‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 184 sur 295 · LIVRE 111, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 111, CHAPITRE

3Le docte chevalier Jones a remarqué l’impuissance de la parole évangélique dans l’Inde ( c’est-à-dire dans l’Inde anglaise ). Il désespère absolument de vaincre les préjugés nationaux. Ce qu’il sait imaginer de mieux, c’est de traduire en persan et en sanscrit les textes les plus décisifs des Prophètes, et d’en essayer l’effet sur les indigènes*. C’est toujours l’erreur protestante qui s’obstine à commencer par la science, tandis qu’il faut commencer par la prédication impérative, accompagnée de la musique, de la peinture, des rites solennels et de toutes les démonstrations de la foi sans discussion ; mais faites comprendre cela à l’orgueil !

M. Claudius Buchanan, docteur en théologie anglicane, a publié, il y a peu d’années, sur l’état du christianisme dans l’Inde, un ouvrage où le plus étonnant fanatisme se montre joint à un nombre d’observations intéressantes*. La nullité du prosélytisme protestant s’y trouve confessée à chaque page, ainsi que l’indifférence absolue du gouvernement anglais pour l’établissement religieux dans ce grand pays :

« Vingt régiments anglais, dit-il, n’ont pas en Asie un « seul aumônier. Les soldats vivent et meurent sans « aucun acte de religion*. Les gouverneurs de Bengale « et de Madras n’accordent aucune protection aux chré- « tiens du pays , ils accordent les emplois préférable- « mentaux Indous et aux Mahométans4. A Saffera, tout

1. «S'il y a un moyen humain d’opérer la conversion de ces hommes (les

• Indiens), ce serait peut-être de transcrire en sanscrit ou en persan des mor-

• ceaut choisis des anciens prophètes, de les accompagner d'une préface rai-

• sonnée où l’on montrerait l'accomplissement parfait de ces prédictions, et de

• répandre l'ouvrage parmi les natifs qui ont reçu une éducation distinguée. Si

• ce moyen et le temps ne produisaient aucun effet salutaire, il ne resterait qu'à « déplorer la force des préjugés et la faiblesse de la r«isos tocts seuls (urma- « sisted reason). ■ W. Jone's Works, on Ihe G ods nf Greece, llahj and India, t. I, in-4*, p. 279, 280. 11 n'y a rien de si vrai ni de plus remarquable que ce que dit Ici sir William sur la raison non assisté» ; mais, pour lui comme pour tant d’autres, c’était une vérité stérile.

t. Voy. Christian Rtsearches in Asia, btj tlic R. Claudius Buchanan V. l).t in-8*, London, 1812, 9* edit.

Page 1