‹ Du pape et du concileChapitre 49 sur 135 · DU SOUVERAIN PONTIFE · texte numérisé non relu

DU SOUVERAIN PONTIFE

CONTRE JUSTIN FÉBRONIUS.

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

Les réflexions que nous avons présentées dans la préface du premier Traité au sujet du mérite intrinsèque de ce travail, sont en grande partie applicables à celui-ci : c'est la même matière traitée avec la même conviction et la même solidité. Seulement , une circonstance particulière donne ici plus d'animation et de vigueur à la polémique : c'est que le Saint Auteur se trouve aux prises avec un adversaire qu'il combat corps à corps, et poursuit jusque dans ses derniers retranchements. Toutefois, cette particularité n'empêche pas que ce Traité ne développe tous les arguments qui établissent la vérité des thèses générales concernant l'autorité, l'infaillibilité, les droits, et les prérogatives du Pontife Romain.

Saint Alphonse, toujours guidé par son jugement sûr et pratique, avait calculé toute la portée du mal que pouvait causer le livre insidieux du trop fameux prélat allemand, Jean-Nicolas de Hontheim, abrité derrière le pseudonyme de Justin Fébronius. Aussi, notre Saint ne se donna-t-il pas de repos, comme nous le lisons dans les Actes de sa Béatification, qu'il n'eût entrepris, en dépit de son grand âge, la réfutation de l'artificieux sophiste et de son pernicieux système. Mais, craignant quelque opposition de la part du gouvernement napolitain, qui, à cette époque, ne témoignait malheureusement que trop de sympathie pour le Fébronianisrae, le Saint Evêque fit publier son

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ouvrage à Venise en 1768, tandis qu'il occupait encore le siège épiscopal de Sainte-Agathe et se trouvait âgé de soixante -douze ans. Voici en quels termes il émvait sur ce sujet à l'imprimeur Remondini de Venise, sous la date du 3 mars 1768 : « Je vous ai déjà écrit que je voulais vous faire imprimer un petit ouvrage contre l'auteur français et anonyme du livre intitulé : Réflexions sur la Foi. Après bien des incertitudes, j'ai cru que diverses raisons de convenance ne me permettaient pas de le publier à Naples. Je me suis donc décidé à traiter la même matière dans un ouvrage contre Fébronius.... Voyez si vous voulez que cet opuscule soit imprimé à mes frais : dans ce cas, j'en ferai la dépense, persuadé que cette publication procurera la plus grande gloire de Dieu et servira les intérêts de l'Eglise, qui, de nos jours, est foulée aux pieds de tous côtés. « On voit par cette dernière phrase l'importance que Saint Alphonse attachait à son travail, « véritable livre d'or, dit un auteur moderne justement apprécié,^ dans lequel le saint Prélat, attribuant au Souverain Pontife le pouvoir suprême dans l'Eglise, prouve en même temps qu'il est infaillible dans la définition des questions de foi et supérieur au Concile général. »

Quant à l'auteur que cet ouvrage prend personnellement à partie, nous n'entrerons ici dans aucun détail biographique, parce que nous avons inséré dans le corps du Traité une notice assez étendue sur la vie et les doctrines du nouveau réformateur allemand.

(1) Bouix, Tract, de Papa, t. S. append. § 1.

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