‹ Du PapeChapitre 61 sur 192 · SAINT GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE

L'unité spirituelle et Tuiilté matérielle. — Duetrine des SS. Pères sur l'uoité et l’auloriié dans l'Église. — Saint Grégoire s’élève contre le litre de Pape universel. — .MM. le cardinal de Bonald et l’arcliipièlre Wassiliew. — Tendance niaiérialiste du parti catlioliquc — CetU; tendance le porte h usurper r<’nipirc. — Pourquoi les évéqui-s d’.Antiochc et de Jérusalem n'ont-ils pas hérité de la chaire de saint Pierie? — Grégoire II au pouvoir temporel. — .Apparition de .Mahomet au mi.àou des dissensions des chrétiens.

Ce n’est pas assurément que l’aspiration "énérRle à l’unité et à Tuniversalifé qui se manifcslait en ces tempslà lut mauvaise; elle était au contraire parl'aitement rationnelle et chrétienne. Mais, tandis que les docteurs apostoliques, les vrais chrétiens, vojaient cette unité dans un principe spirituel, embrassant toute riiiimanité dans une même et sainte croyance, les théologiens formalistes la poursuivaient sous le masque religieux dans une forme humaine toute semhlablc à la personne de César. Cette dernière manière d’envisager l’unité était évidemment une réaction du matérialisme païen contre l’esprit chrétien, et de la politique contre la religion.

La plupart des Pères de l’Église, il est vrai, adhérèrent à la primauté présidentielle du siège épiscopal

de Rome en vue des disputes ihéologiques et par amour de la haute discipline de l'Église. Mais ce fut toujours avec des réserves en faveur du principe abstrait du christianisme qui seul pouvait s’appliquer à l’unité universelle , et de l’autorité de l'Église résidant dans l’Eglise elle-même, représentée par le corps épiscopal. Saint Cjprien.qui a tant travaillé à résoudre le problème de l’unité et de la liberté dans l'Église, écrivait qu’il ne s'agissait pas de mettre une différence entre Pierre et les autres Apôtres, mais de fonder l'unité de l’épiscopat ; que tout ce qu’était en pouvoir et honneur Pierre, les autres Apôtres l'étaient également; que tous les évêques étaient aussi bien successeurs de saint Pierre que de saint Paul et des autres Apôtres ; que si saint Pierre a reçu les clefs, tous les évêques les ont reçues comme lui, et enfin que l’Église visible est fondée sur tous les évêques, parce que Jésus-Christ a donné à tous les Apôtres, à la fois, son Saint-Ésprit'.

Saint Cvprien cependant se sert du mot la chaire de saint Pierre de manière à faire croire qu’il était du nombre de ceux qui y croyaient dès les premiers temps, ou qui ont voulu en consacrer la fiction. Slais il parle constamment de la primauté de saint Pierre, comme d’un expédient utile plutôt que d’une réalité. « Jésus- Christ, dit-il, voulut appeler .saint Pierre le premier à l’apostolat, afin de procéder par l'unité pour que l'ordre fût plus sensible*. » Mais saint Cyprien, tout en attribuant à l'évêque de la capitale une préséance honori-

' Saint Cyprien, De Simplicitate prœlat.

’ C'est par erreur que saint Cyprien dit que saint Pierre fut appelé le premier à l'apostolat. Nous voyons dans saint Jean qu'Andre, frère de Pierre, s’était attaché à Jésus avant lui, et

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