‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 152 sur 295 · Voltaire, Ann. de l'Empire, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Voltaire, Ann. de l'Empire, 1. 1, p

peut-être, rappelons que dans le seizième siècle encore, Henri VII, roi d’Angleterre, prince passablement instruit de ses droits, demandait cependant la confirmation de son titre au Pape Innocent VII, qui la lui accordait par une bulle que Bacon a citée

Il n’y a rien de si piquant que de voir les Papes justifiés par leurs accusateurs, qui ne s’en doutent pas. Écoutons encore Voltaire : «Tout prince, dit-il, qui vou- « lait usurper ou recouvrer un domaine s’adressait au « Pape, comme à son maître... Aucun nouveau prince « n’osait se dire souverain, et ne pouvait être reconnu « des autres princes sans la permission du Pape; et le « fondement de toute l’histoire du moyen âge est tou- « jours que les Papes se croient seigneurs suzerains de « tous les États, sans en excepter aucun*. »

Je n’en veux pas davantage; la légitimité du pouvoir est démontrée. L’auteur des Lettres sur l'Histoire, plus animé peut-être contre les Papes que Voltaire même, dont toute la haine était pour ainsi dire superficielle, s’est vu conduit au même résultat, c’est-à-dire à justifier complètement les Papes, en croyant les accuser.

« Malheureusement, dit-il, presque tous les souve- « rains, par un aveuglement inconcevable, travaillaient « eux-mêmes à accréditer dans l’opinion publique une « arme qui n’avait et qui ne pouvait avoir de force que « par cette opinion. Quand elle attaquait un de leurs ri- « vaux et de leurs ennemis, non-seulement ils l’approu- « vaient, mais ils provoquaient quelquefois l’excommu- « nication ; et en se chargeant eux-mêmes d’exécuter la « sentence qui dépouillait un souverain de ses États, « ils soumettaient les leurs à cette juridiction usurpée1 2 3.»

II cite ailleurs un grand exemple de ce droit public, et en l’attaquant, il achève de le justifier. « Il semblait ré-

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