‹ Du Myxome Diffus du Tissu Cellulaire des MembresChapitre 9 sur 29 · NS · texte numérisé non relu

NS

OBSERVATION If

Myxome récidivé de l’avant-bras. — Amputation du bras. — Mort

un an après. (Communiquée par M. OLLIER)

Puy (Jean-Pierre), né à Pollionnay, demeurant à Craponne, âgé de 67 ans, blanchisseur, entré le 29 mai 1871 dans le service de M. le professeur Ollier, salle Saint-Sacerdos, n° 74. Cet homme, d'une constitution maigre et peu robuste, quoique ayant joui antérieurement d'une bonne santé, a vu apparaître, il y a douze ans environ, à la partie moyenne de la face antérieure de l’avant-bras gauche, une petite tumeur qui atteignit en trois ans le volume d’une petite pomme. Depuis lors, elle continua à s’accroître progressivement ; mais à partir de l'automne dernier, les progrès furent beaucoup plus rapides, au point que le volume acquis dans toutes les années précédentes fut doublé en six mois. La tumeur s'était étendue presque exclusivement en haut, remontant vers le côté externe de l’avant-bras jusqu'au voisinage de l'articulation du coude, ne dépassant pas les deux tiers inférieurs de l'avant-bras. Le malade en compare la forme à celle d’une miche. Dans les derniers six mois, étaient survenues des douleurs lancinantes et pongitives dans l'avant-bras et la main.

Entré pour la première fois à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Sacerdos, le 16 mars 1871, il fut opéré le 23 du mème mois. La peau qui recouvrait la tumeur était saine etlibre. La tumeur qui s'enfonçait entre les muscles antérieurs et externes de l’avant-bras, était recouverte par le long supinateur. On reconnut à l'examen histologique que l’on avait affaire à un myxome.

Le 19 avril. — Le malade s'aperçut qu'une tumeur nouvelle, rouge et molle, se montrait à la partie supérieure de la plaie ; en une nuit elle aurait pris le volume d’une noix.

Le lendemain une tumeur semblable se montrait à l'angle inférieur de la plaie encore béante. On lui fait, dès lors, entrevoir la nécessité de l’amputation, et on l'envoi passer quelque temps chez lui. Là, il subit des applications de pâte de Vienne infructueuses ; le néoplasme continuait à s'accroitre rapidement.

30 mai1871. — Amputation pratiquée au dessus de l'extrémité inférieure de l'humérus. Incision éliptique dont l'axe dirigé de haut

ET

en bas et d'avant en arrière, se termine à sa partie la plus inférieure, au niveau de l'interligne articulaire du coude. La section de l'os est faite au quart inférieur.

Le malade perd une assez grande quantité de sang par une hémorrhagie en nappe. Pansement au perchlorure Dans la journée, le malade se plaint de souffrir beaucoup. À quatre beures du soir, T. R., 38,4. Pouls : 80.

À dix heures du soir, afin Ce soulager le malade, le pansement est enlevé, Il n'y a pas d'hémorrhagie. On laisse en piace les bourdonnets de perchlorure et on plonge le moignon dans une vessie remplie d'huile phéniquée.

31 mai. — Le malade est très satisfait ; il a très bien passé la nuit ; on se contente d'ajouter un peu d'huile et d'enlever les bourdonnets, HARRIS 0SRP. "00:

Soir. — Le malade se plaint que la bande qui tient la vessie fixée autour de son bras, le serre un peu. T. R., 39,2. P., 80.

À 10 heures du soir, la douleur s'est un peu accentuée. On supprime la vessie et comme il n'y en a pas d'autres sous la main, on la remplace par un pansement à l'huile phéniquée, avec un bandage méthodiquement roulé.

1% juin. — Le patient n'a pas beaucoup souffert, bien que la nuit n'ait pas été aussi bonne que la précédente. Comme il y a encore un peu de gonflement, même pansement. R. R.,39,8; P., 90.

Soir. — On place de nouveau une vessie remplie d'huile phéniquée, disposée de façon à ne produire aucune constriction. T.R., 40,2; PA90:

Ici, s’arrète l'observation qui nous a été communiquée par M. OIlier; d’après les renseignements que nous avons recueillis sur ce malade, il aurait guéri de son amputation et serait décédé un an après, le 13 mars 1872, à Craponne. Nous n'avons pas de renseignements sur les causes de sa mort.

OBSERVATION lil

Myxome du dos du pied. — Amputation. — Pyohemie. — Mort.

(Communiquée par M. OLLIER.)

Marie Tiollier, née à Jons (Isère), demeurant à Lyon, rue François-Dauphin, marchande de fleurs, 53 ans, entrée à l'Hôtel-Dieu, le 7 février 1874, service de M. Ollier, salle Sainte-Marguerite, n° 2.

Obésité très marquée. — Il y a 5 ans, cette femme reçut sur le dos du pied un coup de volet, qui le fit enfler passagèrement. A la suite de ce coup, il persista un peu de douleur. Un an après, à l’endroit frappé, apparut une petite tumeur grosse comme une fève, mobile sous la peau. — Elle augmenta graduellement de volume, elle était peu douloureuse. Actuellement, on constate sur la face dorsale du pied droit une tumeur pyriforme,lobulée, grosse comme une tête de fœtus, molle, faussement fluctuante avec des points ramollis. Elle s'étend du milieu des premières phalanges des orteils à l'articulation tibio-tarsienne, et se prolonge sur la malléole externe. La largeur est celle du pied. La peau qui la recouvre est tendue, variqueuse, de coloration normale, sauf en certaints points ou elle est un peu violette. Les mouvements des orteils et ceux de l'articulation tibio-tarsienne sont intacts. Pas de ganglions dans l'aine, pas de douleurs notable dans le pied.

10 février. — Opération. — Anesthésie. — On fait une incision sur la face dorsale du pied, mais l’étendue de la tumeur est telle, la dissection de la peau si difficile, qu'on est obligé de pratiquer l'amputation sus-malléolaire. Celle-ci est pratiquée à l'aide de la compression élastique d'Esmark, pratiquée en serrant très fortement au-dessus du mollet, à cause de l’obésité de la malade. — Bandage silicaté immédiat. En examinant la pièce, on reconnait que la tumeur n adhère ni à la peau, ni aux parties profondes, mais pour l'enlever complètement, il aurait fallu mettre à nu toutes les parties dorsales du pied. La tumeur elle-même est volumineuse. Son poids atteint 520 grammes: elle est mamelonnée, et ses lobules sphériques bien tranchés, ont le volume d'une grosse noix. Tous ces lobules sont hémorrhagiques, les uns marrons, les autres brunàtres, les autres noirs. Dans ceux où l'hémorrhagie est récènte, elle occupe la couche périphérique du lobule. — On ne trouve le tissu propre de la tumeur que dans des points isolés. La tumeur était sous-cutanée, sans adhérences profondes. L'examen histologique fait reconnaître un myxome, contenant surtout des cellules rondes et peu de cellules étoilées.

11 février. — Douleur. Le bandage enlevé en avant, laissa voir une plaie normale.

12 février. — Mèmes douleurs. — Pas de frisson, moignon un

peu douloureux ; cataplasme et quinine. Vers 4 heures du soir, hémorrhagie peu abondante, elle provient d'une artériole du centre de la plaie. Les tissus se ramollissent. On touche la plaie au perchlorure de fer. La moelle osseuse est très douloureuse.

14 février. — Pansement phéniqué, la malade souffre toujours autant. :

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