‹ Du nerf pneumo-gastrique et de ses fonctionsChapitre 3 sur 7 · ET · texte numérisé non relu

ET

JJ4 physiologie n’olïre pas dans son histoire de questions pltis importantes et jplus élevées que celles qui se rattachent au système rieryeux ; nous y trouvons les seuls rapports qu’il nous soit possible d’établir entre nos conditions matérielles appréciables, et la grandeur et la complication de leurs résultats : c’est là que les facultés humaines ont leur siège , le jugement? la volonté et la liberté , dpnt les. motifs ont leur soqrce dans, la nature même de l’être, et varient par cela même.selon les circonstances individuelles, de sorte que, loin d’être invariablement enchaînés aux mêmes actes, nous savoins nous sonmettre pour mieux assurer nos avantages, et que, profitant de tous les travaux antérieurs, nous sommes indéfiniment perfectibles.

En admettant que toutes les recherches des hommes tendent à ce but de perfectibilité, serait-il possible de fixer à notre savoir des bornes,et un terme? Nous répondrions par

l’affirmative si nous nous livrions à l’abstraction, et que nous abandonnassions le domaine des faits, parce qu’il estrévident que tout ce qui est, est en vertu de causes dont nous ne pénétrerons jamais l’essence, et que nous devons nous borner à reconnaître et à admirer.

Mais il faut répondre négativement, si nous ne sortons pas de l’observation, parce que nous marchons alors sur une route dont on ne peut deviner le terme, mais, sur laquelle on avancera toujours eu marquant chaque pas par des découvertes. -

' Il n’y a pas d’opposition entre les faits, la fixité et la constance étant les premières lois de Tunivers ;,mais comme les conditions sont innombrables, les différences sont infinies, tranchées ou imperceptibles; rien n’est isolé, indépendant ; tout semble se lier par des gradations successives; et cepen-^ dant toute chose peut être considérée séparément , et rçvet un caraçtèré de spécialité. ; ;

Dans la nature organisée , chaque molécule concourt à^ un résultat commun, qui est l’organe^' et l’unité de ceiui-^cf disparaît dans une unité plus générale, qui est la vie ' cellé-ci n’est donc pas un fait absolu , mais un terme conaplexe^ et variable. L’on voit aussi combien il est étrange de veulhit créer utt intervalle, un isolement entre la nàture vivante et celle que l’on nomme brute ou inerte ; et bien plus, de "vouloir établir entre elles une lutte, un combat, puisque là première est également soumise aux lois physiques ;; générales y et qu’elle est tellement enchaînée à la seconde , que l’air V*

1 humidité, la chaleur, l’électricité, les élémens de réparation , sont indispensables à son existence.

G èst ainsi que l’on reconnaît Funité dans la variété, et que tous les faits prennent rang, en se rattachant à un même But, tandis que les explications se renouvellent, parcé-qu’iî suffit d une seule observation pour lës renverser. Toutefois la difficulté de conclure ne doit pàs conduire à un douté universel; ce serait suspendre tout progrès, et reculerdevaht l’obstacle. En médecine, surtout, où chaque quéstioh a été souvent débattue j chacun doit prendre parti, et entrer dans la lice sans amour-propre et sans préjugés, prêt à se rendre à la vérité, de quelque part qu’elle nous éclaire ; car toutes les fois qu’il s’élèvera aujourd’hui une discussion entre le faux et le vrai sur des questions de physiologie positive, l’avantage ne saurait rester long-temps douteux.

C’est dans cette conviction que j’ai entrepris de répéter quelques expériences sur les fonctions du pneumo-gastrique : mon respect pour les illusfres physiologistes qui se sont occupés de ce travail ne me permettait pas de décider légèrement de. la véracité de leurs observations ; et cependant je les trouvais souvent en contradiction , et il m’était resté, de la lecture dès différens mémoires publiés à ce sujet , une pensée douteuse et confuse, une hésitation insurmontable À croire qu’il n’y eût qu’une vérité au mMieu de tant de vérités contradictoires ; je pris le parti de soumettre les faits à mon propre examen, et de rechercher les conditions dans lesquelles chaque expérimenteur avait agi, espérant découvrir ainsi le lien commun de tant de résultats divers,

qui ne paraissaient tendre qu’à se détruire mutueEement.

Ce trayail comprendra quelques considérations ; anatomiques sur le pneumo-gastrique, dont j’étudierai ensuite l’action sur le cœur, l’appareil respiratoire et l’appareil digestif. Les faits aussi variés que curieux que me présentait la science sur chacune de ces questions me serviront de point de, départ et de terme de comparaison , pour exposer les expériences que j’ai entreprises, et préparer les conclusions qui me paraissent les mieux fondées.

GOxNSIDÉRATIONS ANATOMIQUES.

Le nerf pneumo-gastriqüê , chez l’homme, s’étend depuis la rainure qui sépare les olives des corps restiformes, jusque dans l’abdomen, où ii donne de nombreuses branches à l’estomac au foie, etc,, etc.

Dans ce trajet, il envoie des rameaux au pharynx, à Tœsophàge, aux appareils-vocal, pulmonaire, et au cœur. II s’anastomose avec le glosso-pharyngien, rhypoglosse,communique largement avec les plexus du nerf ganglionaire, dont il se rapproche par sa division aréolaire, et la mollesse de ses filets ; mais sa distribution est spéciale comme celle de tous les nerfs , et les beaux travaux de Scarpà but montré que dans les poumons il suivait les divisions bronchiques^ et qu’il leur était particulièrement destiné..

Au“niveau de la première vertèbre cervicale, on remarque ordinairement un ganglion allongé, grisâtre, homogène, véritable continuation du nerf, mais dans lequel ne se confond pas un filet très-blanc, assez mince et résistant, qui ne lui est qu’accolé ; au premier aspect cette disposition représente celle du ganglion de Glaser.

Une seule fois j’ai vu la branche descendante de l’hypoglosse provenir autant du pneumo-gastrique que de l’hypoglosse lui-même; la deuxième paire cervicale donnait un rameau volumineux, qui ■ ''ncait horizontalement jusqu’au point où ce nerf change de direcnît nnî nar un filet assez délié, en recevait en arrière plu-

sieurs autres du pneurao-gastrique, et formait alors un angle droit pour devenir vertical.

L’anastomose des nerfs laryngés supérieur et inférieur m’a toujours été facile à démontrer. Plusieurs fois j’ai disséqué des cordons nerveux auxquels bn attribue des fondions différentes, et j’ai cherché dans leur structure de nouvelles preuves de cette opinion : j’ai obtenu des résultats curieux ; mais tout ce que j’ai pu remarquer de spécial sur le pneumo-gastrique, c’est que sa disposition plexiforme et aréolaire le différenciait encore moins que la mollesse de son névrilèrae , et la facilité avec laquelle on développe chacun de ses filets en une membrane grisâtre, transparente, très-élastique, dans laquelle on ne trouve aucune trace de fibres parallèles, et où la matière nerveuse et le névrilème sont tellement confondus, que l’oa n’aperçoit qu’un tissu parfaitement identique.

Chez les chiens, animaux qui ont servi à la plupart de mes expériences, le filet cervical du grand sympathique, étendu depuis le ganglion cervical jusqu’au premier ganglion thoracique, est intimement uni au pneumo-gastrique ; il est comme reçu dans une espèce de gouttière que présente ce nerf, et entouré par une gaine névrilématique' commune, de sorte que l’on ne peut le séparer que par une dissection fort attentive et très-difficile ; et comme les, résultats paraissent les mêmes. qu’il soit ou ne soit pas divisé, je me suis rarement donné la peine de l’isoler et de le laisser intact.

Dans les oiseaux, ie prieumo-gastrique offre les principales branches que l’on rencontre dans les mammifères; son volume toutefois est comparativement et proportionnellement plus petit.

Dans la couleuyre:commune , ce neyf offre un tronc considérable qui, pjcès du bprd,de la mâchoire, se divise en trois branches : la première fournit une fouie de rameaux à la paroi inférieure de la cavité buccale, qui commence rœsophage ; un d’eux pénètre dans la mâchoire inférieure, d autres se perdent sur la ligne médiane, dans Icfourreau membraneux, qui renferme la langue) quelques-uns vont

à un larynx très-petit, dont l’orifice, qui se rencontre au niveau du plan buccal, n’a pas plus d’une ligne d’étendue; la seconde branche, qui est moins volumineuse, descend sur les côtés de l’appareil lingual , et s’y distribue;^la troisième' Cxtrêmenaent déliée, rampe sur les parties latérales de la trachée-artère, accompagne ensuite la veine dorsale du foie, située au-dessous du sac membraneux qui constitue le poumon, et auquel elle envoie de nombreux rameaux; elle se jette enfin et se perd sur la partie du tube digestif qui fait suite à l’œsophage; Dans ces reptiles, le glosso-pharyngien et l’hypoglosse sont remplacés par le pneumo-gastrique, ce qui prouve, avec une foule d’autres exemples, que les nerfs peuvent se suppléer mutuelleme'nt, et que des fonctions toujours uniques et spéciales ne leur sont pas départies.

Dans les poissons, où il a été étudié avec soin par M. Desnioulin, le pneumô-gastrique ne présente pas toujours les mêmes divisions ; il fournit constamment les filets branchiaux, ainsi que les deux Cordons latéraux, qui s’étendent au-^dèssous de la peau dans toute la longueur du corps; dans les poissons électriques, il envoie des branches très-fortes à la moitié postérieure de l’appareil, qui les fait jouir de cette singulière propriété.

Page 1