‹ Du Myxome Diffus du Tissu Cellulaire des MembresChapitre 26 sur 29 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

On a souvent opposé la bénignité relative du myxome des membres à la malignité des myxomes des glandes; sous ce point de vue, il en serait de cette tumeur comme de l’enchondrome relativement bénin dans les tissus en un certain sens homologue, comme le tissu osseux, malin dans les autres organes. Nos observations nous montrent qu’il faut se méfier de la bénignité du myxome du tissu cellulaire, au moins dans ses formes diffuses. On ne, saurait le comparer sans doute à d’autres variétés de cancer, mais néan-

moins les résultats définitifs ne sont pas très encourageants.

I paraît démontrer que le myxome diffus n’infecte pas l’organisme par la voie lymphatique, comme le cancroïde par exemple. Nous n'avons pas vu de généralisation à distance dans les viscères à la façon d'un grand nombre de tumeurs et probablement des vrais sarcomes du tissu cellulaire. Le cas que nous avons signalé de propagation aux poumons peut à la rigueur s'expliquer par extension directe du néoplasme. Cependant, le myxome, même pris à temps, est grave par les opérations qu’il nécessite et par lui-même.

L’ablation simple a été dans ros observations toujours suivie de récidive: le seul malade qui soit actuellement débarrassé de son mal par une opération de cette nature ne l’est que depuis 8 mois. Sur les huit autres malades, deux atteints actuellement de récidive, auraient sans doute besoin d’une amputation; les six autres l’ont subie. |

Nous ne sommes pas très fixés sur le pronostic de la maladie après amputation, car sur les six cas d’amputation, deux malades sont morts de l’opération, deux ont vécu un an et quatre ans, et sont morts, le second au moins, d’une affection qui paraît indépendante de la tumeur, un est mort d'extension aux poumons, le dernier seul est vivant, et n’a pas de récidive depuis une année.

En somme, l’amputation d’un membre est l’opération à laquelle on en arrive après une série d’extirpa-

tions. 4 Reconnaissuns qu'aujourd'hui avec la méthode anti-

septique, avec des malades doués d’un bon état général comme le sont les porteurs de ces tumeurs, une seule des amputations faites pour des myxomes des membres reste grave, c’est la désarticulation de la cuisse.

Les dissections musculaires étendues paraissent prédisposer au développement de la gangrène gazeuse. M. Pollosson a vu un malade atteint de myxome de la cuisse, opéré en 1880 dans le service de M. Letiévant, mourir de gangrène gazeuse. M. Poncet nous a confié une observation où la même complication était survenue. Enfin, dans une autre de nos observations, le malade est mort de‘gangrène foudroyante, mais à la suite de désarticulation de la cuisse.

Cependant, il est juste de dire qu’eh l'absence du microbe spécifique, ces dissections, même étendues, sont moins graves qu'on n'aurait pu le supposer et que, comme nous l’avons déjà indiqué, la réunion se fait rapidement sans suppuration et sans fusées.

Si la tumeur occupait la racine même de la cuisse, une fois les ablations devenues impossibles, le malade devrait être abandonné à l’évolution naturelle de sa maladie. Mourrait-il des progrès locaux de sa tumeur, ou d'infection générale ? La question est à l’étude. Nous croyons qu’un de nos malades, atteint de myxome de la cuisse, nous fournira l’occasion de lPélucider.

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