LIVRE II, CHAPITRE X
Papes ont donné tous les royaumes d’Europe avec le consentement des rois et des peuples. Il cite un roi de Danemark disant au Pape, en 1329 : Le royaume de Danemark, comme vous le savez, Très-Saint-Père , ne dépend que de l’Eglise romaine , à laquelle il paye un tribut, et non de l'Empire '.
Voltaire continue ces mêmes détails dans le chapitre suivant , puis il écrit à la marge avec une profondeur étourdissante : Grande preuve que les Papes donnaient des royaumes.
Pour cette fois, je suis parfaitement de son avis. Les Papes donnaient des royaumes , donc ils donnaient tous les royaumes. C’est un des plus beaux raisonnements de Voltaire *.
Lui-même encore a cité ailleurs le puissant Charles- Quint demandant au Pape une dispense pour joindre le titre de roi de Naples à celui d’empereur \
L’origine divine de la souveraineté , et la légitimité individuelle conférée et déclarée par le vicaire de Jésus- Christ, étaient des idées si enracinées dans tous les esprits, que Livon, roi de la Petite- Arménie, envoya faire hommage à l’empereur et au Pape en 1242; et il fut couronné à Mayence par l’archevêque de cette ville ‘.
Au commencement de ce même siècle, Joannice, roi des Bulgares, se soumet à l’Église romaine, envoie des ambassadeurs à Innocent III, pour lui prêter obéissance filiale et lui demander la couronne royale, comme ses prédécesseurs V avaient autrefois reçue du Saint-Siège'".
En 1273, Démétrius, chassé du trône de Russie, en appela au Pape comme au juge de tous les chrétiens®.
Et pour terminer par quelque chose de plus frappant