‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 201 sur 295 · LIVRE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III

confient, dans ces sortes de cas, à de hauts magistrats, le pouvoir de tempérer les châtiments, même sans recourir au souverain.

« On ne saurait se dispenser de reconnaître dans le « simple aveu de nos fautes, indépendamment de toute « idée surnaturelle, quelque chose qui sert infiniment à « établir dans l’homme la droiture de cœur et la sim- « plicité de conduite». » De plus, comme tout crime est de sa nature une raison pour en commettre une autre, tout aveu spontané est au contraire une raison pour se corriger ; il sauve également le coupable du désespoir et de l’endurcissement, le crime ne pouvant séjourner dans l’homme sans le conduire à l’un et à l’autre de ces deux abîmes.

« Savez-vous, disait Sénèque, pourquoi nous cachons « nos vices? C’est que nous y sommes plongés; dès que « nous les confesserons, nous nous guérirons *. »

On croit entendre Salomon dire au coupable : « Ce- « lui qui cache ses crimes se perdra ; mais celui qui les « confesse et s’en retire obtiendra miséricorde3. »

Tous les législateurs du monde ont reconnu ces vérités et les ont tournées au profit de l’humanité.

Moïse est à la tète. Il établit dans ses lois une confession expresse et même publique4.

L’antique législateur des Indes a dit : «Plus l’homme « qui a commis un péché s’en confesse véritablement et « volontairement, et plus il se débarrasse de ce péché, « comme un serpent de sa vieille peau 5. »

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