CHAPITRE II
Des Conciles.
C’est en vain que, pour sauver l’unité et maintenir le tribunal visible, on aurait recours aux conciles, dont il est bien essentiel d’examinèr la nature et les droits. Commençons par une observation qui ne souffre pas le moindre doute : C’est qu'une souveraineté périodique ou intermittente est une contradiction dans les termes ; car la souveraineté doit toujours vivre, toujours veiller, toujours agir. Il n'y a pour elle aucune différence entre la vie et la mort.
Or, les conciles étant des pouvoirs intermittents dans l’Église, et non-seulement intermittents, mais, de plus, extrêmement rares et purement accidentels, sans aucun retour périodique et légal, le gouvernement de l’Église ne saurait leur appartenir.
Les conciles, d’ailleurs, ne décident rien sans appel, s’ils ne sont pas universels, et ces sortes de conciles entraînent de si grands inconvénients, qu’il ne peut être entré dans les vues de la Providence de leur confier le gouvernement de son Église.
Dans les premiers siècles du christianisme, les conciles étaient beaucoup plus aisés à rassembler, parce que l’Église était beaucoup moins nombreuse, et parce que l’unité des pouvoirs réunis sur la tête des empereurs leur permettait de rassembler une masse suffisante d’évêques pour en imposer d’abord, et n’avoir plus besoin que de l’assentiment des autres. Et cependant que de peines, que d’embarras pour les rassembler !
Mais dans les temps modernes, depuis que l’univers policé s’est trouvé, pour ainsi dire, haché par tant de souverainetés, et qu’il a été immensément agrandi par