‹ Du paludisme [electronic resource]Chapitre 13 sur 20 · PATHOGKNIE DES ACCIDENTS PALUSTRES · texte numérisé non relu

PATHOGKNIE DES ACCIDENTS PALUSTRES

il était en effet diflicile de comprendre comment ces thromboses formées de pigment pouvaient se dissiper rapidement et donner lieu parfois à des accidents intermittents; on objectait aussi l'action des sels de quinine qui s'accordait mal avec la théorie de la thrombose pigmentaire.

Le fait que le thrombus est formé, non de poussières inertes, mais d'éléments parasitaires, permet de comprendre que l'obstruction des vaisseaux puisse se dissiper assez rapidement dans certains cas.

Les paralysies et l'aphasie transitoires qui se produisent quelquefois pendant les paroxysmes de la fièvre s'expliquent bien par des obstructions temporaires limitées à certains départements vasculaires du cerveau.

On conçoit facilement que la présence des hématozoaires provoque des congestions et à la longue des inflammations viscérales ; le siège d'élection de ces phlegmasies est naturellement dans les viscères qui servent plus spécialement d'habitat aux parasites.

C'est ainsi que la rate présente constamment, chez les anciens palustres, des altérations inflammatoires : splénite, périsplénite ; l'hépatite vient ensuite par ordre de fréquence.

La présence des hématozoaires dans les vais-

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seaux des cenlres cérébro-spinaux fournit une explication satisfaisante des symptômes nerveux : céphalalgie, rachialgie, délire, convulsions, coma, et aussi des accès de fièvre ; le frisson n'est manifestement qu'un symptôme nerveux, quant à l'élévation rapide de la température, elle peut aussi s'expliquer par une irritation de la moelle. L'intermittence souvent régulière des accès et les différents types de la fièvre intermittente restent difficiles à expliquer.

Quelques auteurs ont admis l'existence de parasites différents pour la tierce, pour la quarte et pour les fièvres iiTégulières ; nous avons vu (Cil. Il) que l'existence d'un seul parasite polymorphe était beaucoup plus probable, nous ne reviendrons pas sur cette question.

Les hématozoaires secrètent-ils, comme font d'autres microbes, une substance pyrétogène qui s'accumule dans le sang et provoque les paroxysmes fébriles? Peut-être; mais jusqu'ici ce n'est là qu'une hypothèse. Nous avons vu que les recherches des observateurs qui ont signalé une augmentation de la toxicité urinaire dans la fièvre palustre demandaient confirmation.

Le degré d'irritabilité du système nerveux qui varie avec les individus et avec la date de l'in-

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leclioa paraît jouer un rôle important dans la dolermination de la forme et du type de la fièvre. S'agit-il d'un individu vigoureux qui a la lièvre palustre pour la première fois, le système nerveux réagit fortement contre un agent morbigène auquel il n'est pas habitué, on observe une fièvre continue ou tout au moins une quotidienne. Le malade est-il anémié, affaibli déjà par plusieurs atteintes de fièvre, le système nerveux étant devenu moins impressionnable, c'est une fièvre à longue intermittence qui se produit.

Le système nerveux s'accoutume à la présence des hématozoaires et réagit de moins en moins ; chez les individus qui habitent depuis longtemps les pays palustres ou qui ont eu plusieurs atteintes de paludisme, les accès de fièvre sont en général rares et légers, tandis que chez les nouveaux venus les réactions fébriles se produisent avec une grande énergie.

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