PARIS
GAUME FKÈKKS ET J. DUPRKY, ÉDITEURS
RUE CA88BTTB, 4 '
I. Il est facile de constater, en consultant rhistoire de la philosophie et ses œuvres , que, hors la doctrine fondée sur 'le texte sacré, hors le mosaïsme dans l'antiquité et le Christianisme dans Père moderne, tous les systèmes métaphysiques, quelque profonds, quelque brillants qu'ils soient, ont erré sur la première des vérités métaphysiques, V Être-Dieu, et que tous^ en tout temps, depuis l'origine de la philosophie humaine^ qu'on pourrait dater de la confusion des langues et des esprits dans la plaine de Sennaar, jusqu'à nos jours ; en tous lieux, dans les vallées des Brahmanes, sur les hauteurs des Parses, dans les sanctuaires de l'Egypte et les temples de la Grèce, du Nil au Gange, de l'Indus au Rhin, tous ont abouti à une erreur commune et fatale, qui non-seulement rend leur doctrine métaphysique vaine, mais renverse la morale et doit nécessairement arrêter le progrès intellectuel dans la société qui admet- cette erreur et en réalise les conséqu'ences. Cette erreur est \e panthéisme.
Le panthéisme^ comme le mot l'indique, est le système métaphysique d'après lequel Dieu est tout ou le tout.
En prenant ces mots dans leur rigueur, Dieu est à la fois le Un et Wniversel^ '*Ev xal wàv, Einheit und Allheit^ comme disent les Allemands. Il est non-seulement l'Être des êtres, l'Être primordial, étant de lui, par lui et pour lui-même, principe de toute existence et de toute réalité, sans lequel rien n*est ni ne peut même être conçu; mais
encore l'Être unique, hors et en face duquel n'est aucun être, nulle existence, nulle réalité en soi ; de telle sorte que l'homme, le monde et l'univers ne sont rien en eux-mêmes, ne sont que la Divinité dans sa manifestation infinie; car Dieu seul est et existe^ lui seul est tout.
Dieu est le Un et le Tout : *^v xoù ffâv. Cette idée de l'unité dans l'universalité, de la totalité dans l'identité, se retrouve sous une forme double dans toutes les doctrines panthéistes. Suivant les unes le rapport de Dieu à l'univers est un rapport àHmmanence : un est tout; suivant les autres, c'est un rapport à^émanation : tout est un.
Dans le premier cas non-seulement toutes choses ont leur origine en Dieu, mais l'être et la vie de toutes choses sont permanents en Dieu, ou Dieu est permanent, immanent e^neWes. L'Être est, il a été, il sera ; il est infini et ne pose rien de fini hors de lui ; il est étemel et ne crée rien de temporaire :
point de passage de l'absolu au contingent ; point de sortie du créé hors de l'incréé. Dieu est un tout clos et parfait, qui identifie tous les êtres dans la totalité et l'unité absolue, aujourd'hui et toujours^ d'une manière immuable et étemelle. Sans Dieu il n'est pas de m^ynde, sans monde point de Dieu.
Dieu et le monde, l'univers et Dieu sont un et identiques, absolument et de toute étemité ; toutes choses sont, existent, vivent et sont unies en Dieu^ comme en leur substance, et n'obtiennenl jamais d'être, de vie et d'existence
PAINTHÉISME
véritable et substantielle, en elles et pour elles ; car Un est tout.
Dans le second cas Dieu n*est pas un tout clos eu lui-même, l'uBivers dan»
sa totalité ; il est l'Être priœerdiaU se propageant par des générations successives qui émanent perpétuellement de lui et qu'il embrasse dans son unité : tout est un. L'Absolu est sorti de luimême, rinfiai a posé le foi distinct de lui* le 9«w «et progreoiivwneiit sorti et fM>Ft «DAlîniieUeme^t du iv, taodis que»
dans te eystème de rioasiaiieiiqei le iv ae peut être eonçu sans le imcv.
Dans la théorie àt riaiunsiaeiiee il 9'f a qw l'éaerpd, l'«hBoltt, l'iafini, le tio, sans création, sans temps, sans histoire, «ans existence individuelle : c'est le pantbéigme striet et ligouveux^ le momdsine,
DnB la théorie de Témanation TÉtanel ee développe dans le terapa, l'Afasoiu «e fiianifesbB en des existences miriiiples et eomtiiigeBte(i« riafiai pose des êtres finis, rUnivers se fait et se parfait tous les. jonvs, par le développe^ ment pingressif de l'Absolu, dont la vi^ se léalise jusfue dans les depmlèses mokeules de la matière, pwir se relever -àe cette réalisation grossière par une «piritnalisatioD perpétueHe et se ré-r «oudi« de nouveau en son principe^ C'est le panllhéitiQe dualité, ici il y a oa Dieu hors du monde et ua mond^ hors de Dieu.
€e dualisme néanmoins n'est qiaî'sif^ pareat; au fond il y a idéalité 4e Dieiii et 4u mande.
fin effet. Dieu, saivant le eystèvie de l'émanation, est le principe des choses qu41 pose par la nécessité de sa pâture.
Or» dit Kant, l'Être abaoluBMat nécessaire ne peut, par la nécessité de sa aature, rien manifester hors de lui qui ne soit aussi absolument nécessaire, aéeessaireeomsie il est nécessaire, Dieu oomme il est Dieu, qui ne sak nœi hors de lui, mais en luî, mais lui-même.
Ainsi Dieu, par son évolution, se fai-
sant monde^ Dieu posant l'univers en se posant, lui, hors de lui, en manifestant ce qui est caché en lui, reste le principe imai^Pint du monde, qui n^est que Vobjeoltvistition^ la manifestation de l'être, de la vie et de l'action de I>ieu, que le Dieu révélant le Dieu caché y le Dieu explicite du Dieu implicite.
Dès lors, dans le second système comme dans le premier, il n> a pmnt de monde sans Dieu et point de Dieu sans mood^; il «'y a qu'un i^uê ét^ divis. Seulement le piemier ar'admet ni fiueeessîon, ni pvogressioa, aï maailestatioa périodique ; tout ê^ actnellement un et parfait, Le second au contraire pose une sortie processive de l'être qui, arrivé à aep plus haut terme ^ développement, épuisé en quelque sorte par sa progressif, parvient à son complément, à sa perfection, qui n'était que lîftuelle dans l^re non manifesté.
liais, de quelque manière que le paathélste envisage le raifort de Dieu et de funivers, quHl le oonsîdère comme un riipport d'immaaeaoe ou d'émanation, que l'univers soit Dieu ou que Dieu sort dans l'univers, que le mpnde soit coéternel avec Dieu ou que Dieu se pose étemeilenaeiri: dans )e monde, qu'on DMtâôaUse Dieii ou qu'on divinise la matière, que va tml tout ou que tout soit ua, le principe de Videntité absolue demeure au &md et les eoBoéqueiioes<s<mt néoessaivement les mêmes.
Parmi ces conséquraioes «1 en est une surtout qui caractérise parfaitement la doctrine dont elie découle : c'est que, si Dieu est k ^principe nécessaire et non libre du BMmde, ii n'y a plus qu'une loi qui négit tout l'imivers, f homme comme les mondes : c'est la loi aveugle de la fatalité.
L'homme est posé fiatalement par Dieu ; son dévedoppemenC propre est fatal comme son ongîne, son progrès nécessaire comme sa naissanee^ eon terme prédéterminé comme son point
PAHTHI^SME
éû départ; loat ee qui est est parce ^e eela àek être et eomme «ela deit être \ tout est bî«i, car tout est divin, néceseaire, étemel. Plus de mal, plus de eheix néeessaive, plue de liberté eour eevfifole, plus de responsabilité possible, plus d^ dignité, plus de moralité, plus de soeiété bumaine. Si Dieu est tout, tout est Bieu \ si Je suis, je suis Dieu de Dieu, Dieu avee Dieu; et ainsi je puis agir epoime bon me semble^ ou plutét je suis forcé d'agir eonuioie j'agis, par eette nécessité de nature qui fait que Dieu se manifeste en moi et par Hioi sous telles ou telles formes, tels ou tels modes d'action et d'existence.
Dès lors panthéisme et fatalisme sont identiques. Nul panthéiste &'a pu échaj^ pev à eette rigoureuse conséquence, qui seule juge et flétrit la doctrine qui l'engendre (1).
Et comme toute doctrine se juge par ses fruits, tout système métaphysique par ses conséquences morales, c'est ici surtout que ressort la supériorité de la doctrine réyélée sur les théories élaborées par l'esprit humafn.
Gelle<-là pose l'Être des êtres, Dieu, non comme une force aveu^e et fatale qui agit sans liberté, procrée sans eonseienee, produit sans intelligence, sans dessein, sans but, mais comme l'Être souverainement intelligent et libre, dont la volonté a déterminé le plan du monde et librement eréé, par sa parole, en substance distincte de lui, le ciel et la terre. Elle dit que Dieu crée librement parce qu'il veut, et non qu'il procrée fatalement parce qu'il faut; elle dit que le monde est une création libre, produelvSj et non une émanation nécessaire de Dieu, edtt^ dus; elle dit que e*est l'amour infiol d'un Dieu libre qui a créé l'homme, le monde et ce quMl renferme, et non
(1) Tcim^iBaBPtTÂetlamaDo, Schlégel, Jmcbe ont très-bien reconnu U rigueur de ce(te conséquenoe. f^otr Jœscbe, 1. 1, p. 52.
l'aveugle féeen^lité de Paèseiu 911 fi po6él«s eEislMMes de IHraiv^s; que l'I^oflMne, image et ressemblane^Me son Auteur, est litoe à rinstar dé son prinr oipe, libre de lui donner son autour ou de le lui relu$er, libre d'afieepter la lur mière et la vie o|i de les rejeter, libre de demeurer uni à Dieu au de s'en séparer. Et c'est cette liberté, don ainsi précieux que celui de la vie, gui «et ifi def do tous le^ mystères, le neeud de tous les problèmes, qui seule explique l'homme, sa nature, sa loi, sa en; et comme, hors de la doctrii^e de la eréa^ tion volontaire, que Moïse seul enseigne dans son admirable Genèse, la liberté n'est pas possible, n'est pas csoncevable, ai dehors des livres sacrés nous ne trouvons que le fatalisme, conséquence nécessaire du panthéisme de toutes les doctrines humaines.
Si l'humanité, instruite dès l'origine par la parole même de la vérité, était restée en rapport avec cette parole, janiais la science, dont elle est le principe^ ne se serait altérée , et l'humanité, en se développant, aurait fait de continuels progrès dans la connaissance du Dieu de l'homme et de l'univers.
Mais l'orgueilleuse infidélité de rhom<me, cause de ses misères, Qit aussi cause de son ignorance, et, ai se détournant de la source du bien et de la vie, il se détourna en même temps du f<^er de la lumière et de la vérité. Un seul peuple conserva intacte et pure la doctrine sacrée transmise par ses pères, confirmée et foée dans les écrits de son législateur inspiré. Chez ce peuple, ridée du Dieu un, créateur du ciel et de la terre, fut , non pas scientifiquement comprise (et elle ne pouvait Têtre encore), mais dogmatiquement enseignée et religieusement conservée, fit quand, par le penchant inné à Thomme de comprendre par sa raison et de concevoir dans les formes de son imagination ce qui dépasse l'une et l'autre, le
PAiriHÉISMË
peuple hébreu était près de tomber dans l'erreur, des révélations nouvelles lui rappelaient l'idée divine. A Morija, au puits de Jacob, au Sinaî, au mont Horeb, dans le sanctuaire de Sîon, par la bouche des Prophètes, la parole de Dieu se fit entendre, jusqu'au jour où Dieu lui-même, s'unissant à l'homme, apprit à l'homme ce qu'il ne peut apprendre que de Dieu.
Cette parole sacrée, qui, par les patriarcheSy pères de toutes les nations, leur fut transmise comme un héritage céleste et le plus précieux patrimoine, s'altéra promptement par cela même que ces peuples, par leurs mœurs et leur vie, par leurs établissements et leurs conquêtes, se séparèrent et de la source de la vérité et de la souche patriarcale, dépositaire de cette vérité divine. Cependant les hommes ne purent oublier Dieu; car l'idée de Dieu est aussi nécessaire au développement intellectuel et moral de l'homme que l'air est nécessaire à son existence physique ; mais ils oublièrent la voie qui mène à Dieu, et, au lieu de recevoir avec simplicité et confiance la parole éternelle, et d'en chercher la science par un rapport vivant et un commerce pratiqua avec son foyer, ils se mirent à commenter, à interpréter, à exploiter la parole anciennement reçue, tout en en méconnaissant l'auteur. L'orgueil fut substitué à la foi, la spéculation humaine à la doctrine révélée, la multiplicité des systèmes philosophiques à Tunité de la science sacrée. Or, lorsque les hommes se mirent à spéculer sur ridée de Dieu pour la comprendre et la développer, les résultats de leurs spéculations furent différents suivant les instruments divers qu'ils employèrent pour exploiter l'idée divine, et il y eut autant de théories sur Dieu et l'univers qu'il y a dans l'homme de facultés par lesquelles il peut se mettre en rapport avec un objet pour le comprendre.
De là les diverses formes sous lesquelles le panthéisme se présente dans l'histoire de la philosophie. Comme il y a dans l'homme cinq voies principales de connaissances, dépendant de la direction que prend son regard spirituel ; comme il peut observer par les «sens ou se représenter par l'imagination, méditer par la raison ou contempler par l'intelligence, ou enfin sentir profondément par l'âme, il y a eu cinq formes principales dont le panthéisme s'est revêtu dans tous les temps, se manifestant plus spécialement sous Tune ou l'autre suivant les époques et les nations; de là :
1° Le panthéisme physique ou matérialiste, comme l'hylozoïsme des Ioniens, des Épicuriens, des Shivaïstes ;
2° Le panthéisme Imaginatifs syni^ bolique^ poétique, comme celui des doctrines les plus superficielles de l'Orient et des mythologies de l'antiquité ;
3° Le panthéisme rationnel , logique, tel que celui des Éléates, des Péripatéticiens, des Stoïciens en Grèce, le Sankhya de l'Inde, le Spinosisme ;
4*^ Le panthéisme intellectuel^ idéaliste, tel que celui des Brahmanes, de la Cabale , du Platonisme , du Gnosticisme 9 de l'idéalisme moderne;
6° Enfin le panthéisme mystique^ tel que celui de Bouddha, des soffîs de Perse, des faux mystiques du moyen âge, des théosophes, des illuminés allemands.
Si l'homme , désireux de la science de Dieu, sent et vit surtout dans son âme et par elle, alors, rentrant au fond de lui-même, se recueillant puissamment pour saisir dans sa plus profonde subjectivité l'être qu'il cherche, il s'isole de ce qui l'entoure, se sépare du monde extérieur qu le distrait, de la société qui le trouble; il renonce aux voluptés et aux illusions des sens^ aux joies et aux fantômes de l'imagination.
à la gloire et à la vanité de la science, et s'efforce de vivre dans le sentiment pur et simple de la vie dont il veut saisir le principe et la nature.
Ainsi concentré en lui-même, se sentant lui en lui-même, fort, puissant, libre, immortel ; se sentant dans toute l'énergie de son moi et confondant l'action de TÊtre objectif, qui l'a posé et le soutient, avec la réaction de son être propre, qui y correspond, il déclare que l'univers, le monde, les existences multiples ne sont que des illusions et des apparences, que Dieu seul est, c'est-à-dire l'Être un, pur et absolu, c'est-à-dire lui se sentant être, l'homme s'unissant à Dieu, étant en Dieu, identique avec Dieu, étant Dieu. Ici le moi humain est divinisé; c'est le panthéisme à son plus haut degré, c'est l'identité absolue des Indiens, c'est l'égoîsme transcendàntal des modernes.
Si, vivant plus par l'intelligence que par le sentiment, par la vue que par le goût, l'homme cherche Dieu par les spéculations de l'esprit plus que par les expériences de l'âme , alors, la sphère de l'intelligence étant une sphère de lumière et de vérité, un monde d'idées, Dieu apparaît à l'homme comme l'archétype de toutes les idées, comme l'intelligence suprême, la vérité absolue^ la lumière primordiale et universelle, qui, en se manifestant dans sa splendeur et sa magnificence, pose les existences de l'univers comme autant de rayons de sa gloire, autant d'étincelles divines émanées de son foyer ra-.
dieux , comme l'auréole éclatante de l'étemelle lumière. L'esprit de l'homme est le rayon primordial, le premier-né de la lumière, lumière pure de la plus pure lumière, coéternel et consubstantiel avec le foyer dont il irradie perpétuellement sans en être jamais séparé...
Et Yintelligence humaine est divinisée; c*est le panthéisme au second degrés comme il apparaît dans la Tri-
murti des Védas, la Tétrade universelle de Pythagore, l'Adam-Gadmon de la Cabale, etc.
Si l'homme est posé surtout dans sa raison , comme le travail de la raison consiste soit à élaborer les matériaux fournis par le monde sensible, soit à développer les idées nées du monde intelligible pour en formuler des notions logiques, des signes abstraits, et que la raison ne saisit ni la vérité intellectuelle ni la réalité sensible, l'idée de Dieu devient pour elle une notion générale et abstraite, la notion de principe^ de cause, de substance, d'être ; et puisque toutes choses supposent leur cause, toutes supposent Dieu, qui n'existe que pour et dans la raison, capable de concevoir la possibilité de cette cause et de s'élever à cette notion générale par l'abstraction de tous les phénomènes, de tous les accidents, de toutes les modifications. C'est donc l'homme qui fait Dieu par sa pensée, qui extrait Dieu de toutes les existences par la force de son esprit, qui en formule la notion et en invente le nom ; c'est la raison qui est le Dieu du monde... La raison humaine est divinisée ; troisième degré du panthéisme ; c'est le Dieu-pensée de Parménide, le Dieù-raison du Portique, la première catégorie d'Aristote, la Raison absolue ou humanitaire des modernes.
L'homme d'imagination se complaît dans les fantômes et les images, dans les mythes et les symboles/ dans les allégories et les fables qui reproduisent sous mille couleurs brillantes les réalités du monde. L'imagination ne cherche et n'aime, ne saisit et ne comprend que la beauté et l'harmonie. Dès lors l'idée de Dieu apparaît à l'homme comme l'idéal de la beauté, objet de son amour et de ses recherches. Dieu est partout où le beau se montre, partout où se rencontrent la grâce des formes, l'harmonie des contours, des nombres et
PAHTHÉIfllIffi
dés pf(fpm\<nm ; (ont est divin, et la iMtim dMi Été bfihants phénotnèftes/ et l'art dans ses étonnantes iflerveilles, 01 1« pôëfê dmfs son enthousiasme, et suftout eêtt« fille des dieux^ cette eél0ste fùntuMè qui fait le po»ete et rar-*tiste ^ qui eUbellît ta natoté , itisette sanâ elle, qui vttifle J^ toile et )a plefre«;. VitnaginaHon est dMnée aveé ses produits, et alors naissent le panthéisme itiytholdgique , TOlympe et ses dieux^ Wisdhneu et ses deras et de^anis^ el les fées du moyen flge, et les sylphes, el les salauiaiidreâ, et les fai^f^dets.
Pour rbomme grossiei'^ pour i'bomme de la matière^ qui ne sent, ne toit et ne comprend que ce qui frappe ses sens, ce qui le touche dans ses ot* gands, ce qui Fébranle dans son corp^, son Dietty s'il en reconnaît utiy c'est la force. Dieu se révèle par les éléittetits de la natttre, pst les forces physiques, pat Ids puissattces de la Tie élémentaire; et totrf ^ totlt le feu , l'air , l'eau, la terre devleïment lé Dieu de Funivers, lé producteur dé toutes choses. Alors £lt)para}sséiit le polythéisme grossier, le sfaivaRsrne, lé fétichiswé de Flude et de l'Egypte, là théogo/iie mécanique d'Hésiode, l'hylWOlsfhe de la Gtèce, les dtdlîïè* d'Épicilre, lé matériérlisaie de tous lés ttiopu.
II. On serait porté k éfolre, d'après tes données vulgaires et les opinions gêné*" l'àleTnëilf reçues, qtté là doctrïne panthéiste qui Voit h'ievl dans lés éléments dé là hitxtte est têt plus aucieûhe des doctrines thétâphysiques, ef que le poly théisiiiè gf dssiér, ridofâtrïe inatérîetlé s'est spiritusdfsée par deâ épurations successîtes pour prendre un caractère plus rationnel et plus philosoiilhiqtie. Il n'en est point ainsi ; cat, si û'itti étié notls trouvons, â Torigîtie des soélété^ humaines, la ddctrlde la ptuâ ptfre éiif îiieti dans le sein de la nation choisie, dépé^itàfré des révélations divines , de rautte éOté, dans iéô grandes sociétés
qiH se soBt détâdées de la famille prlmîtiye et aueceeaif emeni ooBstiUiées en Orient, ches les Indou^ lès Perses, les Chinois, les Égyptiens, noua tretiTOfss les théories les plu» haute» et les plus spiritoalistes, le panthéisme le plus pro* fond et le plu» idéaliste qdt ait jamms été coD^u par les hommes. !&i rapport encore sictiiel^ poiv itinsi dite, dans leur origine, avec la famille normale ddnt elles étaient reçu le» hautes traditioirs, c'est sur ces traditions que les grandes monarchies orientales fonderait ienrs systèmes reli^eux. C'est ce fond traditionnel que le» doetrniei de l'antique Orient développèrrafi aTce En luxe pro-' digieux de connaissanees^ une grande profoAdeHr de vues et une merveilleuse richesse de poésie. Ce ne fut fue plus tard^ et à mesure que les traditîoBs pri* nritlve» s'effaèèrent^ que leë doctrioes devinrent phis grossière» et que le polythéisme vulgaire s'établit et se propagea.
Le shivaîsme ne fut que la matérialisa:
tion du brahttianisme^ et le bouddhisfno fut une réaction spiritoàilisie contre cette dégradation de là religion deo aiH cétres. Les prêtres égyptiens éolisérvèrent longtemps dans leurs sanctuaires la clef des mystères dont ils ne livraieiit au peuple que la figure et l'hiéroglyphe, et la gros^ère idolâtrie des habitants du Nil fut de longtemps postérieure aux savantes spéculations des initiés de Tbèbes et de Metnirtiis.
Cinq doctrines principales ou pltttôt cinq seétes religieui^s divisent, dans leur croyance y les peuples nombrétix qui habitent la presqu'île de llnde,* et chacune d'elles présente un système complet de pitnthéisme, avec des fermés diverses, dépeudi^t du point de vue spirituel ou grossier dont elleà partent : pifOfoiid et m(ystiqne dans le bùnd^ dklsMë, ititénigent et scientifique dans lé bfahmaHiême, tatiéflnel et logique dans la pflildÉdphié du Sankhpaj Ifria^ ginàtif et mythologique dans le wisêk'
nouïsmt^^ tnatérisliste^ polythéiste, enfin , dans le shivatsmeé
1 . Dieui dit Bouddha^ est le premier et le dernier principe, Talphâ et Toméga de runivers (1}<
Brahma se manifeste en se posant dans la maltiplieité des créatures ; il se révèle dans le monde, qui est sa forme, par fia puissance formatrice, qui est Maya. Il est et demeure immuable dans les fbrmes gui le manifestent, un et le même en tout, en même temps que visible partout, comme l'or fa* çonné de mille manières est toujours or^ oemme le fil est toujours fil dans les tissus qu'il compose. Ainsi Brahma, dans les créatures, s'enlace, s'enveloppe, se tisse, se formule en mille manières d'être, sans cesser d'être lui. Les formes passéut et lui reste; les corps appa-^ raissent et disparaissent, lui seul demeure ; les créatures sont soumises à une pelpétuelle vicissitude de naissance et de mortj lui est étemel et inimuabie, sans origine et sans terme ; hors de lui H n'y a donc qu'apparence, contin* gence, illusion.
i/homme qui contemple ce monde de formes et leur existence apparente ne voit que néant et mensonge, demeure dans la vanité, reste vanité lui-même; mais l'homme peut s'élever au-dessus des phénotnènes, att-dessus de Tinstioet de la brute, des doutes de la raison, des vues de l'intelligence; il peut, en s'isolant,en se séparant de ce qui passe et change { eu rentrant au fond de lui^ même, s'unir à l'être pur, s'unir à Brahma (S).
(ly Jœèclie, p. as, t. II. D' von Bohled, Dot alte Indiehi KœDigsberg, 1830, t. I, p. 506.
Fr. Schlégel, Ueher die Sprache Und fFeiêheit der Indier,
(2) €1 Exuere eum oporteC sorditiem et squalorem forte ei adbœrentem, dubitaUones pravas sponte subnasceiites , atqae instinctam e bruta nostra natdra prodeoiiteio. HU remotis iropedimeDti5. id, quod summum est, perficlas : (WBelfs ttoHersim eogllatioiies abjice atqae expelle. Tarn, mibi credt* dignaberii appalsn dl-
Arrivé à ce haut point de contemplation de rÊtre, hors duquel rien n'est en soi, le sage, que n'atteignent plus les variations de ce monde, ne s'attache plus à rien, comme il ne se sépare de rien ; il n'a plus ni crainte, ni joie, ni désir, lii activité^ ni volonté, ni pensée ; il n'y a plus pour lui m jour ni nuit, ni moi ni toi, ni cdn&u ni connaissant; tout s'évanouit... il n'est plus rien qu'Atma... Brahma est tout.
Alors, sachant et voulant Dieu seul, sachant] qu'il n'y a rien hors Dieu, libéré de la multiplicité, séparé du mon^ de, affranchi des illusions de Maya, il est un avec cet Un éternel^ il est identifié avec l'objet de ses rechereheSj un aVee l'objet de sa science , il se connaît lui-même dans son ipséité*
Arriver à cette union, à cette wii'flcationf c'est la science du vrai et de l'être, c'est le but de la vie, le terme que doit atteindre le sage. Les sages, ce sont les unitaristes, les kianij qui n'ont plus à s'élever vers Brahma, car Us sont eux-mêmes Brahma (1).
Brahtnaseul étant véritablement, et hors de lui tout n'étant qu'illusion^ il n'y a point de dualité ; car comment la dualité pourrait-elle exister avec lunité? Il n'y à point de mal dans le monde, car le mal n'est qu'une appa-
viDO. et omne tolletar cogniium inter ei cognoicentem discrimen.n Tbolack, Si{fismits, p. l4i h 102 sq.
(1) (cNoscat, cujii8 animas dabltationibas excruciatur, essentiam non esse nisi anicam; nam Deas solus, qui occultas occultans simal atque prxsens est, ille soluâ égoitate digùufir, cttjns ad latvs duàUtae nulla; neo ego, nec tu, nec nos existit; siquidem, quum in unitate distinctio nulla prœbeatur, ego, nos, tu et ille idem sunt.
f( Propter unitatem scio me etiam materiam esse universœ rerum naturœ, s'écrie un suti ; in aperio est me esse amici (Dei) unilionem; inspicit ipsitas mea semetipsam. Qui ex intimis animi preces fundit slbi oranii annuit ipse; annuit autem, imo vero ne oratquidem tpse, sed Deus est qui, preces cum fundit, tuin accipit. » Tbolack, SM/UmtUt p. iui à 102 sq.
rencei comme toutes les formes du monde ; il n'y a pas de mal dans les actions humaines, car elles ne sont que des modifications de l'acte un de l'Être un. Pour le sage Dieu est le- bien et le mal, il embrasse les contraires dans son unité; c'est Dieu qui agit en tout et partout, et, si Satan existe, son existence est divine ; si le diable agit, c'est Dieu qui se fait démon dans l'acte du diable ; car il n'y a que le Un, et la dualité est impossible... Ille êolus egoitate dignus cujtis ad latus dualitas nul' la. Apvd sapientes malum et bonum Deus fit. In malo autem Deus actio fit diaboli (1).
Monisme strict et rigoureux, immanence, fatalisme nécessaire, telle est la doctrine de Bouddha. Brahma seul est; l'univers n'est qu'une illusion. Mais rhomme est, car il se sent être quand il s'abstrait de tout ce qui n'est pas son être; donc, puisque l'être seul est, rhomme est cet être, l'homme est Atma, Brahma, Dieu! Et puisque lui seul est et que toutes choses procèdent de lui et ne sont que des fantômes de - son imagination, des fruits de sa pensée, des rêves de son esprit; puisque le monde n'est que la sphère illusoire quMl crée autour de lui en se jouant dans son entendement, comme le cercle que produit un point lumineux qu'on fait tourner rapidement • sur luimême, toutes choses sont indifférentes ; il n'y a ni bien ni mal, ni liberté ni moralité, ni vertu ni vice, ni action ni pensée, ni arrêt ni progrès pour le sage. L'indifférence absolue, l'absolue
(1) « Nuila acUo e nobis venit ; quid igitur malum, quid bonum ? Deus est bonum et malum, complectitur contraria omnia. Apud sa^ pientes, qui unitatem suam eu m Deo cognoverunt, malum et bonum Deus lit Peccatum hominis, quod Satanas est, ipsum est Âtma el divina existentia. Vide Deum in veste Dei et agnosceDeum! In malo autem Deus actio fit diaboli. » Oupnek'hat, voy. Jœsche, t. II, p. 33S à 837.
quiétude, l'immutabilité, l'être sans vicissitudes ni changement, tel est le terme de la science et de la vie, l'apogée de la félicité; et de là les pratiques ridicules et monstrueuses des Brahmanes, qui ne sont que des conséquences rigoureuses et logiques de l'idée fondamentale de leur doctrine.
2. Les Védas avaient dit avant Bouddha (1) : Brahma (celui qui est par luimême), l'âme primordiale, l'ineffable, n'est ni grand ni petit, ni large ni long; il est sans couleur, sans ombre, sans ténèbres, sans odeur, sans goût, sans jeunesse, sans vieillesse, sans commencement, sans fin, sans limites, sans bornes. Avant lui il n'y avait personne, après lui il ne vient personne. Il est pur, il vit en un éternel repos, en une joie étemelle, stable au milieu de ce qui passe, libre dans sa grandeur.
Cause première, éternelle, présente partout par son être, il est VEsprit suprême j l'intelligence absolue (2).
Invisible, il voit tout, entend, comprend tout, et lui seul voit, entend et comprend ; car il est la vue de la vue et par cela même il échappe à tout œil; l'ouïe de toute ouïe et ne peut être entendu par l'oreille ; la pensée de la pensée et ne peut être perçu par la pensée; car il n'est pas de science qui puisse savoir la science de la science ellemême.
Cependant l'homme doit, par une contemplation profonde, s*élever à la science de Brahma, et c'est par cette contemplatio;i qu'il comprend que Brahma est l'intelligence ; car c'est par l'intelligence que les êtres sont produits, qu'ils vivent et agissent, et c'est dans l'intelligence qu'ils sont de nouveau absorbés. Or voici comment l'in-
(1) Jadschur-Véda : Feda, science^ révélation; JadschuTy sacrifice. Voir Jœsche, t. II, p. 21 et suiv.
(2) Dans les Livres de Menu sur Brahma.
Foir Jsesche, t H, p. 21.
telligence suprême, Brahma, la lumière réelle « a posé les existences qui sont émanées de son foyer étemel.
Avant la création était FÊtre primordial seul. Alors il n*y avait ni réalité, ni non-réalité, ni monde, ni espace, ni mort, ni immortalité, ni jour, ni nuit.
Hors lui^ rien n'était.
Mais il pensa : « Je veux produire des mondes, » et il produisit les mondes divers; et tout ce qui vit, se meut, rampe, vole ou demeure immobile, fut posé par rintelligence ; toute chose est Fœil de l'intelligence.
Cette intelligence étemelle s*est manifestée par Maya, sa puissance formatrice, qui a été avant toutes choses et qui, par son union avec Brahma, rend la lumière visible sous la triple forme de Brahma le créateur, de Wischmm le conservateur et de Mahaveda le destructeur. De cette triple divinité, de cette Trimurti éternelle émanent toutes choses. Cest à l'action alternative et harmonique ou au tempérament de ce ternaire de puissances divines que le monde doit son existence et sa persis- « tance, et elle lui devra, après l'anéantissement du vieux monde, sa renaissance et sa rénovation; car tout va mourant et renaissant sans cesse^ vieillissant et rajeunissant toujours. Le premier des produits visibles et réels qui en est émané est V Haranguerbehah, source des émanations postérieures, Maieria prima des éléments purs et simples, âme du monde, principe de tout ce qui est idée ou intellectuel dans l'univers {Maha Atma\,
La seconde manifestation est Pradschapat^ le désir de la forme individuelle par Tagrégation des éléments plus grosçsiers. En elle est parfait le grand œuf du monde, Brahmanda, l'univers, et de cet œuf sortirent le ciel et la terre ; la boule qui appamt dans cet œuf est le soleil, dont la chaleur produisit les pierres^ les plantes et
les animaux de toutes les espèces et sous toutes les formes. Avec le soleil appamt le temps, Kal^ étemel en Brahma, mais déterminé, limité par le soleil. Quant au développement successif des éléments eux-mêmes dont Pradschapat est la forme, le contenant général, ce fut d'abord l'éther ou l'espace (Buth Akasch) qui sortit de Pradschapat ; de l'éther, le vent ou l'air, de l'air le feu, du feu l'eau, de l'eau la terre, de la terre les plantes, et en elles les aliments, et des aliments l'homme et les animaux (1).
De même que l'araignée (2) produit sa toile, le tout se produit hors dû sein de Brahma, l'immuable nature , qui contient et embrasse toutes les créatures, comme l'Océan contient toutes les eaux, comme l'œil toutes les images, l'oreille tous les sons, le cœur tous les sentiments, la parole toute science. En un mot le monde entier est Brahma, est sorti de Brahma, et sera en définitive absorbé par Brahma. Le monde est la forme de Brahma et Brahma est l'âme du monde. Brahma est celui qui est par lui-même ; les mondes infinis sont tous un avec lui et nesont que par sa volonté étemelle, inhérente à toutes choses.
Son être est lumière réelle, son œil est le soleil, son corps le monde; sa moelle coule dans la mer, son mouvement se manifeste dans le vent; la demeure et le lieu de son repos est l'essence, l'âme de tout être (3).
C'est donc par une dégradation successive et fatale que l'Être pur, se manifestant dans les créatures, est tombé jusqu'au dernier état de concentration et d'obscurcissement dans la plante et
(1) Schlegêl, p. 282.
(2) ACharvana'Fédcu Foir Jœsche, t. II, p. 25. F. Schlegêl, p. Vlk et 275.
(8) Ausser mir giebt es ein andres hœherM nirgends mebr, o Freund!
Aller Lebendigen Sume bin icb, wisse» von Ewigkeit.
I (Scblegel, p. 808.)
PAKTHiittlE
la pierre. C'est de là qv'il cherche dei nouveau à se dégager. C'est de l'enveloppe individuelle qu'il a prise, par sa complaisanee pour Maya sa bien-aiméei qu'il s'efToree de se délivrer pour rentrer dans sa forme pure et absolue, d*oà, par l'étemelle vieissitude à laquelle il est soumis^ il sortira de nouveau^' pour retomber dans les formes restre'mtes et impures dont il doit triompher encore par son énergie victorieuse (l).
Comme Brahma est devenu Maha* Atmai ftme du monde, et comme l'âme du monde se manifeste dans l'âme humaine^ ainsi l'homme peut ou s'élever ou se dégrader, rentrer dans la pureté de son origine en Brahma (2)^ ou s'abaisser jusqu'aux formes les plus grossières du règne végétal et minéral, d'où, à son tour, il sortira triomphant et purifié. Mais, qu'il tombe ou s'élève, qu'il se spiritualise ou se matérialise^ son apothéose et sa chute sont les résultats de la loi rigoureuse du fatum qui l'a prédestiné^ pour un temps, à telle ou telle vicissitude^ à telle ou telle phase d'existence, à la vertu héroïque qui lui fait mépriser les jouissances terrestres pour conquérir la vie du ciel^ ou aux passions avilissantes du corps qui le ravalent au niveau de la brute (S)t
Dualisme apparent^ émanation^ £at2H
(1) Êleich wie ein ilann Kleider, die ait geworden» ab- Inrtt und legi nidèré/ die iiéd »ïûé, Ond it } 8o laMSt auch diêM Wesen den L«ib^ de* altea^ al« Bobald eiogehend in andre neue.
(Sdrleget, p. Hé.) (t) W«r inmer inarén Glfieka sich firevl^ nnd wer immer erleuchtet ist, Dér geiit als Frommer GtiUrtïïai Mgder î GottM Weten ein.
(Schlegel, Î97.)
(8) Fr. Schlegel, p. 2éO, été. Menou dtt :
Vmijvie1ge«ta1Hg«tt iktAtl nttUèidét, iferftr thaten
Lohn, Endes bewasst, sind dièse ail', mit Freud'und Leid-
gefûhl begabt.
Die«em Ziél naeli huir itêàétin tfe, ant' 6ott kerm-
inend, bit ior Fflanf berabr, te de» Seyn» lebreckScfaer WeM ki«r» dte ilet»bin
BU m Yerderben sinll»
El dsfiff 110 adtrcf éDdrsft ?
Welcher Thstigkeit jeden nun bat ékfr Schœpfer
lisme comme conBéquenee Vbéemamn^ tel est le système des Védas.
Brahma s'est manifesté en Maya; l'intelligenoe suprême a rayonné^ et toutes les existences sont l'œil de cette ioteliigenee, les étincelles de ce fojrer. Posées par lui, elles sont réabserbées par lui.
Il s'ouvre, s'épand et exhcUe les créatures; pois il se referme^ se coneeutre et inhale ce qu*il a posé. La production et la destruction^ l'exposition et la réabsorption des existences par Brahma sont le double et perpétuel aete de sa vie, la pulsation de ce grand coeu^ de l'univers qui se contracte et se iMIate étemellementi Le dualisme n'est dene qu'apparent; comme dans tous les systômes d'éma6ation; car^ Si le monde est la forme de Brahma, et Brahma Tâme du naoïide^ les deux ne sont qu'un en essence et en vérité, et, qu(»qiie l'individualité humdirie semble admise par moment^ parle fait elle se trouve anéantie bientôt apits^ puisque le rayon émané du centre n'est plus^ dès que le centre cesse de l'émettre, puisque le regard s'évanouit quand l'œil se fennec et que l'homme n'est qu'ulie étincelle »
du foyer universel, on regard de l'eeil immense qui se ferme et s'ouvre aiternativement pour faire et défaire^ produire et détruire. Avee l'individualité dispatatssesitla liberté^ la moralité, la dignité humaines > l'homme ^ comme la pierre^ comme la brute^ est ce qu'il doit être par la néeessité de sa ciéationy ainsi que Vexpcfsent énergiquemeitt ces vers de Menou :
HeU ond Unheil, Hsrt and MUde, Recht oder
Ùûrech, Waiir uod Fàlscti ; Vf as jedem e( bestimtnt êchafledd, Ûéà wird
|èdem von telbit tn Theil (i).
tfiéïer frachtét ron selbst erfacbi ùaket ^iè ofl
er enchaffen ^ird.
* Heil nnd Unbeil» Haert' und Milde, Beckt oder Ua-
recbt, Wâbr und Faisch ; ffM jedem eir bestiflamf icbaffaid , daf wird jeda»
▼eu selbst su Tbeil.
(i) GéfMMfi « 9tm (À fÊMf demi al
PAMTHfiH^E
B.T.éhm të h ^ifoëofyMe^ dit réeole rationaliste drt San^Kya (calctil, raisonnéineât), est là libération de Tes^ prît.
C'est pdi* Ja( sciétiee dû Morî que rhomme arrive à Ce fciéllsdtltefâîTi(i»/a^Aa).
Or il V a trois l'oies de scieùce : Tobservatum setisiblé, praiyakèa (ce qni est devant Uè yedx) , là téflexion, le raîsonnenietif ((iriiimdfia) et l'afAtmatîon, la tradition 6ti le tétttofgtiage sacré {sabda).
Par te triple fiïdyen ThOttime arrive à la doiiDâisS£(tice deSViiïgt-qbatre principes {tatttiàni^ lé détoôntrable)^ qiii découlent les tins des autres et ont tous leai* fdtidement dâtislës deux premiers , Savoir : la matière étemelle et iiicréée (pdkritii, racine des êtres, priticîpe passif et cofporel, qui restei'aîf éternellement en fepclà sans Fàctioû incessante dti éééona principe, qtri lui est inhérétit et Se mmme boudâhi, h raison universelle, pfidcipe actif etspitîtuel, qui dôtiiine et £oeut la màtiéfé, comme le coctiér cdiiduit les chetaux de son char, cotiimé lé pilote gouverné son vaisseau, cotiimé le paralytique de la fable dirige Taveugle qui le pôtté.
La raison commandé, là matière obéit; Tune est mère commune, TaU'tre père universel , et de leur union procède la conscience du Moi {ahankara\ qui, à son toiii*, par son acte générateur, produit tes principes ou molécules primitives des cmq éléments {fân 7ndtranz)j auxquels succèdent les cinq sens, puis les cinq ôrgafies des sens.
Alors apparaît le sens commun, Tentendement [manas)^ vers lequel convergent tous les sens, qui en reçoivent à leur tour la motion, comme rentendément est mû par la raison universelle.
Enfin les éléments primitifs se rësl-
dooceor, Justice oo injustice, vérité ou erreur; ce qu'il destine à chacun en le créant est fatalement le partage de eûAGûO. t Milti^l, p. 280.
lisent, se fofiîniiisélit déTtis léÉr étt(i êïé- Dolents Hartuféls (pittkdduthârii), dont le éëtùitt, Yélhet {dMsa), remplît totlf l'espa^ce.
Cxtttùtâtté ees (rrisfdpe^, é'éi^ se coâ' ndîtré stft-itiêMé, 6ù, iniéiix, s'étudiéf, se cdnntrftre soi-ttiâme^ C'est satdîf fè monde; la sdencé dei'dti est là scieneéf dé l'autre : Si muiidum totilfn vis noscerCf noste iè ipsum{i)i
4. I>ans l'écoléVedâiitsI, scrnie de là préeédetite, mais qui s'appuie davantage sur la tradlti<ji!, il est dit :
La ci'étftion d'est îfïtïtL aéte dé là toloâté de Brahma et utie fo^mé ébàngeaàte et vffriable dé sét substance; éômme le lait &e caille, fiaiïMe l'éâti se éoigèle, cotîiftie la vapetrt' se éondéti^é, aîitsi le mondé s'est forttiéde la coagil* Fàtioït de fâ i^ùbstâncé divine. Dieu ivtë toutes choses de sâ propre sabstaitée et produit le monde comme l'araignée sd toile. A là flfl des tettiï^s totit reÉfftétâ dans la Ditiaité, tout feéra réabsorbé par' elle, ainsi qtié le^ tégétanijt Sottis dé là terre, et ârppatus itiî instattt à Sa surface, feutrent dans sotl sein et sétretùsforment en ses éléiîiéïits.
De l'âme universelle, lumière répâïidue à travers le monde (yôiisch), soufSe vivant qtii ànîftié t(M (pfmd), éiîiaùe, cdtumé m& étinééiie d'tlil foyei", conlitié ûfi éclair dé la liué, I^âmé indftldtietté
(1) Das aUe Indien, von D' von Bohlen, p. 309 ef saiv., (. 11. C'est de décote du §an-kva qde «>rtt( recoin d&ate6fl(raéf {ntfâpfti, é&oÉ laquelle se trouve, avec une rlgoear et âne stfiitt' liké tout aristetéUeienneB (n'est-ee pas de là qu'Arislote lui-même tenait sa science?), la théorie des fonctions logiques et Téchafaudage du sytlcrgilsilie. Elle pose cinq lûtmhttB du syllogisme^ qui M létcaneDldaiis les inAaêenàeiSi par exemple »
Proposition* •.«••• La meatagae eontient
du feu.
Cauie / . Qif elle fuitfe.
Exemple {indijen^)t . Oâ II 1 1( de la Pméë,
il y a du feu.
Application {mineure). Or la montagne fume, CoHcHféoti. / • I « . . DMMialMiDtâgfteé»!!-
tient du teèt
{sarisa)^ éteruelle et incréée comme son principe. Emprisonnée momentanément dans un corps, elle exerce sou activité au moyen des organes : tel l'artiste manifeste son génie par son instrument ; mais, quels que soient les modes de son exercice, quelles que soient les alTections, les tendances, les passions de rame, celles-ci n*ont aucune influence sur rame universelle: ainsi le soleil u*est point troublé par les mouvements que sou image subit dans Teau qui le réfléchit. Par Fincorporation, une parcelle, une étincelle de Tâme universelle s'est isolée, et elle ne rentre dans son état normal et primitif que par sa réidentification avec le principe dont elle émane , et après avoir traversé diverses périodes de mutations ou de changements de formes. Au sortir de ce monde, Tâme de Thomme pervers, revêtue de la matière élémentaire la plus subtile, s'élève vers la lune, d'où elle retombe sous forme de pluie sur la terre pour y féconder les végétauxet en nourrir et développer les embryons vivants; l'flme du sage remonte vers le séjour de Brahma, pour s'y unir intimement à l'essence divine.
5. Enfin les doctrines idéalistes des Védas se sont complètement matérialisées dans les religions populaires du shivaisme et du wischnouïsme , qui sont les fruits naturels, dit Colebrook, des semences polythéistes renfermées dans la théogonie, les mythes et les symboles des Védas (1).
Les Puranas (commentaires), sources de ces religions^ out formulé les idées du brahmanisme sous les images les plus grossières. Les puissances du Un y sont personnifiées dans les trois grande^ divinités (dévas), qui ont autant de compagnes {devants), engendrant par leur union d'innombrables divinités mâles
(1) Da8 alte Indien, 1. 1, p. 148, 206; t. H» p. 102, 181.
et femelles. La nature matérielle y est divinisée, ainsi que ses forées éléme&- 1 taires : c^est le feu chez les Shivalsu», ' l'eau chez les Wischnouîtes , Tair cha t les partisans de Krishna ; chez d'autis c'est la nature humaine (ar'ctAanari.,] rhomme-femme, les deux principes a^ i tif et passif; chez d'autres, enfin, c'est la i force brutale de la reproduction, dans son organe visible, qui est d.evenu le dieu de l'homme, l'objet de son culte et de son amour (1). Et ce culte infâme, réalisant dans toutes ses conséquences matérielles les idées panthéistes des Védas et des Puranas, représente le triple caractère qu'on trouve dans tout culte démonolâtrique ou satanique, savoir : les sacrifices humains (2), la magie noire, et la prostitution de l'homme et de la femme dans le sanctuaire du temple. Ainsi les idées panthéistes se jugent toujours par les mêmes fruits.
Quelque sublimes qu'elles puissent être ou paraître dans leur origine, elles ont toujours les mêmes résultats pratiques; conséquences logiques et rigoureuses devant lesquelles nous verrons que les auteurs des doctrinies modernes n'ont pas plus reculé que leurs devanciers.
III.Si,parmi les peuples du vieil Orient qui se sont détachés de la société traditionnelle, on trouve nécessairement les principes panthéistes, il semblerait que le peuple hébreu lui-même devrait être exempt de cette erreur fatale ; mais il n'en est point ainsi, et voici pourquoi.
Autre chose est la foi au Dieu unique, autre chose la science de Dieu ; autre chose est l'admission simple du nom de l'Être trois fois saint et la vue claire de ce que renferme ce nom ineffable.
Or^ avant la révélation faite par Celui qui seul a pu apprendre à l'homme ce qu'est rÊtre .dans sa manifestation en lui et hors de lui, il n'y a pas eu de
(1) Dos alte Indien^ 1. 1, p. 208.
cience proprement dite de Dieu, point e vraie théologie. Les Juifs avaient la oi, et cette foi fut leur salut et leur ;1oire dans l'humanité ; mais, quand ils »nt prétendu s'élever par eux-mêmes à a science de Tobjetde leur foi, n'ayant )as de guide supérieur pour interpréter a parole divine, ils se sont égarés, iomine les philosophes de la gentilité, M de là les erreurs savantes de la Ca- >ale.
La Cabale est panthéiste , d'un panthéisme tout spiritualiste dans son origine, et qui, dans ses applications et ses déductions rigoureuses, devient matérialiste, comme toute doctrine de ce genre. Son point de départ est la vérité même, parce qu'elle se fonde sur le texte sacré. Son erreur commence alors que, privé des lumières de la parole éternelle, Tesprit de l'homme reste seul, commentant, développant, expliquant, à l'aide des données naturelles, la lettre divise, qui devait rester close jusqu'à ce que l'Esprit qui Tavait dictée vint Vînterpréter lui-même.
Si l'idée de la Trinité, qui est la condition absolue de la science métaphysique et sa source , manquait aux cabalistes, ils en avaient trouvé des traces, soit dans le texte sacré qu'ils méditaient profondément , soit dans la nature qu'ils étudiaient minutieusement.
C'est sur ces notions vagues d'une Trinité en Dieu que repose leur doctrine , et c'est delà que découlent leurs erreurs sur la création, sur la nature, le rapport et la destination de l'homme et de l'univers.
Avant la création , dit la Cabale (1) , était Lui, l'Ancien des anciens, En- 8oph, Senior senioruniy la lumière infinie, remplissant l'espace infini , partout semblable à lui-même, un et sans
(1) Apparattu in Librum Sohar^ seu porta cœlorum, Solisbaci, 1678, p. 15, 29, SI, M, OS sq. M.^ Fundamenta philosophiœ sive Cahbalœ^ p. 29S. /(/., Theut CabbalisUcœ^ p. 150.
forme , absolue unité , totalité sans distinction d'être ni d'existence : Lumen omnium intimum^ in quo istud quod non manifestatur.
Avant sa manifestation par la création , dans son état latent originel , oc^ cultissimus occultorum , il est le principe virtue( des existences, qui sont éternellement comprises dans la pensée de son étemelle sagesse.
Après sa manifestation il est la cause actuelle du monde des créatures, qui doivent leur être et leur existence à sa triple puissance de Lumière , d'Esprit, de rie.
Car Dieu est la Lumière primordiale, l'Esprit primitif, la Vie principe. Lorsque, dans le premier moment de sa mam'festation, le Dieu caché et latent ouvrit son œil , de cet œil ouvert rayonnèrent des torrents de lumière , d'esprit et de vie, qui se répandirent dans l'espace.
. Le rayon primordial . de la Divinité manifestée , l'origine essentielle et substantielle, l'alpha et l'oméga de toute réalité, de toute existence, de toute forme , de tout monde , est la Parole.
Ce premier-né de Dieu est, quanta Dieu, l'image parfaite de son père^ sa splendeur, le porteur de toutes les puissances divines. Quant au monde , il est l'idéal , le protot3rpe universel des êtres^ le créateur proprement dit de toutes choses.
Comme, par l'acte primordial, pur^ immédiat, pcirfait, universel de Dieu^ est née son image parfaite , ainsi de ce premier-né de la Divinité est émané le tout des mondes ; car sa lumière , son esprit et sa vie se sont répandus , épaudus , étendus à travers tous les degrés des esprits et de la vie dans l'univers.
Mais, pour créer un monde hors de lui, il fallait au Créateur un espace hors de lui.
la lumière se retira donc en elle-
PAffTHÉIfllE
inlinÉ. ^*M iûD cflBtMu Itiiiiwit autoui
Cft MptM» fî40 d« liiffiiàie ttdMiaiip tielle , mais pénétré eaiew èw tueura de Mn piMieiim gloife, devint te coutananti 1^ ea^Mlé des ttéataws jpar lefiqueileg VÈtsê voulait ttamfiwtar sa gleijrer
Ainsi Taele pnmilif du ûréataur, qui précéda mtee l'aete créateur, fut ua rainait de Lui en Lui-même, par Uquel fol; posé un objet en fiiea de ia lumièra i]»6qja. Ce fut l'espace vide opposé à l'eepace plein, le dehocs de Dieu op^ posé à son dedans. Dans cet espace put jniyepoer et se «épaodre ia lumière. £t alorjs nBtpwf^^ les mondes et les eréaitures.
Qqatre fl»ondes, subordonaés les uns aux entres, soot résultés d'abord des iirradiatiious du premier^é,^ la parole priinitiye, de Cbomme primitif, d^Jr dam-Cad mon, qui , comme le premier r^on de riofini, lui reste éteraellemeut «et iotiesement uni. Ces mondes êmt des émaBations de sa lumière , de 4^u esprit, de sa vie.
£k)mme émanations de sa gloire ou de s^ lumière , ce «ont dix Zéphiroth ou dix sources de lumière particulière i|Mi trav^seat les mondes et demeu- »Nit tpfH ejEitières dans chacun, quoiqu'à des de^és toujours moindres et avec «me splendeur de pkis en plus affaiblie.
Comme émanations de son esprit^ ce jspAf pu les purs esprits de la sphère la plus suMime iJziluth) , ou des substan- ^s spinmeUes moins parfaites, habil^nt le monde de la création {Briah) ; ensuite les anges y esprits revêtus de «arps lumineMJC (astres) qui leur servej>t à la fois d'enveloppe et de véhicule 4ans leur activité ; et, enfin, des esprits dégradés^ dépendant dans leur état et leur substance, leur puissance et leur activité, de la matière. Leurs formes, enfouies dans une matière limitée, sont emprisonnées et asservies par cette ma-
, et par là »}<me «oMrolggift à «ipi perpÀuelle alteroalîve i$ aliaiiggiwftfitiy de naissance et de mortf À^ dfiraia degré de ce monde, mi» demièF«6 limites de ees iémanatmos inp^^UiBllei, apparaît la matière frossièr^^ le dernier revéteosettt de Tesprit, fxmtièn dont est fermé et eopfiguré \b moftdB corporel et le corp^ humain t derpière émanation de la Divinité, chaTbon de la pure substance divine, divinité pn»
véa des perfections de Tespnt» da la lomière et de la vie , divinité obsûureie.
Enfin, comme toute lumière est éma* née de la lumii^e primordiale; eamme toute intelligence, parfaite tô imRar£aite, pure et impure; comme toute is^éaiure, jusqu'à la plus dégradée des existences enveloppée dans le grain de poussière, émane de Tesprit primitif, ainsi Ton voit émaner, affluer, sourdre toute vie de la source de la vie. Mais cette vie se dégrade ; elle s'obseurdt de degré en degré, se limite, se restreint à masure qu'elle s'éloigne de son principe, se perdant insensiblement dans la matière nuirte , inanimée, qui, da»s son écarce dure et compacte , emprisonne les nobles puissances de la vie , tandis que le Seigneur et Roi de toute vie cherche sans cesse à la libérer en l'arrachant à la mort qui l'enserre.
Ainsi Dieu est tout, tout est Dieu :
l'ange, l'homnae, ia dernière molécule animée , le dernier grain de sable de la mer, est une parcelle de la Divinité plus ou moins libae ou captive, glorieuse ou obscurcie. La matière grossière, impure, est un produit nécessaire et fatal de la Divinité, qui ne pouvait poser l'univers sans poser une capacité vide, un contenant ténébreux.
Identité de la soiffce avec la lu*mière, Pesprit et ia vie qui en découlent , et de cette triple puissance avec les préatHreç qu'elle ppse; union essentielle, substaDtielle , permanente, immanente , de la substance divine avec
FA1I9THËISME
les srtstaneM (Bréées; alMOfptfoii déflp nltive Ae toutes ^os6B dans le Ua qui a tout pesé et qui doit tout reprendra; paothéisme striet, telle est la doctrine ea)>alistfique, qui «'eil jamais devenue populaire» dtaieavant Tobjet des inéditatiom sotltak^ et de la scienoe oecnlte de quelques savants rabbins , mattres des gnostiques d'Alexandrie et des alehimistes du moyen ége.
IV. Mélange d'idées orientales et ehvétlenaeS) ia gnose n'est qu'un panthéisme intetleetuel, calqué sur celui de la 6abale^ et fondé, non plus sur une eon- «aîamiiee vague de la Trinité, telle que pouvait être eelle des Juifs, mais sur des inlerprétatlons arbitraires et erronées de^ dogmes divétiens. C'est le Juif Pftilon qui semble le père des hérétiques des premiers siècles ; du moins est-ee dans ses écrits que les gnostiques MénMidre, Satuiiiin, lasilide, Carpoorate, Valentin, Mareion, Cordon, Bardesane, Manès, etc., ont puisé leur doetrine et leur teminologie, et la parante de la gnose et de la Cabale est facile À reconnaître (1).
M, comme tout à l'heure, le principe, la souree de la ^e et de la lumière est rÊtre primordial, latent en lui-même, immuable, invariable, ineondable, t'abkne, Bulbç, l'Étemel, kièn, le pèra et le principe des existences, ivfoofx^, ^s^vKtm^. Cest YEn9€pk delà Cabale.
En se manifestant, en sortant de son état latent, il s'est rendu compréhensible par le développement de ses puissaneas et de ses perfections. Sa manifestation iœmédiale et universelle, produit 4ke Taete par lequel il s'est eon«-
tempié kÛ^dSlélBe, Mii^aioiç iouroO, est
SOI pMBtteivné, Fesprit universel, (mw- ^fn^, w6ic, ïÀt^oç, Ceat la parole créatrice
(i) Tennemann , Hist. de ta Philos., article €mttieimie. FvéeU de l'histoire de la Philos., par les ilirect. du collège 4e luiUy, IS8^ p. 184^. Collect, SS, Ecoles, Patrum, Pari&U«, %SW, S. Irensos, adv. Hœres,, t. n et m, passim.
de la Cabale. Image parbfte de son père^ «lï^^eeMBov «8&iMKpi^ efeat par f w que le Pève, (*étra et la vie sont connus, t^ ivpûTov xflwsûiTiircèv, comme dans la Ca»
baie le premier-né est type du père et pratotype de toutes les existences. Cest par lui que sont successivement sortis de l'abîme les Éons (les Zéphirath ) , qui, par leur union, ne font qu'un tout avec le principe et sont sa gloire, son oribe, son monde, sa plénitude, irXi^-
Cette manifestation, ce développement de la vie divine se fait d'après la loi de la dualité, qui se retrouve dans tous les degrés jusque dans les derniers phénomènes de la sphère sensible. De.
là les deux parties, mâle et femelle, active et passive , du monde des Éons , l'époux trouvant son complément dans l'épouse, (s(>Wfoç, comme la Cabale dit que le rayon primordial unit la puis* sance universelle de la production et de la conception, puissance active et passive qui a posé toutes les existences.
De leur union résultent de nouveaux Éons , types des deux principes qui les ont formés, et dont chacun est un miroir particulier dans lequel se révèle et se raflète l'Éternel. Dans ce plérôma du monde pur des esprits il n'y a qu'une manière d'être. De la vie divine et une, se manifestant en formes particulières, par l'action du principe universel, Nouç, sort Vopposition ^ui, dans ce monde pur et originel, est soumise à la loi de l'harmonie et de Tunité, mais dans laquelle il y a déjà la possibilité de la chute.
Et, en effet, c'est de cette chute qui a eu lieu, c'est de ce précipité des puissances divines du plérôma, unies et mêlées au non-divin, à un principe opposé à l'être et à la vie divine, que tire son origine le monde des sens, copie défigurée de ce prototype sublipae. Ce moiide de négation et de privation, opposé à la réalité et au positif du
plérftina, est TôXn, la matière morte, vide, ténébreuse, inerte, t& xtvbv, mua Toû JvTo«, oxoToc, qui n^est vivifiée que par son union avec des puissances de ▼ie divine. G*est l^espace vide, le contenant inerte, produit, suivant la Ga* baie, par le retrait de la lumière universelle lorsqu'elle voulut créer.
L'ordonnateur de ce monde, apparu dans le temps et soumis à Ja loi du temps, n*est pas le Dieu d'en haut, qui ne peut se manifester par le fini, mais un démiurge, représentant et révélateur de la Divinité suprême dans ce monde.
Ce démiurge (l'Adam -Cadmon de la Cabale) est né d'une fille imparfaite de la sagesse divine (2o<pta) qui s'est précipitée et mélangée avec V^Xm et a été repoussée du plérôma. Par son origine tenant à la Sophia, il porte en lui la semence de la vie et de la lumière divine ; mais il n'a qu'une connaissance imparfaite de ce monde supérieur. Et c'est pourquoi , agissant et produisant toujours au dehors, il ne peut manifester dans ses types, dans ses copies imparfaites, qui ne sont rien par ellesmêmes, qu'un reflet de Tordre supérieur, dont les idées se reproduisent, sans qu'il en ait conscience, dans ses créations terrestres.
Dans son activité sans conscience, mais dirigée par les idées supérieures, cet esprit de la nature, cette âme du monde terrestre, ce principe de Tétre et de la vie physique implante dans la nature humaine une semence divine, la vertu de l'esprit et de la vie, irveup.aTt>cov. Car la nature humaine, Thomme, a pour destinée spéciale de manifester le Dieu suprême, le père universel, en développant cette semence divine que la mère céleste de ce fils terrestre lui a transmise, pour être propagée dans l'humanité.
Et c'est pourquoi la nature humaine a u;] triple élément, corporel, spirituel,
psychique , uXtx^ , is^tayuamsù» , ^i
C'est dans le eorps, enveloppe de Tel prit et de Fâme, que Vdme animali la source de toutes les passions maBj vaises^ opposée au divin, a son siégft La matière, ûx-n^ est la borne, le denila degré de la vie, le dernier précipité, h source du mal.
Comme dans l'faomme réside m principe supérieur et divin, c'est eo lui que se trouve le lien du visible et de l'invisible, du monde des esprits et du monde des sens. C'est par Ja force et la vertu de ce principe supérieur que l'homme doit et peut tendre toujom'i l'union avec Dieu, union.qui devient plos intime à mesure que l'homme se purifie, se libère et se perfectionne par ie développement du germe divin déposé eo lui ; car le but sublime du plan du monde est de ramener tous les degrés de l'existence à l'harmonie avec Je principe supérieur et d'anéantir tout ce qui s'oppose à cette harmonie.
Le moyen par lequel le monde se renouvelle , se restaure , s'ordonne et s'harmonise^ c'est la libération de /'««• prit asservi par la matière, libération dont l'accomplissement sera le ternKf, la fin du monde.
Alors toute matière et ainsi tout ma' sera anéanti par le feu dévorant, /atefit dans ce monde. Alors la nature psychique sera délivrée de la puissance du mal et parviendra au royaume du démiurge, près du plérôma.
Et les natures spirituelles, mûres enfin pour l'existence divine la plus haute, ayant acquis la conscience de leur haute origine, rentreront dans leur patrie, dans la splendeur et la roagnificence du monde de la lumière; tout sera absorbé dans le Un, tout sera un.
V. Comme la gnose est née de fa Cabale, de la gnose est sorti le néo-platonisme. L'un a été un mélange à'iàées ^cabalistiques et chrétiennes , l'autre un 'assemblage d'idées chrétiennes et païen*
nes^ orientales et grecques. Né à Alexandrie, réceptacle de toutes les doctrines de rOrient et de TOccident, le néo-platonisme devait participer à la nature de sa mère et en représenter le double caractère. Avant donc que de l'envisager il faut reconnaître un de ses principaux éléments^ la philosophie grecque, qui, dans son développement, nous présentera à son tour les cinq formes principales du panthéisme.
Les doctrines profondes de FOrient furent à la fois spéculatives et pratiques.
Le Bouddhiste, le Brahmane, pour arriver à la science divine, pratique ce qu'il croit, se sépare du monde pour s'élever à Dieu, s'isole de la terre pour se poser en lui-même, s'abstrait de la vie vulgaire pour vivre dans la sphère de son intelligence. Il cesse, autant qu'il le peut, d'être homme pour se faire Dieu. Les doctrines de la Grèce sont plus spéculatives que pratiques; ce sont bien plus des jeux de l'esprit, des produits de l'intelligence, des œuvres de raison et d'imagination, que des théories fondées sur une vie sérieuse, qui veut ce qu'elle croit, qui fait ce qu*elle enseigne. Aussi, tandis que le panthéisme de l'Orient est mystique, celui de la Grèce est surtout logique; le premier est idéaliste^ le second rationnel ; l'un domine l'homme et l'entraîne, dans son orgueilleuse rêverie, jusqu'à la plus haute contemplation ; l'autre, soumis et doux^ se joue dans les écoles, sans passer dans la vie réelle.
Il n'est point question ici des doctrines théogoniques et fabuleuses des Grecs, dont le panthéisme sensuel est évident, puisque là tout est divin, l'homme, la nature, la plante et la pierre, le temps et l'espace, la matière et l'esprit, depuis le Fatum, qui régit l'univers, jusqu'au dieu Terme, qui borne les chaml^s, depuis Saturne, qui dévore ses enfants, jusqu'à Tellus, qui les reproduit, depuis la chaste et intel-
lectuelle Minerve jusqu'à la féconde et matérielle Vénus. Quant aux écoles philosophiques de la Grèce, nous y rétrouvons le panthéisme à tous ses degrés :
profond et mystique dans V École italique^ brillant et idéaliste dans V Académie^ rationnel et logique chez les Éléatesy dans le Lycée et le Portique; Imaginatif et poétique dans la mythologiey et enfin matérialiste, physique, chez les Ioniens et les disciples d'Épicure,
1. Quoique Thaïes (1) passe généralement pour le père de la philosophie grecque, ce n'est pas contredire l'histoire que de considérer la secte pythagoricienne comme la souche d'où sont parties les autres, puisque cette école a été la. plus féconde par le nombre et la science de ses disciples, et qu'il n'y a qu'une quinzaine d'années de différence entre Thaïes et le fondateur de l'école mathématique.
Pythagore (2) puisa sa doctrine dans les sanctuaires de l'Egypte et les temples de l'Orient; il passa plusieurs années dans des rapports intimes avec les savants de la Chaldée et les prêtres du Nil, et c'est de cette double origine que dépend le caractère mathématique et mystique, géométrique et contemplatif, de sa philosophie. Son principe est |i la fois l'unité mathématique de l'Ë^pte et le feu sacré de la Chaldée; sa discipline est sérieuse comme celle des initiés de Thèbes et Je Memphîs, exaltée comme celle de Tyr et de Babylone, et ses hautes idées aboutissent au panthéisme le plus formel, de même que sa morale va se perdre dans le fatalisme le plus rigoureux.
La doctrine pythagoricienne présente, dans sa plénitude, le système de l'émanation, que Pythagore avait puisé dans l'Orient, et qui passa, à travers les doc*
(1) 600 avant Jésus-Christ
(2) 58ft avant Jésos-Cbrist
la
trises de rocefdent, jusqu*à la fameuse école d^Alexandric, d'où elle se propagea de nouveau, par les hérésies des premiers siècles chrétiens, jusqu'aux théories occultes du moyen âge.
Dans ce système nous aTont vu H]nité première, Inaccessible à l'entendement^ produire, par émanation, une diffusion de lumière qui, procédant du centre à la cfreonférence, va, en perdant insensiblement de son éclat et de sa pureté, jusqu'aux confins des ténèbres, avec lesquelles elle finit par se confondre. Ses rayons divergents, devenant de moins en moins spirituels, et d\tiileurs repoussés par les ténèbres, se condensent, et, prenant une forme matérielle, produisent toutes les espèces d'êtres que le monde renferme, et constituent entre FÊtre suprême et l'homme yne chaîne incalculable d'êtres intermédiaires, dont les perfections décroissent en proportion de leur éloignement du principe créateur (1).
Or, comme les Mages voyaient, dans cette hiérarchie sphituelte, des genres plus ou moins par^its, auxquels fis avaient donné des noms relatifs à leur perfection, noms dont ifs se servaient ensufte pour évoquer ces génies dans leurs opérations magiques; comme les Çhaldéens vjoyaient dans les astres des êtres animés , appartenant à la chaîne universelle des émanations divines, et consultaient la marche, les progrès, les évolutions et les conjonctions de ces astres dans leurs travaux astrologiques; comme les gnostiques les appelèrent Êons ou principes féconds de développement; Pythagore, concevant cette hiérarchie spirituelle ainsi qu'une progression géométrique, envisagea les êtres qui la composent sous des rapports harmoniques, et fonda, par ana-
(1) Fers dorés de Pythagore^ Fabre d'Olivet, p. 202. TiedemanDy GrwchetUands erUe Pbilosophen, Leipzig, 17&0<;, Puihagoras Lekren^ p. sa? sq. Diogène Laerce, Fita Pythag.
logîe, les lois de Tunlvers sur celles de la musique. La Divinité fut pour lui le nombre des nombres, et les nombres successif^ qui en émanent furent, diaprés leur élévation respective, des dîexix^ des héros,, des démons^ c'est-àdire des êtres principes parfaits, des êtres principes dominateurs et des existences terrestres (t).
Ce ternaire cosmogonrque, joint à l'unité, constituait le fameux quaternaire ou la tétrade sacrée. L*homme, portaiït en lui l'univers en abrégé {microcosme)^ est composé , comme son archétype, de trois sphères, âme, intelligence et eorp», et représente ainsi, dans son unité relative, le quaternaire ou la tétrade universelle : irovrl h xétrpM
Xocp^TTCi Tptàç fç pi.ovà^ àçxin (2),
L'unité et la dualité, Tinfini et le fini (aiTEipov, -ïrsTrepaffpivov) , la monade et la dyade sont les éléments primordfanx des existences.
Toute existence est, d'après ses éléments, étemelle. Cependant ces éféments n'ont leur être originel et leur snbsTStance que dans l'Être des êtres, le principe le plus élevé des choses. Ce principe primerai est Dieu, limité absolue^ dans fequelle, comme unité preimère (fxovàç xaV èÇoxi^), les deux é^ ments des choses, le un et fe- phiraNté, ont ïfeur racine. Il est au-dessus de toute opposition. Toutefois de cette unité sans opposition émane, par Foppositî(m du mi et du multiple, le docFble ^tre-dtr un et du multiple, qai étaient identifiés dans l'unité et qui se divisent pour en sortir.
Ainsi de Funité, "Ev, 1, principe générateur, père des Tcréatures, sort fe dualité^ à«o, 2, la forme, le contenant, la mère des existences ; et Tunité et ta dualité, t et 2, par leur union et leur identi€cation, constâuei^ YmiiverSy exprimé par leimmbre douze, i% résul-
(2) Fabre d'Olivet, p. 241.
t»ÂNTflÉÎSME
tant dd la multipliôatiôn de 3 par 4, o'elt^â-diM du teiîiali^e pat le quaternaire t c'est^à-di^d que le monde uniyersel est composé de 3 mondes partie culters quij s'enehatnaiit Tun à l'autre au moyen de 4 modiSeations élémentaii^esf se développent en 12 sphères eonceûtîiq«es (1).
La êotidition unique ttoâs laquelle se posent et se soutiennent, se complètent et se conservent les choses du monde ou lé monde des choses en une forme une et harmonique {^fs\».t^), est la loi nécessaite de V harmonie^ dont dé^ pendeBt et le monde dans fea totalité, et les existences dans leuf individualité.
Car tout est par Tharmonie et la nécesr
site î Aôxit ^ *ÔTÔ TToîvttt àvàipt^ yud c^u.o-
vt^ -^tvs<»êai. Le principe de eette harmonie, rordonnateur divin de ce monde, un, intelligent, semblable à lui seul et dissemblable à toutes choses, la force générale de la nature, Vdme du monde (animus per natnram rërum omnium inteniuê et commeani) (S), embrasse l'univers par sa force motrice et vivifiante, le tient uni et traverse le tout, toujours immuable en lui^^éme, quoique moteur par son action.
L'Organe immédiat et pu)^ de cette force universelle est le fou éthéréen, Veètâ (*E(rria). Le récipient pur et universel de cette puissance est Tespace infini, FOlympê (5X6ç Xd^jAww), qui entoure le monde formel et réel ; et le fou éthéréen central, révélateur de Tesprit ordonnateur du monde divin, se révèle à son tour dans le fou sidéral, dans les astres, dans le soleil, poste d'observation de Jupiter, principe de vie et de chaleur dans la nature et dans les âmes humâmes.
CeUes-cf^ émanations pures et sub-
(1) Diogènt Laerce, 1. YIII, % 25» Plutarqae, de Décret, philos,^ It, c 6 ; SexL Smp, adv.
Math,, X, § 2A9. Fie de Pythag,^ par Dader»
TiedemanD, Pythagoras Lekren^ p. 547.
(2) Cic, de Nat. deor.
tiles du fou central, sont actives éoiiime lui ', unies temporairement à des corpâ terrestres, à deâ formes grossières et matérielles, elles â'en dégagent peu à peu pouf reprendre leur pureté primitive, leur identité originelle avec leur principe, leur ressemblance étemelle avec le Dieu Immortel (ôp-oXo^ta ^pèç tiv Oeov), pour s'unir et se conformer, dans cette haute autopsié ou théophanie^ au Dieu-Être, et redevenir Dieti elleâ-mémes (1).
Cette délivrancSe dé l'âmè dépend de là vertu et de la vérité. La vertu, qu'elle acquiert par la purification, tempère et dirige ses passions ; la vérité, qu'elle obtient par son union avec l'Être des êtres, dissipe les ténèbres i6 son intelligence; Tune et Tautre, agissant de ftoncert en elle, lui donnent là force divine et la conduisant à là Suprême félicité.
Ainsi, et le principe éternel, et le feu central, et le soleil visible, et l'âme des hommes, et le centre des existences terrestres, tout est un, homogène dans sa nature (2).
De ce rapport intimé, permanent et étemel de toutes choses dans L'unité du principe suprême, qui par àa force Universelle pénètre et unit tout, il résulte que, dans fo système du monde, tout ce qui est et advient est déterminé d'une manière nécessaire par les lois éternelles de rharmôniô, eomme les nombres sortent nécessairement et harmonieusement les uns des autres, s'enchaînent et s'unissent dans leurs rapports et forment le système invariable de l'immuable arithmétique. C'est donc
(1) En laissant sur le cœur régner l'intelligencf, Afin que, s'élevant dans l'éther radieux, Au sein dei inuBôrtels tu soit un Dka toi-Aêin é. Instruit par eux, alors^ea n« t'abusera; Des êtres difTérents tu sonderas l'essence ; Tu connaîtras de tout le principe et la fin.
(Fabre, F'ers dorés, p, 356.)
(t) f (1 sauras, Â \é Ciel 1< veut, que la nature,
Sembtabl« en toute chose, «H la fliêale éb ((fut lie». (Fabre, Fers dorés, p. 188.)
l'inflexible nécessité qui régit le monde, qui domine l'univers; et le principe d*où émane cette loi mathématique nécessaire, rÊtre primordial par qui est éternellement conservée Tharmonie, le Dieu du monde et de l'univers , n'est autre que le Fatum^ qui gouveme, dirige , détermine inflejciblement toute chose.
3. Cette fatalité panthéiste, qui se résout, suirant l'avis de plusieurs, en un rigoureux hylozoïsme, est plus manifeste encore dans le système cosmogonique d'un des disciples de Pythagore, qui expose dans sa rigueur cette éternelle identité de l'univers et de son principe.
L'univers, dit Héraclite*d'Ëphèse (1), a toujours été et sera toujours un feu vivant^ étemel, intelligent, s'aliumant et s'éteignant d'après des lois certaines et déterminées. Le monde n'est qu'une substance ignée; le feu est l'être, le substratum de toutes choses : irup àei ÎJwov. Cet être, qui a toujours été, est et sera, qui n'a ni origine ni terme, n'est pas l'élément visible dans la flamme ; celle-ci est une forme qui passe et change, naît et meurt, parait et disparaît comme les formes de la nature, comme la nature elle-même, qui, sans fixité et sans persistance, n'est qu'un écoulement perpétuel (^oiq), une émanation continue de la force active et du mouvement vivifiant de la nature foncière du feu^ ()iTox6t[MW}. Toujours actif, toujours en mouvement^ le feu étemel, principe de la vie physique et de la vie intellectuelle, force générale et raison universelle du monde (xoivb; Xop?), se manifeste par son expansion et sa concentration, par son action centrifuge et centripète, comme un véritable Protée, sous les formes les plus diverses, les espèces les plus multiples, les apparen-
(1) 500 avant Jésas-Ghrist. Arlst, de Anitn,, Ii U. Tennemann, HUt. de la Philos.
ces les plus variées, toujours le même en lui, et toujours autre et différent de lui-même dans sa manifestation phéooménique.
3. Le philosophe qui avait inscrit sur la porte de son école : « Que nul n'entre ici s'il ne sait la géométrie 1 v ne dissimulait point qu'il avait puisé sa doctrine théologique et cosmogonique dans les leçons des PythagDricienç de la grande Grèce. Aussi est-ce dans la bouche d'un de ces disciples de Pythagore, Timée de l^ocres, avec lequel il avait beaucoup vécu (1), que Platon (2) met Texposé le plus complet qui nous soit parvenu de ses idées sur Dieu, le monde et leur rapport. Si le panthéisme de Platon est moins explicite que celui de l'école italique, si le système de l'émanation y est moins formel, cette erreur cependant se déduit nécessairement des passages que nous allons transcrire : 1^ parce que, posant une matière étemelle, tout ce qui est fait de cette substance matérielle est étemel comme la matière, et que les idées d'étemité et de divinité sont tellement corrélatives que Platon appelle le monde le Dieu engendré ; 2^ parce que l'âme que le Dieu suprême donne à ce monde pour ranimer est faite d'un mélange de la substance matérielle et de la substance divine proprement dite, et qu'aiusi elle est nécessairement consubstantielle avec le prin* cipe dont elle est tirée et rend consubstantiel avec celui-ci le monde, qu'elle unit à Dieu.
Il y a, dit le Locrien Timée (3), deux causes de tout ce qui existe : l'intelli-
(1) Cic, de Finibvs, V, 29; de RepuhL, 1, 10.
(2) De 450 à 5ik8 avant Jésus-Christ.
(5) Œuvres de Platon, trad. de Y* CoQsin, t. XII, p. 880 et saiv. Ce premier passage est extrait d'un peUt traité sur VAme du monde, attribué à Timée de Locres, et qa*on reconnaît comme l^œnvre apocrjrptie d'un néo-platonicien du premier ou du deuxième alècle avant l*ëre chrétienne.
gence, cause de tout ce qui se fait avec dessein ; la nécessité, cause de ce qui résulte forcément de la nature des corps.
Tout ce qui existe est idée, ou matière, ou phénomène sensible né de leur union. "L'idée n'est ni engendrée, ni mobile ; elle est permanente, toujours de même nature, intelligible, modèle de tout ce qui, ayant pris naissance, est soumis au changement. La matière est le réceptacle de Tidée, la mère et la nourrice de rétre sensible. C'est elle qui, recevant en elle l'empreinte de l'idée et façonnée sur ce modèle, produit les êtres qui ont un commencement. La matière est étemelle, mais non immuable. Par elle-même dépourvue de forme et de figure, elle est susceptible de recevoir toutes les formes ; elle devient divisible en devenant corps :
elle est le lieu et l'espace. Tels sont les deux principes contraires dont Dieu composa le monde.
Dieu était bon (1) ; il voulut que toutes choses fussent, autant que possible, semblables à lui-même.
Dieu, voulant que tout fût bon, prit la masse des choses visibles, qui s'agitait d'un mouvement sans frein et sans règle, et du désordre il fit sortir Tordre. Or celui qui est parfait en bonté n'a pu et ne peut rien faire qui ne soit très-bon. II trouva que de toutes les choses visibles il ne pouvait absolument tirer aucun ouvrage qui fût plus beau qu'un être intelligent, et que dans aucun être il ne pouvait y avoir d'intelligence sans âme. En conséquence il mit l'intelligence dans l'âme, l'âme dans le corps, et il organisa l'univers de manière qu'il fût par sa configuration l'ouvrage le plus beau et le plus parfait. Ainsi ce monde est un animal véritablement doué d'une âme et
(1) Œuvres de Platon^ trad. de Y. Coasin; Timie, t. XII, p. 119. Platoni» philoMophi guœ exstani^ etc., BiponU, 17M, t. IX, p. 501, 911 etsaiv.
d'une intelligence par la Providence divine (1).
Tout ce qui a commencé doit être corporel, visible et tangible. Or rien n'est visible sans feu, ni tangible sans quelque chose de solide, ni solide sans terre. Dieu commença donc par composer le corps de l'univers de feu et de terre. Mais comme les corps solides ne se joignent jamais ensemble par un seul milieu, mais par deux. Dieu plaça l'eau et l'air entre le feu et la terre.
C'est de ces quatre éléments réunis de manière à former une proportion qu'est sortie l'harmonie du monde. De plus Dieu donna au monde la forme la plus convenable et la plus appropriée à sa nature, la forme sphérique^ ayant partout les extrémités également distantes du centre, ce qui est la forme la plus parfaite et la plus semblable à elle-même.
C'est ainsi que le Dieu qui existe de tout temps avait conçu le Dieu qui devait naître (2) ; il le polit, l'arrondit, en forma un tout, un corps parfait, composé de tous les corps parfaits.
Puis il mit l'âme au milieu, l'épandit partout (3), en enveloppa le corps, et ainsi il fit un globe tournant sur luimême, un monde unique, solitaire, se suffisant par sa propre vertu, n'ayant besoin de rien autre que soi, se connaissant et s'aimant lui-même. De cette manière il produisit un Dieu bienheureux (4).
Mais Dieu ne fit pas l'âme la dernière, et voici de quoi et comment il la fit. Avec la substance indivisible et
(1) Aeï Xé^eiv, Tovfie Tàv x6apiov, Çéoov ïji- 4;uxov Swouv Te v^ àX7}6eiqc Bià tyiv tov 6eoO yvfiaban icpâvôiav. PlaionisphiL quœ exatant^ etc., BiponU, t IX, 1786, p. 806.
(2) 05toç fi9i TCâç 5vTb>ç àel Xoyiaitoc 6coû Tcepl t6v icotY)a6{&evov 6eôv Xo^ivOek. Jb., p. 511.
(S) Aià TcavTÔ; Te Sistve, xal Eti IÇco tô a&iuL aûx^ ènexaXu^^e. Jb* (a) £06ai(j^a Oeôv. Ib», p. 812.
PANTHÊISUE
toujours la m^e, et avec U substance divisible et corporelle, il composa une troisième espèce de substance intermédiaire (1). De ce mélange il prit une partie égale h 884 unités, qu'il disposa suivant une double progression, et des quantités proportionnelles aux intervalles musicaux; et ceux-ci, formant les octaves au nombre de 36, donnèrent une somme totale qui fut celle des parties de Tâme.
Alors TAuteur du monde construisit au dedans de TAme tout ce qui est corporel, et, rapprochant Tun de l'autre le centre du corps et celui de Tâme, il les unit ensemble, et Tâme, infuse partout, depuis le milieu jusqu'aux extrémités, et enveloppant le monde circulairement, introduisit, en tournant sur ellemême, le di?in commencement d*uue vie perpétuelle et bien ordonnée pour toute la suite des temps.
Le Père du monde, voyant cette image des dieux étemels en mouvement, se réjouit, et dans sa joie il pen^ à la rendre encore plus semblable à son modèle ; et, celui-ci étant un animal étemel, Dieu résolut de faire une image mobile de Féternité, et, par la disposition qu'il mit entre toutes les parties de l'univers, il fit de l'éteri)ité , qui repose dans l'unité , cette image éternelle, mais divisible, que nous appelons le temps. Pour en marquer et maintenir la mesure il fit naître le soleil, la lune et les cinq planètes, au:i(quels il assigna les sept orbites qui forment le cercle de ce qui est divers.
Mais Dieu jugea encore qu'il fallait mettre dans ce monde des espèces d'a- ])imaux de même nombre çt de la mém« nature que ceux que son esprit per«
[\] Tîi; &(A6pCcrrov xai à&i xaxqc taOïà èxo^'
{iévT)c (ispidry);, TpÎTov il a(i;^oCv év lUat^ avvexepdwato oOaC«^ elSoç. flatonis, etc., p. 512.
çoit dans l'animal réellement e^Liçtant, àrimitation duquel est fait ce monde»
Or il y en a quatre : la race céleste des dieux, les animaux ailés, ceux qui hsk^ bitent les eaux et ceux qui marcbeat sur la terre.
Il composa l'espèce divioe presque tout ^tière de feu et la distribua dans l'étendue du ciel, dont elle est le véritable ornement. Quand les astres, oe& am'maux divins et immortels, eurent ainsi pris naissance, l'Auteur de runivers leur parla ainsi :
Dieux, issus d'un Dieu, écoutez mea ordres, Il reste encore à naître trois races mortelles : sans elles le monde sérail; imparfait. Appliquez^vous doue, selon votre nature, à former ces ani« maux, en imitant la puissance que j'ai déployée moi-même dans votre fondation. Quant à l'espèce qui doit partager le nom des immortels, être appelée divine et servir de guide à ceux des autres animaux qui voudront suivre la justice et vous, je vous en donnerai la semence et le principe. Vous ensuite, ajoutant au principe immortel uue partie périssable, formez-en des animaux ; faites-les croître en leur donnant des alimenta, et après leur mort recevezles dons votre sein. Il dit, et, dans la même vase où il avait composé l'âniQ du monde, il mit les restes de ce premier mélange et les mêla à peu près de la même manière. Ayaut achevé le tout, Dieu le partagea en autant d'âmes qu'il y a d*astres, en donna une à chacuA d^eux et leur expliqua ses décrets inviolables, I.a première naissance sera la même pour tous *, chaque âmcj placée (ians celui des organes du temps qui copvient le mieux à sa nature^ deviendra un animal religieux \ quand« par une loi fatale, les âmes seront unies à des corps, celle qui passera honnêtement le t^mps qu'il lui a été donné de vivre retournera après sa mort vers l'astre qui lui est échu et partagerai sa
PANTBÉISAffî
félicité. Celle qui aura Jailli sera chan* gée en femme à la deuxième naissance»
et, si elle ne s*améIiore pas dans cet étaty elle sera changée successivement, suivant le caractère de ses vices, en ranimai auquel «es mœurs l'auront rendue semblable; et ses transformations et ses supplices ne finiront point avant que, domptant par la raison la masse élémentaire turbulente et désor* donnée, elle se rende digne de recouvrer sa première et excellente condition.
4. Aristote(l) suivit durant vingt ans les leçons de Platon, sans paraître Ta* voir compris. Sa raison forte et subtile ne put s'élever à la hauteur de Tintelligence du maître. Les idées platoniciennes ne furent pour lui que des abstractions^ des notions générales^ sans réalité, sans vérité, formées d'une manière contraire aux procédés réguliers et logiques de la raison, dont il resta, dans la suite des âges, le législateur suprême. Aussi prit-il à tâche de com* battre dans tous ses ouvrages, la doctrine de l'Académie, pour y substituer un système complètement rationnel, si difficile à saisir qu'au dix-neuvième siècle on se demande encore, dans le monde savant et philosophique, ce qu'a prétendu établir le philosophe de Stagyre, et qu'on a disputé, durant tout le moyen âge, sur la question de savoir si Aristote croyait ou ne croyait pas en un Dieu, en des dieux supérieurs à l'homme. S'il y croyait, certes, ce n'était qu'à la manière des panthéistes.
Son dieu n'est pas un Dieu personnel ; son dieu est la Raison même de l'homme déifiée, ou plutôt son dieu n'est que le produit le plus pur et le plus élevé, {a action la plus haute et la plus géuérale de la raison-, abstrayant et extrayant des individus ce qui est commun à tous et n'est rien en soi, ce qui appartient
(1) D« 4A7 à m avant lésuM2bci9t<
substantiellement à chaque être individuel et n'existe dans son universalité que dans et par la raison de l'homme, à savoir la notion pure et universelle de l'Être.
Enseigner^ démontrer, dit Aristote (1), c'est le propre de la science.
Or , démontrer , e'est prouver une conséquence par un principe, un effet par la cause. L'expérience donne les faits, la science la raison des faits, et c'est la cause qui est cette raison. La philosophie première est donc, comme toute science, une science de causes ou de principes ; elle est la science des premiers principes. La science a, comme la nature, son commencement et sa fin.
Si la suite des causes n'avait pas de bornes, la démonstration, qui est la preuve par les causes, irait à l'infini.
Or la pensée ne finirait jamais de traverser l'inOni; la science serait dono impossible. Point de causes sans des causes premières dont tout vienne et qui ne viennent de rien; point de science sans des principes d'où descende la démonstration et qui ne se démontrent pas. *
Toutes les causes se ramènent à un nombre de classes détermmées. Tout être qui n'est pas sa cause à lui-même est le produit de quatre causes ou de quatre principes qui déterminent et remplissent toutes les conditions de l'existence réelle : la matière^ la for»
me , la cause motrice et la caust fi* nale.
Prises en elles-mêmes, dans Texpression abstraite de leur causalité, leâ causes ne sont que des pomts de vue gé-
(1) Aristotelis operà, BasIIes, 1581 : Metaph., I, Vir, XIII, /)fl«5i*n; de Anim,^ passitn. Clc, de Nat. deor.^ passitn, F. Ravaisson , JTMai < ur la Métaphysique d'ArUtoU, ouvrage eouronné par rinstilut (Académie des Sciences morales et poIiUqaes), 1. 1, p. Vil, 581,585, 595 etpastim, La plupart des passages de notre analyie 6dnt extraits de cet ouvrage.
néraux, des lieux, d*où toute science doit suocessivemeDt considérer son sujet : chtwnùL ^ï rk vûv tipY){iiva a?Tia eîç Ttrrapac irtirrct roirouç toI>ç çavepc^TaTou;.
Les causes ne sont des causes que dans leur rapport immédiat avec une chose, un être dont elles déterminent l'existence et qu^elIes font être ce qu'il est.
La science des premiers principes est donc la science universelle de l'être en tant qu'être. Mais l'être n'est ni l'accident, ni la vérité. L'accident est un résultat passager du hasard. La vérité est une relation dépendante d'un état de la pensée. L'être véritable, objet de la métaphysique, est ce qui existe en soi. Ce qui existe en soi est en dehors des combinaisons de l'entendement. Ce n'est donc pas dans le rapport exprimé par la proposition que nous devons chercher l'être en soi, mais ians les termes simples par la combinaison desquels l'entendement la constitue.
Ces termes simples forment des esèces; les espèces forment des genres.
Il y a dix genres entre lesquels se partagent, en définitive, tous les attributs que l'entendement peut affirmer (xatyi- TopeTv) d'un sujet, dix catégories, qui ne se résolvent pas les unes dans les autres , qui ne se ramènent pas à un genre plus élevé et qui expriment tout ce que peut être l'être en soi. Ce sont :
l'être proprement dit, la quantité, la qualité, la relation^ le lieu, le temps, la situation, la possession, l'action, la passion.
De ces dix catégories il y en a qui n'ont d'existence réelle que dans un sujet différent d'elles-mêmes. Une seule existe par elle-même et sert de sujet à tbutes les autres. La catégorie de l'Être renferme les substances dont toutes les quantités, qualités, relations, etc., ne sont que les accidents ; c'est l'être en soi par excellence (oOaia).
Le premier, l'unique objet de la scieuce^de Têtre est l'être proprement I
dit, qui n'est pas seulement le sujet dans lequel toutes les catégories existent , mais encore le sujet dont elles s'affirment toutes et qui seul ne s'affirme de rien. Il y a des choses qui ne peuvent jouer dans la proposition que le rôle d'attributs. Dans cette classe se rangent les attributs universels qui constituent les analogies des genres différents. Vuniversel n'a rien de la substance, ni par conséquent de l'être ; c'est un rapport, une forme dépourvue de réalité. L'individu est la substance primaire^ qui ne suppose rien, et par conséquent la seule vraie substance:
bitiçynn âXXcp.
L'être ne consiste donc ni dans les catégories générales de l'être, ni dans aucun des genres qu'elles renferment, ni dans aucune de leurs espèces ; c'est l'être particulier qui n'existe qu'en soi> d'une existence indépendante, l'individu , To^e Ti, objet de l'expérience et d^ l'intuition.
Tous les individus ont pour matière le corps. La matière, ou le principe passif, est, dans le monde, comme la femelle qui renferme le germe; la forme est comme le mâle qui la féconde.
C*est dans le sein de la femelle que se passe le mouvement et se transforme le germe ; la puissance passive et la puissance active s'unissent dans une action commune, dans un commun produit.
Cette forme essentielle, substantielle des êtres qui se meuvent eux-mêmes, est leur nature.
La nature est la cause du mouvement dans le sujet même où elle réside. Ce n'est pas une force étrangère au corps qu'elle met en mouvement , c'est une puissance inséparable, quoique distincte du mobile.
Toute nature liée nécessairement à une matière est une activité concrète, une forme en une matière. Sa fin n'est pas, comme celle de l'art, une concep-
tlon, une idée, un type arbitraire, qui n'est que dans la pensée et que la volonté réalise. La nature n'a pas de choix à faire : sa forme , c'est elle-même, dans sa réalité concrète; sans choix, sans délibération, elle aspire, elle marche d'un mouvement continu vers sa perfection. Ce mouvement régulier, cette activité infatigable, qui ne fait rien en vain, et qui, sans le savoir et sans l'avoir voulu, pousse incessamment la matière, indocile et rebelle, au développement parfait de ses puissances, n'est pas autre chose que la vie.
Ainsi le principe intérieur du changement, de la chaleur et de la vie, la nature, l'âme, ^x% sont même chose.
L'âme n'est pas une substance, un su* jet, mais une forme, la forme d'un seul et unique corps dont elle fait la vie propre et l'individualité. Elle n'est pas le corps, mais sans le corps elle ne peut pas être; elle est quelque chose
du corpSy aô(jta [liv yop oùx Ion, <stù\ujLTQç