III* TRAITÉ. DISSERTATION SUR LAUTORITÉ DU PAPE
II. — On doit en dire autant d'un Pape manifestement et extérieurement hérétique, mais non secrètement et mentalement hérétique. Toutefois, d'autres soutiennent avec plus d'exactitude que, dans ce cas, le Pape ne peut nullement être privé de son autorité par le Concile, comme si celui-ci lui était supérieur, mais en être dépouillé immédiatement par Jésus-Christ, supposé les conditions voulues pour une déposition, lesquelles sont requises à cet effet.
III. — Remarquons en outre que le Concile général peut être envisagé sous plusieurs points de vue relativement au Pape :
1° Quand le Concile est envisagé sans le Pape : alors le Concile n'a aucune autorité, si ce n'est dans les cas précités de schisme et d'hérésie; car le Concile est une assemblée d'évêques constituée sous le Pape en qualité de chef.
2° Quand le Concile est présidé par le Pape, qui est alors la tête unie au corps (c'est-à-dire à l'assemblée des évêques), ou quand le Concile est confirmé par le Pape: dans ce cas, le Concile ne peut être considéré comme supérieur au Pape; sans quoi, le Concile n'aurait nullement besoin de l'autorité du Pape, ou bien celui-ci conférerait l'autorité à son supérieur, ce qui est absurde.
3° Quand le Concile est assemblé par le Pape, où il est considéré comme la tête, et que les évêques sont séparés de lui comme le corps le serait de la tête. Or, on demande si, dans ce cas, le Pape est supérieur au Concile, ou le Concile supérieur au Pape.