‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 161 sur 295 · L1VKE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

L1VKE II, CHAPITRE XII

Rien ne change : on se battit ; mais tous les torts étaient du côté d’Othon, dont l’injustice et l’ingratitude ne sauraient être excusées. Il le reconnut lui-môme lorsque, sur le point de mourir, en 1218, il demanda et obtint l’absolution avec de grands sentiments de piété et de repentance.

Frédéric II, son successeur, s’était engagé, par serment et sous peine d'excommunication, à porter ses armes dans la Palestine ' ; mais, au lieu de remplir ses engagements, il ne pensait qu’à grossir son trésor, aux dépens même de l’Église, pour opprimer la Lombardie. Enfin, il fut excommunié en 1227 et 1228. Frédéric s’était enfin rendu en Terre-Sainte, et pendant ce temps le Pape s’était emparé d’une partie de la PouilleI. 2 3; mais bientôt l’empereur reparut et prit tout ce qui lui avait été enlevé. Grégoire IX, qui mettait avec grande raison les croisades au premier rang des affaires politiques et religieuses, et qui était excessivement mécontent de l’empereur, à cause de la trêve qu’il avait faite avec le Soudan, excommunia de nouveau ce prince. Réconcilié en 1230, il n’en continua pas moins la guerre, et la fit avec une cruauté inouïe2.

11 sévit surtout contre les prêtres et contre les églises d’une manière si horrible, que le Pape l’excommunia de nouveau. Il serait inutile de rappeler* l’accusation d’impiété et le fameux livre des Trois Imposteurs ; ce sont des choses connues universellement. On a accusé, je le sais, Grégoire IX de s’être laissé emporter par la colère, et d’avoir mis trop de précipitation dans sa conduite envers Frédéric. Muralori a dit d’une manière, à Rome on a dit d’une autre; cette discussion, qui exigerait beau-

I . Al che egli si obligo con solenne giuramento solto pena délia scomunica, (Muralori, Ann. d'Ital., ». VU, p. 175, ann. 1223.)

ï. Mais pour eu investir Jean de Brieune, beau-père de ce même Frédéric, ce qui mérité d'être remarqué. En général, l'esprit d'usurpation fut toujours étranger aux Papes; on ne l’a pas assez observé.

3. On le vit, par exemple, au siégé de Home, faire fendre la tète en quatre aux prisonniers de guerre, ou leur brûler le front avec un fer taillé eu orgi*.

coup de temps et de peine, est étrangère à un ouvrage où il ne s’agit pas du tout de savoir si les Papes n’ont jamais eu de torts. Supposons, si l’on veut, que Grégoire IX se soit montré trop inflexible, que dirons-nous d’innocent IV qui avait été l’ami de Frédéric avant d’occuper le Saint-Siège, et qui n’oublia rien pour rétablir la paix? Il ne fut pas plus heureux que Grégoire ; et il finit par déposer solennellement l’empereur dans le concile général de Lyon, en 12-45

Le nouveau schisme de l’Empire, qui eut lieu en 1257 , fut étranger au Pape, et ne produisit aucun événement relatif au Saint-Siège. Il en faut dire autant de la déposition d’Adolphe de Nassau, en 1208, et de sa lutte avec Albert d’Autriche.

En 1314, les électeurs commettent de nouveau l’énorme faute de se diviser; et tout de suite il en résulte une guerre de huit ans entre Louis de Bavière et Frédéric d’Autriche, guerre de même entièrement étrangère au Saint-Siège.

A cette époque, les Papes avaient disparu de celte malheureuse Italie où les empereurs ne s’étaient pas montrés depuis soixante ans, et que les deux factions ensanglantaient d’une extrémité à l’autre, sans plus guère se soucier des intérêts des Papes, ni de ceux des empereurs*.

La guerre entre Louis et Frédéric produisit les deux batailles sanglantes d’Eslingen en 1315, et de Muldorff en 1322.-

Le Pape Jean XXII avait cassé les vicaires de l’Empire en 1317, et mandé les deux concurrents pour discuter leurs droits. S’ils avaient obéi, on aurait évité au moins la bataille de Muldorfl. Au reste, si les prétentions du

1 . Plusieurs écrivains ont remarqué que celle fameuse excommunication fut prononcée en présence, mais non avec l'approbation du concile. Celte dilTerencc est à peine scusible dès que le concile ne protesta pas; et s’il ne protesta pas, c’est qu’il crut qu’il s’agissait d’un point de droit public qui n'exigeait pas mémo (le discussion. C’est ce qu’on n’observe pas assex.

g, Maimbuurg, Uist. de la Décad., etc., ann. 1 30$.

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