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CHAPITRE X

divin, dérobé au ciel, dévorait ces nouveaux Prométhécs par tous les sens. Quand le ix* siècle se ferma, plusieurs d’entre eux avaient succombé de mort violente ; car en même temps que les Papes dictaient au loin leurs lois, pleines de caprices, aux empereurs et aux rois chrétiens, leur intérieur était mal gouverné. Leur personne, dépouillée de tout prestige aux yeux des Romains, se trouvait exposée aux plus rudes difficultés. Bien plus, il y avait sans cesse du tumulte pour l’obtention du Saint- Siège. On n’y voyait monter et en d<‘scendre les Papes que par des voies ensanglantées. Tous les moyens étaient bons pour s’élever à une charge qui n’était pas seulement la première de l’Etat, mais qui donnait de plus, et sans grand souci, l’empire du monde chrétien. Ees crimes des Etienne 11 et 111, de Paul 1", des Boniface VH, des Benoît VII; les atrocités d'Étienne VI, disent assez dans quel étal de perturbation l’esprit de rivalité avait jeté la cour romaine. Quel hideux spectacle ne donne pas ce dernier Pontife, par exemple, qui pousse la frénésie jusqu'à faire déterrer le cadavre de son prédécesseur et rival Formose? Il l'habille des habits ponlilioaux, le fait comparaître devant des juges, qui lui font coupelles trois doigts avec lesquels il avait donné les bénédictions pontificales, puis les eaux du Tibre revoivenl et entraînent, sous les yeux du peuple, ce cadavre mutilé!...

Franchissons rapidement cette mare de sang et de boue qui ouvre le x' siècle. Pour le repos, sinon pour l'honneur des Romains, la folie sanguinaire de la cour romaine s'apaise dans l’ivresse de la volupté. Les Pontifes subissent l’influence de quelques femmes pleines de charmes, et unissant, chose rare, l’aménité du caractère

à l’atnbiliuu du puuvoir. Les comtes de Tusculum, descendants des anciens Golhs, comme la plupart des seigneurs qui tenaient les fiefs d'Italie, dominaient dans Rome, après s'être alliés à des Romaines. C'est de cette maison que sortit la célèbre Théodora. Elle était un de ces admirables types de l'aristocratie italienne qui, par la pureté des traits, l’élégance des formes et la richesse sensuelle de l’organisme, donnent une idée de la beauté dont les artistes de l'antiquité se sont inspirés. Cette femme était devenue, en quelque sorte, l’idole du peuple impressionnable et oisif des places romaines, auquel elle se montrait fréquemment. Elle vit les chefs des factions tomber successivement à ses pieds, et profita de son influence pour les désarmer tous. Théodora avec sa fille Marozia et un essaim de ses amies, furent pour la ville et l'Église des anges, non de chasteté, mais de paix. Grâce à leur influence, la concorde s'établit entre des hommes qui ne semblaient nés que pour se détruire. Théodora donne sa fille pour maîtresse au Pape Sergius, et se contente pour son compte de l'archevêque de Ravenne. Par cet expédient original, elle procure sept années de tranquillité au Saint-Siège, et, Sergius étant mort, elle y fait monter sans bruit ni obstacle son amant, qui fut Jean X.

Baronius s'est bien un peu scandalisé d'un tel système : « Quel honteux spectacle, s'écrie l’honnête cardinal, présentait l'Église romaine, alors que de honteuses courtisanes avaient sur le Saint-Siège un pouvoir illimité, et la nomination des évêques à leur disposition ! Elles faisaient monter leurs amants sur le trône de saint Pierre, Pontifes infâmes, destinés à donner une idée de ces lemps-là!... » Mais d’autre» auteurs ont trouvé le

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