XXIV , INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
Ces titres magnifiques révèlent toute la pensée et tous les sentiments de Saint Alphonse sur la personne et l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ en ce monde. Ces sentiments, il a voulu les faire partager à tous ses enfants, à qui il ne cessait de les inculquer; et pour les perpétuer en quelque sorte parmi eux, il a établi comme une règle inviolable dans son Institut, qu'un jour de chaque semaine, on appliquerait « toutes les prières, communions, mortifications, travaux et occupations, pour l'exaltation de la Sainte Eglise et pour le Souverain Pontife. »
On conçoit après cela, que la trop fameuse Déclaration de 1682 dût être pour lui « comme une épine qui lui perçait le cœur, « d'après l'expression des historiens de sa Vie. Aussi prit-il à tâche de la réfuter ex professa, comme nous le dirons en son lieu, parce qu'il s'était convaincu que la plus forte opposition que l'on fit, de son temps, à l'infaillibilité pontificale, était basée sur les quatre Articles de la Déclaration.* — Et dès qu'il apprit la publication du livre pernicieux de Fébronius, il ne trouva plus de repos, comme nous le lisons dans les Actes de sa Béatification, qu'il n'eût donné la réfutation de cet insidieux ennemi des prérogatives du Pontife Romain.
Au moment de livrer à l'impression son grand ouvrage intitulé : Triomphe de VEglise ou Histoire et Réfutation des Hérésies, il reçut quelques observations du réviseur ecclésiastique touchant sa doctrine sur l'infaillibilité pontificale. Le Saint lui répondit : ^ Il y a un temps pour parler et un temps pour obéir : Tempus loquendi et tempus ohediendi. On peut, si l'on veut, changer certaines réflexions auxquelles je ne tiens pas ; mais s'il s'agit de la puissance suprême du Pape, je suis prêt a donner ma vie pour la défendre : ôtez cette puissance, et je ne
(*) Voir, dans le corps du volume, la note de la page 403, où nous avons donne quelques détails à ce sujet.