeurs apparurent dans le voisinage, de sorte que trois ans après le début de l’affection, l'ensemble de toutes ces grosseurs constitua une tumeur d'un volume considérable. Le tout s'était formé sans provoquer de douleur, et actuellement encore le malade peut marcher sans difficulté d'aucune sorte ; c'est ainsi que, deux jours avant l'opération, il put se promener toute la journée à Lyon, sans éprouver dans la jambe malade plus de fatigue que dans l'autre. Diverses applications révulsives ou dérivatives avaient été faites sans succès, le volume de la tumeur inquiétait le malade etsa marche envahissante, en dehors de tout phénomène douloureux, le décida à venir se faire opérer.
Au moment de son entrée à l'Hôtel-Dieu, la tumeur est considé-
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rable ; elle constitue derrière la malléole externe une série de tuméfactions à consistance peu ferme, formant une traînée qui se propage en haut suivant la direction des muscles péroniers, pour aller se confondre avec les muscles du mollet.
Cette tumeur ressemble beaucoup à celle que pourrait constituer une synovite développée sur les gaînes des muscles péroniers. Cependant, sa consistance différente et sa prolongation en haut jusque dans le mollet suffisent pour écarter cette hypothèse. Un peu d'œdême dans le voisinage.
29 octobre, — Opération. — M. Poncet pratique l'ablation de la tumeur. L'opération est assez pénible, la tumeur se confondant par points avec les muscles, des fragments de ceux-ci ont dù être enlevés. Mais, comme dans d’autres points, la tumeur est encap. sulée, M. Poncet espère que l’ablation aura été complète. Les suites de l'opération étant bonnes, un pansement est appliqué avec beaucoup de soin, et le malade, renvoyé chez lui, au bout de peu de jours (le 4 novembre), ne doit l'enléver que dans un mois.
À cette date le pansement fut enlevé et la cicatrisation s'opéra.
D'après les renseignements qui nous ont été fournis soit par le Dr Dumas, soit par le malade, on aurait constaté un mois après l'opération, l'existence d'une tumeur superficielle qui fut énucléée, et à la suite de quoi la cicatrisation se fit.
Actuellement le malade marche aidé d’une béquille et d’un bâton, il éprouve seulement dans sa jambe quelques crampes ou engourdissements.
En somme, d'après ces renseignements, il est difficile de dire s'il y à ou non récidive actuellement. Toutefois, l'existence de la tumeur extirpée par M. Dumas, et la gène fonctionnelle actuelle accusée par le malade, nous font craindre qu'il en soit ainsi.