F.-Z. COLLOMBET
(1) Sainte -Bcutc , ibii. pag. 380.
SE ë. &S& MA1STRK A M; DEPLACE.
Turin, «9 décembre 1818.
Monsieur ,
J'ai reçu vos deux dernières lettres et îa copie du premier livre. Je suis rongé de remords pour l'épouvantable ennui que j'aurai donné à votre cher enfant. Certainement il m'aura maudit et très-justement. C'est aussi à l'aide d'une demoiselle assez intelligente , que j'ai pu faire la petite besogne que je vous envoie et qui satisfait, je pense , à toutes nos observations. Lorsque vous en serez au chapitre des textes russes, je crois que vous fairez (sic) parfaitement bien de m'envoyer l'épreuve , autrement les textes esciavons seront tous estropiés et ne fairont nul effet en Russie, contre mes intentions les plus expresses. Vous n'êtes point obligé par les nouvelles lois d'affranchir à Lyon pour Turin. Ici ma charge me donne une franchise illimitée; il faut mettre cette épreuve sous bande avec mon adresse officielle que vous lirez au bas de cette letlret Je liens beaucoup à ce que l'ouvrage soit daté, ou à 'a fin du discours préliminaire , ou à la fin de l'ouvrage (..îai 1817). M. B. * vous l'aura peut-être mandé. Mais, à propos de préliminaire , que dites-vous , Monsieur, de {idée qui m'est venue de voir à la tête du livre un pelil
(1) Baillot.
avant-propos de vous? Il me semble qu'il introduirait fort bien le livre dans le monde , et qu'il ne ressemblerait point du tout à ces fades avis d'éditeurs fabriqués par l'auteur même, et qui font mal au cœur. Le vôtre serait piquant , parce qu'il serait vrai. Vous diriez qu'une confiance illimitée a mis entre vos mains l'ouvrage d'un auteur que vous ne connaissez pas, ce qui est vrai. En évitant tout éloge chargé qui ne conviendrait ni à vous , ni à moi , vous pourriez seulement recommander ses vues et les peines qu'il a prises pour n'être pas trivial dans un sujet usé , etc. Enfin , Monsieur , voyez si cette idée vous plaît. Je n'y liens qu'autant qu'elle vous agréera pleinement.
Je ne puis envoyer par ce courrier que ce qui concerne le premier livre , moyennant quoi : Passez le Rubicon , mais ce n'est pas sans trembler que je vous donne le signal*
J'enverrai le reste quand je pourrai ; je n'ai plus le temps d'écrire. Souvent je regretterai ma ci-devant nullité , qui avait bien ses agréments. Notre excellent ami de Saint-Nizier vous aura sans doute fait connaître ma destination qui ne saurait être plus honorable ni plus avantageuse»
On ne saurait rien ajouter, Monsieur , à la sagesse de toutes les observations que vous m'avez adressées , et j'y ai fait droit d'une manière qui a dû vous satisfaire ; car toutes ont obtenu de moi des efforts qui ont produit des améliorations sensibles sur chaque point. Quel service n'avez-vous pas rendu au feu Pape Honorius , en me chicanant un peu sur sa personne? En vérité, l'ouvrage est à vous autant qu'à moi , et je vous dois tout , puisque
tu sans vôus^jamais il n'aurait vu le jour, du moins à soft honneur. — Tout le reste à un autre ordinaire : — Voici mon adresse officielle :
A S. E. le Ministre d'état, Régent de la grande Chancellerie, Grand-Croix de l'Ordre royal de Saint-Maurice et de Saint-Lazare.
Je suis de tout mon cœur , Monsieur , avec la considération la plus distinguée et toute la reconnaissance imaginable ,