‹ Du paludisme [electronic resource]Chapitre 5 sur 20 · GÉOGRAPHIE MÉDICALE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE MÉDICALE

cend vers réquateur ; ses principaux foyers aux États-Unis sont : la Louisiane, le Texas, la vallée de l'Arkansas, la Floride, la Géorgie, la grande plaine des prairies qui s'étend du Missouri jusqu'aux Alleghanys, la Californie (vallée du Sacramento).

Au Mexique, le paludisme présente beaucoup de gravité sur le littoral des deux mers, dans les terres chaudes (côtes du Yucatan, de Vera-Cruz) ; les hauts plateaux sont au contraire presque entièrement épargnés par le paludisme comme par la fièvre jaune.

A Panama, au Guatémala, même gravité de l'endémie.

Aux Antilles, le paludisme règne avec intensité, sauf dans les îles d'Antigoa, de Saint- Vincent et de la Barbade qui sont épargnées, sans doute à cause de la sécheresse du sol.

Dans l'Amérique dio Sud, les principaux foyers du paludisme sont : les Guyanes, les cotes du Venezuéla, de Colombie, le bassin de l'Orénoque, la Bolivie.

Au Brésil et au Pérou, les fièvres sont communes sur les côtes, dans les vallées ; elles deviennent de plus en plus rares et finissent par disparaître à mesure qu'on s'élève sur les hauts plateaux.

Le paludisme est rare à Montevideo et àBuenos- Ayres ; il disparaît presque complètement audelà du 3o° de latitude australe.

Océanie. — L'endémie palustre a, dans les lies de la Malaisie, une intensité tout à fait comparable à celle de l'endémie palustre aux Indes ; Java, Sumatra, Bornéo, les Moluques, les Philippines, sont des foyers palustres extrêmement redoutables.

Le reste de l'Océaoie est, au contraire, presque complètement épargné.

En Australie, les fièvres sont rares et ne présentent pas, en général, de gravité. De même à la Nouvelle-Calédonie.

En Tasmanie, à la Nouvelle-Zélande, le paludisme est pour ainsi dire inconnu, malgré l'existence de nombreux marais. Les îles de la Polynésie, de la Mélanésie, de la Micronésie sont également indemnes.

2. Conditions qui favorisent l'éclosion du paludisme. — A. Conditions climatériques. —

La géographie médicale montre bien l'influence considérable de la chaleur dans l'étiologie du paludisme. L'endémie palustre, inconnue dans les pays froids, augmente d'intensité à mesure qu'on descend vers les régions équatoriales ; dans

CALSES PRÉDISPOSANTES

les zones tempérées et chaudes elle ne rogne que pentlant la saison chaude ; à Rome, en Algérie, les premiers cas de fièvre palustre de première invasion se montrent presque à jour fixe, au commencement de Juillet ; de Décembre au mois de Juin suivant, on n'observe que des fièvres de rechute.

Les localités marécageuses, les terres humides, incultes fournissent au paludisme un milieu très propice, mais l'existence de marais proprement dits n'est pas nécessaire à son développement et d'autre part tous les marais ne sont pas fébrigènes, même dans les pays chauds (Australie, Nouvelle-Calédonie).

Si le marais proprement dit n'est pas nécessaire, il faut du moins un sol humide ; le paludisme ne se développe pas sur les navires au large et, dans les pays chauds, lorsque le sol est desséché depuis longtemps, les fièvres disparaissent; mais, il suffit d'une pluie légère pour rendre au sol sa puissance fébrigène. L'influence favorable exercée par V altitude ,\n[\\xG,ace. démontrée également par la géographie médicale, s'explique en partie par l'abaissement de la température sur les hauteurs et par ce fait que, les eaux ayant un écoulement facile, le sol se draine naturellement.

L'altitude qui suffit à préserver de la fièvre est peu considérable, aussi celte donnée est-elle extrêmement précieuse pour la prophylaxie du paludisme, nous y reviendrons (v. prophylaxie).

B. Conditions individuelles. — L'influence do Vâge et du sexe est peu marquée ; si les hommes adultes payent un tribut plus lourd que les femmes, les jeunes gens et les vieillards, cela s'explique par l'influence des professions.

Les enfants sont souvent atteints de paludisme.

On connaît un certain nombre de faits tendant à démontrer que le paludisme peut être transmis de la mère au fœtus.

Ces faits de paludisme congénilal ne sont pas en opposition avec ceux qui démontrent la nature parasitaire de la maladie ; il résulte en effet des recherches de Straus et de Chamberland, que les microbes ne sont pas toujours arrêtés par le placenta, comme on le croyait autrefois {Soc. de biologie, ii nov. 1881, 16 déc. 1882).

Les hommes appartenant à toutes les races sont sujets au paludisme, mais à un degré assez variable ; la race noire présente une résistance beaucoup plus grande que la race caucasique, résistance qui toutefois ne va pas jusqu'à l'immunité, comme le croyait Boudin ; la cachexie

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palustre n'est pas rare chez les nègres, notamment au Gabon, à Ceylan et aux Antilles, mais les formes aiguës et graves du paludisme se rencontrent bien moins souvent chez les noirs que chez les blancs ; aussi les nègres sont-ils des auxiliaires très utiles dans les pays palustres-

Les Indiens, les Créoles ne sont pas épargnés. En Algérie on observe souvent le paludisme chez les indigènes, mais presque toujours sous des formes moins aiguës et moins graves que chez les Européens ; le nègre et l'Arabe ont pour le paludisme une tolérance, une accoutumance peut-être héréditaires (').

Les professions les plus malsaines dans les pavs palustres sont celles qui mettent l'homme, le plus souvent et le plus directement, en rapport avec le sol. Les ouvriers employés à dessécher les marais, à curer les ports ou les fossés, les terrassiers, les jardiniers, les moissonneurs sont particulièrement exposés.

(1) Voii' sur cette question, outre les ouvrages généraux sur le paludisme: Graves, CZim'g'MeMe'tZ. Trad.Fr.

Édit. T. I, p. 483. — Boudin, Acclimatement des races humaines iît'C. de Mém. de Méd. Milit. 3^ Série,'!. XII, XIII, XV. — L. Laveran, art. Antagonisme in Diction, encyclop, des Sa. Méd. — Coure, De l'influence de la race dans les maladies infectieuses, Gaz. heMom. iStig.

Le paludisme est une maladie des campagnes de même que la fièvre typhoïde est une maladie des villes ; dans les quartiers centraux de Rome on est à l'abri des fièvres qui sévissent avec intensité jusqu'aux portes de la ville.

Toutes les causes débilitantes : fatigues, excès de toute sorte, anémie résultant de privations ou de maladies antérieures prédisposent au paludisme.

Une première atteinte ne confère aucune immunité, au contraire les individus qui ont eu les fièvres sont plus exposés à les contracter que ceux qui en sont indemnes.

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