‹ Du Myxome Diffus du Tissu Cellulaire des MembresChapitre 27 sur 29 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Quelle est la conduite à tenir en présence d’un myxome diffus des membres ?

La première question à se poser est la suivante : Faut-il intervenir où abandonner la tumeur à sa marche naturelle ? Pour y répondre, il faudrait être bien fixé sur l’évolution naturelle et le résultat définitif des opérations. Notre travail pourra être le point de départ de recherches précises sur ce sujet, mais nos observations sont trop peu nombreuses ou trop récentes pour trancher le différent. En l’absence de documents, on est obligé de se conduire par analogie, en se basant sur ce que l’on fait en présence d’autres tumeurs. Nous croyons qu’en l’état actuel, bien peu de chirurgiens ne tenteraient pas d'obtenir une guérison définitive, même au prix d’une amputation, et nous considérons l’intervention comme un devoir.

L'intervention étant regardée comme la règle, quelle doit-elle être ? Dans quelques cas, l’amputation s’impose. Dans d’autres, on peut hésiter entre l’extirpation de la tumeur et l’amputation du membre. Résoudre dans le bon sens cette délicate question de pratique chirurgicale est le but principal de notre travail.

On a fait des ablations de tumeurs dans deux circonstances différentes. Tantôt il s’agissait d’une opération palliative destinée à donner quelque répit au malade. À cet égard, on peut avoir la main forcée par

ore les volontés du malade, mais d’une manière générale nous ne conseillons pas l’ablation palliative. La récidive est trop prompte et l’on est obligé de renouveler si souvent les opérations, ue la durée de la maladie n’est guère qu’un long et continuel traitement. Tantôt en enlevant la tumeur on espère débarrasser définitivement le sujet de sa maladie : espoir bien souvent décu. Nous croyons que si ces tumeurs étaient prises tout à fait au début et qu'on put couper largement autour du néoplasme, on éviterait les récidives. Mais à la période où les malades se présentent, on ne peut guère faire des ablations larges. Interrogeons les faits : De tous nos malades, traités par l’ablation, pas un seul, nous l’avons vu, n’a échappé à la récidive. Un seul pourrait être excepté, et encore sa guérison n’est pas vieille de plus de hiut mois. C’est que, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, on ne peut pas faire des ablations larges sans couper les gros troncs artériels ou les nerfs d’un membre, ce qui donnerait un résultat inférieur à l’amputation.

Nous ne nous opposons. pas cependant à l’extirpation de ces tumeurs : si on les constatait dès le début, cette méthode de traitement serait nettement indiquée. À une période plus avancée, vu l’innocuité de ces opérations, nous ferions volontiers une, peut-être deux tentatives de conservation. Mais nous pensons qu'il ne faut pas trop multiplier ces essais, qui font perdre du temps au malade, sans lui donner une existence agréable.

Si Cottet (Observ. V) avait consenti plus tôt à l'opération, il est probable que l’amputation du bras

Se

lui eut conservé la vie. Si Chavanis (Observ. VIT) eut réclamé encore une ou deux ablations de sa tumeur, il est possible que la désarticulation de l’épaule fut devenue impraticable ou inefficace.

L’amputation est l’opération qui (on ‘pouvait s’ attendre) à le mieux garanti contre les récidives, et souvent les ablations de tumeurs n’ont fait qu’entretenir le malade dans une illusion bien compensée par les soucis de l’opération et les soins consécutifs.

Nous croyons qu'il ressort de nos observations cet enseignement : « Proposons de bonne heure l’amputation du membre; ne multiplions pas les extirpations de tumeurs. »

Quelques considérations relatives à la nature de lamputation pourraient modifier tes conclusions. Si l’amputation à pratiquer doit être la désarticulation de la hanche, on pourra y regarder à deux fois et recourir plus souvent à l’extirpation de tumeurs, si elle est praticable, se contenter parfois de l’opération palliative.

Enfin une tumeur située trop près du tronc pourra n'être pas justiciable de l’amputation.

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