‹ Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveusesChapitre 31 sur 45 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Comme toutes les maladies générales, le Nervosisme est une maladie grave, autant par la multiplicité des souffrances qu'il entraîne, que par sa longue durée, sa résistance à tous les remèdes et les dangers qu'il fait courir aux malades. C'est presque une diathèse, et l'on sait combien il est difficile à l'organisation de s'en débarrasser une fois qu'elles sont établies. Sa gravité diffère beaucoup dans l'état aigu et dans l'état chronique, dans la forme primitive ou secondaire, et elle varie selon la durée du mal ou les complications qui surviennent.

Le Nervosisme aigu est toujours infiniment plus grave que le Nervosisme chronique, en raison des complications dont il peut être l'origine, de la ten—

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dance qu'il a à s'accroître, et de Képuisement par inanitionqu'il entraîne avec lui.

Le Nervosisme chronique, au contraire, peut rester longtemps stationnaire à un assez faible degrés sans compromettre Texistence ; et il ne devient dangereux qu'à la dernière période, au moment de la fièvre et de la production du marasme nerveux.

Dans sa forme primitive, il est toujours moins içrave qu'à l'état de maladie secondaire; et dans ce dernier cas, le pronostic dépend surtout de la nature <les altérations matérielles qui existent au sein des organes.

Le Nervosisme aigu secondaire, qui commence, n'est pas très-grave, et il guérit assez rapidement dès qu'on en connaît la cause, si elle est de nature à être combattue avantageusement par la thérapeutique. C'est ce qu'on voit après de fréquentes saignées ou d 'abondantes hémorrhagies, dans certaines dyspepsies, dans la convalescence de quelques maladies aiguës, et notamment de la fièvre typhoïde. Si l'on comprend bien la signification des phénomènes nerveux ofiTerts par les malades, et qu'on les traite en <3onséquence, ils durent peu ; au contraire, si, trompé sur leur nature, on leur oppose des moyens irrationnels, ils se prolongent et deviennent quelquefois le point de départ d'accidents mortels. Chez les uns, ce sont des vomissements incoercibles qui entraînent la mort par inanition, et chez les autres une excitabilité nerveuse extraordinaire, Thyperesthésie de tous

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les sens, des convulsions ou des paralysie/S, de l'œdème, des congestions pulmonaires qui favorisent l'apparition d'une phthisie pulmonaire aiguë galopante.

D'après Chomel, les neuf dixièmes des malades succombent malgré tous les efforts de la thérapeutique ; mais c'est là un pronostic que je ne saurais accepter. Sans doute, lorsqu'on se placé au point de vue d'une dyspepsie acide, que l'on traite par des moyens irritants pour les malades, les résultats peuvent être aussi défavorables; mais lorsque la nature du mal est bien déterminée, et que, dans l'hypothèse d'une névrose générale, on a recours aux toniques et à une hygiène fortifiante, le danger n'est plus le même, et un assez grand nombre de malades peuvent guérir.

Le Nervosisme aigu bien caractérisé est d'autant plus grave, qu'il est accompagné d'un plus grand nombre de troubles fonctionnels, et que son origine est plus éloignée. Le délire, les hallucinations, les défaillances, le ptyalisme, les vomissements lui don» nent une gravité redoutable. Le danger augmente si V hypoglobulie et Volighémie à leur dernière période se compliquent de fièvre lente, de consomption et d'œdème. Alors la vie est très- sérieusement compromise.

Le Nervosisme chronique n'offre souvent aucun danger. Borné à des troubles nerveux aussi nombreux que variables, et compatibles avec l'existence.

il trouble la santé sans menacer la vie. Sa durée est illimitée. On n'en guérit jamais bien complètement. Quelquefois les symptômes perdent de leur intensité, quelques-uns disparaissent; on pourrait se croire guéri; mais la moindre cause occasionnelle ranime les accidents et leur donne une intensité nouvelle, comme dans toutes les maladies générales et diatbésiques. C'est un état morbide souvent incurable.

Dans quelques circonstances, le Nervosisme chronique acquiert, par sa durée et par son intensité, une gravité incontestable; cause de fièvre irrégulière ou rémittente, et de dyspepsie, il détruit les forces en arrêtant le travail digestif; du même coup il augmente l'appauvrissement du sang et aggrave les troubles fonctionnels déjà établis; les malades se mettent au lit pour toujours, maigrissent d'une façon incroyable et tombent dans un état de marasme douloureux, au milieu duquel arrivent les complications les plus fâcheuses. L'œdème, l'anasarque, Thydropisie des plèvres, du péricarde ou des méninges, les eschares au sacrum, les tubercules du poumon ou des séreuses avec phthisie, l'aliénation mentale, etc., se développent et amènent, trop lentement peut-être, la mort des malades, en raison de leur douloureuse agonie.

32i NATURE DU NERVOSISME

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