‹ Du pape. 25. éd., seule conforme à celle de 1821, augm. de lettres inédites de l'auteur, de notes et d'une table analytiqueChapitre 25 sur 85 · CHAPITRE XÏII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏII

DES CASONS EN GENERAL, ET DE l'APPEL A LEUR AUTORITE»

Il ne s'ensuit pas , au reste , de ce que l'autorité du Pape est souveraine , qu'elle soit au-dessus des lois, et qu'elle puisse s'en jouer ; mais ces hommes qui ne cessent d'en appeler aux canons , ont un secret qu'ils ont soin de cacher, quoique sous des voiles assez transparents. Ce mot de canons doit s'entendre , suivant leur théorie , des canons qu'ils ont faits, ou de ceux qui leur plaisent. Ils n'osent pas dire tout à fait que si le Pape jugeait à propos de faire de nouveaux canons , ils auraient , eux , le droit de les rejeter ; mais qu'on ne s'y trompe pas ,

Si ce ne sont leurs paroles expresses , C'en est le sens.......

Toute cette dispute sur l'observation des canons fait pitié. Demandez au Pape s'il entend gouverner sans règle et se jouer des canons ; vous lui ferez horreur. Demandez à tous les Evêques du monde catholique s'ils entendent que des circonstances extraordinaires ne puissent légitimer des abrogations , des exceptions , des dérogations ; et que la souveraineté, dans l'Eglise , soit devenue stérile comme une vieille femme , de manière qu'elle ait perdu le droit inhérent à toute puissance , de produire de nouvelles lois à mesure que de nouveaux besoins les demandent ? ils croiront que vous plaisantez.

Nul homme sensé ne pouvant donc contester à nulle souveraineté quelconque le pouvoir de faire des lois , de les faire exécuter, de les abroger, et d'en dispenser lorsque les circonstances V exigent ; et nulle souveraineté ne s'ar*

rogeant le droit d'user de ce pouvoir , hors de ces circonstances ; je le demande , sur quoi dispute-t-on? Que veulent dire certains théologiens français avec leurs canons? Et que veut dire, en particulier, Eossuet avec sa grande restriction qu'il nous déclare à demi-voix , comme un mystère délicat du gouvernement ecclésiastique : La plénitude de la puissance appartient à la chaire de saint Pierre ; mais nous demandons que V exercice en soit réglé par les canons ?

Quand est-ce que les Papes ont prétendu le contraire ? Lorsqu'on est arrivé, en fait de gouvernement, à ce point de perfection qui n'admet plus que les défauts inséparables de la nature humaine , il faut savoir s'arrêter et ne pas chercher dans de vaines suppositions des semences éternelles de déûance et de révolte. Mais, comme je l'ai dit , Bossuet voulait absolument contenter sa conscience et ses auditeurs; et sous ce point de vue, le sermon sur l'unité est un des plus grands tours de force dont on ait connaissance. Chaque ligne est un travail ; chaque mot est pesé ; un article même , comme nous l'avons va , peut être le résultat d'une profonde délibération. La gêne extrême où se trouvait l'illustre orateur , l'empêche souvent d'employer les termes avec cette rigueur qui nous aurait contentés , s'il n'avait pas craint d'en mécontenter d'autres. Lorsqu'il dit par exemple : Dans la chaire de saint Pierre réside la plénitude de la puissance apostolique ; mais l'exercice doit en être réglé par les canons , de peur que, s'êlevant au-dessus de tout, elle ne détruise elle-même ies propres décrets : ainsi le mystèse est entendu1. J'en

(t) Un peti plus bas, il sVcrie : La comprcnez-vcus maintenant c^'.ti immortelle beauté de l'Eglise catholique? — Non, IHqnseigneur 5 P°'nl ^ tout, à moins que tous ne daigniez ajouter quelques mots.

demande bien pardon encore à l'ombre fameuse de ce grand homme; mais pour moi le voile s'épaissit , et loin d'entendre le mystère , je le comprends moins qu'auparavant. Nous ne demandons point une décision de morale ; nous savons déjà depuis quelque temps , qu'un souverain ne saurait mieux faire que de bien gouverner. Ce mystère n'est pas un grand mystère ; il s'agit de savoir si le Souverain Pontife , étant une puissance suprême * , est par là même législateur dans toute la force du terme ; si , dans la conscience de l'illustre Bossuet, cette puissance était capable de s'élever au-dessus de tout ; si le Pape n'a le droit , dans aucun cas, d'abroger ou de modifier un de ses décrets; s'il y a une puissance dans l'Eglise qui ait droit de juger si le Pape a bien jugé , et quelle est cette puissance ; enfin , si une Eglise particulière peut avoir , à son égard, d'autre droit que celui de la représentation.

Il est vrai que vingt pages plus bas , Bossuet cite , sans la désapprouver, cette parole de Charlemagne , que quand même F Eglise romaine imposerait un joug à peine supportable, il le faudrait souffrir plutôt que de rompre la communion avec elle2. Mais Bossuet avait tant d'égards pour les princes , qu'on ne saurait rien conclure de l'espèce d'approbation tacite qu'il donne à ce passage.

Ce qui demeure incontestable , c'est que si les Evoques réunis sans le Pape peuvent s'appeler Y Eglise , et s'attribuer une autre puissance que celle de certifier la personne du Pape , dans les moments infiniment rares où elle pourrait être douteuse, il n'y a plus d'unité, et l'Eglise visible disparaît.

(1) Les puissances suprêmes (en parlant du Pape) veulent cire instruites. (Sermon sur l'unité, IIIe point.}

(2) IIe point,

Au reste , maigre les artifices infinis d'une savante d catholique condescendance , remercions Bossuet d'avoir dit, dans ce fameux discours , que la puissance du Pap« est une puissance suprême1 ; que V Eglise est fondée sut son autorité2 ; que dans la chaire de saint Pierre réside la plénitude de la puissance apostolique* ; que lorsque le Pape est attaqué, Vépiscopat tout entier (c'est-à-dire l'Eglise) est en péril 4 ; qu'il y a toujours quelque chose de paternel dans le Saint-Siège* ; qu'il peut tout, quoique tout ne soit pas convenable* ; que dès V origine du christianisme , les Papes ont toujours fait profession , en faisant observer les lois, de les observer les premiers'1; qu'ils entretiennent l'unité dans tout le corps , tantôt par d'inflexibles décrets, et tantôt par de sages tempéraments8; que les Evêques n'ont tous ensemble qu'une même chaire, par le rapport essentiel qu'ils ont tous avec la chaire unique , où saint Pierre et ses successeurs sont assis; et qu'ils doivent , en conséquence de cette doctrine, agir tous dans l'esprit de l'unité catholique , en sorte que chaque Evêque ne dise rien, ne fasse rien, ne pense rien que l'Eglise universelle ne puisse avouer 9; que la puissance donnée à plusieurs , porte sa restriction dans son partage ; au lieu que la puissance donnée à un seul , et sur tous , et sans exception, emporte la plénitude10 ; que la chaire éternelle ne connaît point T hérésie" ; que la foi romaine est toujours la foi de l'Eglise; que l'Eglise romaine est toujours vierge; et que toutes les hérésies ont reçu d'elle , ou le premier coup , ou le coup mortel12; que la marque la plus évidente

(1) Sermon sur l'uniie* de l'Eglise, Œuvres de Bossuet, tom VU, p. 41. — (2) Ibid. p. 31. — (3) Ibid. p. 14.— (4) Ibid. p. 25.— {b)Ibid. p. 41. — (6) Ibid. p. 31. — Ibid. (7) pag. 32. — (8) Ibid. pag. 29. — (9) Ibid. pag. 16. — CIO) Ibid. pag. 14. — (11) Ibid. f. 9. — (12) Ibid. PS. 10.

de V assistance que le Saint-Esprit donne à cette mère des Eglises , c'est de la rendre si juste et si modérée , que jamais elle riait mis les excès parmi les dogmes*.

Remercions Bossuet de ce qu'il a dit, et tenons-lui compte surtout de ce qu'il a empêché, mais sans oublier que tandis que nous ne parlerons pas plus clair qu'il ne s'est permis de le faire dans ce discours, l'unité qu'il a si éloquemment recommandée et célébrée , se perd dans îe vague et ne fixe plus la croyance.

Leibnitz, le plus grand des protestants , et peut-être îc plus grand des hommes dans l'ordre des sciences , objectait à ce même Bossuet , en 1690, qu'on n'avait pu convenir encore dans l'Eglise romaine , du vrai sujet ou siège radical de V infaillibilité; les uns la plaçant dans le Pape , les autres dans le concile , quoique sans le Pape , etc. 2.

Tel est le résultat du système fatal adopté par quelques théologiens , au sujet des conciles, et fondé principalement sur un fait unique , mal entendu et mal expliqué, précisément parce qu'il est unique. Ils exposent le dogme capital de l'infaillibilité en cachant le foyer où il faut la chercher.

(1) Sermon sur l'unité, elc. Bossuet, tora. VII, p. 42.

(2) Voyez sa correspondance avec BossueL

tt?3 CHAPITRE XIV.

EXAMEN D'UNE DIFFICULTÉ PARTICULIERE QU'ON ÉlÈYE- CONTRE LES DÉCISIONS DES PAPES.

Les décisions doctrinales des Papes ont toujours fait !oi dans l'Eglise. Les adversaires de la suprématie pontificale ne pouvant nier ce grand fait , ont cherché du moins à l'expliquer dans leur sens , en soutenant que ces décisions n'ont tiré leur force que du consentement de l'Eglise; et pour l'établir , ils observent que souvent , avant d'être reçues, elles ont été examinées dans les conciles avec connaissance de cause ; Bossuet surtout a fait un effort de raisonnement et d'érudition , pour tirer de cette considération tout le parti possible.

Et en effet , c'est un paralogisme assez plausible que celui-ci : Puisque le concile a ordonné un examen préalable d'une constitution du Pape , c'est une preuve qu'il ne la regardait pas comme décisive. Il est donc utile d'éclaircir cette difiicultéi,

La plupart des écrivains français , depuis le temps surtout où la manie des constitutions s'est emparée des esprits , partent tous , même sans s'en apercevoir , de la supposition d'une loi imaginaire, antérieure à tous les faits et qui les a dirigés; de manière que si le Pape, par exemple , est souverain dans l'Eglise , tous les actes de l'Histoire ecclésiastique doivent l'attester en se pliant uniformément et sans effort à cette supposition , et que dans la supposition contraire , tous les faits de même doivent contredire la souveraineté.

Or , il n'y a rien de si faux que cette supposition , et ce a'est point ainsi que vont les choses ; jamais aucune insli-

mtion importante n'a résulté d'une loi , et plus elle est grande , moins elle écrit. Elle se forme elle-même par la conspiration de mille agents, qui presque toujours ignorent ce qu'ils font ; en sorte que souvent ils ont l'air de ne pns s'apercevoir du droit qu'ils établissent eux-mêmes. L'institution végète ainsi insensiblement à travers les siècles : Crescit occulto vélut arbor œvo* : c'est la devise éternelle de toute grande création politique ou religieuse. Saint Pierre avait-il une connaissance distincte de retendue de sa prérogative et des questions qu'elle ferait naîîre dans l'avenir? Je l'ignore. Lorsque après une sage discussion , accordée à l'examen d'une question importante à cette époque , il prenait le premier la parole au concile de Jérusalem, et que toute la multitude se tut2, saint Jacques même n'ayant parlé à son tour du haut de son siège patriarcal , que pour confirmer ce que le chef des Apôtres venait de décider , saint Pierre agissait-il avec ou en vertu d'une connaissance claire et distincte de sa prérogative , ou bien en créant à son caractère ce magnifique témoignage , n'agissait-il que par un mouvement intérieur séparé de toute contemplation rationnelle? Je l'ignore encore3.

On pourrait, en théorie générale, élever des questions curieuses; mais j'aurais peur de me jeter dans les subtilités et d'être nouveau au lieu d'être neuf , ce qui me fâcherait beaucoup; il vaut mieux s'en tenir aux idées simples et purement pratiques.

L'autorité du Pape dans l'Eglise, relativement aux

(l)[Horat. I. Od. 511,45.]

(2) Actes, XV, 12.

(3) Quelqu'un a blâmé ce doulc ; mais comme j* déclare expressément n'y point insister, je me crois en règle. Il me suffit de répéter ma profeslion de foi : Dieu me préserve d'êlre nouveau en voûtent iirt neuf!

Î05 gestions dogmatiques, a toujours été marquée au coin d'une extrême sagesse ; jamais elle ne s'est montrée précipitée, hautaine, insultante, despotique. Elle a constamment entendu tout le monde, même les révoltés, lorsqu'ils ont voulu se défendre. Pourquoi donc se serait-elle opposée à l'examen d'une de ses décisions dans un concile général? Cet examen repose uniquement sur la condescendance des Papes , et toujours ils l'ont entendu ainsi. Jamais on ne prouvera que les conciles aient pris connaissance, comme juges proprement dits , des décisions dogmatiques des Papes , et qu'ils se soient ainsi arrogé le droit de les accepter ou de les rejeter.

Un exemple frappant de cette théorie se tire du concile de Chalcédoine si souvent cité. Le Pape y permit bien que sa lettre fût examinée, et cependant jamais il ne maintint d'une manière plus solennelle VirrèformubiUtè de ses jugements dogmatiques.

Pour que les faits fussent contraires à cette théorie , c'est-à-dire à la supposition de pure condescendance , il faudrait, comme le savent surtout les jurisconsultes, qu'il y eût à la fois contradiction de la part des Papes, et jugement de la part des conciles , ce qui n'a jamais eu lieu.

Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est que les théologiens français sont les hommes du monde auxquels il conviendrait le moins de rejeter cette distinction.

Personne n'a plus fait valoir qu'eiiN le droit des Evêques, de recevoir les décisions dogmatiques du Saint-Siège avec connaissance de cause et comme juges de la foi 4. Cependant aucun Evêque gallican ne s'arrogerait le droit de déclarer fausse et de rejeter comme telle , une décision

(1) Ce droit fut exercé dans l'affaire de Féi:elon, avec une pomjie Uni! à fait ara usante,

dogmatique du Saint-Père. Il sait que ce jugement serait un crime et même un ridicule.

Il y a donc quelque chose entre l'obéissance purement passive , qui enregistre une loi en silence , et la supériorité qui l'examine avec pouvoir de la rejeter. Or , c'est dans ce milieu que les écrivains gallicans trouveront la solution d'une difficulté qui a fait grand bruit , mais qui se réduit cependant à rien lorsqu'on l'envisage de près. Les conciles généraux peuvent examiner les décrets dogmatiques des Papes, sans doute pour en pénétrer le sens, pour en rendre compte à eux-mêmes et aux autres , pour les confronter à l'Ecriture, à la tradition et aux conciles précédents ; pour répondre aux objections ; pour rendre ces décisions agréables , plausibles , évidentes à l'obstination qui les repousse; pour en juger, en un mot, comme l'Eglise gallicane juge une constitution dogmatique du Pape avant de l'accepter.

A-t-elle le droit de juger un de ces décrets dans toute la force du terme , c'est-à-dire de l'accepter ou de le rejeter, de le déclarer même hérétique, s'il y échoit? Elle répondra non ; car enfin le premier de ses attributs , c'est le bon sens *.

(1) Bercastel, dans son Ilistoire ecclésiastique, a cependant trouvé im moyen très-ingéuieui de mettre les Evêques à l'aise, elde leur conférer le pouvoir de juger le Pape. Le jugement des Evêques, dit-il, ne s'exerce point sur le jugement du Pape, mais sur les matières qu'il a jugées. De manière que si le Souverain Pontife a décidé, par exemple, qu'une telle proposition est scandaleuse et hérétique, les Evêques français ne peuvent èlre qu'il s'est trompé (7iefas) ; ils peuvent seulement décider que la proposition est édifiante ou orthodoxe.

« Les Evêques, continue le même écrivain, consultent les mêmes règles « qne le Pape, l'Ecriture, la tradition, et spécialement la tradition de leurs « propres églises, afin d'examiner cl de prononcer, selon la mesure d'au- « loriié qu'ils ont reçue de Jésus-Christ, si la doctrine proposée lui a\

Mais, puisqu'elle n'a pas droit de juger, pourquoi discuter? Ne vaut-il pas mieux accepter humblement et sans examen préalable , une détermination qu'elle n'a pas droit de contredire? Elle répondra encore non, et toufours elle voudra examiner.

Eh bien ! qu'elle ne nous dise plus que les décisions dogmatiques des Souverains Pontifes , prononcées ex cathedra , ne sont pas sans appel , puisque certains conciles en ont examiné quelques-unes avant de les changer en canons.

Lorsqu'au commencement du siècle dernier, Leibnitz, correspondant avec Bossuet sur la grande question de la réunion des Eglises , demandait , comme un préliminaire indispensable , que le concile de Trente fût déclaré non œcuménique; Bossuet, justement inflexible sur ce point, lui déclare cependant que tout ce qu'on peut faire pour faciliter le grand œuvre , c'est de revenir sur le concile par voie d'explication. Qu'il ne s'étonne donc plus si les Papes ont permis quelquefois qu'on revint sur leurs décidions par voie d'explication.

Le cardinal Orsi lui adresse sur ce sujet un argument qui me paraît sans réplique.

« Les Grecs nous accusaient, dit-il, en commençant « par l'exposition des faits, d'avoir décidé la question sans « eux, et ils en appelaient à un concile général. Sur cela « le Pape Eugène leur disait : Je vous propose le choix « entre quatre partis : 1° Etcs-vous convaincus par toutes « les autorités que nous vous avons citées, que le Saint-

« conforme ou contraire. » (Tlisl. de l'Egl. tom. XXIV, p. 93, citée par M. de Barrai, n. 3i,p. 305.)

Cette théorie de Bercastel prêterait le flanc à des réflexions sévères, si l'on ne savait pas qu'elle n'était de la part de l'estimable auteur, qu'un innocent arliûce pour échapper aux parlements et faire passer le reste.

« Esprit procède du Père el du Fils? la question est terminée. « 2° Si vous n'êtes pas convaincus, dites-nous de quel « côté la preuve vous paraît faible , afin que nous puis- « sions ajouter à nos preuves, el porter celle de ce dogme « jusqu'à V évidence, 3° Si vous avez de votre côté des « textes favorables à votre sentiment, citez-les. 4° Si toui « cela ne vous suffît pas, venons-en à un concile général. « Jurons tous, Grecs et Latins, de dire librement la vé- « rite, et de nous en tenir à ce qui paraîtra vrai au « plus grand nombre 1 . »

Orsi dit donc à Bossuet : Ou convenez que le concile de Lyon (le plus général de tous les conciles généraux) ne fut pas œcuménique, ou convenez que V examen fait des lettres des Papes dans un concile ne prouve rien contre V infaillibilité , puisqu'on consentit à ramener , et qu'en effet on ramena sur le tapis dans le concile de Florence , la même question décidée dans celui de Lyon2»

Je ne sais ce que la bonne foi pourrait répondre à ce qu'on vient de lire ; quant à l'esprit de contention , aucun raisonnement ne saurait l'atteindre : attendons qu'il lui plaise de penser sur les conciles comme les conciles.

(1) Jusjurandum demus, Latini pariler ac Graeci... Proferatur libéré Tentas per juramentum, et qttod pluribus videbilur, hoc amplcctemur et nos et vos.

(2) Jos. Aagust. Orsi. De irreform- rom. Pontifie, in dtfinirndis fidvi eimtroversiis judicio. Romœ, 1772, 4 vol. in-4, tom. I, lib. I, cap. XXXVII, art. I, pag. 81.

On a vu même trèt-souvent, dans l'Eglise, les Evèques d'une Eglise nationale, el même encore des Evéques particuliers, confirmer les décrets dei conciles généraux. Orsi en cite des exemples tirés des IV», Ve et Vie concile» généraux. {Ibid. lib. II, cap. I. art. civ. p. 104.)

Page 1