INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XI
humaine et de périlleuses illusions que sur l'esprit de foi et la vérité divinement révélée; comme si toutes ces questions de progres et de libertés modernes ne touchaient pas au dogme et à la morale, et ne rentraient pas conséquemment, en tant que doctrine, dans le domaine et la compétence de l'Eglise!
« Oui, disait tout récemment Monseigneur Pie, évêque de Poitiers, ils tendent à former parmi nous une école séparée du véritable esprit et des véritables doctrines du christianisme, ces catholiques de nom et de volonté qui, sacrifiant à l'idole de l'esprit moderne, finissent par placer leur raison au-dessus de l'autorité de l'Eglise contemporaine, et par s'adjuger personnellement l’infaillibilité qu'ils refusent à la Chaire Apostolique.! »
De plus, ces amis décidés des transactions, ces partisans des idées larges de tolérance et de liberté, envisagent avec une certaine appréhension la définition dogmatique de l'infaillibilité pontificale, comme pouvant amener la ratification du Syllabus de 1864, et avec elle la consécration des principes politiques et religieux énoncés dans ce célèbre document pontifical, qui reparaitrait dès lors avec un surcroit de valeur et d'autorité. Qu'ils se persuadent donc de la haute portée des questions relatives à l'autorité du Pontife Souverain, à la nécessité d'un Chef suprême et infaillible pour maintenir dans l'Eglise l'unité de croyance et déterminer toutes ces questions modernes, qui, même abstraction faite de leur côté religieux , ont de si graves conséquences dans la pratique. Au surplus, ils ne doivent pas perdre de vue que ce n'est point sous prétexte d'apaisement et de pacification qu'ont peut transiger avec des principes fondamentaux, et se résigner à des concessions qui affectent la règle même de la foi et l'organisation intime de l'Eglise : les saints
ne connaissaient pas les tempéraments de ce genre.
(1) Homélie prononcée, le 28 septembre 1869, à la messe pontificale du 20 anniversaire de sa promotion à l'épiscopat.