‹ Du pannus et de son traitementChapitre 14 sur 17 · I. TRAITEMENT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I. TRAITEMENT GÉNÉRAL

Si l’on a affaire à un sujet qui présente les signes d’une dyscrasie quelconque ou les symptômes d’un embarras dans la circulation abdominale, dû à la déviation d’un flux bémorrhoïdal ou menstruel, c’est à ces dispositions qu’il faut s’attaquer au moyen de la série de remèdes que la science possède et dont nous n’avons ni le goût ni le courage de dérouler le catalogue. Chaque praticien a ses agents de prédilection et il faut en abandonner le choix à sa sagacité. Nous ne nous prononcerons donc pas sur la préférence accordée par les uns au calomel, par les autres au jalap, par d’autres encore aux dépuratifs dont les pharmacopées foisonnent; il nous aura suffi d’ouvrir l’indication pour que le praticien se charge de la remplir. Loin d’adopter d’une façon absolue le principe formulé par Jüncken, qu’il faut traiter le pannus dans le bas-ventre et non dans les yeux, principe qui a bien son fond de vérité et dont l’expression pittoresque a dû frapper efficacement l’attention, nous retournerons l’adage du savant ophthalmologiste de Berlin, sans toutefois le récuser, et nous dirons : lors même que l’on aura découvert dans les désordres abdominaux une cause à laquelle on puisse rattacher le pannus, il ne faudra jamais négliger de rechercher s’il n’est pas dû en même temps à une cause locale, et, dans tous les cas , avant de commencer aucun traitement, il faudra retourner la paupière supérieure. En négligeant ce précepte on s’exposerait à de pénibles mécomptes. A peine avons-nous besoin d’ajouter que si l’on découvre par suite de ces recherches, soit des granulations, soit des corps étrangers, soit des cils déviés, c’est à faire disparaître ces causes de continuelle irritation que l’on devra tout d’abord s’attacher.

Dans tous les cas, avant d’en venir aux moyens locaux, il faut

faire en sorte de réduire la maladie à son état de simplicité , en la dégageant des causes d’irritation qui l’environnent trop souvent et qui d’ordinaire dépendent du défaut de soins nécessaires. Une sensibilité anormale, un larmoiement excessif se répriment la plupart du temps assez facilement, soit par l’application de quelques sangsues aux tempes, soit par des lotions émollientes narcotiques, soit par des purgatifs, suivant les circonstances; l’application de révulsifs, tels que les vésicatoires aux tempes, les cautères, les sétons à la nuque, ne laisse pas d’avoir souvent son utilité, surtout dans les cas où il existe une phlegmasie ancienne et chronique des yeux.

Nous devons nous borner à ces considérations vagues et générales sur l’application des remèdes internes dans le pannus. Rechercher la disposition dyscrasique, la perturbation fonctionnelle sous la dépendance desquelles l’affection se poursuit, les attaquer selon les indications spéciales qu’elles peuvent présenter, telles sont les seules données que nous puissions fournir dans ce chapitre.

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