‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 16 sur 295 · LIVRE I, (CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, (CHAPITRE II

nos hardis navigateurs, un concile qaeuménique est devenu une chimère. Pour convoquer seulement tous les .évêques, et pour faire constater légalement de cette convocation, cinq ou six ans ne suffiraient pas.

J[c ne suis point éloigné de croire que si jamais une assemblée générale de l’Église pouvait paraître nécessaire, ce qui ne me semble nullement probable, on en vînt, suivant les idées dominantes du siècle, qui ont toujours une certaine influence dans les affaires, à une assemblée représentative. La réunion de tous les évêques étant moralement, physiquement et géographiquement impossible, pourquoi chaque province catholique ne députerait-elle pas aux états généraux de la monarchie ? Les communes n’y ayant jamais été appelées, et l’aristocratie étant de nos jours trop nombreuse et trop disséminée pour pouvoir y comparaître réellement, et même à beaucoup près, que pourrait-on imaginer de mieux qu’une représentation épiscopale? Ce ne serait au fond qu’une forme déjà reçue et seulement agrandie ; car dans tous les conciles on a toujours reçu les pleins pouvoirs des absents.

De quelque manière que ces saintes assemblées soient convoquées et constituées, il s’en faut de beaucoup que l’Écriture sainte fournisse, en faveur de l’autorité des conciles, aucun passage comparable à celui qui établit l’autorité et les prérogatives du Souverain Pontife. Il n’y a rien de si clair, rien de si magnifique que les promesses contenues dans ce dernier texte ; mais si l’on me dit, par exemple : Toutes les fois que deux ou trois personnes sont assemblées en mon nom, je serai au milieu d'elles ; je demanderai ce que ces paroles signifient, et l’on sera fort empêché pour m’y faire voir autre chose que ce que j’y vois, c’est-à-dire une promesse faite aux hommes, que Dieu daignera prêter une oreille plus particulièrement miséricordieuse à toute assemblée d lioinmes réunis pour le pt'ier.

D’autres textes prêteraient à d’autres difficultés; mais

je ne prétends pas jeter le moindre doute sur l'infaillibilité d’un concile général; je dis seulementque ce haut privilège, il ne le tient que de son chef, à qui les promesses ont été faites. Nous savons bien que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l’Église ; mais pourquoi ? A cause de Pierre , sur qui elle est fondée. Otez ce fondement , comment serait-elle infaillible , puisqu’elle n’existe plus ? Il faut être , si je ne me trompe, pour être quelque chose.

Ne l’oublions jamais : aucune promesse n’a été faite à l’Église séparée 'de son chef, et la raison seule le devinerait, puisque l’Église, comme tout autre corps moral, ne pouvant exister sans unité, les promesses ne peuvent avoir été faites qu’à l’unité, qui disparaît inévitablement avec le Souverain Pontife.

Page 1