COCHIN
beaujon'
CLINIQ.
S LÛUII
dè-
dé-
dé-
dé-
cès
cès
cès
cès
381 cas de panaris, dont
274 chez les hommes; 107 chez les lemmes.
I 6 décès,
I 6 cas d’amputation, dont 3 du médius droit.
Sur ces 381 cas, il y a eu \ 9 cas de désarticulai on, dont 5 pour le pouce,
r 2 pour le médius droit, 1 poui- l’indicateur, l 1 pour l’annulaire.
Le résultat de nos déductions, sans être identiques, a du
(1) Dictionnaire en 30 vol*
(2) Gazelle des hôpitaux, l8o8, u<» 123.
moins beaucoup de rapport avec celui de réniinent professeur de riiôpital de la Charité. On peut en conclure, comme il le dit lui-même, que le panaris est beaucoup plus fréquent r^hez rhonime que chez la femme, dans la proportion d’un tiers en plus pour les hommes ; que la main droite est le plus souvent atteinte, et que la fréquence relativement aux doigts atteints, décroit du pouce à l'auriculaire. Quant au ^phlegmon des orteils il en est très-[>eu question dans les iiuteurs, le panaris des orteils est plus rare, il est vrai, que ccelui des doigts, mais il existe. En effet, la struclure, la luature et la disposition des éléments anatomiques ne sonttelles pas les mêmes pour le doigt que pour l’orteil? Dans un rrécent opuscule (1), M. L. Aubrion, après avoir fait ressortir li’analogie qui existe entre le pied du cheval et les doigts de Il’homme, démontre clairement que le pied de riiomme aussi Ibien que celui du cheval peut être atteint de panaris; il pense imême avec la plupart des auteurs que si les orteils en sont [plus indemnes, cela tient à ce que, protégés par les chausssures, ils sont moins exposés au contact des corps étrangers.
En lisant les auteurs qui ont consacré un article au panaris con est frappé du grand nombre des classifications qui en tont été données. Ainsi pour les uns il n’y a qu’une seule tespèce de panaris, toutes les autres espèces ne sont que des Avariétés d’une même maladie (Boyer, Dionis) (2) ; pour d’auttres auteurs il y en a 7 (Sauvages) et même 8 (Imbert). Astruc cet Camper n’en admettent que 2 ; Heister 3 (3) : le souscsutané, le sous-périostique, et celui de la gaine. Louis I reconnaît les trois espèces le plus généralement adoptées* 15 pourCallisen etGoué ; pourLafaye, Ledran, Chélius, David, SSamuel Cooper, Roux(3j et Garengeot, il y en a quatre
(1) Du panaris chez le chevalj par C. Aubrion, ex-vélérinaire, médecin au Gault (Marne), Arch. gén. de méd., 1869.
(2) Cours d’op. chirurg., p. 718. Paris, 1740.
(3) Institut de chirurg., t. IV, p. 280.
espèces; mais certains auteurs modernes (MM. Nélaton (1), Richet, Baucliet (2) n’en veulent reconnaître que 3 espèces , ils préfèrent considérer la forme sous-périostique comme une périostite ordinaire à laquelle ils refusent le nom de panaris, ou bien comme une complication consécutive au panaris de la gaine et la confondent avec celui-ci.
Pour nous, nous basant sur les dispositions anatomiques, et adoptant la division la plus rationnelle et la plus pratique,
à l’exemple de Roux, Yelpeau, Gerdy, Garengeot, nous
établirons quatre espèces de panaris d’après le siège anatomique de la phlegmasie, et plusieurs formes ou sousvariétés, selon l’aspect et la marche de l’affection.
Peiiiièrc variété ou panaris superficiel sous-épidermique érysipélateux, mal blanc, mal d’aventure, tourniole. Cette variété peut affecter la forme érysipélateuse phlycténoïde ou vésiculeuse, anthracoïde.
Deuxième variété ou panaris sous-cutané, phlegmoneux. Il peut présenter la forme simplement phlegmoneuse, gangréneuse.
Troisième variété ou panaris de la gaine, panaris profond, synovite.
Qiiatrlcme variété on panaris périostique, périostite, panaris ostéo-fibreux de la gaine des tendons.
ÉTIOLOGIE.
Il serait ridicule d’énumérer toutes les causes plus ou moins absurdes et singulières dont on a voulu faire dépendre le développement du panaris. Autant de systèmes, autant d’extravagances. Jean Guignard a raison de dire : nous sommes étonnés aujourd’hui de voir Dionis, l’un des plus éminents praticiens du xvii® siècle, attribuer cette maladie à une
(1) Elément de palh. chirurg.
(2) Du panaris et des iuGammalions de la main, p. 16. Paris 18S9.
immeup âcre, corrosive, brûlante, qui rongeant le périoste, tes extrémités des filaments nerveux et la chair, y fait une eschare pour donner issue aux liquides malfaisants de l’éco- :nomie. Certains humoristes ont été plus loin : ils ont voulu irapporter la cause du mal à l’effervescence du sang, aux éléments bilieux et malfaisants de ce liquide nourricier. De là :cet absurde principe répandu par le commérage : ne jamais contrarier une atfeclion morbide dans son déve oppement et <sa marche, sous peine d’être empoisonné par les humeurs corrompues du sang et de voir, survenir des métastases iplus ou moins redoutables. Quel est le praticien de notre Itempsoù le médecin attaché au service des hôpitaux où l’on ttraite p:iriicnlièrement les affections cutanées (Saint-Louis, ^Sainte-Eugénie, Enf.int-Jésus\ qui n’ait vu à sa consultation (des malades imbus de ces tristes principes A' humorisme, ou (des mères de famille assez limorées pour calomnier ou dé- (daigner l’ordonnance la plus rationnelle dès qu’elle a pour Ibut d’anéantir en quelques jours, en quelques heures, une imaladie qui depuis longtemps mine la santé d’un jeune imalade ? Que de maladies aveuglément attribuées à la suppresssion d’un exanthème de nature parasitaire (favus, teignes (diverses, prurigo parasitaire^ porrigo decalvans...}, ou mieux :à des habitudes de malpropreté (eczéma simplex, impétigo !) )Mais Paracelse e; t encore plus extravagant : au lieu d’enviî-sager le panaris du même œil que les humoristes, il en (attribue le développement à un ver qu’il n’a jamais proba- Iblement observé ni trouvé. Inutile d’insister plus longtemps ssiir des détails- d’aussi peu d’importance. Nous allons citer lies causes les plus plausibles et les plus communes, nous les (diviserons en causes prédisposantes et en causes déterminantes.
1870. — Pral.
CAUSES PRÉDISPOSANTES,
Relativement àux sexes, nous avons déjà vu que le phlegmon des doigts est plus fréquent chez l’homme que chez la femme, puisque d’après la plupart des statistiques,la femme ne figure que pour un tiers environ ; mais est-ce à dire pour cela quel homme, par sa nature, est plus sujet à cette affection que la femme? Non certainement. La sensibilité et la délicatesse plus ou moins grande des doigts, la susceptibilité nerveuse, la prédominance du système lymphatique, la fréquence des vices scrofuleux, dartreux... chez la femme et chez Lenfant, disent assez clairement que ces derniers doivent être plus souvent atteints que ne le sont les sujets peu sensibles, les adultes et les vieillards. Cette difiérence ne peut dépendre en réalité, que des rudes travaux, des professions manuelles réservées à l’homme, et qui nécessitent un grand exercice des doigts ou qui les exposent accidentellement à un grand nombre de lésions traumatiques; ainsi c’est surtout chez les cordonniers, les ébénistes, les maçons, les tailleurs.:... qu’on rencontre féquemment le panaris.
On peut citer encore comme cause pré:lisposante la profession de fileur ou fileuse de laine, à cause de la température de 40° environ où se trouvent constamment exposées leurs mains. Rien n est plus capable, en effet, d’exciter la sensibilité des doigts, d’en ramollir les parties molles et de provoquer une plegmasie congestive. Resterait à savoir, si la rare fiéquence du panaris aux orteils ne tient pas à ce qu'ils sont habituellement protégés par les chaussures et rarement exposés a un changement subit de température comme le ^ prétendent la plupart des auteurs. ;
Doit-on accorder quelque influence à l’hérédité? Une i pareille cause peut être vraie, mais elle a encore besoin i
d’être démontrée. Certains auteurs veulent admettre une in- LÜuence épidémique ; c’est là une hypothèse encore plus doui:euse. Cependant au dire de Ravaton, de Vidal (de Cassis), de Forget (1), cette affection peut réellement présenter une ‘orme épidémique.
Dubois tend par ses observations à prouver que ces asser- 1 ions sont vraies et les faits cliniques de tous les jours semblent îonfirmer leur valeur; néanmoins jusqu’à ce jour cette cause i‘!st vraiment hypothétique. Les saisons ne peuvent pas exercer line grande influence; cependant un temps chaud et humide [printemps, automne), semblent favoriser le développement Lu panaris. Les climats chauds, au dire de Savaresi^ sont iiussi une cause prédisposante.
Quelques auteurs mettent les maladies spécifiques (syphii's), au nombre des causes prédisposantes; nous n’osons partager leur avis, mais nous admettons que ces maladies teuvent imprimer un caractère de spécificité aux diverses nanifestations et à la marche du phlegmon des doigte.