LIVRE II, CHAPITRE X
l’autorité du Pape ; et c’est une chose bien singulière que les critiques modernes ne veuillent pas s’apercevoir de la contradiction manifeste où ils tombent en observant tous d’une commune voix, que ce qu'il y avait de plus déplorable dans ces grands jugements , c'était l'aveuglement des princes , qui n'en contestaient pas la légitimité , et qui souvent les invoquaient eux-mêmes.
Mais si les princes étaient d’accord, tout le monde était donc d’accord , et il ne s’agira plus que des abus ' qui se trouvent partout.
Philippe-Auguste, à qui le Pape venait de transférer le royaume d’Angleterre en héritage perpétuel..., ne publia point alors qu’»7 n’ appartenait pas au Pape de
donner des couronnes « Lui-même avait été excom-
« munié quelques années auparavant... parce qu’il avait « voulu changer de femme. Il avait déclaré alors les u censures de Rome insolentes et abusives... Il pensa « tout différemment lorsqu’il se vit l’exécuteur d’une « bulle qui lui donnait l’Angleterre l. »
C’est-à-dire que l’autorité des Papes sur les rois n’était contestée que par celui qu’elle frappait. 11 n’y eut donc jamais d’autorité plus légitime, comme jamais il n’y en eut de moins contestée.
La diète de Forcheim ayant déposé, en 1077, l’empereur Henri IV, et nommé à sa place Rodolphe, duc de Souabe, le Pape assembla un concile à Rome pour juger les prétentions des deux rivaux : ceux-ci jurèrent par la bouche de leurs ambassadeurs de s’en tenir à la décision des légats ’, et l’élection de Rodolphe fut confirmée. C’est alors que parut sur le diadème de Rodolphe le vers célèbre ;
La Pierre a choisi Pierre, et Pierre t'a choisi •.