‹ Du PapeChapitre 182 sur 192 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

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bien que de plus en plus rares, attristent encore l'humanité; les traités ne sont pas toujours loyalement observés; la force brutale intervient là où des décisions pourraient être prises en commun et sanctionnées par l'opinion publique. Enfin un fol orgueil domine parfois jusque dans ces êtres de raison qu'on appelle gouvernements. De telles lacunes dans la conduite générale du monde chrétien laissent à l'Église une mission aussi vaste qu’élevée et, en la remplissant avec un désintéressement exempt de tout retour à l'ambition des biens et des pouvoirs terrestres, elle se trouvera rattachée à tout le mouvement social par le lien sacré de la morale, qui domine également l'autorité et la liberté, et montera l’échelle des siècles parallèlement à la civilisation, et sans plus l’abandonner jamais que le bon pilote n’abandonne le navire.

Que l'Église catholique, et tant d' éminents prélats qui l’honorent.y songent donc sérieusement; car il importe que toute réforme s’accomplisse par l'Église elle-même et dans son sein. C’est une erreur de (Toire que le concile de Trente ait mis la clef de voûte à un édifice qui doit s’élever éternellement. Ce concile, expression d’une époque reculée de trois siècles, doit être révisé. Si l’Ér glise se renfermait dans un dédain absolu pour la raison du siècle et pour les avertissements que d’importants événements lui apportent de nos jours, sa constitution et sa doctrine pourraient se voir exposées à de graves atteintes. L’expérience a démontré, et tout le monde commence à reconnaître, que les nations qui se sont séparées de Rome depuis le xvi* siècle n’ont point été abandonnées de la Providence, mais qu’elles en ont été favorisées, au contraire, d’une manière sensible. On les

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voit progresser en l ichesses et en inorulilé, îi l’abri des révolutions et des guerres, tandis (jne les sociétés restées sous l'influence de Rome sont moins prospères et particulièrement exposées aux deux terribles fléaux qui compromettent la tranquillité et les intérêts.

Nous ne croyons pas qu'il soit prudent, au clergé de ■France et au Pape, de continuer une guerre qui, pour être dissimulée, n’en rappelle pas moins la haine implacable avec laquelle la Papauté combattait les empires, au moyen âge , sous l'unique inspiration d’une idée mortellement hostile à tout droit civil. La théocratie a fait son temps, et la France de 89, qui représente le droit et les institutions modernes, saura les défendre contre les partis incorrigibles qu'elle a tant de fois vaincus.

Arrivé au terme de l’étude que nous nous étions proposée en écrivant ce livre, nous nous rappelons le mot qu'un évêque français adressait, il y a deux ans, aux publicistes qui traitaient la question romaine : • Êtesvous théologiens, pour en parler...? » Nous ne sommes pas théologien; nous ne sommes qu’un chrétien perdu dans le nombre et l’espace. Mais nous croyons qu’il y a une mission imposée à tout homme qui pense, sous la responsabilité de ses intentions et de ses lumières. L’œuvre de la société est loin d’être achevée ; chaque dévouement apporte à l’édifice une pierre que la main seule du temps sait mettre à sa place. Nos idées et nos conseils iront où va le grain que jette au vent le semeur ; perdu pour les regards en tombant sur le sol, foulé aux pieds quelquefois, il germe cependant à son jour, et les fruits qu’il donne sont moins le travail de l'homme que la merveille de Dieu.

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CUAPITRE PREMIKR.

e\PU9É PHÉLimNAIRE DES PRINCIPES Qül ONT RÉGI LES PUU\OIRS SPIRITLEI. ET TEVPUHEI. IIEPMS LE CHRISTIANISME.

Morale de Jésus-Clirisl. — Doctinic d-s A|)Oti-es. — Opinions üra Pltps (le. rfiglise. — Maximes de la cour roiaaiiie. — Déclaralioii d(*8 droils de l'État î

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