XXVIII INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
rement à n'écrire que ce qu'il croyait devoir contribuer le plus efficacement au triomphe de la vérité, à la gloire de Dieu, et à l'utilité ,de la Sainte Eglise. Or, il est manifeste, nous l'avons constaté ci-dessus, qu'il n'eut rien plus à coeur que la défense des droits et des sublimes prérogatives du Vicaire de Jésus-Christ, et qu'il les estimait au prix même de son sang et de sa vie.
Il proteste lui-même avec une louable franchise de la droiture et de la pureté de ses intentions, lorsqu'il dit dans l'Avertissement placé en tête de sa Théologie Morale, qu'il choisit les opinions les plus conformes à la vérité : Ut vero sententias veritati conformiores seligerem,^ et qu'avant de porter son jugement, il met toute son application à se dépouiller de tout esprit de parti et de toutes les séductions de la passion : /h eo {ni fallor) totus fui, ut in singulis quœstionibus me indifferenter haberem et àb omni passionis fuligine exspoliareyn:^ k\\\eViV&, il proteste qu'il n'a en vue que le salut des âmes et l'honneur de Dieu, et qu'il n'écrit pas sous l'empire de la passion : Testor Deum, cvjus honorem et animarmn salutem mihi proposui,... non aliqua passione commotus, etc.^ Ces sentiments nobles et élevés, où se révèle l'âme du saint, sont bien propres à rehausser l'autorité du savant.
Et ici remarquons bien que les Saints ont des lumières inconnues au commun des hommes, et qu'ils possèdent une espèce d'instinct naturel qui leur fait découvrir ou pressentir la vérité dans les grandes questions qui intéressent la foi, l'Eglise, et le salut des fidèles. Or, Saint Alphonse, avancé de bonne heure dans les voies de la sainteté et, par conséquent, doué de cette sorte d'intuition spéciale qui est propre aux Saints, a saisi d'un coup d'œil sûr la portée des questions qui concernent le Siège Apostolique : de là cette sage mesure, cette perspicacité, cette
(1) Theol. Moral. — Monit. auctoris ad Lector.
(2) Ibid. (3) Ibid. Ub. 4. n. 547. Edit. HeUig.