PATHOGÉ.VIE DES ACCIDENTS PALUSTRES
il était en effet difficile de comprendre comment ces thromboses formées de pigment pouvaient se dissiper rapidement et donner lieu parfois à des accidents intermittents ; on objectait aussi l’action des sels de quinine qui s’accordait mal avec la théorie de la thrombose pigmentaire.
Le fait que le thrombus est formé, non de poussières inertes, mais d’éléments parasitaires, permet de comprendre que l’obstruction des vaisseaux puisse se dissiper assez rapidement dans certains cas.
Les paralysies .et l’aphasie transitoires qui se produisent quelquefois pendant les paroxysmes de la fièvre s’expliquent bien par des obstructions temporaires limitées à certains départements vasculaires du cerveau.
On conçoit facilement que la présence des hématozoaires provoque des congestions et à la longue des inflammations viscérales ; le siège d’élection de ces phlegmasies est naturellement dans les viscères qui servent plus spécialement d’habitat aux parasites.
C’est ainsi que la rate présente constamment, chez les anciens palustres, des altérations inflammatoires : splénite, périsplénite ; l’hépatite vient ensuite par ordre de fréquence.
La présence des hématozoaires dans les vais-
ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE
seaux des centres cérébro-spinaux fournit une explication satisfaisante des symptômes nerveux : céphalalgie, rachialgie, délire, convulsions, coma, et aussi des accès de fièvre ; le frisson n’est manifestement qu’un symptôme nerveux, quant à l’élévation rapide de la température, elle peut aussi s’expliquer par une irritation de la moelle. L’intermittence souvent régulière des accès et les différents types de la fièvre intermittente restent difficiles à expliquer.
Quelques auteurs ont admis l’existence de parasites différents pour la tierce, pour la quarte et pour les fièvres irrégulières; nous avons vu (Ch. Il) que l’existence d’un seul parasite polymorphe était beaucoup plus probable, nous ne reviendrons pas sur cette question.
Les hématozoaires secrètent-ils, comme font d’autres microbes, une substance pyrétogène qui s’accumule dans le sang, et provoque les paroxysmes fébriles? Peut-être; mais jusqu’ici ce n’est là qu’une hypothèse. Nous avons vu que les recherches des observateurs qui ont signalé une augmentation de la toxicité urinaire dans la fièvre palustre demandaient confirmation.
Le degré d’irritabilité du système nerveux qui varie avec les individus et avec la date de l’in-