Pathogénie des accidents palustres
Ces accidents me semblent pouvoir être attribués pour une grande part : à l’altération du
sang produite par les hématozoaires ; 2® aux troubles circulatoires et à l’irritation que la présence de ces parasites détermine dans les tissus et notamment dans les centres nerveux.
Les hématozoaires vivent aux dépens des éléments normaux du sang ; les hématies envahies pâlissent de plus en plus à mesure que les parasites se développent, et leurs contours eux-mê-
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mes finissent par disparaître. On peut dire qu’aucune anémie, celle qui est la suite d’hémorrhagies exceptée, ne s’explique mieux que l’anémie palukre.
Le pigment si abondant dans les petits vaisseaux de tous les organes, chez les sujets morts d’accès pernicieux, montre aussi que les hématozoaires sont de redoutables destructeurs des hématies.
L’anémie est d’ailleurs le symptôme le plus constant du paludisme ; tous les auteurs qui ont décrit les accidents palustres ont insisté sur la rapidité avec laquelle l’anémie se produit ; il suffit de quelques accès graves pour rendre un malade méconnaissable, tant l’anémie est devenue profonde.
Certains malades s’anémient et tombent dans la cachexie sans avoir eu de fièvre, l’anémie constitue chez eux le symptôme principal et pour ainsi dire unique de l’infection.
Frerichs, qui avait été frappé de l’abondance du pigment dans les capillaires du cerveau des sujets morts de fièvre pernicieuse, a émis le premier l’idée que la thrombose produite par l’accumulation du pigment jouait un rôle dans certains accidents du paludisme.
Cette opinion a été l’objet de vives critiques ;