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Les Cultures du microbe intestinal qui fournit le vert fluorescent, donnent une démonstration aussi frappante. Dans le tube qui ne contient pas de naphtol, végétation abondante et fluorescence très marquée : à 0 gr. 40 de naphtol pour 1,000, végétation plus restreinte et fluorescence très faible ; à 0 er. 66 de naphtol pour 1,000, végétation presque nulle et absence totale de fluorescence. |
Ces deux derniers microbes sont, on le voit, plus résistants en présence du naphtol que les microbes pathogènes.
Je fixe à 0,40 0/000 la dose à laquelle le naphtol exerce d'une manière évidente son action antiseptique sur un microbe déterminé, le bacille pyocianogène qui m'a servi pour établir comparativement le pouvoir d’autres antiseptiques..
Pour produiresur ce bacille la même actionentravante,ilfaut, par litre de culture, 0 gr. 25 de biodure de mercure, substance réputée l'uné des plus antiseptiques. Le biodure de mercure est donc 16 fois plus antiseptique que le naphtol. De la même façon, on arrive à établir que l'acide phénique l'est 5 fois moins, la créosate 3 fois moins, etc.
Le biodure de mercure étant fort peu soluble et étant 16 fois plus antiseptique que le naphtol, on pourrait croire qu'il mérite d’être préféré à ce dernier. Il le mérite assurément pour certains usages spéciaux, mais non pour l’antisepsie intestinale. En effet, en faisant ingérer à un animal 0 gr. 015 de biodure de mercure, on peut parfois provoquer la mort, tandis que l’on n'arrive pas à produire ce résultat quand on ne fait pas ingérer une dose de naphftol supérieure à 3 gr. 80 par kilogramme d'animal, ce que nous pouvons exprimer en disant que le naphtol, par là voie stomacale, est 187 moins toxique que le biodure.
Il en résulte que si l’on administre le naphtol et le biodure à des doses physiologiques équivalentes, c'est-à-dire capables dé faire courir un même risque à l'animal, la dose de naphtol
Mu) employée sera capable de stériliser 12 fois plus de matière que la dose correspondante de biodure, ce qui revient à dire, que le naphtol a une valeur thérapeutique 12 fois plus grande que le biodure.
D'après ce qui précède, la dose de naphtol capable d’être toxique pour un homme de 65 kilogrammes, par exemple, serait voisine de 250 grammes. Or, ?2 gr. 50 de naphtol par jour suffisent pour réaliser l’antisepsie intestinale.
En présence d'une si faible nocuité de cette substance, on se demande comment a pu s'établir la légende de la toxicité du naphtol qu’on dit être capable de produire l’'hémoglobinurie, les vomissements, les syncopes, les convulsions éclamptiques. Tout n’est pas faux dans ces accusations. Jamais chez les animaux, même chez ceux que j'ai réussi à tuer par l’énormité des doses, je n’ai observé l'hémoglobinurie ; mais j’ai pu produire, à l’aide de certains artifices, l’albuminurie, les secousses musculaires rythmées des pattes, des lèvres et des paupières, la salivation, le coma, la perte des réflexes oculaires, l'arrêt de la respiration et la mort avec conservation des mouvements du cœur. Mais jamais je n’ai obtenu le moindre de ces faits quand je n’ai pas fait ingérer le naphtol au-delà de la dose quotidienne de 1 gr. 10 par kilogremme. Il est vrai que ce qui empoisonne, ce n’est pas ce que l'on ingère, c'est ce que l’on absorbe, c’est ce qui pénètre dans le sang.
Or le naphtol introduit dans le sang à l’état de dissolution est toxique au même degré que la quinine et l’acide phénique. La difficulté est de faire cette introduction. “é
Quand on injecte dans les veines périphériques une solution alcoolique de naphtol, la précipitation se fait immédiatement et l'animal meurt d’embolies capillaires du poumon. Si l'on pratique l'injection par une veine intestinale de manière que les cristaux trouvent dans le foie des capillaires qui les empêcheront d'arriver jusqu'aux poumons, on produit une sup-
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pression plus ou moins considérable de l’action du foie qui cesse de recevoir, en totalité ou en partie, le sang de la veineporte et les phénomènes se compliquent des accidents graves que produit la ligature de la veine-porte.
Enfin, en dissolvant le naphtol dans l'alcool et en diluant par la glycérine, puis en ajoutant le mélange à l’eau chaude, j'ai pu injecter, avant refroidissement complet, des solutions au millième et même au centième. Les premières secousses convulsives se produisent à partir du moment où l'animal a reçu » centigrammes de naphtol par kilogramme. La mort arrive à 8 centigrammes par kilogramme.
Dans le cours de ces essais de la toxicité du naphtol introduit à l’état de dissolution par la voie intra-veineuse, j'ai : reconnu ce qui est établi déjà pour un si grand. nombre de substances toxiques, surtout depuis les travaux de M. Roger, que le foie diminue la toxicité du naphtol: Pour obtenir les mêmes effets physiologiques, il faut injecter dans la veineporte une fois et demie ce qu'on injecte dans les veines périphériques.
Ce fait s'explique facilement, le naphtol s’éliminant par les urines, en partie à l’état de naphtol sulfo-conjugué, qui est fort peu toxique, et la combinaison sulfurée ayant lieu;'selon toute vraisemblance, dans le foie.
Il restait à déterminer quels effets pourraient résulter de l'introduction, dans le tube digestif, du naphtol, à l’état de dissolution.
Une solution de naphtol au centième dans l'alcool, ia glycérine et l’eau, en telles proportions que l’action toxique ne puisse être imputable ni à l'alcool ni à la glycérine, produit les phénomènes de l'intoxication, tels que je les ai décrits plus baut, quand on a fait ingérer plus de 0 gr. 40 de naphtol par kilogramme, ce qui ferait 26 grammes pour un homme de 65 kilogrammes.
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On voit que si la totalité des 2gr. 50 de naphtol, qui suffisent pour réaliser chez l’homme l'antisepsie intestinale, venaient à être dissous dans le tube digestif et absorbés, le sang ne recevrait encore que la dixième partie de ce qui est nécessaire pour produire l'empoisonnement.
Etant connus le pouvoir antiseptique du naphtol et son pouvoir toxique, on peut maintenant le comparer aux autres antiseptiques insolubles. Cette comparaison ressort du tableau ‘suivant :
DOS DOSE DOSE antiseptique toxique | patalogique LOUOIOPIMNOs er cesse severe 1.27 0/0 0 gr. 50 0 gr. 05 TOUR AL MR AN ere et 2.15 = 2 17 1 24 Naphtaline.-..,2.126.,:.0. 161 3 40 1 00 MAD ROL Eee 2 DT Es 0.40 — Gi 80 1 A0
Par son pouvoir antiseptique supérieur et surtout par son peu de toxicité, le naphtol Best donc aujourd’hui l'agent antiseptique qui mérite le plus de faveurs.
Cependant, M. Maximowitch a communiqué à l’Académie des sciences le résultat de recherches faites par lui dans le laboratoire de M. Bouchard sur le naphtol 4. (30 janvier 1888 et 14 mai 1888.)
Il en résulte que le naphtol 4 est près de trois fois moins toxique que le naphtol B et qu'il est au moins aussi antiseptique. On pourrait donc le préférer.
Après la communication de M. le professeur Boachard sur le naphtol B, la consommation de ce médicament a pris des proportions de plus en plus grandes.
Nous mettons ici en regard les chiffres constatant la consommation progressive de ce médicament à l'hôpital Lariboi-
CU sière. On verra que, dans les quatre premiers mois, à partir du 29 juin, la moyenne de la consommation était de 2 kilogrammes 100 grammes par mois et qu'aujourd'hui elle est de 7 kilogrammes.
Le 29 Juin ASS TRANADITOIMDAEERCAE EEE TEE 400 gr. Juillet — TT NET ut erres 1. 001k.500 Août — arrete nie 0 »
Septembre — A Ve Ne PV LU els tre Lee 2 500 Octobre — — SRE sols ste eee 0 »
OL en ui..5 K, 490, 87e
Novembre, décembre 1887 et janvier 1888 manquent.
Février 1888: Naphtol 2...... ÉTAT Ok. » gr.
Mars — EM ete da re ere 0 »
Juin — TA ME ee Ne ee 17 500 Juillet — RTS E LOPRER EME LUS L AE 10 »
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Octobre — ne RUeR Dlaeh Tien 10 » Novembre — — ne el a sn 15 »
Janvier 1889 : D 2 ONE PT € APN CIRE A ER 10 » Février — nt Pier Re 2e al L AUO »
Avril — NN TT Me 10 »
Mai — NT RE ete cc SL SECRET) »
DO tAISE ME Rne 97 k. 500 gr.
Enfin, nous devons parler de la propriété qu’a le naphtol : camphré d'arrêter les petites hémorrhagies. C’est un hémostatique assez puissant. Est-ce le camphire ou le naphtol qui agissent ? Agissent-ils en coagulant l’albumine du sang ou de toute autre facon ? Nous ne saurions le dire. Toujours est-il, qu'après l'application d’une couche de naphtol camphré sur
une plaie saignante, l’hémorrhagie cesse aussitôt. C’est une couche de vernis dont on recouvre la plaie et qui la met à l'abri de l’air.