‹ Du pannus et de son traitementChapitre 17 sur 17 · Sortie · texte numérisé non relu

Sortie

10 septembre. — Auger vient se présenter à la consultation ; les opacités sont presqu’effacées. Il a repris ses occupations et ses éludes, lit et écrit avec la plus grande facilité. En un mol, le succès est complet malgré les accidents intercurrents.

Cette observation mérite quelque attention, plus peut-être à cause des accidents survenus que du succès définitif. Nous renouvelons ici la recommandation de veiller attentivement à ce qui se passe du côté des cornées. Si le médecin avait été prévenu immédiatement, comme l’ordre en avait été donné, il est vraisemblable que la perforation de la cornée eùtpu être prévenue.

Ors. III. — Pierre de Gieter, âgé de 49 ans, teinturier de profession, est atteint depuis nombre d’années d’un double pannus très épais, et d’un restant d’ectropion des deux paupières inférieures, suite d’ophlhalmie granuleuse. La vue est presque complètement abolie. De Gieter est en traitement depuis quaire ans.

18 juin. — Inoculation du pus de Marcelle (v. obs. I), qui ne donne lieu à aucune inflammation.

19. — Inoculation du pus d’Auger (v. obs. II), le matin. Dix-

huit heures après, l’inflammation fait explosion. Est-elle due à la première inoculation ou à la seconde?

20. — Inflammation fort violente de l’œil gauche particulièrement.

20 au 22. — Marche ascendante des symptômes. Déjà le 22, ils paraissent décroître ; la purulence, le chémosis, la douleur fléchissent sensiblement.

9 juillet. — La résolution a marché régulièrement, le malade commence à distinguer les objets, la cornée s’éclaircit.

9 août. — Excision d’un lambeau triangulaire aux paupières inférieures pour la guérison de l’ectropion, et réunion par la suture entortillée. Rien d’anormal. Réunion immédiate.

20. — Sort guéri. La vue est rétablie. De Gieter a repris son métier de teinturier.

Obs. IY. — Joseph Vandenhauten,deMerchtem (Rrabant), âgé de 18 ans, d’un tempérament lymphatique, d’une bonne conformation physique. A eu la petite vérole à l’âge de 8 ans; son visage n’en conserve plus de traces, mais c’est pendant cette maladie que ses yeux sont devenus malades. Pendant plus de 8 années, l’affection oculaire sur la nature de laquelle il ne peut donner aucun détail, a été traitée par une foule de moyens qui n’en ont pas arrêté la marche. Au mois d’avril 1853, il portait un pannus vasculaire épais aux deux yeux, qui lui permettait à peine de se conduire. C’est à ce moment qu’il se présente pour la première fois à Gand, à M. le professeur Van Roosbroeek, qui le décide incontinent à subir ce qu’il appelle la vaccination.

Opérée le 15 avril, l’inoculation développe une série de symptômes dont le récit serait aussi inutile que fastidieux, et qui se déroula avec une régularité remarquable. Aucun accident ne survint; l’inflammation, intensq pendant trois jours, fléchit le quatrième, et bientôt la résolution manifesta ses effets. Chez ce sujet, l’absorption fut si rapide et si active, que le 1er juin le malade retournait chez lui, seul, sans guide, en ne conservant de son infirmité, qui l’avait privé de la vue pendant neuf années, qu’une légère myopie qui disparut peu à peu.

Le succès chez ce malade fut à la fois plus prompt et plus complet que chez aucun des autres opérés.

Obs. V. — Catherine Saey, ouvrière de fabrique, âgée de 21 ans, tempérament lymphatique, bien réglée, entre à l’hôpital civil de Gand, le 7 juin 1850. Los deux cornées sont recouvertes d’un réseau vasculaire tellement épais, qu’il ne permet plus de distinguer la pupille ou l’iris. Depuis plus de 15 mois elle est complètement aveugle, ne distinguant tout au plus que le

jour de la nuit; les deux yeux sont dans un état d’irritation assez marqué, qu’entretiennent de légères granulations palpébrales. Cette affection s’est développée à la longue, à la suite de fréquentes ophthalmies. Peu de temps auparavant, elle avait été traitée à l’hôpital pendant plusieurs mois pour la même affection, mais malgré tous les moyens mis en usage, l’amendement fut peu sensible. C’est, ce qui détermina M. le professeur Van Roosbroeck à tenter l’inoculation, qui fut faite avec le pus d’une blennorrhagie aiguë. Il en résulta une ophthalmie blennorrhagique des plus violentes : le gonflement des paupières acquit le volume d’un œuf de pigeon, la sécrétion muco-purulente fut des plus abondantes, un chémosis considérable cachait entièrement les deux cornées. Malgré ces symptômes effrayants, on laissa l’inflammation parcourir librement toutes ses périodes, sans avoir recours aux saignées ni aux sangsues, ni aux cautérisations avec le nitrate d’argent ; on recommanda seulement à la malade les lotions continuelles avec une décoction émolliente. L’inflammation diminua graduellement, mais tous les tissus restaient encore fortement engorgés; c’est pourquoi, à partir de cette époque, c’est-à-dire trois semaines après l’inoculation, la malade lit usage de la pommade au précipité rouge (8 grains par gros d’axonge) pour activer la résolution. Après trois mois de séjour à l’hôpital, la malade en sortit ayant entièrement récupéré la vue; le pannus et les granulations avaient entièrement disparu. Cette jeune fille s’étant présentée dernièrement à la consultation gratuite, nous avons [pu nous assurer que la guérison s’était parfaitement maintenue.

Obs. VI. — Clara Watteau, âgée de 16 ans, tempérament lymphatique prononcé, non encore réglée, souffrait des yeux depuis sa plus tendre jeunesse. Elle a été traitée plusieurs fois à l’hôpital pour des ophthalmies scrofuleuses, dont elle n’a jamais été complètement guérie, et qui à la longue ont déterminé la vascularisation des deux cornées avec des exsudations lymphatiques entre les lamelles de ces membranes. La photophobie est très forte, les yeux sontcontinuellement larmoyants, mais surtout lorsqu’ils sont exposés au grand jour. Rentrée de nouveau à l’hôpital le 31 janvier 1851, après avoir subi inutilement différents traitements, elle fut soumise à l’inoculation, le 25 mars. L’intensité de l’inflammation qui en résulta, nécessita quelques cautérisations avec la pierre infernale. On administra à l’intérieur des pilules composées de sulfate de fer, de poudre de Sabine et d’aloës, pour provoquer l’éruption des règles. A la sortie le 29 avril 1851 les cornées avaient repris leur transpa-

rence normale, tous les symptômes d’ophthalmie scrofuleuse avaient disparu en même temps. Quelques semaines plus tard, elle vint nous déclarer qu’elle était réglée. Nous l’avons revue plusieurs fois depuis cette époque, et elle s’applaudit de plus en plus d’une guérison, qui celte fois promet d’être définitive.

Obs. VII. — Colette Declercq, ouvrière de fabrique, âgée de 20 ans, tempérament lymphatique, bien réglée, fut admise à l’hôpital le 2 septembre 1850. Les deux cornées sont le siège d’une vascularisation assez considérable pour l’empêcher de continuer son travail. Ayant déjà été traitée antérieurement, mais avec peu de succès pour la même affection, on se décida à la soumettre à l’inoculation. Toutefois le pannus fut lent à disparaître, car elle ne put quitter l’hôpital qu’après y avoir fait un séjour de plus de cinq mois. Rentrée le 27 septembre 1851 avec la même affection, elle fut de nouveau soumise à l’inoculation, et sortit guérie vers la tin de la même année. Nous avons pu nous assurer que la guérison s’est maintenue jusqu’à ce jour.

Obs. VIII. — Isabelle Cnudde, ouvrière de fabrique, âgée de 16 ans, tempérament sanguino- lymphatique, a déjà été traitée à différentes reprises à l’hôpital pour une kératite vasculaire superficielle, dont la cause parait résider dans des granulations fines et serrées les unes contre les autres, dont les paupières supérieures sont le siège. Admise de nouveau à l’hôpital pour la même affection, qui tend de plus en plus à revêtir une forme chronique, elle fut inoculée le 21 octobre 1851, avec du pus blennorrhagique, et sortit complètement guérie le 10 décembre 1851. Jusqu’aujourd’hui elle n’a plus souffert des yeux.

Obs. IX. — Virginie Pirmé, ouvrière de fabrique, âgée de 20 ans, tempérament sanguino-lymphalique, est affectée de légères granulations aux paupières supérieures, ayant déjà déterminé un Obscurcissement de la moitié supérieure des deux cornées; il existe en même temps de la photophobie et une sécrétion muqueuse, qui le matin colle les paupières entr’elles. Elle nous dit qu’il y a déjà plus de sept mois qu’elle souffre des yeux. Après deux mois de traitement, la malade sortit de l’hôpital, le 26 septembre 1851, avant d’être complètement guérie. Elle nous revint le 18 mai 1852, dans un état de complète cécité. Ses yeux présentent tous les caractères de l’ophthalmie granuleuse chronique, un pannus épais recouvre les deux cornées, etc. L’inoculation avec le virus blennorrhagique amène graduellement la résolution du pannus et des granulations, et la guérison, obtenue au bout de deux à trois mois, ne s’est pas encore démentie.

Obs. X. — Henri Reymaeker, tisserand, âgé de 39 ans, tempérament sanguino-lymphatique, porte à l’œil gauche un pannus épais, entretenu par des granulations palpébrales, et qui abolit entièrement la vision de ce côté. La même affection existe à l’œil droit, mais à un degré beaucoup moins prononcé, de sorte qu’il y voit encore assez pour se conduire. 11 dit avoir été affecté de l’ophthalmie militaire, pendant qu’il était au service. L’inoculation fut faite à l’œil gauche avec le pus d’une blennorrhagie aiguë, et détermina une ophthalmie purulente des plus intenses; pendant quatre à cinq jours, des cautérisations furent faites avec le crayon de pierre infernale, pour modérer le degré de l’inflammation. On recommanda au malade de prendre toutes les précautions possibles pour préserver l’œil droit. Mais celui-ci finit par s’entreprendre, quatre semaines plus tard, alors que la sécrétion de l’œil gauche avait déjà beaucoup diminué. L’inflammation fut beaucoup moindre que dans l’œil primitivement atteint. On l’a laissée suivre sa marche, le malade se bornant à des soins de propreté. Entré à l’hôpital le 24 mai 1850, Reymaeker en sortit en pleine voie de guérison le 10 juillet 1850. Quelques semaines plus tard, il se présente à la consultation gratuite, et nous constatons qu’il ne porte plus aucune trace de son ancienne affection.

Obs. XI. — Alexandre Collins, journalier, 36 ans, tempérament sanguino-lymphatique, entre à l’hôpital le 1er août 1850, atteint d’une ophthalmie blennorrhagique violente qu’il s’est inoculée par mégarde avec le pus d’une urétrite dont il est porteur. Des cautérisations énergiques avec le crayon de nitrate d’argent parvinrent à enrayer la marche de cette ophthalmie et à conserver les deux cornées; toutefois les granulations qui s’étaient développées sur les conjonctives palpébrales, ne disparurent que lentement, et le malade, ennuyé de la longueur du traitement, sortit de l’hôpital le 25 janvier 1851, incomplètement guéri. Le 20aoûtdelamêmeannée,ilseprésenteà la consultation gratuite pour solliciter sa rentrée, les deux cornées sont le siège d’un réseau vasculaire complet et d’épanchements interlamellaires qui interceptent tout-à-faitla lumière. Les quatre paupières sont le siège de masses granuleuses considérables qui ont déterminé des ectropions aux paupières inférieures, tandis que les supérieures recouvrent les deux tiers au moins des cornées; il y a grande photophobie, et sécrétion muco-purulente assez abondante. Admis de nouveau à l’hôpital, le malade fut soumis à l’inoculation avec le virus blennorrhagique, d’où résulta une ophthalmie purulente sur-aiguë. Dans la crainte d’une fonte purulente des deux yeux et pour modérer l’intensité de l’in-

flammation, il fut cautérisé pendant 6 jours de suite avec le crayon infernal aux quatre paupières. La période aiguë passée, on put constater que les deux cornées étaient restées intactes; à partir de ce moment le pannus et les granulations diminuèrent, peu à peu, et à sa sortie de l’hôpital, le 10 décembre 1851, il n’en restait plus de traces. Nous eûmes occasion de revoir cet individu plus d’un an après, et de nous assurer que la guérison s’était parfaitement maintenue.

Obs. XII. — Martin Schiffers, pompier, âgé de 40 ans, tempérament sanguino-lymphatique, fut atteint de l’ophthalmie granuleuse qui, en 1848, sévit dans le corps des sapeurs-pompiers àGand. Il conserva à la suite decette affection un pannus double, contre lequel vinrent échouer tous les moyens employés pour le combattre. Ce malheureux y voit à peine pour se conduire. Les yeux, d’une irritabilité extrême, supportent difficilement la lumière; les muqueuses palpébrales sont recouvertes de granulations qui fournissent une sécrétion assez abondante. Reçu de nouveau à l’hôpital, le 18 mai 1850, il en sortit guéri trois mois plus tard, après avoir été inoculé. Seulement il lui resta pendant quelque temps un certain degré de myopie.

Obs XIII. — Laurent Flips, cordonnier, âgéde54 ans, tempérament sanguino-lymphatique, porte depuis plus de deux ans un pannus vasculaire double, entretenu par des granulations palpébrales, qui se sont développées à la suite d’une ophthalmie granuleuse dont il fut atteint, il y a plus de deux ans, et dont il faillit perdre les deux yeux. Il existe sur chaque cornée une cicatrice, dont l’une, placée en partiedevant la pupille, gêne notablement la vision, ce qui, joint aux symptômes d’inflammation chronique dont ses yeux sont le siège, et pour lesquels il a déjà subi divers traitements, le met dans l’impossibilité de se livrer à son travail. Entré de nouveau à l’hôpital le 27 décembre 1850, il fut inoculé peu de jours après, et en sortit en pleine voie de guérison, le 21 février 1851. Nous avons eu occasion de le revoir deux ans plus lard, il ne restait tplus aucune trace de granulations ou de vascularisation des cornées.

Obs. XIV. — Jean Dereys, ouvrier de fabrique, âgé de 35 ans, tempérament lymphatique, fut admis à l’hôpital pour une ophthalmie rhumato-catarrhale aiguë, dont il avait déjà souffert antérieurement. Les symptômes inflammatoires furent combattus par un traitement antiphlogistique énergique, mais l’affection passa peu à peu à l’état chronique, et des granulations ne tardèrent pas à se développer sur la muqueuse palpébrale, en

même temps qu’un nuage grisâtre à la partie supérieure des cornées annonçait un commencement de pannus sur ces membranes. Les granulations ayant résisté aux différens moyens mis en usage pour les combattre, furent enfin détruites par le nitrate d’argent en crayon, et le malade exigea sa sortie avant sa guérison complète, le 11 juin 1851. Rentré le 11 novembre de la même année, la cornée droite est le siège d’un réseau vasculaire qui abolit entièrement la vision dans cet œil, la même affection existe à l’œil gauche, mais le malade y voit encore assez pour se conduire. L’inoculation avec le virus blennorrhagique fut faite à l’œil droit, le gauche ne tarda pas à s’entreprendre, et le malade quitta l’hôpital trois mois après. La vision est rétablie dans les deux yeux, mais non d’une manière complète ; il reste encore quelques arborisations dans les cornées, qui sans doute ne tarderont pas à disparaître.

Obs. XV. — François Piens, 57 ans, marchand ambulant, tempérament sanguino-lymphatique, atteint d’un pannus vasculaire double, entreà l’hôpital le 11 décembre 1850, et en sort guéri le 3 février 1851, après avoir été inoculé.

Obs. XVI.— Joseph Vanderhaeghen,âgéde 12 ans, tempérament lymphatique, atteint d’un pannus vasculaire aux deux yeux, entre à l’hôpital le 9 janvier 1851, et en sort, le 20 mars de la même année, aprèsavoirété soumis à l’inoculation. Le pannus a presque complètement disparu.

Obs. XVII. — Jean Plasschaert, ouvrier de fabrique, âgé de 28 ans, tempérament lymphatique, atteint de blépharite chronique avec vascularisation des deux cornées, entre âl’hôpital le 7 juin 1851. Après avoir subi sans amendement notable divers traitements, il est soumis à l’inoculation et sort guéri le 2 novembre 1851.

Obs. XVIII.— Bernard Slouthaemer, journalier, âgéde62 ans, tempérament sanguino-lymphatique, a perdu l’œil gauche à la suite d’une ophthalmie granuleuse dont il fut, atteint en octobre 1850, et qui détermina un pannus sur la cornée droite, pour lequel il fut inoculé le 25 mars 1851, les autres moyens ayant échoué. La cornée ayant repris sa transparence, on constata l’oblitération de la pupille, affection pour laquelle il fut opéré, le 22 octobre 1851, par le procédé de Beer. Il recouvra la vision de l’œil droit.

Obs. XIX. — Ange Vandewalle, journalier, 46 ans, tempérament sanguino-lymphatique, entre à l’hôpital le 25 août 1851, ayant les deux cornées vascularisées au point dene plus pouvoir travailler ; sort en voie de guérison, le 24 septembre de la môme année, après avoir été inoculé.

Obs. XX. — Alexandre Van Acken, âgé de 15 ans, tempéra ment lymphatique, ne voitpluspourseconduire depuis trois semaines, par suite d’un pannus vasculaire épais qu i recouvre les deuxcornées et qui s’est développé peu à peu sous l’influence de granulations palpébrales. Entré à l’hôpital, le 15 avril 1850, il fut inoculé et en sortit 6 semaines plus tard, ne conservant presque plus de traces de son affection.

Obs.XXI. — Edouard De Meunter, âgé de 38 ans, journalier, d’une constitution robuste, d’un tempérament sanguin, fut inoculé le 20 juillet 1850, pour un pannus vasculaire double, avec le muco-pus d’une urétrite datant de plus de quatre mois. Il n’en résulta pas moins une blennorrhée oculaire très aiguë, qui nécessita, pendant plusieursjours, des cautérisations avecla pierre infernale. L’inflammation se dissipa peu à peu, et le malade guéri quitta l’hôpital après un séjour de deux à trois mois.

Obs. XXII. — Liévin Labiau, tourneur de fer, âgé de 48 ans, tempérament sanguino-lympthatique, entre à l’hôpital en octobre 1851, pour se faire traiter d’un pannus vasculaire double, qui abolit entièrement la vision. 11 fut inoculé, et demanda à sortir deux mois plus tard, se trouvant déjà en état de reprendre son travail, quoique non encore complètement guéri.

Obs. XXIII. — Jacques Vanderloot, journalier, 37 ans, tempérament, sanguino-lymphatique, a eu l’ophthalmie, militaire en 1835. Lesdeux cornées sontle siège, surtout à la partiesupérieure, d’un obscurcissement grisâtre parcouru par des vaisseaux sanguins en assez grand nombre pour gêner notablement la vision. L’inoculation, faite quelques jours après son entrée à l’hôpital (15 mai 1850), rendit aux cornées leur transparence normale.

Obs. XXIV. — Gustave Berlh, fabricant de meubles, 39 ans, tempérament lymphatique, est affecté depuis 18 mois d’un pannus aux deux yeux, qui l’empêchede se livrer au travail. Entré à l’hôpital le 18 décembre 1851, il en sortit guéri, après avoir été inoculé, le 6 mars 1852.

Obs. XXV. — Marie Trombel, ménagère, 58 ans, tempérament lymphatico-sanguin, porte aux deux yeux un pannus vasculaire reconnaissant pour cause des granulations palpébrales. Entrée à l’hôpital le 30 avril, elle fut inoculée le 18 juillet 1851, après divers traitements infructueux, et sortit guérie le 31 août 1851.

Obs. XXVI. — Thérèse Desmet, ouvrière de fabrique, 21 ans, tempérament lymphatique, bien réglée, porte à l’œil gauche un pannus vasculaire, qui ayantdéjà récidivé plusieurs fois, fut guéri par l’inoculation. Sortie de l’hôpital le 26 avril 1851, la guérison s’est maintenue jusqu’à ce jour.

Obs. XXVII. — Colette Baele, dentellière, âgée de 17 ans, tempérament lymphatique, bien réglée, est affectée depuis trois ans d’un pannus vasculaire aux deux yeux ; il existe en même temps de légères granulations aux paupières. Entrée à l’hôpital le 1er octobre 1852, elle fut soumise à l’inoculation qui la guérit de l’une et de l’autre de ces affections.

Obs. XXVIII. — Nathalie Pierremont, dentellière, 17 ans, tempérament lymphatique, mal réglée, entre à l’hôpital le 6 mars 1852, portant aux deux yeux un pannus vasculaire épais qui abolit presque complètement la vision. Inoculée trois ans auparavant pour la même affection, elle en avait été radicalement guérie. L’inoculation fut pratiquée de nouveau le 9 avril 1852, avec le pus d’une ophthalmie d’un nouveau-né, et amena de nouveau la résolution du pannus, qui cependant n’était pas encore complète à l’époque de la sortie de la malade de l’hôpital.

Obs. XXIX. — Virginie Jacobs, journalière, 27 ans, tempérament lymphatique, bien réglée, est sujette depuis huit ans, à des ophthalmies fréquentes, par suite d’un trichiasis dont elle n’a jamais vouluselaisserguérirradicalemenl par l’excision desbords palpébraux supérieurs. Entrée à l’hôpital le 8 juin 1853, les deux cornées sont complètement [vascularisées, au point de ne plus lai permettre de se conduire seule. Les cils vicieusem ent inplantés, furent arrachés; après quoi on inocula le pus d’une ophthalmie d’un nouveau-né. Elle sortit de l’hôpital le 9 août 1853, ne conservant plus que quelques légères arborisations sur les cornées.

Obs. XXX. — Isabelle Cuignet, ménagère, âgée de 52 ans, tempérament sanguino-lvmpthatique , bien réglée, a été atteinte d’ophthalmie pour la première fois, il y a deux ans. A son entrée à l’hôpital, le 4 juin 1853, elle se trouve dans un état de cécité

complète par suite d’un réseau vasculaire épais qui recouvre les deux cornées, aupoint qu’il est impossible de distinguer la couleur desiiris. Les paupières sont fortement gonflées, etla muqueuse qut les recouvre, couverte de granulations épaisses, est le siège d’une sécrétion assez abondante. Elle fut i noculée le 28 juin, avec le pus de la blennorrhée oculaire déterminée chez la malade précédente. Elle demanda à sortir le 17 août 1853, la vision étant déjà rétablie au point de lui permettre de vaquer aux soins de son ménage. Les deux cornées ont presque repris leur transparence normale et les granulations sont en pleine voie de résolution.

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