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CHAPITRE VU

fique comme symbole de l’unité et pour l'ordination de l’épiscopat, réservait le principe de l’autorité, dès qu’il s’agissait dé doctrine. Il était loin de reconnaître à l’évéque de Rome une autorité sur les autres évêques. Le pape Étienne ayant voulu prononcer en dernier ressort entre lui et son compétiteur au siège de Carthage, en prétextant de la primauté de son siège, saint Cyprien repoussa une semblable prétention, et reçut pour cet acte d’indépendance les félicitations des évéques. ses collègues. « Je suis indigné, lui écrivait saint Firmilien, « de la folle arrogance de l'évéque de Rome qui pré- • tend avoir hérité son évêché de l’Apôtre Pierre. » Tout le monde sait qu’à l'occasion des formalités de la Pâque, question simplement disciplinaire, toutes les Églises d’Orient rejetèrent des changements que l’évéque de Rome avait voulu leur imposer. Le pape Victor lutta longtemps, menaça et même excommunia en vain. Les Églises restèrent fidèles à la règle qu’elles disaient avoir reçue des Apôtresi Du temps de saint Cyprien aussi, il s’éleva une contestation au sujet du baptême conféré par les hérétiques. Saint Cyprien et les évéques d’Afrique et d’Asie résistèrent invinciblement au pape Étienne, en lui opposant également la tradition des Apôtres. Il en résulte donc que saint Cyprien ne considérait l’évéque de Rome que comme le président de l'Église visible, laquelle Église, selon ses paroles mêmes « était établie sur tous les évêques, et dirigée par EUX*. »

que ce fut André qui lui présenta Pierre. Au reste , les deux fils de Zébédée furent appelés le même jour et presque au même instant que Pierre. (Saint Jean, ch. i, v. 40.)

' Saint Cyprien, Ép. LV.

Saint Jérôme explique dans le même sens, et avec dos réserves plus accentuées encore, son adhésion à la primauté ecclésiastique dont les disputes théolo"iqucs semblaient conseiller rétablissement. Ecrivant au Pape Innocent I" : « Je proteste, disait-il, que Je ne reconnais (l'autre maître que Jésus-Christ ; niais je m’attache ii votre Sainteté, c’est-à-dire à la chaire de Pierre, afin que, par V établissement d’un chef, toute occasion de schisme soit ôtée*. »

Saint Gréfîoire, qui occupa le .siège de Rome, alla plus loin que les Pères précédents. Il .se montra radicalement opposé, comme nous le verrous bientôt, à l'existence d'un chef unique de l'Eglise. Il ne voulut jamais recevoir le titre de patriarche universel, mais seulement celui de primat d'Italie et Apôtre d'Occident. Sa vie entière sur le siège pontifical fut une protestation contre l'institution de la Papauté.

En même temps donc que les théologiens formalLstes s'efforcaient d’accréditer le siège de Rome par la supposition qu'il avait été occupé par l’Apôtre Pierre, les docteurs vraiment chrétiens soutenaient que funité vraie était foute spirituelle, toute de foi en Dieu et en Jésus-Christ, « unique médiateur entre Dieu et les hommes, » comme le dit saint Paul. Il n’est pas un seul des Pères qui l'enteiidit autrement. Toutes les Églises de l'uuivers, dit Tertulien, n’en forment qu’une seule, parce qu'elles sont unies par la même foi*. Saint Jean Chrysostôme dit que le mot Église est synonyme d’harmonie’. Saint Ambroise définit l’Église une association

‘ Saint Jérôme, Ép. XV, n° 2, et lib. 1, in Jovi», n° 26.

* Tertulien, De Prescripl.

* Saint Jean Chrysostome, Homel, l, in Paul.

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