SELS DE QUININE CLASSÉS D'APRÈS LEUR TENEUR EN ALCALOIDE
Quinine,
100 parties de chlorhydrate basique de quinine renferment... . 81,71 — de chlorhydrate neutre — — 81,61
-—- de lactate basique — — 78,26
—— de bromhydrate basique — — 76,60
— de sulfate basique — — 74,31
— de sulfovinate basique — — 72,16
—— de lactate neutre = — 62,30
— de bromhydrate neutre — — 60,67
— de sulfate neutre — — 59,12
- de sulfovinate neutre — — 56,25
SELS DE QUININE CLASSÉS PAR ORDRE DE SOLUBILITÉ D'APRÈS J. REGNAULD ET Ee NILLEEAN.
Eau.
1 partie de chlorhydrate neutre de quinine est soluble dans, 0,66 — de sulfovinate neutre —- — 0,70 — de lactate neutre — — 2,00 — de sulfovinate neutre — —— 3340 — de bromhydrate neutre — — 6,33 — de sulfate neutre — — 9,00 — de lactate basique — — 10,29 — de chlorhydrate basique — —- 21,40 — de bromhydrate basique — — 45,02 — de sulfate basique — — 581,00
Le salicylate de quinine, trop vanté par Antonesco (Thèse, Paris, 1877), est très peu soluble (une partie se dissout dans 1430 parties d’eau à 20°); de plus 100 parties de salicylale ne renferment que 70,12 pour 100 de quinine.
Le chlorhydrate de quinine coûle un peu plus cher que le sulfate de quinine, mais on le preserit à plus faible dose.
Le chlorhydrate de quinine est, en raison de sa solubilité, le meilleur sel de quinine que l’on puisse employer pour les injections hypodermiques. Le chlorhydrale basique de quinine ne se dissout que dans 21 fois son poids d’eau {1), mais le chlorhydrate neutre est beaucoup plus soluble; une partie de chlorhydrate basique de quinine se dissout dans 21,40 parties d'eau; une partie de chlorhydrate neutre dans 0,66 d’eau.
(4) On considère aujourd’hui la quinine comme un alcali diacide; le sel neutre est le corps qui résulte de la combinaison d’une molécule de quinine avec deux molécules d’un acide monobasique. C’est par application de cette règle que l’ancien chlorhydrate acide des auteurs est
devenu le chlorhydrate neutre, bien que sa réaction au papier de tournesol soit fortement acide. (De Beurmann et Villejean, op. cit., p. 205.
De Beurmann et Villejean recommandent, pour les injections hypodermiques, la solution suivante :
Bichlorhydrate de quinine. 5 grammes.
Fauvdiatiiléeze sr Q. S. pour faire 10 cent. cubes.
Un centimètre cube de cette solulion représente exactement cinquante centigrammes de bichlorhydrate.
À défaut de bichlorhydrate solide, on peut utiliser le chlorhydrate basique du commerce en procédant de la manière suivante :
Étendre avec de l’eau distillée une certaine quantité d'acide chlorhydrique pur, jusqu'à ce que la liqueur donne au pèse-urine une densité de 1,045 à H 15 degrés. Introduire dans une petite éprouvette graduée 5 grammes de chlorhydrate basique de quinine; ajouter 5 centimètres cubes de la solution acide précédente; compléter avec de l’eau distillée pour faire 10 centimètres cubes, et filtrer.
La solution de bichlorhydrate de quinine est limpide, de consistance presque sirupeuse, elle prend au bout de quelque temps une teinte brunâtre, sans s’altérer d’ailleurs. (De Beurmann et Villejean, op. ct. et Tribune médicale, 18 septembre 1890.)
La solution de bichlorhydrate de quinine, bien que très acide au tournesol, n'est pas caustique ; je n'ai pas observé d’eschares, ni de gangrènes chez les malades traités à l’aide de cette solution, mais des douleurs très vives au moment de l'injection, douleurs qui persistaient parfois pendant plusieurs heures.
J'ai employé également Ia formule suivante, qui est donnée dans le Formulaire des hôpitaux militaires :
Monochlorhydrate.de:quinme,:...,....4... 1 gramme. PEN PEARL A OR ER PSE A PR 3 grammes.
KRad:4s lili aire OR La AR er Ce Re 6 ent
On ajoute au besoin quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour obtenir une dissolution complète.
À la température de + 15°, un centimètre cube de cetle solution renferme à très peu près un décigramme de sel.
Les injections faites avec cette solution sont moins douloureuses qu'avec la solution au bichlorhydrate; on est obligé, il est vrai, d’injecter une plus grande quantité de liquide; s’il est nécessaire d'administrer un gramme de chlorhydrate de quinine, on injecte, avec la seringue de Pravaz ordinaire, deux centimètres cubes de la solution par chaque piqûre, en remplissant deux fois la seringue et on fait cinq piqûres; dans ces conditions l’absorption du sel de quinine est facile et rapide.
Kobner a préconisé la formule suivante {Bulletin gén. de thérap., 1890, p. 506).
rdrat DID seras 8r,50 à 1 gramme.
Chlorhydrate de q r,50 à À gramme CM OPIMO ADEME amie de
Ta & 2 grammes.
Fe is CDS a Run ME Re pr à 2
Préparez sans acide et injectezla solution tiède.
Pour éviter la confusion possible du chlorhydrate de quinine avec le chlorhydrate de morphine, confusion qui pourrait entraîner de très graves accidents, Vigier et Delpech ont proposé avec raison d'écrire en premier, sur les ordonnances et les étiquettes, le nom de l’alcaloïde comme il suit :
MoreHinE (chlorhydrate).
QUININE (chlorhydrate).
au Heu de :
Chlorhydrate de morphine.
Chlorhydrate de quinine.
Ce serait [à, en effet, une précaution très utile.
La formule suivante, donnée par Vinson, est très bonne pour les injections hypodermiques et très ulile, attendu qu'on n'a pas toujours du chlorhydrate de quinine à sa disposition :
UMA MS IUT LE A Re den À gramme.
RAS CHR EN A DELA 10 grammes.
AT CRIE PE Re Ne 2e 50 centigr.
Le sulfovinalte de quinine neutre est presque aussi soluble dans l'eau que le chlorhydrate neutre (une partie de sulfovinate neutre se dissout à la température ordinaire dans 0,70 d’eau), mais les solutions de sulfovinate de quinine ont un grave Imconvénient, elles se décomposent assez rapidement, et les injections hypodermiques, faites avec les solutions altérées, donnent lieu à des accidents locaux : douleurs vives, abcès, plaques gangréneuses. (Marty, Société de pharmacie de Paris, 1887; Bulletin méd., 1887, n° 12.)
J'ai employé le sulfovinate de quinine en injections sous-cutanées comparativement avec le chlorhydrate de quinine, et jai constaté que les accidents locaux élaient bien plus fréquents avec le premier de ces sels qu'avec le second.
Le lactate de quinine à été préconisé par P. Vigier. (Gaz. hebdom., 1885, p.83.
Le lactate de quinine cristallisé, tel qu'on le frouve dans le commerce, n’a pas une solubilité suffisante pour les injections hypodermiques.
Le bromhydrate de quinine ne se dissout que dans 60 parties d’eau, mais on peut obtenir une solution à 1/10 de ce sel en substituant à l’eau pure, l’eau dis-
tllée addilionnée d'alcool, d’après la formule suivante :
Bromhydrate dé qUiine nn... me 1 gramme.
COOP RE US MN QU à à cup La qg 187,50 LS Ne ART RTE ee CT AR DAT SRE PR ee 187,50
La solution de bromhydrate de quinine donne lieu assez souvent à des accidents locaux.
Quand on fait des injections hypodermiques avec un sel de quinine, il faut avoir grand soin de pousser la pointe de l'aiguille de la seringue de Pravaz au milieu du tissu conjonctif sous-cutané ; les injections faites dans l’épaisseur du derme donnant lieu, presque à coup sûr, à de accidents locaux.
La solution doit être très claire et ne tenir en suspension ni cristaux, ni spores.
Les injections seront faites aux membres et non au tronc, en prévision des accidents locaux qui peuvent se produire et qu’on observe surtout chez les cachectiques.
L’injection est suivie en général d’une douleur assez vive; un petit noyau d’induration se forme au niveau de la piqüre; le plus souvent ce noyau se résorbe, mais quelquefois on voit se produire un abcès ou une eschare sèche de la grandeur d'une pièce de cinquante centimes ou de un franc, qui se détache lentement. On a observé parfois des eschares plus étendues où même des phlegmons diffus, mais ces graves accidents sont tout à fait excep- Uonnels et ce n’est pas l'injection elle-même qu'il faut en accuser, mais la manière dont elle a été faite.
Baccelli a préconisé dans ces derniers temps les injections intra-veimeuses des sels üe quinine ((razzelta degli ospitali, n° 12, février 1890). Baccelli injecte dans une veine du pli du coude 40 à 60 cenligrammes de chlor-
LAVERAN. 413
hydrate de quinine, en se servant de la solulion sui-
vante :
Chiororarate define ei Pre 1 gramme.
CLLGTAPE ESPOIR CSC NE RARE 15 centigr.
ÉGSCAU BE SEEN RER RER 10 grammes.
Vingt-quatre heures après l'injection, presque tous les
éléments parasitaires ont disparu du sang.
faut employer, pour préparer la solution de Baccell, du chlorhydrate de quinine neutre qui donne une solution acide; en mélangeant du sang à une goutte de cette solution il est facile de s’assurer que le sang se coagule et que les hémalies sont profondément altérées, elles pâlissent d’abord, puis se désagrègent.
La méthode hypodermique nous permet d'introduire presque aussi rapidement que par injections intra-veineuses, et sans aucun danger, les sels de quinine dans la circulation générale ; on ne voit done pas pourquoi on lui préférerait les injections intra-vemneuses, qui sont plus difficiles à pratiquer et quipeuvent donner lieu à des aceidents locaux ou généraux très graves.
Les injections intra-veineuses ne me paraissent indiquées que dans les accès pernicieux les plus graves, lorsqu'on peut craindre que la méthode hypodermique elle-même ne permette pas d'introduire assez rapidement les sels de quinine dans le sang, dans les accès pernicieux cholériformes par exemple.
Les sels de quinine sont-ils toxiques et à quelle dose peuvent-ils donner lieu à des accidents ?
On a émis à ce sujetbeaucoup d’idéeserronées et encore auJpourd'hui on charge, dans le public, le sulfate de qui-
nine de beaucoup de méfaits dont le paludisme est seul coupable; la plupart des cachectiques palustres attribuent, par exemple, à l’abus du sulfate de quinine, l'hypertrophie de la rate qui se rencontre cependant à un degré bien plus marqué chez les malades qui n’ont jamais fait usage de quinine que chez les individus qui ont usé et abusé de ce médicament.
Certaines personnes ont une sensibilité particulière pour les sels de quinine qui, même à faible dose, produisent chez elles des accidents assez inquiétants ; mais ces faits sont exceptionnels et, pour ma part, je n’en ai jamais vu d'exemple.
Trousseau et Pidoux ont vu, à l'hôpital de Tours, une jeune religieuse rester folle un jour pour avoir pris, en une dose, 15,25 de sulfate de quinine.
Les mêmes auteurs citent le fait suivant: un malade atteint d'asthme, après avoir absorbé en une seule fois 3 grammes de sulfate de quinine, est pris de bourdonnements d'oreilles, d’étourdisséements, de vertiges et d'horribles vomissements. Sept heures après l’ingestion du médicament, 1l était aveugle et sourd et il délirait. Ces accidents disparurent spontanément. (Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique, 8° édit., t. I, p. 487.
Rizu rapporte qu'une de ses malades, chaque fois qu'elle absorbait du sulfate de quinine, même à {rès faible dose, éprouvait une congestion de la face, puis un véritable accès d’orthopnée et de l’urticaire. (Bulletin de la Société des médecins el naturalistes de Jassy, 1887.)
Floyer a cité un fait analogue : un homme vigoureux ne pouvait pas prendre de sulfate de quinine, même à très faible dose (0#,15), sans avoir une violente dyspnée et de l’urticaire. (British. Med. Journ., 1886).
Kobner a vu se produire des accidents graves chez un enfant, à la suite d'une injection hypodermique de 30 centigrammes de sulfate de quinine : éruption scarlatiniforme, coliques, écoulement sanguinolent par l'anus.
Des doses six fois plus faibles de sulfate de quinine, prises à l’intérieur, donnèrent lieu aux mêmes accidents chez cet enfant. (Bulletin qén. de thérapeutique, 1890, p. 906.)
Piskiris (d'Athènes) a publié deux cas d'hémorrhagie gastro-intestinale chez des malades atteints d’anémie paludéenne, à la suite de l'administration du sulfate de quinine. (Cralenos, Athènes, 1890.)
Le sulfate de quinine donne lieu quelquefois à l’hémoglobinurie ou hémosphérinurie ; les urines deviennent rougeûtres ou noirâtres, elles renterment de l’albumine et de l’hémoglobine, mais on n’y {trouve pas de globules sanguins. Cet accident a été bien étudié et décrit par des médecins grecs, et en particulier par Karamilzas et par Pampoukis. (Pampoukis, Étude sur les fièvres palustres de la Grèce, Paris, 1888.)
Karamitzas cite l'exemple d’un étudiant qui était atteint d'hémoglobinurie dès qu'il prenait du sulfate de quinine même à faible dose (05,30).
Pampoukis et Chomatianos ont publié plusieurs observations semblables.
Le sulfate de cinchonine ne donnerait pas lieu, d’après Pampoukis, à l’hémoglobinurie et devrait être substitué au sulfate de quinine chez les malades sujets à cet accident.
D'après Tomasellt la quinine pourrait produire non seulement l'hémoglobinurie, mais aussi une fièvre icltérohématurique fdcile à confondre avecla fièvre ictéro-héma -
turique des pays chauds. (Congrès de la Société italienne de médecine interne. Rome, 1888.)
Spyridon Canellis (d'Athènes) et Pasquale Muscato ont publié de nouveaux exemples d’hémoglobinurie quinique. (Analyse du travail de Spyridon Canellis in Archives de médecine navale, 1888, p. 476; Pasquale Muscalo, Sur l’hémoglobinurie paroxystique par la quinine, Gazz. deg ospitali, 1890, n° 17-19.)
Je n'ai pas eu, pour ma part, l'occasion d'observer l’hémoglobinurie quinique, et je ne m'explique pas pourquoi cet accident qui paraît assez commun en Grèceest si rare en Algérie.
Lépine a étudié x vitro l'aclion de la quinine sur le sang du chien, du mouton, du porc; chez ces animaux la quinine détruit beaucoup de globules.
Chez l'animal vivant la conséquence de la destruction globulaire est le passage de l’hémoglobine et de la methémoglobine dans le plasma. Chez les sujets sains il est rare d'observer l'élimination par les reins (hémoglobinurie). Il est possible que la quinine détruise plus facilement les hémalies altérées des palustres.
Manassein aurait constaté, sous l'influence de la quinine, une augmentation de diamètre des hémalies de 5 à 8 pour 100 chez différents animaux. (Lépine, Arch. de méd. cn 80 pre 03)
À quelle dose les sels de quinine peuvent-ils devenir toxiques et entraîner la mort ?
Maillot, dans les fièvres pernicieuses, et Monneret, dans des névralgies rebelles, ont prescrit jusqu’à huit ou neuf grammes par Jour de sulfate de quinine.
Guersent rapporte qu'une dame qui avait absorbé en quelques jours 41 grammes de sulfate de quinine, perdit
momentanément la vue, l’ouie et la parole ; elle se refroidit comme un cadavre, mais tous les accidents se dissipèrent rapidement.
Il n'existe à ma connaissance, écrit Briquet, de fait avéré d'intoxication suivie de mort, que celui d’un médecin aliéné qui, pour se guérir d'une petite fièvre, s’administra lui-même l'énorme dose de 220 ammes de sulfate de quinine en dix à douze jours et qui finit par succomber à la prostration dans laquelle il était tombé. (Briquet, Traité thérapeutique du quinquina, p. 585.)
Giacomini, cité par Briquet, donne l'observation d’un homme qui, par erreur, avala en une seule fois 12 grammes de sulfate de quinine ; il y eul des phénomènes d’hyposthénisation du cœur et du système nerveux, mais ces symptômes furent combatlus avec succès à l’aide des excilants.
Les fails suivants démontrent que celte dose de douze grammes de sulfate de quinine peut entraîner la mort chez l'adulte.
Deux soldals, voulant se purger, se trompèrent de bouteille et, au lieu de prendre du sulfate de soude, absorbèrent une solution de quinine, soit 12 grammes environ de sel pour chacun d'eux. Une demi-heure après l'absorpion du médicament, ces deux hommes furent pris de crampes d'estomac et de vomissements, pâleur de la face, dilatation des pupilles, respiration courte, refroidissement, pouls petit, irrégulier, ralenti, parfois insensible. Bourdonnements d'oreilles. Tendance à la syncope.
Chez l’un de ces malades, les accidents allèrent en s’amendant, l’autre succomba dans une syncope. (Baills, Deux cas d'empoisonnement par le sulfate de quinine in Archives de médecine militaire, 1885,1. VE, p. 320.)
Ces deux faits montrent bien que le sulfate de quinine est surtout un poison du cœur; ce sont les accidents cardiaques qui ont dominé la scène dans les deux cas et qui ont déterminé la mort dans l’un d’eux ({).
En somme, à part quelques sujets chez lesquels la quinine détermine des accidents plus inquiétants en apparence que vérilablement dangereux, on peut dire que l'emploi des sels de quinine, aux doses qui sont habituelle ment nécessaires pour guérir le paludisme, ne présente aucun danger. En Algérie, et dans les accès les plus graves, je n'ai jamais dépassé la dose de 3 grammes de sulfate ou de chlorhydrate de quinine par jour ; dans les formes ordinaires, des doses de 18, 05,80 et même 05,60 de chlorhydrate de quinine sont suffisantes.
Bien que la quinine produise rarement des accidents, le médecin ne doit pas perdre de vue la possibilité de ces accidents : ivresse quinique, vomissements, hyposthénisation du système nerveux ; s'il confondait ces symptômes avec ceux du paludisme, 1l serait conduit à augmenter encore la dose des sels de quinine et par suite les accidents d'intoxication.
Il faut notamment se montrer très prudent lorsqu'on administre la quinine pour la première fois à des personnes nerveuses ; il estindiqué de ne pas commencer par de fortes doses, à moins quela gravité des accidents ne l'exige.
On se contente souvent de couper la fièvre avec deux ou trois doses de quinine et on attend une rechute de fièvre pour reprendre le traitement. Je crois que cette méthode est mauvaise et qu'il faut s’efforcer, à l’aide de traitements successifs, de prévenir la rechute, sans quoi on ne réussit
(1) Voir aussi : Rosenbusch, Un cas d’empoisonnement aigu par la quinine avec un exanthème scarlatiniforme (Wien. mediz. Presse, 13 avril 1890).
qu'à supprimer quelques accès; les parasites arrêtés un instant dans leur développement repullulent bientôt et tout est à recommencer.
Sydenham avait déjà compris la nécessité des traitements successifs par le quinquina dans la fièvre intermitlente.
« Le quinquina, nonobstant son efficacité, ne peut pas détruire entièrement la maladie... Le meilleur moyen de prévenir la rechute est de réitérer le fébrifuge même après la cessation de la fièvre. » (Sydenham, in Æncyclopédie des sciences médicales, p. 155.) Et plus bas : « De peur que la fièvre ne revienne, je ne manque Jamais précisément le huitième jour depuis la dernière prise de quinquina, d'en donner au malade la même quantité qu'auparavant. Si l’on veut se mettre tout à fait à l'abri d’une rechute, il faut reprendre trois ou quatre fois le traitement. »
La pratique démontre qu'il suffit de deux ou trois doses de quinine pour couper une fièvre intermittente ordinaire, mais que la fièvre reparaîl souvent au bout de sept ou huitjours. Après avoir coupéune première fois la fièvre, il faut donc, six ou sept jours après le dernier accès, reprendre le traitement.
On pourrait sans doute administrer la quinine sans interruplion pendant quinze jours ou trois semaines, mais cela présenterait de nombreux inconvénients ; la quinine donne lieu, surtout chez certains malades, à des troubles nerveux désagréables : bourdonnements d'oreilles, surdité; de plus, le traitement deviendrait très dispendieux, considération qui à son importance pour beaucoup de malades et dont les médecins des hôpitaux doivent tenir compte.
Il n'est pas démontré d’ailleurs qu'un traitement con-
ünu par la quinine ait une efficacité plus grande que le traitement discontinu que je préconise.
J'ai constaté souvent qu’on obtenait de meilleurs résullats en donnant quelques doses assez fortes des sels de quinine qu’en prescrivant ces sels pendant longtemps, mais avec de faibles doses journalières.
Il est évident que si on prescrit un gramme de chlorhydrate de quinine en une dose, le sang se trouve à un moment donné beaucoup plus chargé de quinine et par suite beaucoup plus toxique pour les hémalozoaires que si pendant quatre jours on prescrivait 0,30 de chlorhydrale de quinine.
Le {ype de la fièvre ne me parail pas devoir modifier sensiblement la formule du traitement. Après s'être assuré, notamment par l’examen du sang, que la fièvre est bien due au paludisme, on prescrira par exemple chez l’homme adulte :
Les 1°”, 2° et 5° jours, 05,80 à 1 gramme par Jour de chlorhydrate de quinine.
Les 4°, 5°, 6° et 7° jours, pas de quinine.
Les 8°, 9° et 10° jours, 05,60 à 0f,80 de chlorhydrate de quinine.
Du 11° au 14° jour, pas de quinine.
Les 15° et 16° jours, 0#,60 à 05,80 de chlorhydrate de quinine.
Du 17° au.20° jour, pas de quinine.
Les 21° et 22° Jours, 08,60 à 05,80 de chlorhydrate de quinine.
Si la fièvre reparaît pendant le cours du traitement, il faut nécessairement prolonger ce traitement.
Je n'ai pas la prétention, bien entendu, de donner une formule applicable dans tous les cas de paludisme. La for-
mule précédente devra être très souvent modifiée notamment dans les fièvres graves des pays chauds.
On à beaucoup discuté la question de savoir à quel moment de la fièvre intermittente ïl fallait faire prendre la quinine; la plupart des auteurs admettent qu'il faut la faire prendre pendant l’apyrexie.
La quinine est mieux supportée à ce moment que pendant les accès de fièvre ; elle provoque moins souvent les vomissements, et l'absorption du médicament est probablement plus facile ; d'autre part, on ne peut pas songer à empêcher l’évolution d’un accès de fièvre de durée normale lorsque cet accès est commencé.
Il faut bien savoir toulefois que dans les fièvres graves, dansles continues, il ne faut pas attendre les intermissions, ni même les rémissions, pour administrer la quinine.
Il fut un temps où l'emploi de la quinine était considéré comme dangereux chez les malades qui avaient des fièvres continues et limité strictement aux fièvres intermillentes. Sous l’influence de cette doctrine, la mortalité par le paludisme élait énorme dans les pays chauds. Maillot a eu le grand mérite de montrer que cette doctrine était erronée et que la quinine devait être administrée dans les continues palustres comme dans les fièvres intermittentes ; la réforme thérapeutique dont notre illustre maître a ainsi donné le signal a eu les plus heureux effets et les idées de Maillot sur la continue palustre el sontraitement sont aujourd’hui universellement admises.
Dans les cas graves, on fera des injections hypodermiques (18,50 à 2 grammes par Jour en deux fois), sans se préoccuper de la température. Dès que la fièvre aura cédé, on reprendra le traitement des fièvres simples indiqué plus haut.
Le chlorhydrate de quinine sera prescrit à l'intérieur en solution, ou sous forme de cachets. Dans les hôpitaux militaires del’Algérie, les malades avalent pendant la visite, devant le médecin, la solution de quinine qui leur est prescrite et qui est distribuée aussitôt par un infirmier. C'est là une manière de faire excellente; lorsqu'on prescrit des cachets à prendre dans la journée, il arrive trop souvent que le médicament n’est pas pris, et, en cherchant un peu, on retrouve au bout de quelques jours les paquets de quinine dans quelque coin.
Dans les fièvres palustres graves accompagnées d’aceidents pernicieux, la première indication, la plus importante de beaucoup, est de faire prendre de la quinine, mais il y a lieu souvent, après avoir rempli cette indica- Uon, de prescrire quelques adjuvants au traitement spécifique.
Aux malades atteints de fièvre algide on fera des frictions sèches ou excitantes à l’aide du liniment volalil camphré, on prescrira des boissons chaudes exeilantes, le thé alcoolisé par exemple, les stimulants diffusibles : l’éther, l’acétate d'ammoniaque sous forme de potion, ou, mieux encore, on pratiquera des injections hypodermiques d'éther (2 à 4 grammes d’éther sulfurique). Ces injections hypodermiques d’éther rendent aussi de grands services chez les malades atteints d'accidents cholériformes.
Dans les cas de fièvre continue avec état typhoïde et hyperthermie, les bains froids sont parfois indiqués.
Dans les accès comateux, lorsqu'il s’agit de sujets vigoureux, sanguins, et que l’on constate les signes d’une forte congestion encéphalique, on peut appliquer des sangsues aux apophyses mastoïdes dans le but de prévenir Îles
phlegmasies consécutives. Les applications froides sur la tête, les révulsifs aux extrémités, les purgatifs drastiques sont également utiles.
Tous les auteurs sont aujourd'hui d'accord pour condamner l'emploi des saignées générales dans le traitement du paludisme.
L'hydrate de chloral {3 à 4 grammes dans une potion gommeuse) m'a rendu de grands services pour combattre le délire dans les accès pernicieux délirants et chez les palustres alcooliques.
Lorsqu'il existe des vomissements, les boissons gazeuses, le vin de Champagne, la glace, sont indiqués; une imjeclion hypodermique de chlorhydrate de morphine (un centigramme), pratiquée à l’épigastre, réussit souvent à calmer les vomissements; on preserira l’opium à l’intérieur sil existe une diarrhée abondante.
Dans la fièvre bilieuse, l’ipéca et le calomel rendent de grands services, mais ici encore la première indication est de faire prendre de la quinine.
Autrefois avant d’administrer la quinine il élait de règle de prescrire des laxatifs et des vomilifs; Maillot s’est élevé avec beaucoup de raison contre cette pratique; en admettant que les purgatifs et les vomitifs ne soient pas nuisibles par eux-mêmes, ils ont le grave inconvénient de retarder l'administration de la quinine (Maillot, op. ct. p. 361), et on peut être surpris par l'invasion d’un accès pernicieux.
Aucun des nombreux médicaments qui ont été préconisés Jusqu'ici comme swccédanés de la quinine ne mérite ce titre, aucun d'eux ne possède une efficacité comparable à celle de la quinine dans le traitement du paludisme.
L'acide arsénieux agit surtout comme lonique et à ce
Utre il peut rendre des services dans le traitement de la cachexie, mais la méthode de Boudin est inefficace et même dangereuse dans le traitement des accidents aigus du paludisme.
Le sulfate de cinchonine coûte moins cher que le sulfate de quinine, mais il est beaucoup moins actif; 1l faudrait donc l’employer à dose plus forte que le sulfate de quinine, or sa puissance loxique est égale à celle des sels de quinine.
Le sulfate de cimchonidine est plus toxique que le sulfate de quinine; il y a danger à dépasser deux grammes et pour obtenir des effets thérapeutiques 11 faudrait prescrire ce sel à une dose double du sulfate de quinine. (Marty, Contrib. à l'étude du sulfate de cinchonidine. Bull. gén. de thérap., 1884, p. 355. — E. Le Juge de Segrais, Étude sur la cinchonidine et ses sels comme succédanés de la quinine. Arch. gén. de méd., 1886, t. Il, p. 420.)
De Brun a tenté récemment de reviser le procès de la cinchonidine ; d’après lui le sulfate de cinchonidine joint à l'avantage d’être moins coûteux que le sulfate de quinine, celui d'être en général mieux supporté par les malades; de Brun prescrit 1 à 2 grammes de sulfate de cinchonidine par doses de 05, 50 à 1 gramme, ces doses peuvent suffire dans les cas légers, mais elles seraient évidemment insuffisantes dans des formes graves.
L’analgésine ou antipyrine ne guérit pas la fièvre palustre, elle diminue seulement l'intensité de quelques symptômes : céphalalgie, fièvre ; à ce titre elle peut rendre des services dans le traitement des fièvres continues palustres. (Antony, Arch. de méd. milit., 1887, 1. X, p.21.)
Ce n'est là qu'un traitement pallatif; tout en preserivant l’analgésine, on soumettra le malade à la médicalion
quinique, dans laquelle seulement on doit avoir confiance, surtout s’il s’agit de fièvres des pays chauds, et si les accidents pernicieux sont à redouter.
L'eucalyptus a été vanté par quelques observateurs dans le traitement du paludisme : alcoolature ou vin d’eucalyptus. Les propriétés fébrifuges de ces préparations ont été contestées ; en {ous cas, elles ne sont nullement comparables à celles de la quinine.
ProPHYLAXIE. — La prophylaxie du paludisme comprend:
1° L'étude des mesures individuelles à prendre pour se préserver du paludisme lorsqu'on est obligé de séjourner dans un pays où le paludisme est endémique ;
2° L'étude des mesures à prendre pour assainir des localités où le paludisme est endémique.
La prophylaxie reposera sur des données plus précises et pourra être simplifiée très probablement quand nous saurons exactement sous quelle forme les parasites du paludisme se trouvent dans le milieu extérieur.
Dès aujourd'hui, on peut formuler des règles qui, basées sur l’expérience, sont d'une utilité el d'une efficacité incontestables.
Dans la plupart des pays palustres, il ÿ a une saison salubre et une saison insalubre ou période endémo-épidémique; en Algérieparexemple, etenltalie, on necontracte presque jamais la fièvre pendant les mois de décembre, janvier, février, mars, avril, mai ; pendant ces six mois on peut vivre sans se préoccuper du paludisme. Le voyageur qui dispose de son femps doit mettre à profit cette époque pour parcourir les contrées palustres ; c'est aussi celle période de l’année qu'il convient de choisir pour envoyer des troupes dans ces contrées.
Les travaux de défrichement, de terrassement, de curage des fossés où des étangs, de desséchement des marais, ne seront pas faits pendant la saison endémo-épidémique ; ceux de ces travaux qu’il n’est pas possible de différer, seront, dans les pays chauds, confiés, autant que possible, à des indigènes ou à des nègres qui jouissent d’une immunité remarquable pour le paludisme.
Le premier conseil à donner à une personne appelée,
à séjourner dans un pays palustre est de choisir avec soin son habitation et de mettre à profit l’influence si heureuse et si remarquable de l'altitude. (Voir chap. v, p. 155).
L'emplacement des habitations doit être fixé toujours sur les hauteurs; jamais dans les bas-fonds, n1 dans une plaine humide et mal drainée.
L'altitude qui suffit à préserver du paludisme est d’ailleurs peu considérable.
Dans une même ville, on trouve souvent des ne très sains à côté de quartiers notoirement insalubres ; les parties les plus élevées d’une ville, les rues les plus centrales, les plus habitées, donnent le maximum de préservalion : on évitera au contraire les habitations qui sont placées dans les parties basses, sur les bords fangeux des cours d’eau et celles qui sont isolées dans lacampagne, surtout s’il existe à proximité des marais ou des terres irriguées.
Dans tous les pays chauds et insalubres on a été conduit, comme aux Indes, à créer sur les hauteurs, des sanatoria dans lesquels on passe la saison des fièvres.
Le voyageur et le soldat qui sont obligés de traverser des localités palustres pendant la saison endémo-épidémique, et parfois d'y séjourner, doivent choisir avec soin
leurs campements qui seront établis, non sur le bord des rivières, ni dans les bas-fonds, mais autant que possible sur les hauteurs.
On évitera de parcourir, pendant la saison endémo-épidémique, les principaux fovers du paludisme et surtout d'y séjourner la nuit. Les ouvriers, les moissonneurs, obligés de travailler dans les localités insalubres, devront regagner le soir des centres d'habitation sur les hauteurs; les marins trouveront dans leurs vaisseaux un abri excellent.
L'eau de boisson doit être, dans les localités palustres, et surtout pendant Ia saison endémo-épidémique, l’objet d’une scrupuleuse attention. Si on n'a pas la certitude que l’eau provient de sources situées dans des localités indemnes de paludisme, il ne faudra faire usage pour la boisson que d’eau filtrée avec soin ou mieux encore d’eau bouillie.
Nous avons vu que toutes les causes débililantes favorisaient l’éclosion du paludisme.
On évitera, surtout pendant la saison endémo-épidémique, les grandes fatigues, les excès de toute sorte; on fera usage d’une alimentation tonique. Les boissons alcooliques, dangereuses dans les pays chauds quand on en abuse, sont utiles, à dose modérée, pour combattre les effets débilitants de la chaleur ; on en peut dire autant des épices et des condiments dont l'usage est rendu nécessaire par l’atonie des voies digestives mais qui, pris en excès, peuvent devenir nuisibles.
Le café, en raison de ses propriétés Loniques, constitue une boisson excellente dans les pays chauds, aussi les Orientaux en font-ils une très grande consommation ; les infusions de café et de thé ont en outre l'avantage d’obli-
ger à faire bouillir l’eau de boisson et à la stériliser par conséquent.
Les personnes qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre doivent redoubler de précautions pour éviter une rechute de fièvre, toujours à craindre, surtout si l’anémie persiste. Elles feront sagement de prendre du vin de quinquina ou de l'acide arsénieux, ou encore de se soumeltre à un traitement hydrothérapique, el, au moindre malaise, de recourir au sulfate de quinine.
Il n’est pas toujours possible d'observer ces prescriptions; beaucoup de personnes sont obligées de parcourir des régions très insalubres pendant la saison des fièvres ou d’y séjourner.
L'utilité d'un traitement préventif du paludisme s’impose toutes Les fois qu'on se trouve dans des localités où le paludisme règne avec tant de force qu'on a peu de chances de rester indemne, et qu'on doit redouter, au contraire, ses atteintes les plus insidieusesetles plus graves.
Puisque les sels de quinine guérissent le paludisme et détruisent les parasites qui ont pullulé dans le sang, on pouvait espérer que le quinquina et les sels de quinine administrés d’une façon préventive empêcheraient ces parasites de se multiplier dans le sang.
Des faits nombreux démontrent, en effet, que le quinquina el les sels de quinine, qui guérissent le paludisme, peuvent aussi le prévenir.
Dans la marine anglaise, on emploie souvent le vin de quinquina et le sulfate de quinine à titre préventif. Chaque fois qu’on envoie des hommes à terre, dans les régions tropicales, on leur fait prendre, le malin, au moment où ils quittent le navire, et le soir, quand ils reviennent, du vin de quinquina.
LAVERAN. 14
Pour démontrer les effets salutaires de cette pratique, >ryson cile les faits suivants : |
« Vingt matelots et un officier devaient êlre envoyés à Sierra-Leone pour y travailler pendant la Journée; aux matelots, on administra l'écorce de quinquina, l'officier refusa d’en prendre; ce fut la seule personne qui eut la fièvre. Plus tard, on détacha deux chaloupes de l’Jydra pour explorer la rivière Sherbo; elles restèrent absentes pendant une quinzaine; chaque jour les hommes prirent du quinquina dans du vin, conformément aux instructions qu'ils avaient reçues. Pas un seul homme ne fut atteint de la fièvre, quoique la région explorée passât pour une des plus insalubres de la côte. L’équipage d’une troisième chaloupe séjourna pendant deux jours seulement dans la même région et à la même époque; les hommes n'avaient pas pris de quinquina, tous furent altaqués, excepté l'officier qui commandait la chaloupe. » (Van Buren, Rapport à la commission sanitaire des États-Unis, in Essais d'hygiène et de thérapeutique militaires, par Evans. Paris, 1865.)
Sur la proposition de Bryson, le sulfate de quinine a été substitué au quinquina en poudre dans les stations de la côte d'Afrique. On verse une forte solution alcoolique de sulfate de quinine dans plusieurs füts de vin, de manière que 30 grammes de vin renferment environ 0%,25 de sulfate de quinine; les rapports des médecins de la marine royale anglaise sont en général favorables à cette manière de faire.
La quinine et la cinchonine ont été employées à titre prophylactique pendant la guerre de Sécession, lorsque les troupes étaient appelées à occuper des postes très insalubres.
Les rapports des médecins militaires américains sont presque tous favorables à cette médication (1).
Chamberlain, Wilson, David Merrit, Maylert et Bache, Swift, Thompson constatent les bons effets de la quinine pour prévenir les fièvres palustres.
Warren donne à 200 hommes de son régiment pendant la saison des fièvres 05,30 de sulfate de quinine par jour, ces 200 hommes ne fournissent que 4 cas de paludisme. Le reste du régiment (400 hommes environ) qui n'est pas soumis à la médication préventive a plus de 300 cas de paludisme.
Samuel Logan fait prendre à un certain nombre d'hommes de son régiment, en campagne dans la Caroline du Sud, pendant l’élé de 1863, 0%,25 de quinine par jour et il note les résullats suivants : les hommes qui ne prennent pas de quinine sont atteints dans la proporlion de 58 p. 100 ; ceux qui en prennent d’une façon irrégulière, dans la proporlion de 39 p. 100; ceux qui en prennent d’une façon régulière, dans la proportion de 19 p. 100.
Jilek (de Pola) cite le fait suivant :
« Sept cent trente-six soldats sont logés dans une même caserne, dans une localité insalubre; 500 prennent chaque jour 05,10 de sulfate de quinine, ils sont atteints dans la proportion de 18 p. 100, tandis que-ceux qui n'ont pas pris de quinine, le sont dans la proportion de 28 p. 100. »
Hertz (d'Amsterdam) a observé des faits analogues.
« Sur la côle ouest d'Afrique, les officiers de la Pénélope font une excursion dans une rivière marécageuse ;
(1) The Medic. and Surg. History of the War of Rebellion, 1888, t. I, p. 111-166. — Longuct, La prophylaxie de la fièvre intermittente par la quinine (Semaine médicale, 1891, p. 5).
tous avaient eu la précaution de prendre du sulfate de quinine, à l'exception d’un seul qui, huit jours après, fut atteint d'un violent accès de fièvre intermittente bilieuse. » (Gestin, cité par Fonssagrives, Hygiène navale, p. 224.)
Thorel à pu parcourir les localités les plus insalubres du Mékong, grâce au sulfate de quinine pris à la dose de 05,60 à 0%,80 par semaine; ceux de ses compagnons qui s'étaient astreints à la même précaulion, échappèrent comme lui aux fièvres palustres. (Thorel, Thèse. Paris, 1870.)
Bizardel a cité de nouveaux exemples de l'efficacité de la quinine comme prophylaclique du paludisme. Avec les faibles doses de quinine qui sont conseillées par Bizardel, on ne peut pas songer à prévenir entièrement l'infection palustre, mais c'est déjà beaucoup si on empêche le paludisme de se manifester sous ses formes les plus graves.
Bizardel signale à plusieurs reprises ce fait que, même dans les régions les plus malsaines, les individus qui prenaient de la quinine à dose préventive n’ont pas présenté d'accidents pernicieux; or, ce sont surtout ces accidents qui sont à redoutler pour des hommes qui sont isolés et qui ne peuvent pas recevoir immédiatement les secours d’un médecin. (Bizardel, De la quinine comme prophylactique du paludisme. Thèse, Paris, 1888.)
Grœser, qui a expérimenté le traitement préventif du paludisme par la quinine à Batavia, c’est-à-dire dans une des régions les plus insalubres du globe, conclut en faveur de cette méthode; les atteintes de fièvre sont beaucoup moins fréquentes el beaucoup moins graves chez les marins qui, en abordant ce port dangereux, se soumettent à la médicalion quinique préventive, que chez ceux qui négligent cette mesure prophylactique. (Grœser, Berlin.
Klin. Woch., 1888, 42, p. 845 et 1889, 53, p. 1065.) L'usage de la quinine, comme prophylactique de la fièvre palustre, a élé-également recommandé par Nicolas. (Chantiers et terrassements en pays paludéens. Paris, 1888.) L'arsenic a été employé en Italie à titre de médicalion préventive du paludisme ; des essais ont été faits à plusieurs reprises sur des ouvriers et des employés des chemins de fer et dans l’armée. |
Tommasi Crudeli dit avoir obtenu de cette médication des résullats favorables. (Æapport présenté au ministre de l’agriculture. Rome, 18 mars 1883.) |
En 1883 et 1884, des expériences intéressantes ont été faites en Vénétie sur les hommes de la 2° compagnie de discipline, qui avaient consenti à s’y soumeltre. L’arsenic était pris sous forme de gélatine arsénicale; la dose d'acide arsénieux élait portée progressivement de un à huit milligrammes el continuée à celte dose, à moins d'accidents. gasiro-inteslinaux, auquel cas la médication élait suspendue. En 1883 et 1884, cent soldats n'ayant jamais eu les fièvres et placés dans les mêmes conditions de milieu ont pris part à l'expérience. Cinquante soldats soumis au traitement préventif par l'acide arsénieux ont donné quatorze cas de fièvre palustre, tandis que les cinquante autres, qui n'avaient pas élé soumis au traitement, en fournissaient dix-neuf.
La différence entre ces chiffres est trop faible et les causes d'erreur sont trop nombreuses (il est impossible d'admettre que les conditions aient été strictement les mêmes chez tous les hommes en expérience), pour qu'il soil possible de tirer de ces recherches une conclusion favorable à la médication préventive par l'acide arsénieux. (Journal italien de médecine militaire, 1886, 1.)
Assainissement des localités. — Nous avons vu (chap. v, p. 151) que le paludisme avait disparu presque complètement d'un grand nombre de localités autrefois très insalubres ; les exemples de cette heureuse transformation abondent, non seulement en Europe, mais aussi dans des pays où l’endémie palustre est beaucoup plus sévère, en Algérie, par exemple.
Parmi les mesures d'assainissement les plus efficaces, il faut citer : le desséchement des marais, le drainage et la culture du sol.
En desséchant le sol, en le drainant par des procédés mécaniques ou au moyen des végétaux, on modifie évidemment le milieu dans lequel se développent les parasiles du paludisme et on le rend moins favorable à la pullulation de ces êtres (1).
Les desséchements des marais ne doivent se faire qu'avec mélhode et en s’entourant de grandes précautions, surtout dans les pays chauds; on profitera de la saison pendant laquelle l’endémie palustre ne règne pas ou règne avec le moins d'intensité; on se gardera de mettre à découvert pendant la saison des chaleurs une grande surface de marais; le marais est en effet beaucoup plus dangereux quand 11 commence à se dessécher que lorsqu'il est complètement recouvert par l’eau. L'exemple de Lancisi faisant inonder les fossés du fort Saint-Ange, pour arrêter les ravages du paludisme, est célèbre; en Hollande le même moyen a été employé plus d’une fois avec succes.
(1) Graves, Clinique médicale, trad. de Jaccoud, 3° édit., t. I, p. 109. — L. Colin, Traité des fièvres intermiltentes, 1870. — Laveran, Traité des fièvres palustres, p. 521. — Thevard, De l'influence des transformations agricoles de la Sologne sur la diminution des fièvres intermittentes. Thèse, Paris, 1886.
Les ouvriers qui travaillent au desséchement ne passeront pas la nuit au milieu des marais, et ils seront soumis à la médication préventive par la quinine pendant la saison des fièvres. |
La culture régulière assainit toujours le sol, mais certaines espèces végétales sont particulièrement favorables à cet assainissement.
Les plantations d’eucalyptus, qui ont été faites, depuis une vingtaine d'années, dans un grand nombre de pays palustres, ont rendu déjà de grands services, notamment en Corse, en Algérie et en Italie (1).
Dès 1861, Ramel considérait l’eucalyptus comme capable de combattre le paludisme; c’est à lui que revient le mérite d’avoir importé l’eucalyptus globulus dans nos pays.
Torelli a signalé le fait suivant, qui montre bien l'heureuse influence exercée par les plantations d’eucalyptus :
Il existe près de Rome, hors la porte d’Ostie, dans le lieu dit des Trorës-Fontaines, un couvent qui, en 1868, était abandonné depuis longtemps à cause de son insalubrité et qui portait le nom significatif de Tomba. En 1868, le pape Pie IX donna ce couvent aux trappistes qui en prirent possession, mais dans des conditions déplorables. Dans les premières années, ce séjour était si malsain que les religieux ne pouvaient pas y coucher ; ils rentraient le soir à Rome et ne retournaient aux Trois-Fontaines qu'après le lever du soleil.
(1) Ramel, Revue maritime et commerciale, 1861. — Regulus Carlotti. Du mauvais air en Corse. Ajaccio, 1869. — Ortal, De l’eucalyptus globulus. Thèse, Paris, 1874. — Gimbert (de Cannes) Gaz. hebdom., 1875, p. 340. — Torelli, Rapport au Sénat italien sur l'amélioration des régions où règne la malaria, 1880. — Channing, Étiologie et prophylaxie de la malaria, Gazette médicale de l'Algérie, 30 avril 4884. — Dujardin-Beaumetz, article EucazyPTus, in Diction. de thérapeutique.
Les premières plantations d’eucalyptus furent faites en 1869. En 1876, l'amélioration était telle que les trappistes pouvaient habiter le couvent pendant la nuit sans êlre atteints de fièvre. En 1877, le nombre des eucalyptus dépassait 2500. Un espace de 400 hectares fut cédé alors aux trappistes à charge d'y planter 100 000 eucalyptus en dix ans. En 1879, les plantations eurent beaucoup à souffrir du froid, mais, les années suivantes, les {rappistes plantèrent 25 000 eucalyptus par an; à la fin de 1881, il y avait déjà 55 000 eucalyptus aux Trois-Fontaines et les fièvres palustres devenaient de plus en plus rares.
L’assainissement de la Ferme des Trois-Fontaines à été contesté par Tommasi Crudeli, mais les assertions de cet observateur sont contredites par celles de Torelli et de Baccelli et par celles des religieux qui occupent le couvent des Trois-Fontaines et qui sont de très bons juges dans la question. (Bulletin de la Société nationale d'acclimalation, janvier 1885.)
Michon a cité deux exemples très intéressants et très probants d'assainissement de localités palustres par les plantalions d’eucalyptus. (Bulletin de la Société nationale d'acclimatation, janvier 1885.)
Une grande propriété située sur la côte orientale de la Corse, près d’Aleria et du pénitencier de Casabianca élait inhabitable à cause des fièvres, le garde même refusait d’y rester pendant l'été. Le propriélaire fil planter devant la maison du garde un petit bois de 200 à 300 eucalyptus et 400 à 500 eucalyptus le long d’un ruisseau. Ces plantations ont prosptré et le garde peut aujourd'hui habiter cette propriété, avec sa famille, été comme hiver ; les ouvriers qui descendent de la montagne pour {ravail-
ler aux vignes dans cetle même propriété, jadis si insa- [ubre, ne contractent pas la fièvre.
Il existe sur la côte orientale de la Corse une pelite localité du nom de Solenzara, dans laquelle on avait installé une aciérie. Au début de l'installalion de l'usine toute la population de Solenzara avait l’habitude d’émigrer pendant quatre mois, de juillet à octobre, ce qui montre combien l’endémie palustre était redoutable. Un des actionnaires fit planter soixante ares en eucalyptus, depuis lors la fièvre a disparu de Solenzara; toute la population a une mine de prospérilé et personne ne songe plus à émigrer pendant l'été.
Dans certaines localités extrèmement favorables au développement du paludisme, les plantations n'ont pas réussi complètement à faire disparaître les fièvres.
Rivière qui a contesté les propriétés fébrifuges des plantations d'eucalyptus en se fondant principalement sur la persistance des fièvres à Aïn Mokra et aux mines du Mokta {sur le lac Fetzara, dans la province de Constantine, a fourni lui-même l'explication de cet insuccès, relalif d'ailleurs, car les plantations d’eucalyvptus ont produit même à Aïn Mokra une amélioralion dans lélat sanitaire. « Nous avons planté les berges du Fetzara, écrit Rivière, mais la plantation a dû se Lenir à une certaine distance de la limite maxima des eaux qui arrivent par crues subites causées par le déversement lorrentiel des Oued-Zid et EI- Aout dans l'immense cuvette. Les eaux recouvrent alors plus de 14000 hectares el se déplacent par certains vents, mais les écoulements naturels et la perte produite par de rapides évaporations font que par ces alternatives de crues successives el de retraits assez brusques de la nappe liquide, d'immenses surfaces miasmogènes sont ainsi mises
à découvert, produisant, sous l'effet d’une insolation absolument directe et de l'élévation du degré thermique, des éléments morbigènes contre lesquels la végétation lointaine des rives reste sans effet. » (Bulletin de la Société nationale d'acclimalation, janvier 1885.)
Rivière estime que, dans ces conditions, il serait avantageux de planter d’abord des bambous, de manière à circonscrire et à réduire progressivement la cuvette centrale.
L'exemple d'Aïn Mokra ne peut pas être invoqué contre l’eucalyptus, il est trop évident qu'on ne devait pas s’altendre à assainir complètement cette région en plantant des eucalyplus sur les bords de l’immense surface marécageuse dont parle Rivière.
L'Eucalyptus globulus est le plus connu des eucalvptus, c'est celui qui à été introduit le premier en Europe; il domine encore dans les vieilles plantations ; dans les plantations nouvelles lÆ. globulus a été remplacé presque partout en Algérie par l’£. rostrata. LE. globulus craint le froid et Ia grande chaleur; il lui faut de bonnes terres ni sèches, n1 trop humides, il périt rapidement dans les sols constamment marécageux. L’Æ. rostrata résiste mieux. (Rivière, Op. ci.)
L'eucalyptus agit-1l simplement comme les autres végélaux en drainant el en desséchant le sol? S'il assainit le sol plus rapidement que ne font les aulres arbres, est-ce uniquement parce que sa croissance est plus rapide, ou bien faut-il admettre qu'il a des vertus spéciales et qu'il jouit de la propriété de détruire les parasiles du paludisme? Cetle dernière hypothèse n'a rien d'invraisemblable ; les eucalyptus dégagent en effet des vapeurs aromatiques douées de propriétés antisepliques; de plus, les feuilles et les branches qui couvrent
le sol contiennent une forte proportion d’eucalyptol qui peut s'opposer au développement des germes du paludisme.
D’Abbadie a signalé l'influence des soufrières sur le paludisme ; il résulte des faits cités par cet observateur que les émanations sulfureuses qui se produisent, au voisinage des soufrières ont des effets très favorables dans les pays palustres. (Communication à l'Académie des sciences, 18 septembre 1882.) Cette action de l'acide sulfureux est facile à comprendre ; il ne semble pas malheureusement que l’on puisse l'utiliser pour l'assainissement des localités.
En parlant de la prophylaxie individuelle, nous avons dit qu'il était nécessaire, dans Les pays palustres, de surveiller de très près l’eau de boisson qui paraît pouvoir servir de véhicule aux germes du paludisme ; aux mesures générales d'assainissement d’une localité, 1l faut donc ajouter la nécessité d’approvisionner cette localité avec de l’eau de bonne qualité.
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OBSERVATION [. — fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques. — Ven..., âgé de vingt-quatre ans, soldat au 5° escadron du train, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 8 août 1881. Ven... est en Algérie depuis dix-huit mois, il est caserné au Bardo; se dit malade pour la première fois.
Il y a quatre jours Ven... a éprouvé un frisson assez fort qui ne s’est pas répété depuis; en même temps il ressentait une céphalalgie très vive, du malaise général; la fièvre aurait persisté depuis ce moment sans rémission bien marquée; sensation de chaleur très forte, soif vive, anorexie. Avant l'entrée à l'hôpital le malade n'a pris qu'un vomitif.
Le 8 août au soir, au moment de l'entrée, la température est de 40 degrés. (Diète, limonade.)
9 août. — Fièvre vive, continue : 40° le matin, 41°,5 à quatre heures du soir. Céphalalgie, malaise général, pas de stupeur, pas de prostration marquée. Soif ardente, langue humide, un peu saburrale, ventre souple, indolore, pas de diarrhée. La matité splénique mesure 7 centimètres de haut sur 7 de large. (Diète, limonade ; sulfate de quinine 08',80 matin et soir.)
Examen du sang fait le 9 août au matin : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies.
10 août. — La fièvre persiste : 40°,1 le matin; 39°,3 le soir. (Sulfate de quinine 05',80 matin et soir.)
11 août. — La fièvre est tombée : 36°,8 le matin, le soir l’apyrexie persiste; l’état général est beaucoup meilleur, la céphalalgie et le malaise général ont disparu. (Sulfate de quinine 05,80 le matin, 05,60 le soir.)
12 août. — L’apyrexie persiste. Le malade n’accuse plus que
de la faiblesse, il commence à se lever. (Une demi-portion ; sulfate de quinine 0% ,60; vin de quinquina.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,60 jusqu'au 18 août; pas de rechute de fièvre.
L'appélit revient, le malade mange une portion, puis deux portions. Vin de quinquina. Café.
Examen du sang fait le 2 septembre : je ne trouve plus trace des éléments parasitaires.
Le malade, qui se trouve assez fort pour reprendre son service, sort le 3 septembre 1881.
Ogs. IL. — fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques de très petit volume. — Rud.…., vingt-deux ans, soldat au 5° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 18 septembre 1881.
Rud...,est arrivé en Algérie le 10 décembre 1880; il s’est bien porté jusqu'ici; est caserné au Bardo.
Le 16 septembre, à quatre heures du soir : céphalalgie, malaise général, sensation de chaleur, soif vive, pas de frisson.
Le 17 la fièvre persiste. Le malade n’a pas pris de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
18 septembre. — La fièvre persiste; à une heure et demie du soir, la température axillaire est de 40°. Céphalalgie, malaise général, anorexie, soif vive. La zone de matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 12 de large.
19 septembre. — 38° le matin, 39° le soir.
20 septembre. — 39,8 le matin. Le malade n’a pas pris de sulfate de quinine depuis l'entrée à l'hôpital.
Examen du sang fait Le 20 septembre à neuf heures du matin : corps sphériques de très petit volume, non pigmentés pour la. plupart et adhérents aux hématies qui ont l'aspect d'hématies piquées ou trouées. Leucocytes mélanifères.
Sulfate de quinine 1£r,60 en deux fois.
21 septembre. — 36°4, le matin, l'apyrexie persiste le soir.
Sulfate de quinine 05,80 matin et soir.
22 septembre. — Encoreun accès de fièvre, mais trèsléger ; latempérature ne monte qu à 38°,6. Sulfate de quinine 05,80 matinetsoir.
Pas de rechute de fièvre; le sulfate de quinine est continué à a dose de 08r,60 jusqu'au 29 septembre.
Le malade quitte l'hôpital Le 11 octobre.
OBs. II, — fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques de très petit volume. — Fo..., vingt-deux ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 27 septembre 1881. Fo... est en Algérie depuis einq mois. Le 25 septembre au matin, frisson, céphalalgie, vomissements bilieux. Le 26 les vomissements se sont reproduits, malaise général, céphalalgie, faiblesse, vertiges dans la station debout, soif vive. Le malade n'a pas pris de quinine avant d’'entrer à l'hôpital.
27 septembre. — Fièvre très forte : 40°,2 le matin, 40° le soir. Stupeur sans délire. Teinte subictérique de la peau et des selérotiques. La matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 9 de Jarge.
28 septembre. — 38°,4 le matin, 40°,6 le soir, état typhoïde très marqué sans symptômes abdominaux. Examen du sang fait à deux heures du soir : corps sphériques très petits, ne mesurant parfois qu'un micromillimètre de diamètre, adhérents aux hématies, non pigmentés ou ne renfermant qu'un ou deux grains de pigment. Leucocytes mélanifères. Pas de corps en croissant.
Sulfate de quinine 0sr,80, le 28 au soir.
29 septembre. — 39%,2 le matin, 39,3 le soir; état typhoïde. Sulfate de quinine 0:,80 matin et soir.
30 septembre. — Apyrexie. L'état général est plus satisfaisant. Sulfate de quinine 0f",80, matin et soir.
Le 1‘ octobre la température monte encore à 390,2 le soir, mais à partir du 2 octobre, la défervescence est complète et l'état général s'améliore assez rapidement; la teinte ictérique disparaît, les forces et l'appétit reviennent.
Le sulfate de quinine est continué jusqu'au 9 octobre.
Le malade quitte l'hôpital le 27 octobre.
OBs. IV. — fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques. — Quin..., àgé de
vingt-deux ans, soldat au 11° escadron du train, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 11 octobre 1881.
Quin.. est en Algérie depuis neuf mois; il se dit malade pourla première fois ; depuis un mois il n'a pas quitté le Bardo. Le 7 octobre, c’est-à-dire quatre jours avant l'entrée à l'hôpital, le malade a été pris de céphalalgie, courbature, malaise général, chaleur sans frisson. Soif ardente, anorexie, diarrhée légère. Le malade
dit ne pas avoir pris de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital; il n'a été à la visite que le 11 octobre et il entre d'urgence.
A1 octobre. — Je vois le malade à quatre heures du soir; la fièvre est très vive : 40°. Céphalalgie très forte, malaise général. Langue humide, saburrale, soif ardente, anorexie; un peu de diarrhée, pas de douleur dans la fosse iliaque droite; pas de taches rosées; la matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 11 de large. (Diète, limonade.)
42 octobre. — La fièvre persiste, à six heures du matin, la tempéralure est encore de 38°,3 ; à quatre heures du soir le thermomètre placé dans l'aisselle marque 41°,2. (Diète, limonade ; sulfate de quinine 0fr,80 matin et soir.)
Examen du sang fait le 12 octobre à huit heures et demic du matin : corps sphériques de moyen ou de petit volume, libres ou accolés à des hématies. Pas de corps en croissant,
13 octobre. — Le matin la fièvre est tombée, 37°,3 ; le soir il se produit encore un léger mouvement fébrile; à 4 heures du soir, la température est de 38,8. (Potages; sulfate de quinine 07,80 matin et soir).
1% octobre. — 370,1 le matin, 36,9 le soir. État général très satisfaisant, un peu d’appétit. (Une demi-portion ; sulfate de quinine 0€",80 matin et soir.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0fr,60 jusqu au 22 octobre. Pas de rechute.
Le malade sort le 28 octobre.
Os. V. — Fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques de très pelit volume. — Mor..., vingt-quatre ans, soldat à la 8° compagnie de remonte, entre à l'hôpital de Constantine le 7 août 1882. Mor... est en Algérie depuis neuf mois, ilest employé au jardin de la compagnie. Depuis le 1° août, malaise général, céphalalgie; le 4 août le malaise général et la céphalalgie ont augmenté et ont obligé le malade à s’aliter. Depuis lors, la fièvre paraît avoir persisté sans rémission complète ; il n'y a pas eu de frisson. Céphalalgie, soif vive, anorexie complète. Le malade a pris, avant d'entrer à l'hôpital, Osr,80 de sulfate de quinine.
7 août, — Fièvre vive : 399,9 à midi; même température à quatre heures du soir. État typhoïde sans symptômes abdominaux ; céphalalgie très forte, prostration. La zone de matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 13 de large.
Examen du sang fait le 7 août à deux heures du soir : corps sphériques très petits, en grand nombre,adhérents aux hématies ; beaucoup de ces corps ne sont pas pigmentés, les autres ne renferment qu'un ou deux grains de pigment; on trouve souvent deux ou trois de ces corps sur une même hématie. Leucocytes mélanifères.
Sulfate de quinine 1 gramme le 7 au soir.
8 août. — La fièvre persiste, mais elle est moins forte : 38°,41e matin, 38°,8 lesoir.
Sulfate de quinine 05,80 matin et soir.
9 août. — 360,8 le matin; le soir la température s'élève encore à 39. Sulfate de quinine 0“,80.
10 août. — Apyrexie qui persiste les jours suivants. Le sulfate
de quinine est continué jusqu'au 18 août et repris du 24 au 30. Le malade sort le 4 septembre 1882.
Ons. VI. — fièvre intermittente quotidienne de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Yv..., vingt-trois ans, soldat au 3° zouaves, entre à l'hôpital de Constantine le 4 août 1881.
Yv... est en Algérie depuis deux ans.
Première atteinte de fièvre le 28 juillet dernier : céphalalgie, malaise général, soif vive, chaleur.
Le 3 août, pour la première fois, Yv... a eu un accès de fièvre bien caractérisé avec frisson initial, chaleur et sueurs.
4 août. — Nouvel accès de fièvre, à dix heures du matin frisson, la température axillaire est à ce moment de 41°,3 ; à quatre heures du soir 40°. Examen du sang fait à deux heures et demie : corps sphériques libres ou adhérents à des hématies, beaucoup de ces éléments sont très petits. Pas de corps en croissant.
La matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 14 de large.
5 août. — 36°,8 le matin. À midi frisson. A une heure la température axillaire est de 40°,4; à quatre heures du soir elle est encore de 40°,2.
Examen du sang fait leÿ août à neuf heures du matin (avantle début de l'accès) : corps sphériques nombreux, libres ou adhérents à des hématies, corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles, flagella.
Sulfate de quinine 15,60 en deux fois.
LAVERAN. 45
G août. — Apyrexie matin et soir. Anémie très marquée, faiblesse générale. Sulfate de quinine 45,40.
Les jours suivants l’apyrexie persiste, le sulfate de quinine est continué à la dose de 0*',60 jusqu'au 14 août.
Examen du sang fait le 17 août: je ne trouve plus trace des éléments parasitaires. Le malade quitte l'hôpital le 5 septembre.
Ogs. VII. — fièvre palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Cour..., vingt-deux ans, soldat au 47° de ligne, entre à l'hôpitalde Constantinele 8 août 1881. Cour... est en Algérie depuis trois semaines, ilse dit malade depuis trois jours: frissons au début, vomissements, céphalalgie qui persiste, malaise général, soif vive, anorexie ; le malade n'a pas pris de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
Le 8 août à onze heures du matin la température axillaire est de 39°8; apyrexie le soir. La matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 11 de large. Examen du sang fait le 8 août à trois heures du soir, à la fin de l'accès de fièvre : corps sphériques libres ou adhérents aux hématies, quelques-uns de ces éléments renferment des grains pigmentés mobiles ou montrent à leur périphérie des flagella animés de mouvements très rapides. Leucocytes mélanifères. Sulfate de quinine 0%',80 le 8 au soir.
9 août. — Apyrexie. Le malade n'accuse plus que de la faiblesse, anémie très marquée. Sulfate de quinine 1,40.
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,60 par jour jusqu’au 16 août. Il n’y a pas de rechute.
Le malade sort le 26 août 1881.
Ogs. VIIT. — fièvre intermittente quotidienne de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Sain..…., vingt-trois ans, soldat au 3° chasseurs d'Afrique, entre à l'hôpital de Constantine le 20 septembre 1881.
Sain.. est en Algérie depuis vingt-trois mois; pas de maladies antérieures graves; 1l à été pris de fièvre pour la première fois le 6 septembre courant en rentrant d'accompagner un convoi à l'Oued Athménia. Du 6 au 20 septembre le malade a été soigné à la visite du corps.
20 septembre. — Fièvre très vive : à une heure de l'après-midi 40°,8; à quatre heures du soir 39°,4. Céphalalgie. Soif ardente. Pas de symptômes abdominaux. La matité splénique mesure 14 centi-
mètres de haut sur 14 de large. Sueurs abondantes le 20 au soir. (Diète, limonade.)
21 septembre. — La fièvre est tombée : Le matin 36°,3. Le malaise et la céphalalgie ont disparu (sulfate de quinine 0%",80 matin et soir). Nouvel accès dans la journée; à quatre heures du soir la température est de 40 degrés.
Examen du sang fait le 21 au matin (avant de faire prendre le sulfate de quinine\: corps sphériques libres ou accolés à des hématies, corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de flagella, flagella libres, corps sphériques de très petit volume ne renfermant parfois qu’un ou deux grains pigmentés, libres ou adhérents à des hématies.
22 septembre. — 37° le matin, le soir l'apyrexie persiste. (Sulfate de quinine 0*,80 matin etsoir.)
23 septembre. — L'apyrexie persiste. Anémie profonde, teinte terreuse de la face, muqueuses décolorées. Faiblesse générale. Langue humide; pas de diarrhée ni de constipation. Un peu d'appétit. (Une portion; sulfate de quinine 0%,80; vin de quinquina.)
2% septembre. — L'apyrexie persiste. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0:',60 par jour jusqu'au 30 septembre. Vin de quinquina, café. Pas de rechute. Sortant le 3 octobre 1881.
OBs. IX. — fièvre intermiltente quotidienne de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant corps sphériques. — Coi..…., vingt-trois ans, soldat au 3° zouaves, entre à l'hô-
pital de Constantine le 20 juillet 1882.
Coi... est en Algérie depuis huit mois, il a été atteint de fièvre pour la première fois il y a six jours; fièvre intermittente quotidienne bien caractérisée, accès avec frisson initial revenant vers dix heures du matin. Le malade a pris trois doses de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
20 juillet. — À quatre heures du soir : 39,2. Céphalalgie très forte, malaise général, faiblesse, diarrhée, point douloureux dans la région de la rate. La zone de matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 15 de large. Sulfate de quinine 0,80.
21 juillet. — Apyrexie. Sulfate de quinine 05,80 matin et soir.
Examen du sang fait à deux heures du soir : corps en croissant, corps sphériques de moyen volume; quelques-uns de ces éléments renferment des grains de pigment mobiles; corps sphériques de
très petit volume, libres ou adhérents aux hématies. Leucocytes mélanifères.
22 juillet. — L'apyrexie persiste. Anémie très marquée, le malade a des vertiges dès quil essaye de se lever, bourdonnements d’oreilles. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,80 puis de 05",60 jusqu'au 28 juillet et repris du 6 au 10 août.
Pas de rechute de fièvre. Le malade sort le 11 août 1882.
Ogs. X. — fièvre intermiltente quotidienne de première invasion. — Hémulozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques. — Del..., vingt-quatre ans, soldat à la 8° compagnie de remonte, entre à l'hôpital de Constantine le 7 juillet 1882.
Del... est arrivé en Algérie au mois de janvier 1882; il s'était bien porté jusque-là. Première atteinte de fièvre le 1% juillet à neuf heures du matin; accès régulier avec frisson initial. Nouveaux accès les jours suivants. Le malade à pris une dose de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
1 juillet. — À quatre heures du soir la température axtllaire est de 38°,8 (fin de l'accès).
8 juillet. — Nouvel accès. La température axillaire monte à 40°. La zone de matité splénique mesure 14 centimètres de haut sur 15 de large.
Apyrexie le 9 et le 10, ce qui parait devoir être attribué à la dose de sulfate de quinine prise avant l'entrée à l'hôpital.
LL juillet. — Accès de fièvre ; à trois heures et demie da soir 39°,5; à six heures et demie 39°,8.
12 juillet. — Apyrexie. Sulfate de quinine 0,80 matin et soir.
Examen du sang fait le 12 au matin : corps en croissant nombreux, il y en à parfois trois ou quatre dans le champ du microscope, corps sphériques de moyen volume, rares.
13 juillet. — Nouvel accès de fièvre à une heure et demie du soir 390,6; à six heures 370,4.
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,80 puis de
8 60 jusqu'au 20 juillet. Pas de rechute de fièvre.
Le malade sort le 98 juillet.
Ogs. XI. — fievre palustre de première invasion. — Forme conlinue ou fièvre intermiltente avec accès subintrants. — Hématozoai-
res du paludisme: Corps en croissant. — N..., soldat au 3° zouaves,
vingt-quatre ans, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 24 juillet 1881.
N... est en Algérie depuis trois ans; il se dit malade pour la première fois ; le 20 juillet dernier, il a ressenti de la céphalalgie, du malaise général, une chaleur vive sans frissons, sans accès réguliers; au dire du malade la fièvre aurait persisté sans rémission notable jusqu'à l’entrée à l'hôpital. Au moment où les accidents se sont produits le malade était détaché à Aïn-el-Bey, c'est-à-dire dans une localité notoirement insalubre. Avant d’entrer à l'hôpital, N... a pris un ipéca stibié, pas de sulfate de quinine. Depuis le 93 juillet le malade a rendu à plusieurs reprises et sans avoir pris de tænifuge, de longs fragments de tænia.
24 juillet — Fièvre très vive : 40°,6 le matin, 400,4 le soir. Malaise général, céphalalgie très forte, pas de stupeur. Soif vive, anorexie, pas de diarrhée, ventre souple, indolore. La rate est notablement augmentée de volume. (Diète, limonade.)
95 juillet. — La fièvre persiste 38°,6 le matin ; 41°,3 le soir. Céphalalgie, anorexie, soif vive. (Diète, limonade; sulfate de quinine 0f",80.)
26 juillet. — 39,1 le matin; 37°,1 le soir. (Sulfate de quinine 0:",80 le matin, 05,60 le soir.)
27 juillet. — 37° le matin. Le soir l’apyrexie persiste. (Une demi-portion; sulfate de quinine 0%,60).
28 juillet. — Apyrexie le matin. Le malade prend 0‘,60 de sulfate de quinine; malgré cela il à un accès dans la journée; à quitreheures du soir la température axillaire est de 39°,7. (Sulfate de quinine 0,80 le 28 au soir.)
29 juillet. — 37° le matin, l’apyrexie persiste. Examen du sang fait le 29 juillet : corps en croissant, leucocytes mélanifères. (Sulfate de quinine 0“",80 matin et soir.)
30 juillet. — L'apyrexie persiste. L’appétit et les forces reviennent. (Une portion; suifate de quinine 05,60; vin de quinquina.)
Le sulfate de quinine est continué jusqu’au 5 août à la dose de 0:",60. Vin de quinquina. Café.
Pendant tout le mois d'août l'apyrexie persiste, l’anémie se dissipe peu à peu.
Examen du sang fait le 31 août: je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
Sortant le 1% septembre 1881.
O8s. XIT. — fièvre intermittente quotidienne de première invasion. — Hématozoaires du paludismes : Corps en croissant. — P...,vingtet un ans, soldat au 3° zouaves, entre à l'hôpital de Constantine le 25 juillet 1882. P... est en Algérie depuis huit mois; se dit malade pour la première fois depuis son arrivée en Algérie ; le 22 juillet, P... a été pris à six heures du matin de frisson avec malaise général, céphalalgie, vomissements bilieux ; chaleur après le frisson, soif vive ; la fièvre a persisté le 23 et le 24. Le malade a pris le 24, à Aïn-el-Bey où il se trouvait, dix pilules de sulfate de quinine et il a été évacué sur Constantine.
25 juillet. — Accès de fièvre : 38°,4 à neuf heures et demie du matin, 39°,8 à midi, 37°,9 à quatre heures du soir. Anémie très marquée, faiblesse générale. Sulfate de quinine 06,80 le 25 au soir.
26 juillet. — Nouvel accès de fièvre qui commence à cinq heures du matin.A six heures du matin 39,8; à midi40°, à quatre heures du soir 38°,4. Examen du sang fait'le 26 juillet, à huit heures du matin : corps en croissant, leucocytes mélanifères assez nombreux.
Sulfate de quinine 15,60 en deux fois.
27 juillet. — Apyrexie, faiblesse générale très marquée, le malade peut difficilement se tenir debout.
Les jours suivants, l'apyrexie persiste, les forces et l'appétit reviennent. Le sulfate de quinine est continué jusqu'au 4 août (05,80 puis 05,60). |
Le 18 août accès léger, on reprend le sulfate de quinine qui est continué jusqu'au 27 août.
Pas de nouvelle rechute. Le malade quitte l'hôpital le 29 août avec un congé de convalescence.
OBs. XIII. — fièvre intermittente quotidienne de première invasion. — Hématozoares du paludisme: Corps en croissant. — Vand..., vingt-neuf ans, soldat au 3° bataillon d'Afrique, entre à l'hôpital de Constantine Le 16 août 1882.
Première atteinte de fièvre le 11 août ; accès quotidiens du 11 au 15; les accès sont bien caractérisés, ils reviennent chaque jour vers huit heures du matin. Le malade a pris deux doses de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
16 août. Apyrexie, anémie, faiblesse générale, anorexie. La maltité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 13 de large. Je ne prescris que du vin de quinquina.
L'apyrexie persiste jusqu'au 20 août.
20 août. — Accès de fièvre ; 39,3 à huit heures du matin; 4° à onze heures et demie; 40°,8 à quatre heures du soir.
Examen du sang fait le 20 août, à huit heures et demie du matin : corps en croissant.
Nouvel examen du sang fait le 20 août, à deuxheures du soir: corps en croissant, corps ovalaires qui dérivent des corps en croissant, leucocytes mélanifères.
Le sulfate de quinine est prescrit à partir du 20 au soir jusqu’äu 28 août.
Le 22 août le malade a encore un accès léger. Le malade quitte l'hôpital le 1er septembre avec un congé de convalescence.
OBs. XIV. — Fièvre intermittente quotidienne (rechute). —Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques. — Du.…., vingt-deux ans,soldat au 2° régiment d'artillerie, entre à l'hôpital de Constantine le 20 mai 1882.
Du... est en Algérie depuis le 10 avril 1881.
Première atteinte de fièvre à Bone au mois de juillet 1881, fièvre intermittente qnotidienne bien caractérisée qui a été traitée par le sulfate de quinine.
Rechute de fièvre le 28 avril 1882; fièvre intermittente quotidienne. Sulfate de quinine. Nouvelle rechute le 19 mai. Accès le 19 et le 20 mai.
20 mai. — À deux heures du soir la température axillaire est de 40° ; à quatre heures du soir : 38°,2. Examen du sang fait le 20 mai à deux heures et demie du soir : corps sphériques de moyen ou de petit volume en assez grand nombre, libres ou adhérents à des hématies, leucocytes mélanifères.
21 mai. — Nouvel accès de fièvre ; à septheures du matin frisson, la température axillaire est à ce moment de 39,4; à quatre heures du soir : 38°,8, sueurs.
Examen du sang fait le 21 mai à huit heures et demie du matin, mêmes résultats que l'examen fait le 20 mai.
Sulfale de quinine, Osr,80 le 21 au soir.
22 mai. — Apyrexie, anémie très marquée, faiviesse genérale, anorexie. La zone de matité splénique mesure 14 centimètres de haut, sur 13 de large. Sulfate de quinine 0f",80 matin et soir.
Les jours suivants l’apyrexie persiste. Le sulfate de quinine est prescrit à la dose de 0f",60 jusqu'au 26 mai. L'examen du sang
fait le 2 juin ne révèle plus l'existence d'aucun élément parasitaire.
Rechute de fièvre le 9 juin ; frisson à midi, à une heure la température axillaire est de 40°,9.
Examen du sang faitle 9 juin à deux heures : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies. De même que dans les examens précédents on ne trouve aucun corps en croissant.
Le 9 juin, à cinq heures et demie dusoir, la températureaxillaire est de 38°,2.
10 juin. — 37° le matin; à midi nouvel accès ; à une heure 40°,9; à quatre heures 38°,2. Examen du sang fait le 40 juin, à deux heures du soir : mêmes résultats que dans les examens précédents : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies.
Le sulfate de quinine est prescrit à partir du 10 au soir jusqu’au 19 juin, 05,80 d'abord, puis 0£',60. Pas de nouveaux accès de fièvre.
OBs. XV. — fièvre intermittente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps segmentés. — C.., âgé de trente-deux ans, soldat du 8° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 18 août 1881.
C.... est en Algérie depuis le 11 décembre 1880, caserné au Bardo. Première atteinte de fièvre intermittente le 20 juillet dernier. Fièvre intermittente quotidienne du 20 au 30 juillet; le malade à été traité par le sulfate de quinine à son corps.
Rechute le 15 août ; accès réguliers le 15, le 16 et le 17, revenant vers dix heures du matin. Avant d'entrer à l'hôpital le malade a pris plusieurs doses de sulfate de quinine.
18 août, — Fièvre vive : 41° à midi, 40°,4 à quatre heures du soir. Céphalalgie très forte. La matité splénique mesure 7 centimètres de haut, sur 12 de large. Examen du sang fait le 18 août à deux heures du soir : corps amiboïdes renfermant souvent des grains pigmentés mobiles, ces corps sphériques de différents volumes sont libres ou adhérents aux hématies, corps du volume d’une hématie montrant au centre un amas de pigment et, tout autour, des corpuscules arrondis, brillants (corps segmentés). |
Le sulfate de quinine est prescrit à partir du 18 au soir jusqu'au 26 août; pas de nouveaux accès de fièvre.
3 seplembre. — Anémie encore très prononcée; l'examen du sang, fait le 3 septembre, ne révèle plus l'existence d'aucun élément parasitaire.
Le malade sort le 10 septembre 1881.
Os. XVI. — Fièvre intermiltente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps segmentés. — Rob..…., vingt-quatre ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 45 novembre 1881.
Rob... est en Algérie depuis deux ans ; première atteinte de fièvre au mois d'août 1881 ; depuis cette époque le malade a eu plusieurs rechutes de fièvre et il à pris à chaque rechute plusieurs doses de sulfate de quinine. Depuis le 3 novembre, accès quotidiens, réguliers, avec frisson initial vers quatre heures du matin. Le malade a pris plusieurs doses de sulfate de quinine avant d’entrer à l'hôpital.
15 novembre. — Accès de fièvre 39,7 à quatre heures du soir. Anémie très marquée, faiblesse générale. La matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 14 de large.
16 novembre. — 37°,9 le matin. Examen du sang fait le 16 novembre au matin: corps sphériques en grand nombre, libres ou adhérents à des hématies, les uns sont très petits, non pigmentés et donnent aux hématies auxquelles ils adhèrent l'aspect d'hématies qui seraient trouées, les autres, de moyen volume, renferment des grains pigmentés mobiles; corps segmentés d’une façon régulière avec un amas de pigment au centre ; leucocytes mélanifères.
Un nouvel examen du sang fait le 16 novembre, à uneheure et demie du soir, au moment où débute l’accès de fièvre donne les
mêmes résultats que l'examen fait le matin,
Le 16, à trois heures du soir, frisson; à quatre heures la température axillaire est de 39°,8.
17 novembre. — 37° le matin; dans la journée le malade a encore un accès de fièvre; à quatre heures du soir 39°,3. Sulfate de quinine, 05,60 matin et soir. Les jours suivants l’apyrexie persiste; le sulfate de quinine est continué à la dose de 0f,80 puis de 05',60 jusqu'au 27 novembre.
Pas de rechute. Le malade sort le 8 décembre 1881.
Ops. XVII. — févre intermittente quotidienne [rechute ). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Vieu..., vingt-
einq ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 48 mars 1881.
Première atteinte de fièvre au mois d'août 1879; rechutes au mois d'août 1880 (fièvre quotidienne) et au mois de février 1881. Le 18 mars, le malade entre à l'hôpital de Constantine dans un autre service que le mien ; il a plusieurs accès et prend quelques doses de quinine; le 17 avril il est évacué sur mon service.
17 avril. — Apyrexie, anémie très prononcée, teinte terreuse, amaigrissement, faiblesse générale, anorexie. La malité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 10 de large.
Examen du sang fait le 17 avril au matin : corps sphériques, flagella.
Le 18 avril, accès de fièvre régulier, bien caractérisé, qui se reproduit le 19.
Le sulfate de quinine est prescrit pendant trois jours. L’apyrexie persiste Jusqu'au 23 avril.
Examen du sang fait le 22 avril : corps sphériques.
Le 23 avril à onze heures du matin, accès de fièvre; à trois heures du soir 40°,7.
25 avril. — Nouvel accès dans la journée ; à trois heures et demie la température axillaire est de 39°.
Examen du sang fait le 24 avril au matin (avant le début de l'accès de fièvre) : corps sphériques en assez grand nombre montrant les uns des grains pigmentés mobiles, les autres des flagella, on trouve aussi des flagella libres.
Sulfate de quinine 05,80.
Le sulfate de quinine est continué les jours suivants, l’apyrexie persiste.
Os. XVIIL. — Fiévre intermiltente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Al..…., sergent au 3° tirailleurs, âgé de vingt-cinq ans, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 28 mai 1881.
Al... est en Algérie depuis le 17 décembre 1877; il a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois de seplembre 1880 aux environs de Jemmapes, et il a été traité pendant trois semaines à l'hôpital de Philippeville pour fièvre intermittente quotidienne. Depuis cette époque le malade est resté faible, anémié et il est sujet aux palpitations de cœur.
Le 19 mai, Al... à éprouvé de la céphalalgie, du malaise gé-
néral, des douleurs vagues dans les membres; néanmoins il a continué à faire son service. Le 24 mai, le malade qui était à la cible, s’est trouvé plus faible que les jours précédents et il a eu beaucoup de peine à rentrer à la caserne. Le 95, le malaise général et la fièvre avaient disparu en grande partie, mais le 26, Al... à eu un fort accès de fièvre avec frisson initial; pendant la nuit du 27 au 28, nouvel accès, fièvre très forte, il y a même eu, parait-il du délire.
Le 27 au matin, le malade a pris Osr,80 de sulfate de quinine.
28 mai. — Fièvre légère (38°,2 lematin, 38°,3 Le soir). Le malade se plaint d'une céphalalgie très vive; prostration, faiblesse générale. Anémie très prononcée. Langue blanche, saburrale. Ventre souple, indolore, pas de diarrhée, La matité splénique mesure 15 centimètres de haut sur 14 de large.
Examen du sang fait le 28 mai au matin : corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de flagella. (Bouillon, limonade; sulfate de quinine 45,20.)
29 mai. — 36°6 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. L'état général est plus satisfaisant. (Une demi-portion; sulfate de quinine 0,60 )
30 mai. — L'apyrexie persiste. Anémie profonde, teinte terreuse de la face. Faiblesse générale. (Une portion; sulfate de quinine 05,60; vin de quinquina.)
Examen du sang fait le 30 mai: je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
Le sulfate de quinine est continué jusqu'au 8 juin, à la dose de 05,60 par jour, il n’y a pas de rechute. Vin de quinquina. Café noir.
Du 13 au 18 juin, je rends encore le sulfate de quinine. Pas de rechute. Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, sort le 18 juin.
Ogs. XIX. — fiévreintermiltente quotidienne (rechute ).— Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Mach..., âgé de vingt-trois ans, soldat à la 21° section d'ouvriers d’administration, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 3 juillet 1881.
Mach... est arrivé en Algérie le 9 novembre 1879, il a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois d'octobre 1880 à Biskra; le malade à eu plusieurs rechutes de fièvre; deux entrées à l'hôpital de Biskra. La fièvre a reparu il y a un mois
à Biskra avec le type quotidien; enfin, pendant le voyage de Biskra à Constantine, il y a eu une dernière rechute. Depuis huit jours, accès quotidiens revenant vers deux heures du matin. Dernier accès le 3 juillet, jour de l'entrée dans mon service. Depuis une quinzaine de jours, le malade n’a pas pris de sulfate de quinine.
3 juillet. — L'accès est terminé au moment de l'entrée à l'hôpital. Anémie très prononcée, la peau de la face a la teinte terreuse, les muqueuses sont décolorées. Faiblesse générale. Douleur dans la région splénique. La matité splénique mesure 8 centimètres de haut sur 8 de large. (Sulfate de quinine 0f',80 le 3 au soir.)
Examen du sang fait le 3 juillet à quatre heures du soir (l'accès terminé) : corps sphériques en grand nombre, immobiles ou munis de flagella, flagella libres, corps sphériques de petit volume.
4 juillet. — Apyrexie. (Sulfate de quinine 0:",80.)
5 juillet. — L'apyrexie persiste. Les forces et l'appétit reviennent. (Une portion; sulfate de quinine 0£",60 ; vin de quinquina..)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,60 jusqu’au 12 juillet. Pas de rechute de fièvre.
Examen du sang fait le 13 juillet : je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
Le malade est envoyé en congé de convalescence.
OBs. XX. — fièvre intermittente quotidienne [rechute ). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Gra.…., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3° tirailleurs algériens, entre à l'hôpital militaire de Constantine, le 1°* novembre 1881.
Gra.. est en Algérie depuis le mois de novembre 1879; pendant l'été de 1880, il est entré à deux reprises à l'hôpital de Biskra pour dysenterie, il n'avait pas les fièvres à ce moment. La première atteinte de fièvre palustre a eu lieu le 10 septembre 1881, le malade se trouvait alors détaché dans les forêts ; il est entré à l'hôpital de Milah le 17 septembre pour fièvre intermittente, il en est sorti le 28 octobre. Le 30 octobre rechute de fèvre et de
dysenterie.
4e novembre. — Fièvre assez vive au moment de l'entrée à l’hôpital; 39°,6 à quatre heures du soir. |
9 novembre. — Apyrexie le matin; vers cinq heures du soir le
malade a un nouvel accès de fièvre; à six heures du soir la tem-
pérature axillaire est de 39,9. Anémie, faiblesse générale. Dysenterie bien caractérisée, selles petites, fréquentes, muqueuses et sanguinolentes accompagnées de coliques vives et de ténesme. La matité splénique mesure 8 centimètres de haut sur 9 de large. (Sulfate de quinine 15",60; eau de Sedlitz deux verres le matin; calomel 45,50 Le soir.)
3 novembre. — 38°,6 le matin; 37,3 le soir. Les coliques sont moins fortes, les selles sont plus abondantes mais elles renferment encore du sang. (Sulfate de quinine 0,80; eau de Sedlitz un verre le matin; calomel 1 gramme le soir.)
4 novembre. — Apyrexie. Les selles sont diarrhéiques, ne renferment plus de sang, les coliques et le ténesme ont disparu. (Potages ; sulfate de quinine 05,60; quatre pilules de Segond.)
Les jours suivants, l'état du malade continue à s'améliorer, l’'apyrexie persiste, les selles redeviennient normales. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05",60 jusqu'au 12 novembre. * Le 5 décembre, l'état du malade est très satisfaisant, la dysenterie a disparu complètement, lorsque la fièvre reparait. Accès le 5 vers midi; à une heure de l'après-midi : 40°,3. Examen du sang fait le 5 décembre à deux heures et demie du soir, c'est-àdire pendant l'accès : corps sphériques libres ou adhérents à des hématies, corps sphériques de petit volume, en grand nombre, libres ou adhérents à des hématies.
Le 5 décembre, à quatre heures du soir, la température est de 38°,8.
G décembre. — 36°,5 le matin; 37° le soir. (Sulfate de quinine 0:",80 matin et soir.)
Examen du sang fait le 6 décembre, à huit heures et demie du matin : Corps sphériques en grand nombre, la plupart de ces corps renferment des grains pigmentés mobiles et sont munis de flagella animés de mouvements très vifs; leucocytes mélanifères (rares).
7 décembre. — 38,4 le matin. Apyrexie le soir, il y a eu encore un accès léger ce matin. (Potages; sulfate de quinine Of80.) 8 décembre. — Apyrexie matin et soir. Anémie profonde,
faiblesse générale. La matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 12 de large. La dysenterie n'a pas reparu. Un peu d'appétit. (Une portion; sulfate de quinine Osr,60; vin de quinquina; café.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,60 par
jour jusqu’au 16 décembre. Pas de rechute de fièvre. Le malade eort le 20 décembre avec un congé de convalescence.
Ogs.XXI.— fièvre intermiltente quotidienne{rechute ).— Hématozoaires du paludisme: Corps sphériques, flagella. — Eng..…., âgé de vingt-trois ans, soldat au 47° de ligne, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 9 janvier 1882.
Eng... a débarqué à Bone au mois de juillet 1881; il est venu par étapes de Bone à Saint-Charles en traversant des localités très insalubres. Dans les derniers Jours du mois de juillet, Eng. a éprouvé les premiers accès de fièvre; fièvre intermittente quotidienne bien caractérisée. Depuis ce moment, rechutes incessantes, le malade n’est pas resté plus de huit jours sans fièvre, il est entré successivement à l’ambulance d'Akbou, puis à l'hôpital de Bougie, enfin à l'hôpital d'Aïn-Beida. Le dernier accès a eu lieu le 9 janvier au matin: avant l'entrée à l'hôpital, accès régulier avec frisson initial. Le malade dit ne pas avoir pris dé sulfate de quinine depuis une quinzaine de jours.
10 anvier. — Apyrexie matin et soir. Anémie, faiblesse générale. La matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 14 de large. Bronchite légère.
11 janvier. — Le malade dit avoir eu dans la soirée un accès qui n’est pas conslaté.
12 panvier. — Apyrexie. (Une portion; vin de quinquina.)
Examen du sang fait le 13 janvier à neuf heures du matin : corps sphériques libres ou adhérents à des hématies, leucocytes mélanifères.
26 janvier. — Le malade n'a pris, en fait de médicaments, que du vin de quinquina, néanmoins il n'y a pas eu de rechute de fièvre.
Examen du sang fait le 26 janvier : corps sphériques de moyen ou de petit volume, libres ou adhérents à des hématies; corps sphériques munis de flagella. |
Une rechute de fièvre paraît imminente.
28 janvier. — Le malade est pris de frisson à midi; à deux heures, le thermomètre marque 38,9 dans l’aisselle,
Examen du sang fait le 28 janvier pendant l'accès : corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de flagella.
29 janvier. — Apyrexie le matin. Nouvel accès de fièvre dans
la journée ; à deux heures du soir, la température axillaire est de 39°,6. (Sulfate de quinine 0:",80 matin et soir.)
30 janvier. — Apyrexie matin el soir. (Une portion; sulfate de quinine 0,80 matin et soir.)
31 janvier. — L'apyrexie persiste. (Une portion; sulfate de quinine 0*,80 ; vin de quinquina; café.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0:",60 jusqu'au 8 février. Pas de rechute de fièvre. Sortant le 18 février.
O8s. XXII. — Fièvre intermittente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella (4). —D..., âgéde vingt-quatre ans, soldat au 8° escadron du train, en Algérie depuis le 5 décembre 1879, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 4 novembre 1880.
Le malade est caserné au Bardo, c’est-à-dire dans un endroit notoirement insalubre, sur les bords du Rummel ; le 10 octobre dernier il a été pris pour la première fois de fièvre. Entré à l'hôpital de Constantine Le 12 octobre, il a pris plusieurs doses de sulfate de quinine, la fièvre a cédé facilement et le malade est sorti le 24 octobre. Rechute de fièvre le 26; accès quotidiens revenant vers dix heures du matin.
Le 4 novembre, je constate que le malade est amaigri, profondément anémié, la peau a la teinte terreuse caractéristique de la cachexie palustre; à quatre heures du soir la température axillaire est de 39,5. Langue blanche, humide, soif vive.
La matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 11 de large. (Sulfate de quinine 0sr,80.)
5 novembre. — La température est de 38°,5 le matin, et de 38°,6 le soir:
Examen du sang fait le 5 novembre au matin. Corps en croissant nombreux.
Je prescris : sulfate de quinine 0:",60.
6 novembre. — Apyrexie 36°,8 le matin; 37°,2 Le soir.
Examen du sang fait le 6 novembre : corps en croissant toujours nombreux, corps sphériques munis de flagella mobiles dont je constate l'existence pour la première fois.
Le 6 novembre le malade prend encore 05,60 de sulfate de quinine.
(1) Observation XIII de mon Traité des fièvres palustres, c'est dans le sang de ce malade que j'ai constaté pour la première fois l'existence des flagella.
7 novembre. — Apyrexie. Examen du sang : corps en croissant toujours nombreux; je constate de nouveau l'existence des éléments sphériques munis de flagella.
Le malade prend encore le 7 novembre 0,60 de sulfate de quinine matin et soir, les jours suivants Le sulfate de quinine est supprimé. L'apyrexie persiste.
Examen du sang fait le 9 novembre : corps en croissant nombreux, corps sphériques avec des flagella. M. le médecin principal Aron et MM. Petitet Troussaint, médecins aides-maJors constatent l'existence des flagella qui sont animés de mouvements très vifs.
Du 10 au 25 novembre l’apyrexie persiste. L’anémie est toujours très prononcée.
Examen du sang fait le 17 novembre : corps en croissant toujours nombreux ; corps sphériques également nombreux, flagella,
Je constate que les flagella se terminent par un petit renflement à leur extrémité libre.
Examen du sang fait le 25 novembre : corps en croissant, corps sphériques moins nombreux mais plus gros que lors des précédents examens; les granulations de pigment sont animées d'un mouvement très vif à l’intérieur de quelques-uns de ces éléments. Je constate pour la première fois que les flagella, d’abord adhérents aux éléments sphériques, se détachent au bout d’un temps variable et deviennent libres dans le sérum, les flagella libres continuent à se mouvoir au milieu des hématies auxquelles ils impriment des mouvements très variés.
Le 26 novembre, accès de fièvre à dix heures et demie du matin. (Sulfate de quinine 05*,80.)
Du 27 au 30 novembre le malade prend chaque jour 1,60 de sulfate de quinineen deux fois et du 1% au 8 décembre0f",80 de sulfate de quinine chaque jour, soit 125,80 de sulfate de quinine en douze jours. La fièvre ne reparait pas.
Examen du sang fait le 10 décembre : je ne trouve plus aucuu élément parasitaire.
Le 12 décembre, le malade quitte l'hôpital avec un congé de convalescence.
Il est à noter que, dans ce cas, les flagella ont résisté plusieurs jours à l'administration du sulfate de quinine, contrairement à ce qui arrive en général et il a fallu de très fortes doses de quinine pour les faire disparaitre. Il s'agissait donc d'un cas exceptionnellement favorable à l'observation de ces éléments.
OBSER VATIONS. 241
OBs. XXIII. — Fièvre intermittente quotidienne. — Cachexie palustre aiquë. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps en croissant. — Bu..…., âgé de vingt-cinq ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 22 août 1881.
Bu... est en Algérie depuis dix-huit mois; en dernier lieu, ilétait employé à Aïn-el-Bey. Depuis cinq semaines, malaise général, faiblesse, douleurs dans les membres; depuis quinze Jours, æœdème des membres inférieurs d'abord puis de la face. Le malade dit qu'il n’a pas eu d'accès de fièvre; mais le 22, Le 93 et le 24 je constate tous les soirs une fièvre vive dont le malade n’a pas conscience (il n’y a pas de frisson au début des accès), et il me paraît bien certain que cette fièvre intermittente quotidienne existe depuis quelque temps. Le malade n’a pas pris de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
29 août. — À quatre heures du soir 390,8.
23 août. — 379,8 le matin, 40° à quatre heures du soir.
Anémie profonde, teinte terreuse de la peau ; la face est bouffie, un peu d'œdème des membres inférieurs; pas d’albumine dans les urines. La matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 42 de large. Pas de diarrhée. Laryngite légère.
Examen du sang fait le 23 août, à neuf heures et demie du matin : Corps en croissant; petits corps sphériques non pigmentés ou renfermant quelques grains de pigment, adhérents à des hématies, leucocyles mélanifères.
Nouvel examen du sang fait le 23 août, à quatre heures du soir (pendant l'accès) : mêmes résultats que dans l'examen faitle matin.
2% août. — 38°,3 le matin; 40°,6 le soir. (Sulfate de quinine 05,80 matin et soir.) 25 août. — Apyrexie qui persiste les jours suivants. Le sulfate
de quinine est continué à la dose de 0:',80 puis de 05,60 jusqu’au 3 septembre. Les forces et l'appétit reviennent; l’œdème de la face et des membres inférieurs disparait. L'examen du sang, fait le 41 septembre, nerévèle plusl'existence d’aucun élément parasitaire.
Le malade quitte l'hôpital le 18 septembre, avec un congé de convalescence.
OBs. XXIV.— J'ièvre intermittente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — D..., âgé de vingt-quatre ans, soldat au 1% régiment étranger, entre à l'hôpital du Val-de-Gràce, le 23 octobre 1888.
LAVERAN. 16
Pas de maladie antérieure grave. D... est entré au service militaire au mois de novembre 1883; il a été pris de fièvre intermittente au Tonkin au mois d'avril 1887. Le 15 août 1888, D... a été débarqué à Alger; il a été soigné à l'hôpital du Dey jusqu'au 1°" septembre, il est alors rentré en France avec un congé de convalescence de deux mois. La fièvre intermittente a reparu peu de temps après le retour en France, D... a dû entrer à l'hôpital Saint-Martin, où on a coupé sa fièvre à l’aide de plusieurs doses de sulfate de quinine; une nouvelle rechute de fièvre l'amène au Val-de-Grâce le 23 octobre. Accès le 23 octobre et le 24. La température prise le 24 au matin est de 39°,8; le pouls bat 100 fois par minute.
2% octobre. Apyrexie le matin. Le malade est très anémié, la peau présente la teinte terreuse caractéristique de la cachexie palustre. Les muqueuses sont décolorées. La rate est fortement hypertrophiée, la matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 14 de large.
Examen du sang, fait le 24% au matin : corps en croissant assez nombreux, pas de corps amiboïdes, ni de flagella.
Le 24 au soir le malade a un peu de fièvre.
25 octobre. — Malaise général, fièvrece matin Douleur à la nuque.
Examen du sang fait le 25 au matin : corps en croissant, corps sphériques pigmentés, immobiles ou munis de flagella, flagella libres.
J’ensemence avec du sang de ce malade des tubes renfermant du bouillon de culture et de la gélose. Le sang a été recueilli avec toutes les précautions nécessaires pour éviter l'introduction de germes étrangers. Les tubes sont placés dans l’étuve à 37 degrés.
Le 25, dans la journée, le malade prend 05,60 de chlorhydrate de quinine.
26 octobre. — Le malade a encore un très léger accès dans la journée; 38° à quatre heures du soir. (Chlorhydrate de quinine 60 centigrammes.)
27 octobre. — Apyrexie. Je suspends l'administration du chlorhydrate de quinine.
Examen du sang fait le 27 octobre : corps en croissant, corps amiboïdes munis ou non de flagella.
Le bouillon, ensemencé avec du sang, est resté limpide et il ne s'est formé aucune colonie sur la gélose. L'examen de ces milieux de culture a été également négatif les jours suivants. Les
essais de culture sur pomme de terre n’ont pas mieux réussi.
30 octobre. — Il n'y à pas eu de nouveaux accès.
Examen du sang : corps en croissant assez nombreux; corps amiboïdes munis ou non de flagella, ces derniers sont très rares.
2 novembre. — Le malade accuse du malaise général et des nausées, ce qui permet de penser qu'une rechute est imminente.
Examen du sang fait le 2 novembre, au matin, en présence de M. le professeur Bouchard : corps en croissant, corps amiboïdes munis ou non de flagella. Les flagella sont lue nombreux que lors de l'examen du 30 octobre, .
3 novembre. — Rechute de fièvre. Frisson violent à deux heures de l’après-midi, à trois heures la température axillaire est de 39°,8.
% novembre. — Apyrexie.
Examen du sang fait le 4 au matin en présence de M. le professeur Straus et de M. le D' Hanot : corpsen croissant, corps amiboïdes munis ou non de flagella; la nature parasitaire de ces éléments ne parait pas contestable à MM. Straus et Hanot.
5 novembre. — Vomissements, accès de fièvre. (Chlorhydrate de quinine 0,60.)
6 novembre. — Apyrexie. Examen du sang : Corps en croissant, corps sphériques immobiles : un seul de ceséléments présente des flagella dont les mouvements s'arrêtent rapidement. (Chlorhydrate de quinine 0%,60.)
9 novembre. — Pas de nouveaux accès.
Examen du sang : Corps en croissant assez nombreux, quelques corps amiboïdes.
12 novembre. — Le malade a eu un léger accès pendant la nuit, malaise général, sueurs, la température est encore un peu audessus de la normale le matin. (Chlorhydrate de quinine 05,60.)
Examen du sang : Corps en croissant, corps amiboïdes immobiles ou munis de flagella.
13 novembre. — Apyrexie. (Chlorhydrate de quinine 05,60.)
21 novembre. — L'apyrexie persiste. Le sang ne renferme plus que des corps en croissant très rares ; sur deux préparations du sang examinées avec le plus grand soin je ne trouve que deux de ces éléments, pas de corps amiboïdes, ni de flagella.
Je prescris encore deux doses de chlorhydrate de quinine. Le malade quitte l'hôpital le 24 novembre. L'anémie est beaucoup moins forte qu'à l'entrée et les forces sont revenues en partie. La rate a diminué sensiblement de volume.
OBs.XXV.— Fièvre intermiltente tierce{rechute ). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Car... âgé de vinglans, soldat au 3° zouaves, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 5 décembre 1882.
Car..., qui est engagé volontaire, est au service militaire et en Algérie depuis un an; il dit avoir eu la fièvre typhoïde dans son enfance, depuis il n’a pas eu de maladie grave, Il a pris la fièvre intermitiente pour la première fois au mois de juillet 1882 à Aïn-el-Bey, il est rentré à Constantine le 29 juillet, malade depuis quatre Jours.
Fièvre intermittente quotidienne. Car... a été traité à l’infirmerie pendant une vingtaine de jours.
Rechute de fièvre dans les premiers jours du mois de septembre, quinze jours de traitement à l'infirmerie.
Nouvelle rechute au commencement de novembre, troisième entrée à l’infirmerie; douze jours de traitement.
Le 19 novembre le malade a repris son service et il l’a fait jusqu'au 2 décembre.
Le 2 décembre, rechute de fièvre, accès vers cinq heures du matin avec frisson initial; nouvel accès le 4 décembre à la même heure.
5 décembre. — Apyrexie. Anémie profonde, amaigrissement, faiblesse générale, vertiges. La langue est un peu blanche, anorexie, pas de diarrhée. La matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 12 de large. (Une demi-portion; sulfate de quinine 1 gramme le 5 au soir).
Examen du sang fait le 5 décembre, à huit heures et demie du matin : Corps sphériques de moyen ou de petit volume, en assez grand nombre, libres ou adhérents à des hématies; corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles et munis de flagella, flagella libres, leucocytes mélanifères.
6 décembre. — Le malade prend encore À gramme de sulfate de quinine à six heures du matin; malgré cela il a un accès de fièvre; à sept heures et demie du matin la température axillaire est de 40°; il n’y a pas eu de frisson initial; céphalalgie, soif vive ; à quatre heures du soir 37°,4.
Examen du sang fait le 6 décembreau matin, pendant l'accès : corps sphériques de moyen ou de petit volume, libres ou adhérents à des hématies, corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles, leucocytes mélanifères.
1 décembre. — 37,3 le matin, le soir l’apyrexie persiste. (Une demi-portion; sulfate de quinine 05',80 matin et soir; vin de quinquina.) |
Examen du sang fait le 7 décembre : corps sphériques en très petit nombre, leucocytes mélanifères.
8 décembre. — L'apyrexie persiste. (Une portion; sulfate de quinine 05,80; vin de quinquina; café.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,60 jusqu'au 14 décembre. Pas de rechute de fièvre.
Le malade sort le 21 décembre avec un congé de convalescence.
Os. XXVI. — fièvre intermittente tierce (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Sim..., àgé de vingt-trois ans, soldat à la 2° compagnie de discipline, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 27 avril 1881 par évacuation de l'hôpital de Soukharas.
Sim... a pris la fièvre intermittente pour la première fois le 20 juillet 4880, il est entré à l'hôpital de Soukharas pour fièvre intermittente tierce, il a été ensuite envoyé en congé de convalescence en France. Le malade est rentré en Algérie le 4 février dernier et le 5 février il a eu une rechute de tièvre. Le malade a pris à plusieurs reprises du sulfate de quinine, la fièvre disparait pendant une huitaine de jours, puis elle donne lieu à de nouveaux accès. Depuis un mois le malade ne prend que du vin de quinquina ; depuis huit jours accès réguliers revenant tous les deux jours, vers sept heures du matin, dernier accès le 27 avril. Le malade à eu en outre dans les derniers jours un point splénique très douloureux; plusieurs vésicatoires ont été appliqués sur l’'hypochondre gauche.
28 avril. — Apyrexie. Anémie profonde, la peau a une teinte terreuse bien marquée à la face, muqueuses décolorées; grande faiblesse, vertiges dans la station debout; douleurs vives du côté de la rate; la matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 14 de large. Langue belle, un peu d’appétit; pas de diarrhée, (Une demi-portion; vin de quinquina.)
Examen du sang fait le 28 avril, à neuf heures du matin : corps sphériques renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de flagella.
29 avril, — À six heures du matin, accès de fièvre; à sept heures
du matin 390,7. (Diète; limonade; sulfate de quinine0s",60le 29 au soir.)
30 avril. — Apyrexie. (Sulfate de quinine 05",60.)
{et 2 mai. — L'apyrexie persiste. Le malade se trouve beaucoup mieux. Un peu d'appétit. (Une portion; sulfate de quinine 04,60; vin de quinquina.)
3 au 8 mai. — l'apyrexie persiste. Les forces reviennent. Examen du sang fait le 6 mai : rien d’anormal.
9 mai. — Rechute de fièvre. Frisson à une heure de l’aprèsmidi; à trois heures la température axillaire est de 409,3.
10 mai. — Apyrexie. Examen du sang fail le 10 au matin Corps sphériques de moyen volume munis de flagella, corps sphériques de petit volume. (Sulfate de quinine 15",20.)
1 mai. — Accès de fièvre; à sept heures du matin, frisson; à huit heures du matin, 41°,1 ; à trois heures et demie du soir la température axillaire est encore de 40 degrés. (Sulfate de quinine 05,60 le 11 au soir.)
12 mai. — 36°,5 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. (Sulfate de quinine 15,20.)
43 mai. — 35°,6 le matin. Le pouls est ralenti. Point splénique très douloureux. Le soir, l’apvrexie persiste. (Sulfate de quinine 05,60; vésicatoire sur la région splénique.)
14 au 24 mai. — Pas de rechute. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,60 par jour. Une portion. Vin de quinquina.
21 au 31 mai. — Pas de rechute de fièvre. Les forces reviennent. Examen du sang fait le 31 mai : rien d'anormal.
A partir du 1° juin, je rends du sulfate de quinine jusqu'au G juin (60 centigrammes par Jour) afin de prévenir une rechute. Le 3 juin la matité splénique ne mesure plus que 7 centimètres de haut, sur 8 de large.
Sortant le 11 juin 1881.
OBs. XXVII. — fièvre intermittente tierce. — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques de petit volume. — Mont... vingt-trois ans, caporal au 3° zouaves, entre à l'hôpital de Constantine le 11 octobre 1881.
Mont... a pris la fièvre pour la première fois le 4 septembre dernier : accès réguliers, quotidiens au début, puis du type tierce. Dernier accès le 9 octobre; pas d'accès le 10.
LL octobre. — Accès de fièvre, 39,2 à huit heures du matin;
39°,3 à quatre heures du soir. Anémie très marquée, teinte terreuse de la peau. La zone de matité splénique mesure 9 centimètres de haut, sur 10 centimètres de large.
Examen du sang fait le 11 octobre à huit heures et demie du matin : corps en croissant, petits corps sphériques non pigmentés, adhérents aux hématies.
Le sulfate de quinine est prescrit à partir du 11 au soir. Pas de nouveaux accès. Le malade quitte l'hôpital le 2 novembre avec un congé de convalescence.
Ogs. XXVIIL. — fièvre intermittente tierce (rechute). — Hématozoatres du paludisme : Corps en croissant. — Br..., vingt-deux ans, infirmier militaire, entre à l'hôpital de Constantine le 24 février
Br... a été atteint de fièvre pour la première fois au mois de septembre 1880 à Fort-National: la fièvre a pris dès le début le type tierce; c’est la sixième fois que le malade entre à l'hôpital pour fièvre intermittente. Dernière rechute le 23 février. Le malade n’a pas pris de sulfate de quinine depuis quelque temps.
24 février. — Apyrexie,anémie très marquée, faiblesse générale, la zone de matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur LL de large.
Examen du sang fait le 25 février au matin (avant l'accès); je constate l'existence de corps en croissant en assez grand nombre, sans autres éléments parasitaires.
Dans la journée du 25, le malade a un accès de fièvre.
Examen du sang fait le 26, à deux heures du soir: corps en croissant.
Sulfate de quinine 65",60 du 27 février au 4 mars. Pas de nouveaux accès.
Examen du sang fait le 6 mars : corps en croissant très rares.
Examen du sang fait le 9 mars: corps en croissant en plus grand nombre que lors de l'examen précédent.
Dans la nuit du 10 au 11 mars, le malade a un accès de fièvre.
Examen du sang fait le 11 mars: corps en croissant.
Le sulfate de quinine est prescrit pendant une dizaine de jours; la fièvre ne reparait pas.
Examen du sang fait le 3 avril; je trouve encore quelques corps en croissant.
Le malade sort le 4 avril.
O8s. XXIX. — fièvre intermittente tierce (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — Gold..., âgé de vingt-six ans, soldat au 4° hussards, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 19 décembre 1881.
Gold... est arrivé en Algérie au mois de novembre 1880. Au mois de mars 1881, une entrée à l'hôpital de Sétif pour bronchite; au mois d'avril, deuxième entrée au même hôpital pour fièvre typhoïde. Pendant l'expédition de Kroumyrie, Gold... est entré à l’ambulance pour dysenterie. C'est au mois d'octobre, pendant la marche sur Kaïrouan que le malade a été atteint de fièvre intermittente pour la première fois; depuis cette époque il a eu plusieurs rechutes notamment à Gafsa; en même temps il y avait de la dysenterie. Le malade a été évacué successivement sur Tébessa, puis sur Constantine.
19 décembre. — Apyrexie. Anémie profonde, teinte terreuse caractéristique, muqueuses décolorées, amaigrissement, faiblesse générale très grande; dysenterie, les selles ne contiennent plus de sang, selles graisseuses, coliques, ténesme.
Je presceris le régime lacté, je fais prendre à plusieurs reprises de l’eau de Sedlitz, puis des pilules de Segond. Le 22 décembre, les selles sont redevenues normales. Le malade mange une demiportion. Pas d’accès de fièvre depuis l'entrée à l'hopital.
Al janvier 1882. —Rechute de fièvre : 39°,5 à trois heures du soir.
12 janvier. — Apyrexie le matin. Le soir, l'apyrexie persiste. La rate déborde les fausses côtes de deux travers de doigt environ, la matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 12 de large. Examen du sang fait le 12 janvier à deux heures du soir: corps en croissant en assez grand nombre, corps sphériques immobiles ou munis de flagella animés de mouvements très vifs, corps ovalaires.
13 janvier. — Apyrexie le matin; à dix heures du matin, accès de fièvre ; à dix heures et demie le thermomètre marque 399,6.
Examen du sang fait le 13 janvier, à deux heures du soir : corps en croissant en assez grand nombre, corps ovalaires, corps sphériques.
A4 janvier. — Apyrexie matin et soir. Anémie, faiblesse générale, un peu d’appétit. (Une demi-portion; sulfate de quinine 0,80 malin et soir.)
15 janvier. — L'apyrexie persiste. (Une demi-portion; sulfate de quinine 05,80; vin de quinquina; café.)
Le sulfate de quinine est continué jusqu'au 18 janvier.
Pas de rechute de fièvre. Les forces reviennent assez facilement.
Le malade sort le 18 janvier avec un congé de convalescence de trois mois.
Ogs. XXX. — lièvre intermittente. — Sixième rechute {type tierce ): Corps en croissant. — Septième rechute {type tierce) : Corps sphériques, flagella. — God..., vingt-trois ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 25 janvier 1882.
God..., qui est en Algérie depuis un an, a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois de septembre 1881. Cinq entrées à l'hôpital pour fièvre intermittente. Dernière rechute il y à huit jours, fièvre tierce bien caractérisée, le malade à pris six doses de sulfate de quinine de 4 gramme chaque, avant d'entrer à l'hôpital.
26 janvier. — Apyrexie, anémie très marquée, faiblesse générale. La zone de matité splénique mesure 14 centimètres de haut, sur 12 de large.
Examen du sang fait le 26 janvier : corps en croissant, corps ovalaires, leucocytes mélanifères.
Pas de nouveaux accès. Je ne prescris que du vin de quinquina. Le malade sort de l'hôpital le 8 février.
La fièvre reparaît le 8 février, toujours avec le type tierce,et le malade rentre à l'hôpital le 24 mars. Derniers accès le 22 et le 24 mars.
Examen du sang fait le 24 mars à la fin de l'accès: corps sphériques de petit et de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies, leucocytes mélanifères.
25 mars. — Apyrexie, anémie très marquée, teinte terreuse de la peau, paresse intellectuelle très prononcée. La matité splénique mesure 12 centimètres 1/2 de haut sur 16 de large.
Examen du sang fait le 25 : corps sphériques rares, leucocytes mélanifères.
Le malade a pris plusieurs doses de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital, je ne preseris que du vin de quinquina.
29 mars. — Accès de fièvre; à six heures du matin frisson, à sept heures 59°,8; à trois heures du soir l’apyrexie est complète. Examen du sang fait à neuf heures du matin, à la fin de l'accès : corps sphériques de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies; quelques-uns renferment des grains de pigment mobiles.
Le 30 et le 431 l'apyrexie persiste.
Examen du sang fait le 31 mars, à neuf heures du matin. Corps sphériques libres ou adhérents à des hématies, flagella.
L'apyrexie persiste les jours suivants, bien que le malade ne prenne, en fait de médicaments, que du vin de quinquina.
Examen du sang fait le 4 avril, je trouve encore quelques corps sphériques.
Le malade quitte l'hôpital le 40 avril 1882.
Os. XXXI. — fièvre intermiltente tierce contractée en Algérie. — Rechute de fièvre après la rentrée en France. Type tierce. — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — Bel..., âgé de vingt-deux ans, entre à l'hôpital du Valde-Gràce le 15 octobre 1887 (service de M. le Dr Vaillard).
Le malade a contracté la fièvre palustre au mois d'août dernier, en Algérie. La fièvre aurait eu, dès le début, le type tierce. A plusieurs reprises le malade à pris du sulfate de quinine, mais Ja fièvre ne tardait pas à reparaître.
À l'entrée au Val-de-Grâce : anémie profonde, la peau et les muqueuses sont décolorées, æœdème des membres inférieurs; le pouls ne bat que 44 fois à la minute. La rate est fortement hypertrophiée, la matité splénique mesure 16 centimètres de hauteur. L'apyrexie persiste jusqu’au 9 novembre.
Examen du sang fait le 8 novembre : corps en croissant en assez grand nombre, il y en a souvent deux ou trois dans Île champ du microscope.
Le 9 novembre accès de fièvre bien caractérisé, avec les trois phases de frisson, de chaleur et de sueurs. |
12 novembre. — L'accès de fièvre ne s’est pas reproduit. Examen du sang : corps en croissant, corps sphériques, flageila. Je montre ces éléments à M. Vaillard.
Le 12 et le 13 novembre le malade prend 05,80 de süulfate de
quinine.
14 novembre. — Pas de nouveaux accès. Examen du sang : corps en croissant assez nombreux encore.
19 novembre. — Pas de nouveaux accès de fièvre. Examen du
sang : Corps en croissant assez nombreux encore, je montre ces éléments à M. le professeur Straus.
> décembre. — Accès de fièvre bien caractérisé.
G décembre. — Apyrexie.
7 décembre. — Nouvel accès de fièvre. Ces deux accès des 5 et 7 décembre ne laissent pas de doute sur le type de la fièvre.
À la suite de ces accès le malade prend plusieurs doses de sulfate de quinine et il quitte l'hôpital Le 20 décembre 1887 dans un état satisfaisant. L’anémie est beaucoup moins marquée qu'à l'entrée à l'hôpital, l'œdème des membres inférieurs a disparu, la rate est mor. s volumineuse.
Os. XXXIL. — fièvre intermittente tierce contractée au Tonkin (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — G..., vingt-deux ans, soldat au 2° régiment d'infanterie de marine, entre à l'hôpital du Val-de-Gràce le 6 mai 1887.
G..., a passé onze mois au Tonkin de juin 1885 à mai 1886 ; il a été atteint de fièvre intermittente pour la première fois à la fin du mois de septembre 1885 à Haïphong, la fièvre aurait présenté dès le début . type tierce; plusieurs rechutes pendant le séjour au Tonkin; à chaque rechute le malade prenait quelques doses de sulfate de quinine.
Au mois de mai 1886, G... a été embarqué pour Madagascar et il est resté dans cette île jusqu’à la fin du mois de février 1887. Plusieurs rechutes de fièvre pendant le séjour à Madagascar, et à plusieurs reprises la fièvre s’est compliquée d'accidents pernicieux. G... a quitté Madagascar à la fin de février, et, ayant obtenu un congé de convalescence de trois mois, il est arrivé à Paris le {1 mars 1887. Du 11 mars au 6 mai, jour de l'entrée à l'hôpital, le malade a eu plusieurs rechutes de fièvre qui ont été traitées par le sulfate de quinine.
6 mai. — Anémie très marquée, pas de fièvre. La rate est doublée au moins de volume. Troubles nerveux : diminution de la mémoire, hésitation de la parole; à la suite d’un accès de fièvre à Madagascar, le malade aurait eu de l’aphasie pendant quatre jours. Léger nystagmus.
L’apyrexie persiste jusqu'au 20 mai.
20 mai. — Accès de fièvre dans la journée ; à trois heures du soir, le thermomètre placé dans l’aisselle marque 39°. Examen du sang fait le 20 mai pendant l'accès : corps en croissant, corps sphériques libres.
21 mai. — Apyrexie matin et soir. Le malade n'a pas pris de quinine.
Examen du sang fait le 21 mai: corps en croissant (rares), corps sphériques libres, quelques-uns présentent des flagella ; je montre ces éléments à M. le D' Maurel.
22 mai. — Accès de fièvre, 39° à quatre heures du soir. 23 mai. — 36°,2 le matin. Examen du sang: corps sphériques
pigmentés libres, quelques flagella. Corps en croissant. Je montre à M. le D' Roux un corps sphérique avec un flagellum.
2% mai. — Accès defièvre:39°,21e matin (fièvre tierceanticipante).
28 mai. — L'apyrexie persiste. Examen du sang : corps sphériques pigmentés rares.
1% juin. — Il n'y a pas eu de nouveaux accès. L'examen du sang est négatif. Le malade n'a pris que du vin de quinquina.
Le malade quitte l'hôpital.
OBs.XXXIIL. — fièvre intermittente quarte. — Hématozoaires du paludisme: Corps sphériques. — Ben..., vingt-quatre ans, soldat au 4° zouaves, entre à l'hôpital de Constantine le 23 décembre 1881,
Ben..., a pris la fièvre intermittente pour la première fois à Aumale le 10 août 1881; il a été pendant un mois en traitement à l'hôpital d'Aumale pour fièvre intermittente tierce. Rechutes aux mois de septembre, novembre et décembre.
23 décembre. — Apyrexie, anémie très marquée, la zone de matité splénique mesure 9 centimètres de haut, sur 11 de large.
30 décembre. — Accès de fièvre, à quatre heures du soir le thermomètre placé dans l'aisselle marque 40°,2.
31 décembre. — Apyrexie. Examen du sang faitle 31 décembre à deux heures et demie du soir : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies, Leucocytes mélanifères.
1er janvier 1882. — L'apyrexie persiste.
2 janvier. — Accès de fièvre à trois heures du soir, à trois heures et demie la température axillaire est de 39°,6.
Examen du sang fait le2 janvier à quatre heures du soir : corps sphériques de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies.
À partir du 3 janvier, le malade prend du sulfate de quinine; néanmoins, le 5 au soir, il a encore un accès léger.
Le sulfate de quinine est continué Jusqu'au {1 janvier.
Pas de rechute de fièvre.
Le malade quitte l'hôpital le 18 janvier avec un congé de convalescence.
Ops. XXXIV. — fièvre quarte (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps segmentés. — Dan..…., vingt-cinq ans, soldat à la 8° compagnie de remonte, entre à l'hôpital de Constantine le 11 septembre 1880.
Dan... a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois de septembre 1880. Depuis le mois de mars 1881 plusieurs rechutes du type tierce ou du type quarte. Le malade a pris à plusieurs reprises du sulfate de quinine.
15 septembre. — Apyrexie. Anémie très marquée, teinte terreuse de Ia face, faiblesse générale, apathie, indifférence très grande. Anorexie. La zone de matité splénique mesure 9 centimètres et demi de haut sur 10 de large.
Misepiembre.:— \etces derhtèvre natmmidi, 400; à qualre-heures 449,3.
Examen du sang fait Le 17 septembre à deux heures (en plein accès) : corps segmentés ou en rosace en assez grand nombre. Leucocytes mélanifères.
18 septembre. — Apyrexie. Examen du sang fait le 18 septembre; corps sphériques de petit ou de moyen volume, corps segmentés plus rares que le 17.
L'apyrexie persiste le 19.
20 septembre. — Accès de fièvre, 40°,6 à sept heures et demie du Soir.
21 septembre. — Apyre xie qui persiste le 22.
23 septembre. — Nouvel accès, 39°,6 le matin ; 40°,9 à six heures du soir. Examen du sang fait le 23, à huit heures et demie du matin : corps sphériques en assez grand nombre, corps segmentés rares.
À partir du 93, le sulfate de quinine est prescrit à la dose de
sr,80 puis de 0s',60 jusqu’au 3 octobre. Pas de rechute de fièvre. L'examen du sang fait le 2 octobre ne révèle rien d'anormal.
Le malade quitte l'hôpital le 3 octobre avec un congé de
convalescence.
OBs. XXXV. — fièvre quarte contractée au Tonkin (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps segmentés. — Pois..…, vingt-quatre ans, soldat d'artillerie de la marine, entre à l'hôpital du Val-de-Grâce le 15 mars 1890. Le malade a pris la fièvre intermittente au Tonkin au mois de septembre 1888 ; rechute au mois d'août 1889. Pois... a débarqué à Toulon Île 6 février dernier et il a obtenu un congé de convalescence.
Nouvelle rechute de fièvre depuis l'arrivée à Paris ; dernier accès le 13 mars.
A l'entrée, on constate que le malade est anémié, mais encore très robuste; apyrexie le 15 mars. La rate est augmentée de volume, la matité splénique mesure 8 centimètres de haut, sur 12 de large. Le malade n’a pas pris de sulfate de quinine depuis qu'il est à Paris.
Examen du sang fait le 15 mars : quelques corps sphériques assez gros, adhérents à des hématies.
16 mars. — Accès de fièvre qui commence à quatre heures du soir par un frisson; à six heures du soir, la température est de 400,8; à dix heures du soir, elle est encore de 39° (Sueurs).
17 mars. — Apyrexie. Examen du sang : corps sphériques libres ou adhérents à des hématies, corps segmentés. Pas de quinine.
18 mars. — Apyrexie. Examen du sang fait le 18 mars à trois heures du soir : corps sphériques de moyen ou de petit volume, libres ou adhérents à des hématies. Pas de quinine.
19 mars. — Apyrexie le matin. Examen du sang fait à deux heures du soir : corps sphériques de petit ou de moyen volume, corps segmentés.
Le 19 à quatre heures du soir frisson, la température s'élève à partir de quatre heures, et atteint à huit heures du soir 40°,4; à dix heures du soir elle n’est plus que de 38° (Sueurs).
20 mars. — Apyrexie. (Chlorhydrate de quinine 0f,60 matin et soir.)
Examen du sang fait le 20 mars au soir, je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
Le 21 et le 22 mars, le malade prend encore 0*,60 de chlorhydrate de quinine.
Os. XXXVI. — f'ièvre intermittente quarte (rechute). — Héma- Lozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — Fét..., vingt-quatre ans, soldat au 8° escadron du train, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 24 février 1881.
Fét.. a pris la fièvre intermittente pour la première fois à Mondovi au mois d'août 1880. Plusieurs rechutes pendant les mois de septembre, octobre et novembre.
La fièvre a reparu au mois de Janvier 1881 et elle persiste avec le type quarte; dernier accès le 23 février.
24 février. — Apyrexie, le malade est très affaibli, anémié, la peau à la teinte terreuse caractéristique ; la zone de matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large.
Examen du sang fait le 24 février au soir : corps en croissant, corps sphériques.
26 février, — Accès de fièvre dans la journée ‘ le type quarte est donc bien caractérisé. Le malade n'a pas pris de quinine depuis l'entrée à l'hôpital.
Examen du sang fait le 26 février au matin (quelques heures avant l'accès) : corps sphériques en assez grand nombre, flagella.
À partir du 27 février, je prescris le sulfate de quinine qui est continué Jusqu au » mars.
10 mars. — Il n’y a pas eu de nouveaux accès de fièvre. L’examen du sang ne révèle plus l'existence d'aucun élément parasitaire.
Le malade quitte l'hôpital sans avoir eu de rechute.
OBs. XXX VII. — Fièvre quarte. — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant. — Bon..., vingt ans, soldat au 16° régiment d'artillerie, entre à l'hôpital de Constantine le 19 novembre 1882.
Bon... est en Algérie depuis sept mois ; 1l a pris la fièvre pour la première fois le 8 octobre dernier, et il a été traité à l'hôpital de Philippeville pour une fièvre continue avec état typhoïde.
19 novembre. — Anémie profonde, faiblesse générale. Vertiges, amaigrissement. La zone de matité splénique mesure 13 centimètres de haut, sur 15 de large. Accès de fièvre; 38° à midi, 38°,8 à quatre heures du soir.
Le 20 et le 21, apyrexie complète.
22 novembre. — Accès de fièvre : 380,8 le matin, 36° le soir.
Examen du sang fait le 23 novembre : corps en croissant, leucocytes mélanifères.
Le sulfate de quinine est prescrit du 23 au 30 novembre et du 3 au 7? décembre. La fièvre ne reparaît pas et l’état du malade s'améliore rapidement. Bon... quitte l'hôpital le 9 décembre.
Ons. XXXVIIT. — frèvre intermiltente tierce [rechute ). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — Rechutes avec le type quotidien, puis avec le type tierce : Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — Malade entré à l'hôpital militaire de Constantine pour une rechute de fièvre
intermittente le 12 novembre 1881 ; la fièvre présente le {ype tierce.
L'examen du sang fait quelques heures avant un accès montre des corps en croissant, des corps sphériques et des flagella.
La fièvre disparaît sous l'influence de la quinine. Rechute le 29 novembre 1881 avec des accès quotidiens ; nouvelles rechutes le 21 et le 27 décembre avec des accès du type tierce, je constate de nouveau dans le sang des corps en croissant en assez grand nombre, des corps sphériques et des flagella. (Pour les détails, voir l'observation XX VII de mon 7raité des fièvres palustres, p. 259.)
OBs. XXXIX, — fievre intermittente quotidienne. — Hématosoaires du paludisme: Corps en croissant, corps sphériques, flagella. — liechute, accidents pernicieux : Corps sphériques. — Malade entré à l'hôpital de Constantine le 7 novembre 1882 pour fièvre intermittente quotidienne. Examen du sang fait le 19 novembre 1882 pendant un accès : corps en croissant en grand nombre, corps sphériques, flagella.
Rechute de fièvre le 15 mars 1883, le malade rentre à l'hôpital de Constantine le 20 mars 1883 pour cachexie palustre avec accès graves. L'examen du sang révèle des corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies; je ne trouve plus de corps en croissant. (Pour plus de détails, voir l'observation XLVIII de mon /raité des fièvres palustres, p.334.)
OBs. XL. — Fièvre intermittente tierce. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, flagella. — Rechute, accès quotidiens : Corps en croissant. —- Malade entré à l'hôpital de Constantine le 16 décembre 1882 pour fièvre intermittente (rechute) du type tierce. Examen du sang fait dans l'intervalle de deux accès : corps sphériques de moyen ou de petit volume. Examen du sang fait pendant un accès : corps sphériques de moyen ou de petit volume, libres ou adhérents à des hématies, flagella.
La fièvre cède au sulfate de quinine.
Rechute de fièvre le 19 janvier 1883, accès le 19 et le 20 (fièvre quotidienne); à l'examen du sang je ne trouve que des corps en croissant. (Pour plus de détails, voir l'observation XLIX de mon Traité des fièvres palustres, p. 338.)
Ogs. XLI. — Fièvre intermittente tierce puis quotidienne (rechute . — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques.
— Th..., vingt-trois ans, soldat au 3° escadron du train, entre à l'hôpital de Constantine le 95 septembre 1884.
Th... est en Algérie depuis vingt-deux mois; il dit avoir pris la fièvre pour la première fois à Collo, il y a une quinzaine de jours, les accès revenaient tous les deux jours. Le malade a pris plusieurs doses de sulfate de quinine. Dernier accès de fièvre le 21 septembre.
26 septembre. — Apyrexie, anémie profonde. Faiblesse générale, apathie très marquée, anorexie. La matité splénique mesure 4 centimètres de haut, sur 15 de large. Examen du sang fait le 26 à deux heures du soir : corps en croissant, corps amiboïdes, renfermant des grains de pigment animés d'un mouvement très rapide.
27 septembre. — Apyrexie le matin. Examen du sang fait le 27 au matin: corps en croissant. Le soir, accès de fièvre sans frisson initial; à quatre heures du soir la température axillaire est de 39°,1.
28 septembre. — 37°,5 le matin. Examen du sang fait le 28 à deux heures et demie du soir : corps en croissant, corps sphériques de petit volume. Accèsléger dans la journée, à quatre heures 38°,5; céphalalgie. Sulfate de quinine 0£',80 le 28 au soir.
Les jours suivants, apyrexie. Le sulfate de quinine est continué jusqu’au 7 octobre, 0%,80 d'abord, puis 0",60.
Le malade sort le 17 octobre 1881.
Ogs. XLIL. — fièvre intermittente quotidienne. — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques. — Rechute de fièvre, type tierce; nouvel examen du sang : Corps sphériques. — Du..., trente ans, gendarme, entre à l'hôpital de Constantine le 5 août 1882; il a été atteint de fièvre intermittente pour la première fois, il y a douze jours à l’Oued-Zenati. Fièvre quotidienne, accès les 3, 4, 5, 6 août.
G août. — 39°,2 le matin, 39°,7 le soir. Anémie très marquée ; la zone de matité splénique mesure 11 centimètres 1/2 de haut sur 13 centimètres 1/2 de large.
Examen du sang fait Le 6 août au matin : corps en croissant en assez grand nombre, corps ovalaires, corps sphériques assez rares, leucocytes mélanifères.
La fièvre cède facilement au sulfate de quinine. Le malade sort le 22 août.
LAVERAN. 17
Du... a une rechute de fièvre au mois d'octobre 1882 et une deuxième rechute au mois d'avril 1883, pour laquelle il rentre à l'hôpital le 25 avril.
La fièvre a reparu le 16 avril; accès légers d’abord, puis de plus en plus forts, revenant tous les deux jours, accès réguliers avec frisson initial. Du 16 au 24, il y a eu quatre accès; le malade a pris 2 grammes de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
25 avril. — Apyrexie. Anémie très marquée, teinte terreuse de la face, faiblesse générale. Anorexie. La matité splénique est de 8 centimètres de haut, sur 10 de large.
Examen du sang fait le 25 avril : corps sphériques libres ou adhérents aux hématies, en petit nombre, leucocytes mélanifères. Je ne trouve pas de corps en croissant.
Pas de rechute. L'examen du sang, fait le 4 mai, ne révèle plus l'existence d'aucun élément parasitaire. Je prescris cependant quelques doses de sulfate de quinine. Le malade quitte l'hôpital Le 10 mai.
OBs. ALI. — fièvre continue palustre de première invasion. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques de petit volume. — Rechute de fièvre. — Accès du type tierce, puis quotidiens : Corps sphériques. — Mar..., vingt-trois ans, soldat au 3° zouaves; entre à l'hôpital de Constantine le 20 juillet 1882.
Le malade a pris la fièvre pour la première fois le 15 juillet, à Aïn-el-Bey ; fièvre continue qui persiste au moment de l'entrée à l'hôpital; le 20 juillet, à quatre heures du soir, la température axillaire est de 39. Malaise général, céphalalgie, soif très vive ; langue rouge et sèche à la pointe, la zone de matité splénique mesure 9 centimètres 1/2 de haut, sur 10 centimètres 1/2 de large. Le malade n’a pas pris de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
Examen du sang fait le 20 juillet, à quatre heures et demie du soir. Corps sphériques de petit volume, libres ou adhérents à des hématies.
21 juillet. — La fièvre persiste : 40°,4 le matin ; 41°,4 le soir. État typhoïde sans les symptômes abdominaux. Examen du sang fait le 21 juillet, à deux heures du soir : Corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies, quelques-
«uns de ces corps renferment des grains de pigment animés d'un mouvement très vif.
Sulfate de quinine 16',60 le 21.
22 juillet. — 37°,5 le matin. Faiblesse générale, apathie, indifférence, anorexie.
Sulfate de quinine 05,80 matin et soir.
Le sulfate de quinine cst continué à la dose de 0%',80, puis de 0,60 jusqu'au 30 juillet.
Pas de rechute de fièvre.
Le malade sort le 16 août 1682.
Le 11 mars 1883, rechute de fièvre avec le type tierce.
Le 29 mars, nouvelle rechute; le malade rentre à l'hôpital de Constantine le 3 avril 1883.
3 avril. — Accès de fièvre : 40°,2 à midi, 38°,1 à quatre heures du soir.
Examen du sang fait le 3 avril, à deux heures du soir : Corps sphériques de petit et de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies, corps sphériques renfermant des grains de pigment mobiles, leucocytes mélanifères.
Sulfate de quinine 1 gramme le 3 au soir.
4 avril, — 38,3 le matin, 38°,4 le soir. Anémie très marquée, teinte terreuse de la face, vertiges.
La zone de matité splénique mesure 12 centimètres de haut, sur 13 de large.
Examen du sang fait le 4 avril; mêmes résultats que le 3 avril.
Sulfate de quinine 1fr,80.
5 avril, — Apyrexie qui persiste les jours suivants. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0s",80 puis de 0s',60 jusqu'au 12 avril, et prescrit de nouveau du 45 au 19.
L'examen du sang, fait le 8 avril, ne révèle plus l'existence d'aucun élément parasitaire.
Le 20 avril, le malade quitte l'hôpital avec un congé de convalescence.
Os. XLIV. — fièvre intermittente quotidienne. — Hématlozoaires du paludisme : Corps sphériques. — hechutes de fièvre : Corps sphériques, flagella. — Eu.…., vingt-deux ans, soldat au 3° zouaves,
entre à l'hôpital militaire de Constantine le 21 août 1882. Première atteinte de fièvre le 15 août 1882 à Aïn-el-Bey; fièvre intermittente quotidienne.
21 août. — Apyrexie, anémie, faiblesse générale, la zone de matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 13 de large.
Le malade a pris une dose de sulfate de quinine avant d'entrer à l'hôpital.
29 août. — Accès de fièvre à onze heures du matin; à midi 41°; à quatre heures du soir 38°,7.
Examen du sang fait le 29 août, à deux heures du soir : corps sphériques libres ou adhérents à des hématies.
Sulfate de quinine : 1 gramme le 29 au soir, 1,60 le 30 ; 05",80 le 31; 05,60 du 1% au 7 septembre.
La fièvre ne reparaît pas. Le malade quitte l'hôpital le 416 septembre, avec un congé de convalescence de deux mois.
Pas de rechute pendant le congé que le malade passe en France.
Eu... rentre en Algérie le 21 novembre 1882.
Rechute légère de fièvre au mois de décembre.
Le 24 mars, la fièvre reparait avec Le type tierce.
16 avril. — Nouvelle rechute avec accès quotidiens du 16 au 19 avril; le malade rentre à l'hôpital de Constantine le 19 avril.
19 avril. — Accèsde fièvre : à dix heures du matin 41°; à quatre heures du soir 38°,5.
Examen du sang fait le 19 avril, à deux heures du soir: Corps sphériques libres ou adhérents à des hématies en grand nombre, corps sphériques de petit volume, flagella.
Sulfate de quinine 1 gramme.
20 avril. -— Apyrexie, Anémie très marquée, teinte terreuse de la face, vertiges. Point douloureux splénique. La zone de matité splénique mesure 8 centimètres de haut, sur 10 de large. Sulfate de quinine 18,80.
Examen du sang fait le 20 avril, à deux heures : corps sphériques très rares, leucocytes mélanifères.
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05",80 ou 05,60 jusqu’au 27 avril. Pas de rechute de fièvre.
Le malade quitte l'hôpital le 4 mai avec un congé de convalescence.
Ogs. XLV. — Fièvreintermittente quotidienne (rechute). — Hématozoaires du paludisme : Corps en croissant, corps sphériques. — Rechute de fièvre, type tierce : Corps sphériques de petit et de moyen volume. — Nouvelle rechute, accès quotidiens : Corps sphériques de petit et de moyen volume. — CI..., vingt-deux ans, adjudant au 3° régiment de tirailleurs algériens, entre à l'hôpital de Constantine le 27 octobre 1882.
Première atteinte de fièvre le 3 septembre 1882; fièvre intermittente quotidienne, qui est coupée à plusieurs reprises par le sulfate de quinine, mais qui ne tarde pas à reparaiître. Derniers accès les 24 et 25 octobre.
27 octobre. — Apyrexie. Anémie très marquée, faiblesse générale, vertiges, essoufflement, palpitations de cœur au moindre effort, léger tremblement des mains ; la matité splénique mesure 13 centimètres de haut sur 17 de large.
Examen du sang fait le 27 octobre : corps en croissant, corps Ssphériques.
Du 27 au 30 octobre, l’apyrexie persiste ; je ne prescris que du vin de quinquina.
30 octobre. — Accès léger, céphalalgie; à trois heures du soir le thermomètre marque 38°,4. Examen du sang fait le 30, à trois heures : corps en croissant plus nombreux que le 27 octobre, leucocytes mélanifères.
Je prescris le sulfate de quinine du 30 octobre au 5 novembre; la fièvre ne reparait pas.
Le malade sort le 9 novembre, il a obtenu un congé de convalescence.
CI... passe son congé en France ; la fièvre reparaît à plusieurs reprises pendant le congé; il rentre en Algérie le 17 février 1883.
Rechute de fièvre le 10 mars ; nouveaux accès les 12 et 14 mars. La fièvre à donc pris cette fois Le type tierce.
CL... rentre à l'hôpital de Constantine le 13 mars 1883. Apyrexie, anémie très marquée, faiblesse générale, vertiges, anorexie. La zone de matité splénique mesure 8 centimètres de haut, sur 9 de large.
Examen du sang fait le 13 mars au matin : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents aux hématies, leucocytes mélanifères. Pas de corps en croissant.
Lamars. — Accès de fièvre à quatre heures du matin ; à six heures du matin le thermomètre marque dans l’aisselle 40°,4 ; à quatre heures du soir 38°,6.
Examen du sang faitle 14 mars, à huit heures et demie du matin : corps sphériques de petit ou de moyen volume, ces derniers en grand nombre, leucocytes mélanifères.
Le sulfate de quinine est prescrit du 14 au 23 mars et du 5 au 9 avril. Pas de rechute, le malade sort le 42 avril 1883.
Après la sortie de l'hôpital la fièvre reparaît à plusieurs re-
prises. Dernière rechute le 12 juin; accès les 12, 13, 14, 15 juin revenant le matin.
Le 15 juin, le malade rentre à l'hôpital de Constantine. Accès à sept heures et demie du matin. À midi, la température axillaire est de 40°,6 ; à quatre heures du soir elle n’est plus que de 379,8. La zone de matité splénique mesure 0%,15 de haut sur 0,17 de large.
Examen du sang fait le 25 juin à deux heures du soir (à la fin de l'accès) : corps sphériques de moyen ou de petit volume, leucocytes mélanifères.
Le sulfate de quinine est prescrit du 15 au 23 juin (05,80 à 05",60 par jour), et du 28 juin au 3 juillet; il n y a pas de rechute de fièvre.
Examen du sang fait le 17 juin : je ue trouve plus aucun élément parasilaire.
Le malade quitte l'hôpital le 4 juillet 1883 avec un congé de convalescence de trois mois.
O8s. XLVI. — Fièvre intermittente. — Plusieurs rechutes dont une avec le type tierce. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps en croissant, corps segmentés. — G..., vingt-trois ans, soldat au 1‘ régiment étranger, entre au Val-de-Grâce le 4 janvier 1888.
G... a pris la fièvre pour la première fois, le 18 août 1887, dans la province d'Oran. Accès quotidiens; le malade est resté pendant cinquante jours à l'hôpital; il a été envoyé ensuite en congé de convalescence à l'ile Sainte-Marguerite, où la fièvre a reparu à plusieurs reprises.
G... est arrivé à Paris le 20 décembre 1887, la fièvre a reparu le 25 décembre, et du 25 décembre au 4 janvier, jour de l'entrée à l'hôpital, G... a eu plusieurs accès de fièvre.
3 janvier. — Accès à dix heures du matin.
4 janvier. — Accès très fort constaté à l'hôpital; frisson à onze heures du matin ; à une heure trente la température axillaire est de 41°; la défervescence n’est complète qu'à sept heures du soir.
Examen du sang fait le 4 janvier à onze heures, c’est-à-dire au plus fort de l'accès : corps sphériques en assez grand nombre, pigmentés, libres ou adhérents aux hématies, quelques corps segmentés (éléments en rosace), quelques leucocytes mélanifères.
> janvier. — 31° le matin. Le malade est très anémié; la peau est terreuse. La matité splénique mesure 16 centimètres de haut,
sur 16 centimètres de large. Le foie n’est pas sensiblement augmenté de volume.
Examen du sang fait le 5 janvier au matin, au début de l’accès : corps sphériques en assez grand nombre, pigmentés, libres ou adhérents aux hématies; corps segmentés, plusieurs de ces corps montrent une segmentation complète et les corpuscules arrondis provenant de celte segmentation sont en partie désagrégés.
Le 5 janvier, à neuf heures du matin, frisson violent; à dix heures du matin la température axillaire est de 4lo. L'accès est terminé à deux heures du soir.
Chlorhydrate de quinine 05,60 les 5, 6 et 7 janvier.
L’apyrexie persiste jusqu'au 20 janvier.
Examen du sang fait le 8 Janvier : Je ne trouve aucun élément parasitaire,
Examen du sang fait le 13 janvier : quelques corps en croissant.
Les 20 et22 janvier, nouveaux accès de fièvre; apyrexie complète le 21 ; la fièvre quotidienne s’est donc transformée en fièvre tierce. Je prescris trois doses de chlorhydrate de quinine 0%,60 qui sont prises les 22, 23 et 24 janvier.
5 février. — Léger accès de fièvre.
13 février. — Rechute. Accès les 13, 14 et 15 février, la fièvre a donc repris le type quotidien. Quatre doses de chlorhydrate de quinine de 05,60 à partir du 14 février.
Examen du sang fait le 16 février : corps en croissant.
Du 25 au 27 février, trois doses de chlorhydrate de quinine. Pas de rechute de fièvre.
Du 8 au 10 mars, je prescris de nouveau le chlorhydrate de quinine. L'état général s'est beaucoup amélioré. La matité splénique ne mesure plus que 10 centimètres de haut sur 10 de large.
Le malade quitte l'hôpital le 18 mars 1888.
Rechute de fièvre au mois d'avril 1888.
Gundr... rentre au Val-de-Grâce le 17 avril; on constate ce jourlà un accès de fièvre.
Examen du sang fait le Â7 avril : corps sphériques de petit ou de moyen volume, libres ou adhérents à des hématies ; quelquesuns des corps sphériques renferment des grains de pigment animés d’un mouvement très vif; je n’observe pas de flagella, pas de corps en croissant, ni de corps segmentés.
18 avril. — Apyrexie. Examen du sang frais : corps sphériques pigmentés, libres ou adhérents aux hématies.
Examen du sang en goutte suspendue. Le 17 avril on distingue assez facilement, sur les bords de la goutte de sang, lescorps sphériques au milieu des hématies. Le 20 avril les hématies sont peu déformées (la préparation faite le 17 a été conservée à la température ordinaire du laboratoire); les corps sphériques sont plus ou moins déformés, immobiles. Le 25 avril, huit jours après que le sang a été recueilli, on distingue encore très bien les corps sphériques au milieu des hématies.
Le malade prend, à partir du 48 avril, quelques doses de chlorhydrate de quinine et il quitte l'hôpital sans avoir eu de nouveaux accès. L'examen du sang fait le 30 avril est négatif.
O8s. XLVIL. — fièvre intermittente irrégulière contractée au Tonkin. — Plusieurs rechutes. — Hématozoaires du paludisme : Corps sphériques, corps segmentés. — Sp..., vingt-cinqans, soldatau 1° régiment d'infanterie de marine, entre à l'hôpital du Val-de-Grâce le 12 février 1890. Sp... a passé deux ans au Tonkin et il a eu plusieurs atteintes de fièvre intermittente; il a fait pour cette cause trois entrées à l'hôpital et il a été embarqué pour la France au mois d'août 1889.
Depuis son retour en France, il est en congé de convalescence. Plusieurs rechutes de fièvre depuis le mois de septembre, traitées chaque fois par le sulfate de quinine.
13 février. — Apyrexie. Anémie peu prononcée. La matité splénique mesure 8 centimètres de haut, sur 8 centimètres de large. Appétit conservé. |
AT février. — Léger accès de fièvre; la température s'élève à 59 degrés.
Les jours suivants il existe du malaise, de la céphalalgie et le soir la température s'élève un peu ; 380,5 le 23 février.
24 février. —- 37°,5 le matin. Le malade accuse dela céphalalgie, de l’insomnie.
Examen du sang fait ie 24 février au matin : corps sphériques pigmentés assez grands, libres ou adhérents à des hématies, corps segmentés.
Accès de fièvre qui débute peu après que le sang a été recueilli; à une heure la température est de 39°,6.
Examen du sang fait le 24 à deux heures (pendant l'accès) :
corps sphériques pigmentés (rares), leucocytes mélanifères, Je ne trouve plus de corps segmentés.
Je prescris trois doses de chlorhydrate de quinine de 05,60 chacune.
La fièvre reparait à plusieurs reprises sans type régulier.
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ADDENDUM
L'impression de cel ouvrage était presque terminée, lorsque j'ai reçu le mémoire de Vandyke Carter dont il est question à la page 64; je suis heureux de pouvoir donner un résumé de ce très intéressant travail (1) d’après une traduction que je dois à l’obligeance de M. le docteur Anderson. On verra par ce résumé que les recherches de Vandyke Carter sont absolument confirmatives des miennes.
Carter a examiné le sang : 1° chez des sujets atteints des différentes formes du paludisme; 2° chez des sujets atteints d’autres maladies; les hématozoaires n’ont jamais élé rencontrés dans cetle deuxième catégorie de malades.
L'auteur donne les observations de sept malades atteints de paludisme dans le sang desquels la présence des hématozoaires a élé constatée sous les formes suivantes :
1° Petits corps sphériques, hyalins, adhérents à des hématies, qui représentent la forme initiale des parasites; il faut se méfier, dit Carter, des erreurs qu’on pourrait commettre en confondant les hématies ainsi altérées avec
(1) Vandyke Carter, Note on some aspects and relations of the Blood- Organisms in Ague. Srientif. Mem. by Medical Officers of the Army of India. Part. II. Calcutta, 1888.
des hématies normales présentant simplement des espaces clairs, aspect qui est particulièrement fréquent lorsqu'on fait l'examen du sang sous les tropiques.
2° Corps sphériques pigmentés, libres ou adhérents à des hématies; ces éléments présentent à l’état frais des mouvements amiboïdes. Les grains pigmentés inclus dans ces corps sphériques sont souvent animés d'un mouvement plus ou moins rapide, intermittent.
3° Corps sphériques avec des flagella.
4° Corps en croissant.
Il résulte des descriplions de Carter, comme de la planche qui accompagne son mémoire, que les éléments parasitaires observés par lui sont identiques à ceux que j'ai décrits.
Les corps sphériques sont ceux qui ont élé rencontrés le plus fréquemment.
Carter a constaté que les flagella, après s'être détachés des corps sphériques, s’agilent pendant 10 à 30 minutes ; ils disparaissent ensuite et le corps sphérique d’où ils émanent reste immobile.
Ce fut avec la plus grande difficulté, dit Carter, qu'on réussit à conserver deux ou trois de ces flagella dans des préparations de sang desséché.
Les corps en croissant persistent souvent pendant plusieurs semaines, même chez des malades soumis à la médication quinique.
Il est bien probable que les différentes formes parasitaires indiquées ci-dessus apparliennent à une seule espèce; ces formes apparaissent dans les mêmes condilions et leur ordre de succession est en général le même.
L'infection se produirait au moyen de l’eau de boisson.
Les corps sphériques et Les flagella sont détruits par les
ADDENDUM. 269
phagocytes qui n’attaquent pas les corps en croissant, d’où la persistance de ces derniers éléments ; l’absorption des corps sphériques par les leucocytes est facile à constaiter. :
Les parasites du paludisme doivent être rangés parmi les hématozoaires ; ils se rapprochent d’une part des trichomonades, Trichomonas sanguinis (chevaux, rats) el d'autre part des sporozoaires {corps en croissant).
Il n’y a pas de relalion constante entre la nature des éléments parasilaires et la forme clinique que revêt le paludisme.
La présence des éléments parasitaires dans le sang d’un malade permet de diagnostiquer à coup sûr le paludisme.
La quinine agirait en excitant l’activité des phagocytes et non directement sur les hémalozoaires.
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Mon intention n’est pas de faire la bibliographie du paludisme en général; je me propose uniquement : 1° de donner la liste, établie par année, des travaux relatifs aux hématozoaires du paludisme ; 2° de fournir des indications bibliographiques sur les travaux relatifs aux sporozoaires en général et en particulier aux hématozoaires des animaux qui se rapprochent de ceux du paludisme. L'étude de ces derniers parasites est devenue inséparable de celle de l'hématozoaire du paludisme.
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