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d'un angle de 145° environ. Pas de ganglions épitrochléens, ni axillaires,
Opération, 21 mars 1876. — Anesthésie. On fait une incision cruciale, puis on dissèque chacun des lambeaux de la peau, et l'on tombe sur une sorte de gaine fibreuse qui se confond avec l’aponévrose palmaire. À peine arrivé sur les parties latérales, on s'aperçoit que les tendons fléchisseurs superficiels et profonds sont, soit simplement soulevés, soit englobés dans la tumeur. On les dissèque les uns après les autres. On se comporte de même à l'égard des branches des nerfs médian et cubital, ceux-ci semblent se perdre dans la tumeur, et on est obligé de les sectionner; de sorte que l’on ne laisse subsister à la face palmaire de la main que le collatéral externe du pouce et interne du petit doigt.
Quant aux tendons on ne coupe que les fléchissours superficiel et profond du médius qui paraissent amincis, plus ou moins dissociés et compris dans la tumeur. Les autres sont rejetés sur le côté, afin de pouvoir attaquer la tumeur par sa partie profonde.
Du côté des éminences thénar et hypothénar,,on enlève un certain nombre de fibres musculaires qui se confondent avec la tumeur; on coupe de même plus ou moins les intérosseux et les lombricaux.
L'opération s'achève sans donner lieu à une perte de sang sérieuse.
Les quatre augles de la peau sont ramenés au contact, après l'ablation de la tumeur.
La tumeur enlevée a le volume d'un poing de femme. On trouve à sa face supérieure, les trois lobes déjà signalés; cet aspect est dù à ce que les tendons étaient placés dans les rainures qui séparent le lobe médian des deux lobes latéraux. Sur les parties latérales il existe une foule de petits lobes mamelonnés, comme gélatineux. À eux doit être rapportée la sensation de fluctuation perçue au niveau des éminences thénar et hypothénar. À la partie inférieure, ces lobes sont innombrables, et l'on voit une foule de prolongements mamelonnés ressemblant assez aux lobes d'une glande. Toutes ces petites tumeurs sont formées d’une paroi mince et contiennent un tissu blanchâtre d’un blanc nacré en certains points, plus ou moins jaunâtres dans d’autres, offrant par places des trainées gélatiniformes, de sorte que l'ensemble pourrait être comparé à de la chair d'huitre. D’autres, moins considérables, ont une coloration légèrement opaline et bleuâtre. Enfin les plus petites sont rougeâtres, d'un rouge vineux; vu leur consistance, on les croirait entièrement remplies de liquide, tandis qu'elles sont constituées partout par une matière gélatiniforme ressemblant à de la gelée de groseille,
22 mars. — Pouls 110, T. R. 40°. La sensibilité est abolie dans l'index, le médius et l'annulaire, Cependant, si l'on pratique des
SL LYS piqures profondes, le malade indique souvent avec exactitude le doigt piqué. Le membre est gonflé, rouge, menacé de supuration du côté des gaînes de l'avaut-bras, Irrigation.
24 mars. — Le malade se trouve mieux. Matin, pouls, 100. T.R., 38,4. Soir, pouls, 100. T. R., 39,4. Les tissus sont plus souples, les phénomènes inflammatoires du côté des gaînes ont diminué. En examinant la sensibilité avec l'épingle, le moindre frôlement est perçu, quelque soit la phalange que l’on touche, et le point de cette phalange. La sensibilité est manifestement plus développée sur les côtés que sur la ligne médiane. Pas de différence entre la première “et la troisième phalange. L'index est très sensible et conserve la sensibilité au froid et à la chaleur. Au médius et à l’annulaire, le malade perçoit un frôlement, mais pas d'autre sensation. IL dit, du reste, que c'est au pouce, à l'index et au petit doigt que les sensations sont le mieux perçues. Au médius et à l’annulaire, le contact d'un corps assez chaud pour produire la vésication n'est perçu qu'avec un certain retard.
25 mars. — Mieux très sensible. Le pouls est tombé à 80. La température varie entre 37,4 et 38,2.
5 avril. — Issue d'un lambeau de tendon. La plaie a bon aspect.
Le malade ne souffre pas.
12 avril, — Issue d'un nouveau morceau de tendon. Les bords de la plaie sont presque réunis. L'inflammation des gaïînes de l’avantbras à disparu.
14 avril. — Le malade part. À ce moment, presque toutes les phalanges des doigts sont fléchies les unes sur les autres, en formant un angle encore assez grand.
Iei s'arrête l'observation qui nous a été communiquée par M. Ollier. D'après les renseignements que nous avons recueillis, Léon Chappuis aurait subi depuis l’amputation du bras. Nous n'avons pu savoir par qui elle a été pratiquée. Il a vécu quatre ou cinq ans après son amputation ; il est mort, il y a quatre ans, d'une affection en apparence médicale, d'après les récits qui nous ont été faits par
sa propriétaire.