LIVRE U, CHAPITRE XII
Pape étaient exagérées, celle des empereurs ne l’étaient pas moins. Nous voyons Louis de Bavière traiter le Pape, dans une ordonnance du 23 avril 1328, absolument comme un sujet impérial. Il lui ordonna la résidence, lui défendit de s'éloigner de Home pour plus de trois mois , et à plus de deux journées de chemin sans la permission du clergé et du peuple romain. Que si le Pape résistait à trois sommations, il cessait de l'être ipso facto.
Louis termina par condamner à mort Jean XXII1 2 3.
Voilà ce que les empereurs voulaient faire des Papes! et voilà ce que seraient aujourd’hui les Souverains Pontifes, si les premiers étaient demeurés maîtres.
On connaît les tentatives de Louis de Bavière, faites à différentes reprises, pour être réconcilié; et il paraît même que le Pape y aurait donné les mains sans l’opposition formelle des rois de France, de Naples, de Bohème et de Pologne \ Mais l’empereur Louis se conduisit d’une manière si insupportable, qu’il fut nouvellement excommunié en 1346. Son extravagante tyrannie fut portée, en Italie, au point de proposer la vente des États et des villes de ce pays à ceux qui lui en offraient un plus haut prix \
L’époque célèbre de 1349 mit fin à toutes les querelles. Charles IV plia en Allemagne et en Italie. Alors on se moqua de lui, parce que les esprits étaient accoutumés aux exagérations. Cependant il régna fort bien en Allemagne, et l’Europe lui dut la bulle d’or qui fixa le droit public de l’Empire. Dès lors rien n’a changé, ce