‹ Du Pape et du Concile ou Doctrine complète de s. Alphonse de Liguori sur ce double sujetChapitre 97 sur 138 · III. OBJECTIONS · texte numérisé non relu

III. OBJECTIONS

mes, jugement auquel tous doivent obéir sans examen. Nous en trouvons la preuve dans le Deutéronome, où le Seigneur détermina que les doutes seraient résolus par le prêtre qui présidait le conseil, et porta la peine de mort contre celui qui n'obéirait pas : Qui autem superbierit, nolens obedire sacerdotis imperio,... murietur homo ille.?

Nous en trouvons une preuve plus forte dans l'Evangile, où il est dit que si quelqu'un n'obéit pas à l'Eglise, il doit être tenu pour un paien et un publicain : Si autem Ecclesiam non audierit, sit tibi sicut ethnicus et publicanus;* or, nous l'avons dit, le Concile cecuménique représente, par une décision commune, cette méme Eglise, à laquelle on doit obéir.

Ajoutons que le Concile de Jérusalem® a défini la question des observances légales, non pas par l'Ecriture, mais par les suffrages des Apôtres, et tout le monde fut obligé de se soumettre à leur jugement.

Ainsi donc, répliquent les sectaires, l'autorité du Concile est supérieure à celle de l’Ecriture? or, s'écrie Calvin, c'est là un blasphème. — Nous répondons que la parole de Dieu, celle qui est écrite, comme l'Ecriture Sainte, aussi bien que celle qui ne l'est pas, comme la tradition, doit étre sans contredit préférée à tous les Conciles; mais les Conciles ne créent pas la parole de Dieu, ils déclarent seulement quelles sont les véritables Ecritures ou les véritables traditions, et quel en est le vrai sens. Ils ne leur confèrent donc pas l'infaillibilité, mais ils proclament celle qu'elles avaient déjà, en la déduisant des Ecritures mémes, et voilà comment ils définissent les dogmes que les fidèles doivent ensuite admettre : c'est ainsi que le Concile de Nicée a défini que le Verbe est Dieu, et non pas une créature; et celui de Trente, que l'Eucharistie renferme le vrai corps, et non pas seulement la figure de Jésus-Christ.

14° Les hérétiques prétendent que l'Eglise ne se compose pas exclusivement des évêques, mais de tous les fidèles, ecclésiastiques et séculiers; en conséquence, disent-ils, pourquoi les

(1) Deuter. 17. 12. (2) Matth. 18. 17.

(3) Act. c. 15 et 16. (4) Intitut. 1. 4. c. 9. n. 14

Conciles doivent-ils être célébrés uniquement par les évêques ? C'est pourquoi Luther prétendait que dans les Conciles, tous les chrétiens doivent être juges, de quelque condition qu'ils soient. Lors du Concile de Trente, les Protestants soutenaient qu'eux aussi avaient voix décisive dans les questions dogmatiques ; et cette prétention, ils la manifestèrent lorsqu'ils furent invités de nouveau à se rendre au Concile pour exposer leurs raisons sur les matières controversées. En effet, le Concile leur avait promis, avec un nouveau sauf-conduit, une complète sécurité pendant tout le temps de leur séjour à Trente, et toute liberté de conférer avec les Pères, comme aussi de se retirer quand bon leur semblerait. Leurs ambassadeurs arrivèrent en effet, et, dès le principe, ils déclarèrent que la sûreté qu'on leur promettait, n'était pas suffisante, attendu que le Concile de Constance avait décidé qu'on n'est pas tenu de garder la foi publique à l'égard de ceux qui sont accusés en matière religieuse. Mais les Pères de Trente leur répondirent que le saufconduit donné par le Concile de Constance à Jean Hus, n'avait pas été accordé directement par le Concile, auquel il appartient de procéder en matière de foi, mais par l'empereur Sigismond ; par conséquent, le Concile pouvait à bon droit exercer sa juridiction sur cet hérétique. En outre, comme nous l'avons rapporté dans notre ZMistoire des Hérésies,* le sauf-conduit donné à Jean Hus par l'empereur n'avait rapport qu'aux délits qui lui avaient été imputés, mais non aux erreurs contre la foi ; aussi, lorsque Jean Hus en fut averti, il ne sut que répondre. Les Pères de Trente répondirent done aux Protestants que le sauf-conduit qui leur était accordé par le Concile, leur offrait une bien plus grande sûreté que celui dont Jean Hus était pourvu. Les ambassadeurs exposèrent ensuite trois prétentions, toutes également injustes, pour le cas où les docteurs luthériens se rendraient à Trente.! Ils demandaient donc 1° que les questions de foi fussent décidées par l'Ecriture seule; ce qui ne pouvait être accordé, attendu que le Concile avait déjà déclaré,

(1) Pallavicini, Istor. del Concil. di Trento, 1. 12. c. 15. (*) Ch. X. art. VI. n.5.

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