‹ Du pape. 25. éd., seule conforme à celle de 1821, augm. de lettres inédites de l'auteur, de notes et d'une table analytiqueChapitre 19 sur 85 · RONT DES BREBIS · texte numérisé non relu

RONT DES BREBIS

Et dans son fameux sermon sur l'unité , il prononce sans balancer : « L'Eglise romaine ne connaît point d'hérésie; m l'Eglise romaine est toujours vierge.... Pierre demeure « dans ses successeurs le fondement des fidèles*. »

Et son ami , le grand défenseur des maximes gallicanes, ne prononce pas moins affirmativement : L'Eglise romaine n'a jamais erré... Nous espérons que Dieu ne permettra jamais à V erreur de prévaloir dans le Saint-Siège de Rome,

(1) Ce texte se trouve partout. On peut le lire , si l'on n'a point loi Mémoires du clergé sous la main , dans les Remarques sur le système gai* liean , ele. in-8. Mous , 1803, p. 173 et 174.

(2) Bossuet , Sermon sur la résurrecl. Ile partie.

(3) Bossuet, Serra, sur la résurrecl. IIe paru* (4J Irc parti*.

comme il est arrivé dans les autres sièges apostoliques dyÀ îexandrie , d'Jntioche et Jérusalem, parce que Dieu a dit :■ J'ai prié pour vous , etc. •

Il convient ailleurs que le Pape n'est pas moins notre supérieur pour le spirituel que le roi pour le temporel, et les Evêques mêmes qui venaient de souscrire les IV articles de 1682 , accordaient cependant au Pape, dans une lettre circulaire adressée à tous leurs collègues, la souveraine puissance ecclésiastique 2.

Les temps épouvantables qui viennent de finir , ont en" core présenté en France un hommage bien remarquable aux bons principes.

On sait qu'en l'année 1810, Buonaparte chargea un conseil ecclésiastique de répoadre à certaines questions de discipline fondamentale , très-délicate dans les circonstances où l'on se trouvait alors. La réponse des députés sur celle que j'examine maintenant , fut très-remarquable.

Un concile général y disent les députés, ne peut se tenir sans le chef de V Eglise, autrement Une représenterait pas V Eglise universelle. Fleury le dit expressément3 ; V autorité du Pape a toujours été nécessaire pour les conciles généraux *.

(i) Fleury , dise, sur les libertés de l'Eglise gallicane,

(2) Nouv. opuscul. de Fleury. Paris, 1807, in-12, p. 111. Corrections et additions aux mêmes opuscules , p. 32 et 33, in-12.

(3) IV dise, sur l'Hist. eccl. — Qu'importe qne Fleury l'ait dit ou ne l'ail pas dit? Mais Fleury est une idole du Panthéon français. En vain mille plumes démontreraient qu'il n'y a pas d'historien moins fait pour servir d'autorité , bien des Français n'en retiendront jamais. Fleibi u'a dit.

(4) Voyez les fragments relatifs à l'Hisl. ecclés. des premières aa«é« du XIXe siècle. Paris, 1814 , in-8, pag. 115.

Je n'examine point ici ce que l'une ou l'autre puissance peut avoir à

A la vérité , une certaine routine française conduit le3 députés à dire , dans le courant de la discussion , que le concile général est la seule autorité dans V Eglise qui soit au-dessus du Pape; mais bientôt ils se mettent d'accord avec eux-mêmes , en ajoutant tout de suite : Mais il pourrait arriver que le recours (au concile) devienne impossible, soit parce que le Pape refuserait de reconnaître le concile général , soit , etc.

En un mot , depuis l'aurore du christianisme jusqu'à nos jours , on ne trouvera pas que l'usage ait varié. Toujours les Papes se sont regardés comme les chefs suprêmes de l'Eglise , et toujours ils en ont déployé les pouvoirs.

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