‹ Du Pape et du Concile ou Doctrine complète de s. Alphonse de Liguori sur ce double sujetChapitre 81 sur 138 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

I. — Il faut observer d'abord que cette proposition : « Le Pape est au-dessus du Concile, » ne doit pas s'entendre d'un Pape douteux en temps de schismey lorsqu'on doute avec probabilité de la légitimité de son élection; car, alors, chacun doit se soumettre au Concile, comme l'a défini celui de Constance.* En effet, dans ce cas, le Concile général tient immédiatement de Jésus-Christ le pouvoir suprême, comme pendant la vacance du Siége, ainsi que le remarque très-bien Saint Antonin.®

(1) Epist. ad Cyprian. (2) Notit. eccles. Concilior. diss. 2. (3) Annat. ad ann. 258. (4) In Concit. diss. 2. n. 14.

(5) Summa Concit. sec. 3.

(6) Super propos. 29. ab Ater. VIII damnat. Ererc. 19

(7) Dialog. adv. Luciferian. n. 25.

(8) Sess. 4. — Labb. t. 12. cot. 19.

(9) Summa, p. 3. tit. 23. c. 2. $ 6.

II. — On doit en dire autant d'un Pape manifestement et extérieurement hérétique, mais non secrètement et mentalement hérétique. Toutefois, d'autres soutiennent avec plus d’exactitude que, dans ce cas, le Pape ne peut nullement étre privé de son autorité par le Concile, comme si celui-ci lui était supérieur, mais en être dépouillé immédiatement par Jésus-Christ, supposé les conditions voulues pour une déposition, lesquelles sont requises à cet effet.

III. — Remarquons en outre que le Concile général peut être envisagé sous plusieurs points de vue relativement au Pape :

1° Quand le Concile est envisagé sans le Pape : alors le Concile n'a aucune autorité, si ce n'est dans les cas précités de schisme et d'hérésie; car le Concile est une assemblée d’évéques constituée sous le Pape en qualité de chef.

2° Quand le Concile est présidé par le Pape, qui est alors la tête unie au corps (c'est-à-dire à l'assemblée des évêques), ou quand le Concile est confirmé par le Pape: dans ce cas, le Concile ne peut être considéré comme supérieur au Pape; sans quoi, le Concile n'aurait nullement besoin de l'autorité du Pape, ou bien celui-ci conférerait l'autorité à son supérieur, ce qui est absurde.

3° Quand le Concile est assemblé par le Pape, où il est considéré comme la tête, et que les évêques sont séparés de lui comme le corps le serait de la tête. Or, on demande si, dans ce cas, le Pape est supérieur au Concile, ou le Concile supérieur au Pape.

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