INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XXIX
prudence éclairée qui ont dû naturellemeni le guider dans l'étude et la décision de ces graves questions. Benoît XIV, son illustre contemporain, qui ne le connaissait encore que comme un simple prêtre, sacerdos quidam, nomine Alphonsus de Ligorio , lui donnait déjà de ce temps la belle qualification d'auteur prudent : Prudens auctor ; ce sont les propres expressions de ce savant Pontife dans son célèbre ouvrage De Synode diœcesana,^ où il fait valoir l'opinion de cet auteur prudent pour appuyer la sienne. Et à ceux qui venaient de Naples pour le consulter, il répondait : « Vous avez votre Liguori, écoutez-le. »
C'est cette admirable alliance d'une science étendue et d'une sainteté consommée que d'augustes voix se sont plu à faire ressortir avec une remarquable unanimité : « Dans ses ouvrages, dit le pape Pie VI en parlant des écrits de Saint Alphonse, on voit la vertu briller merveilleusement à côté de la science sacrée.^ » — « Parmi les lumières les plus éclatantes de l'Eglise Catholique, dit le pape Grégoire XVI, on voit briller Saint Alphonse de Liguori, qui s'est rendu illustre par sa science et par sa sainteté.^ » — Le pape Léon XII a également appliqué à notre Saint la qualification de très-saint et de très-savant : Vir sanctissimus idemque doctissimus ; * et cette parole a été répétée deux fois par l'immortel Pie IX, ^ qui siège aujourd'hui dans la Chaire de Pierre. — Nous passons sous silence les autres témoignages particulièrement flatteurs qui ont été rendus à la personne et à la doctrine de Saint Alphonse par tous les Souverains Pontifes sans exception, depuis Benoit XIV, son savant contemporain, jusqu'à Pie IX, glorieusement régnant.
On connaît en outre l'approbation exceptionnelle de ses écrits
(1) Lib. 11. c. 5. n. i7.
(2) Bref du 19 novembre 1775. (3) Décret ilu 10 janvier 1840. i4) Bref du 19 février 1825.
(5) Brefs du 25 novembre 1846 et du 7 avril 1847.
INTRODUCTION DU 'J'RADUCTEUR.
par un décret spécial de la Sacrée Congrégation des Rites, la confirmation de ce décret par le pape Pie VII, enfin, l'importante décision rendue par la Sacrée Pénitencerie, sous la date du 5 juillet 1831. Pour ne pas multiplier ici les citations, nous nous bornons à renvoyer aux trois témoignages que nous avons placés comme épigraphes en tête de ce volume, et à l'ouvrage du cardinal Villecourt,^ où tous les documents relatifs aux points que nous venons de signaler, sont rapportés dans toute leur étendue. Ajoutons simplement un témoignage qui concerne spécialement les Traités de ce volume et que nous empruntons à la Bulle de Canonisation du Saint, publiée sous Grégoire XVI, le 26 mai 1839 : Saint Alphonse, y lisons-nous, a écrit plusieurs ouvrages pour soutenir les droits de ce Saint Siège Apostolique ; on j admire une vigueur extraordinaire, une science étendue et variée, des preuves éclatantes de son zèle sacerdotal, et un rare dévouement pour la religion : Plurimos sane conscripsit libros... ad asserenda hujus Sanctœ Sedis Apostolicœ jura... ; in lis porro inusitatam vim, copiam varictatemque doçtrinœ, singularia ecclesiasticœ sollicitudinis documerda, exqidsitum religionis studium, demirari licet.
Quant à l'approbation de l'Eglise en particulier, mentionnons ces énergiques paroles d'un écrivain moderne, le R. P. Montrouzier, de la Compagnie de Jésus : « Rien de plus grave que cette approbation solennelle, mieux que cela, cette canonisation de la doctrine du Saint. L'histoire de l'Eglise n'en présente peutêtre pas d'autre exemple. ^ » — Cette pensée est confirmée par un autre rédacteur de \di. Revue des sciences ecclésiastiques ; après avoir dit que « Saint Liguori est devenu, dans la théologie morale, ce qu'est Saint Thomas dans la spéculative, " il ajoute :
(1) Vie et Institut de S. Alphonse, 1. 6. p. 1. ch. 2.
(2) Revue des Sciences ecclésiastiq. t. 16, page 303, ann. 1867. — Article intitulé : De l'autorité de S. Alphonse de Liguori en matière de Théologie Morale.