‹ Du nerf dentaire inférieur: anatomie et physiologie, anatomie comparéeChapitre 3 sur 10 · OLLIVIER · texte numérisé non relu

OLLIVIER

Par délibération da 7 décembre 1798, l’École a arrêté que les opinions émises dans les dissertation! présentées doivent être considérées commo propres à leurs auteurs, et qu’elle n’eutend leur donner ni approbation ni inuprobstion.

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L’anatomie du nerf dentaire inférieur se trouve dans tous les traités généraux, et en consultant aussi quelques monographies de la cinquième paire pour la plupart antérieures à ce siècle, on trouvera de nombreux détails. Mais presque partout une large part est donnée à la copie et souvent cette dernière n’a eu pour modèle que les produits de l’imagination. Bauhin s’en plaignait déjà en 1605 : Multa de vasorum nervorumque in dentes distri butione scribunt , quæ etsi sensu perfecte percipi ne queant , quia tamen verisimilia sunt non contemnun tur (1). Il lui échappe même cet aveu : Nervos majores longe delineatos proposuimus quam in sections ostendi possunt (2).

L’excessive ténuité des filets que l’on doit poursuivre rend en effet cette tâche des plus délicates. Mais en revanche il est peu de questions mieux définies dans l’anatomie du système nerveux, et per-

(1) Caspari Bauhini basfleensis theatrum anatomicum, în-8, Francofurti, 1605, p. 654.

(2) Ibid, passim.

mettant de suivre plus facilement les modifications subies dans la série animale. Grâce à l’étude de ces transformations on peut arriver à expliquer les anomalies et même l’existence de certaines branches normales qui ne sont que des vestig*es et dont les fonctions resteraient un éternel problème pour les physiologistes. C’est ainsi qu’en disséquant la cinquième paire dans le courant de mes recherches d’anatomie comparée, j’ai pu voir le filet ethmoïdal de la branche ophthalmique l’emporter en volume chez le canard sur la branche ophthalmique ellemême. Notre filet n’est probablement qu’un témoin de cette disposition. J’en dirai autant du nerf pharyngien de Bock dont les ramifications si ténues sont les vestiges de l’innervation des papilles odontoïdes dont certains animaux ont le pharynx hérissé. Enfin en voyant combien variés sont les modes d’accollement des faisceaux de deux ou plusieurs troncs nerveux chez des animaux différents, alors que ces faisceaux se partagent chez tous l’innervation des mêmes organes, on comprend pourquoi nombre d’expériences ont donné entre les mains de physiologistes éminents des résultats en apparence contradictoires. A cette occasion je rappellerai comment le professeur Vulpian a pu se rendre compte des contradictions apparentes dans les résultats obtenus par Claude Bernard et Longet (1).

Desmoulins avait indiqué déjà ces lois dans son Anatomie des systèmes nerveux, insistant sur la

(1) Revue des cours scientifiques, t. III, p. 754.

différence de fonction d’une même branche d’un même seg*ment des centres nerveux chez les animaux différents. Je serai donc obligé de jeter de temps à autre un coup d’œil sur les autres branches du maxillaire inférieur, car alors que les organes dentaires ou labiaux ont disparu , le nerf maxillaire inférieur appelé à d’autres fonctions n’en continue pas moins à suivre le même trajet à travers le canal de la mâchoire inférieure. L’identité anatomique persiste donc toujours alors même que l’identité de fonction a disparu.

L’anatomie comparée nous permet encore d’autres considérations dans le sujet particulier qui nous occupe; je veux parler de la similitude ou plutôt de l’analogie qui existe entre les nerfs des deux mâchoires chez l’homme. Dans un long mémoire sur l’évolution des follicules dentaires, Robin et Magitot (1)insistent déjà sur le parallélisme que l’on remarque chez le fœtus entre le canal sous-orbitaire et le canal dentaire au point de vue du développement. Cette identité ne tarde pas à être effacée chez l’homme par le développement de l’antre d’Hygmore, qui soulève ce canal et le sépare de la racine des dents. Mais ce développement n’a pas lieu chez tous les animaux, le sinus chez le mouton, par exemple, est au-dessus du canal dentaire supérieur. Ce n’est donc plus un canal sous-orbitaire à proprement parler. Chez les rongeurs, le lapin, le surmulot, par exemple, la similitude des deux bran-

{{) Mémoire sur la genèse et le développement des follicules entaires. In journal de Brown-Séquard, t. III.

elles nerveuses devient encore plus évidente, et si nous arrivons aux échidnés nous trouvons une identité absolue.

Symétrie du système nerveux des deux mâchoires.

A Ganglion de Meckel.

A’ Ganglion d’Arnold.

A Filet gangl. pour le plexus dentaire.

B’ id. id.

G C G Nerfs dentaires sensitifs.

C’G’G’ Id.

D Rameau sensitif destiné aux incisives.

D’ Rameau sensitif destiné aux incisives.

E E E Filets aux dents et aux gencives.

E’ E’ E’ id. id,

F Nerf sous-orbitaire.

F* Nerf mentonnier.

G Ganglion incisif.

Eh bien, une étude attentive dé l’anatomie du dentaire inférieur nous permet de découvrir chez l’homme la même identité, seulement, à la ma-

cboire supérieure les'plexus nerveux destinés aux dents sont étalés sur les parois ou plutôt dans les parois du sinus, tandis qu’ils sont ramassés, aplatis dans le canal de la mâchoire inférieure.

C’est ce que j’ai cherché à démontrer dans la figure schématique ci-dessus. Un coup d’œil jeté sur elle en dira plus que toutes les descriptions.

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