III. OBJECTIONS
plusieurs points qui jusque-là n'étaient pas tenus pour tels; et cependant ces quatre Conciles ont été reçus comme règles de foi par les Novateurs eux-mêmes.
OBJECTIONS
Mais passons aux nombreuses et fastidieuses oBJECTIONS de nos contradicteurs.
1° Calvin! objecte d'abord plusieurs passages de l'Ecriture où les prophètes, les prêtres et les pasteurs sont qualifiés de menteurs et d'ignorants : Depuis le prophète jusqu'au prêtre, dit Jérémie, tous ne font que mensonge : A propheta usque ad sacerdotem, cuncti faciunt mendacium;? et Isaïe : Les sentinelles d'Israël sont toutes aveugles, et les pasteurs mêmes n'ont aucune intelligence : Speculatores ejus caci omnes,... ipsi pastores ignoraverunt intelligentiam 3
On répond qu'il arrive bien des fois dans l'Ecriture que tous sont repris en général à cause de quelques méchants en particulier, comme le remarque Saint Augustin.“ Citons comme exemple ce passage : Tous cherchent leurs propres intérêts : Omnes enim qua sua sunt quærunt;5 or, c'est ce qui n'avait pas lieu assurément dans les Apôtres, qui ne cherchaient que la gloire de Dieu; aussi Saint Paul adresse-t-il cette exhortation aux Philippiens : Mes frères, soyez mes imitateurs, et proposez-vous l'exemple de ceux qui se conduisent comme nous : /mitatores mei estote, fratres, et observate eos qui ita ambulant.
Nous répondons en second lieu que dans les premiers textes cités, il s'agit des prêtres et des pasteurs pris séparément et trompant le peuple, mais non de ceux qui parlent lorsqu'ils sont assemblés au nom de Dieu.
Ajoutons que l'Eglise du Nouveau Testament a reçu des
(1) Institut. 1. 4. c. 9.n.Tet 4.
(2) Jerem. 8. 40. (3) Is. 56. 10 et 11, (4) De Unit. Eccies. c. 13. n. 34. Edit. Ben. (5) Phitip. 2. 21. (6) Pnitip. 3. 17.
promesses beaucoup plus assurées que celles que possédait la Synagogue, qui n'a jamais été appelée, comme notre Eglise, la colonne et le soutien de la vérité : Ecclesia Dei vivi columna et firmamentum veritatis.!
Calvin réplique que, même dans la Loi nouvelle, il y a beaucoup de faux prophètes et de séducteurs, comme il est dit dans Saint Matthieu : Et multi pseudopropheta surgent, et seducent multos.® — Cela est encore vrai; mais Calvin aurait bien dû appliquer ce texte à lui-même, à Luther, et à Zwingle, et non aux Conciles œcuméniques des évêques, à qui l'assistance du Saint-Esprit a été promise, de sorte qu'ils peuvent dire en toute vérité : Il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous: Visum est Spiritui Sancto et nobis.*
2° Calvin‘ objecte encore contre les Conciles l'iniquité du conseil de Caîphe, qui fut bien réellement un Concile général de tous les princes des prétres et dans lequel Jésus-Christ fut condamné comme digne de mort.5 Il en conclut que les Conciles, même cecuméniques, sont faillibles.
Nous répondons que nous ne reconnaissons comme infaillibles que les Conciles généraux qui sont légitimes et qui, comme tels, sont assistés du Saint-Esprit; or, comment peut-on regarder comme légitime et assisté du Saint-Esprit, un Concile où l'on condamne Jésus-Christ comme blasphémateur, pour avoir attesté qu'il est le Fils de Dieu après en avoir donné tant de preuves? un Concile où l’on usait de fourberie en subornant les témoins, et où l'on agissait par envie, ainsi que Pilate lui-même l'a reconnu; car il savait bien, dit l'Evangéliste, que c'était par envie qu'on avait livré Jésus-Christ: Sciebat enim quod per invidiam tradidissent eum.*
3° Luther? objecte qu'au Concile de Jérusalem, Saint Jacques changea la décision donnée par Saint Pierre; car, ajoute-t-il, Saint Pierre avait dit que les Gentils n'étaient point astreints aux observances légales,* tandis que Saint Jacques a soutenu
(1) Z. Tim. 5. 15. (2) Matth. 24. 11. (3) Act. 15. 28. (4) Institut. 1. 4.0.9. n. 7. (5) Matth. 26. 66. (6) Matth. 27. 18. (7) Assert. art. 29. (8) Act. 15. 10.