III. OBJECTIONS
Nous répondons en second lieu que le Concile de Laodicée n'a pas rejeté les Livres ci-dessus mentionnés, mais qu'il a seulement omis de les compter au nombre des canoniques, parce qu'alors la chose était douteuse ; mais, la vérité ayant été mieux éclaircie, c'est à bon droit qu'ils furent admis comme sacrés dans le III° Concile de Carthage.
8° Nos contradicteurs objectent également que certains Canons du VIe Concile œcuménique ont formulé plusieurs erreurs, telles que l'obligation de rebaptiser les hérétiques et la nullité des mariages contractés par les catholiques avec les hérétiques.
On leur répond avec Bellarmin! que ces Canons ont été supposés par les hérétiques; aussi le VII* Concile œcuménique? a-t-il déclaré que ces Canons n'étaient pas l'œuvre du VI° Concile, mais qu'ils avaient été fabriqués, plusieurs années après, dans un Concile illégitime qui se tint sous le règne de l'empereur Justinien II et qui fut même rejeté par le Pape, comme l’atteste le vénérable Bède.$
9° On nous objecte que le VII® Concile cecuménique, c'est-àdire le II° de Nicée, est en opposition avec celui de Constantinople, célébré sous l'empereur Constantin Copronyme au sujet du culte des Images, qui y fut interdit,
Je réponds que ce Concile de Constantinople ne fut ni légitime ni général, et qu'il ne fut célébré que par un petit nombre d'évêques, sans l'intervention des légats pontificaux et des trois patriarches, c'est-à-dire ceux d'Alexandrie, d'Antioche, et de Jérusalem, qui, d'après la discipline de ces temps-là, devaient y assister.
10° On nous objecte encore que le II° Concile de Nicée fut rejeté par celui de Francfort.
Mais nous répondons avec Bellarmin* que ce fut là le résultat d'une erreur; en effet, le Concile de Francfort supposait que celui de Nicée avait établi que les saintes Images devaient être honorées d'un culte de latrie; il supposait en outre que ce Concile avait été célébré sans l'assentiment du Pape; or, ces deux sup-
(1) De Concit. et Ecct. 1, 2. c. 8. ad object. 13. (2) Act. 4. (3) De sex ætatibus mundi, ann. 4649. (4) Loc. cit. object. 14.
positions étaient fausses, comme le constatent les Actes mêmes du Concile de Nicée.
11° On objecte que dans le IV® Concile de Latran, on a défini comme article de foi la transsubstantiation du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ, tandis que dans celui d'Ephèse, on a fulminé l'anathème contre ceux qui dresseraient un Symbole autre que celui du I°" Concile de Nicée.
On répond premièrement que le Concile de Latran n'a pas rédigé un nouveau Symbole, mais qu'il a seulement défini la question qui était alors agitée.
On répond en second lieu que le Concile d'Ephèse anathémisa ceux qui composeraient un Symbole contraire à celui de Nicée, mais non un Symbole nouveau qui définirait quelque point non défini jusque-là.
12° Nos adversaires objectent que, puisque les Conciles définissent les questions à la majorité des suffrages, il peut aisément se faire qu'on définisse une erreur par suite d'une voix de plus, et qu'ainsi la partie la plus nombreuse l'emporte sur la plus saine.
Nous répondons que l'erreur peut très-bien se produire dans des assemblées purement humaines, et la partie la plus saine être dominée par la plus nombreuse; mais il ne peut en être ainsi dans les Conciles œcuméniques, où le Saint-Esprit préside et au milieu desquels se trouve Jésus-Christ, conformément à la divine promesse qu'il nous en a faite.
13° On objecte encore que le Concile n'a pour objet que la recherche de la vérité, mais que la solution des doutes revient à l'Ecriture; par conséquent, dit-on, les définitions ne dépendent : pas de la majorité des voix, mais du jugement qui est le plus conforme à l'Ecriture Sainte; c'est pourquoi, continuent’ nos adversaires, chacun a le droit d'examiner les décrets du Concile, pour voir s'ils sont conformes à la parole divine : ainsi raisonnent Luther,! Calvin,? et d'autres protestants.
Mais nous leur répondons que dans les Conciles œcuméniques, ce sont les évêques qui forment le jugement infaillible des dog-
(1) Assert. art. 29. (2) Institut. 1. 4. c. 9. n. 8.