III
Considérations politiques .
L’erreur, redoublant toujours de force en raison de l’importance des vérités qu’elle attaque, s’est épuisée contre le célibat religieux , et après l’avoir attaqué sous le rapport des mœurs, elle n’a pas manqué de le citer au tribunal de la politique comme contraire à la population. On avait répondu à ces sophismes d’une manière victorieuse. Déjà Bacon, malgré les préjugés de temps et de secte, nous Svait fait penser à quelques avantages signalés du célibat'. Déjà les économistes avaient soutenu et assez bien prouvé que le législateur ne devait jamais s’occuper directement de la population, mais seulement des subsistances. Déjà plusieurs écrivains appartenant au clergé avaient fort bien repoussé les traits lancés contre leur ordre sous le rapport de la population. Mais c’est une singularité piquante, que cette force cachée qui se joue dans l’univers se soit servie d’une plume protestante pour nous présenter la démonstration rigoureuse d’une vérité tant et si mal à propos contestée.
Je veux parler de M. Mallhus, dont le profond ouvrage sur le Principe de la Population est un de ces livres rares après lesquels tout le monde est dispensé de traiter le môme sujet. Personne avant lui, je pense, n’avait clairement et complètement prouvé cette grande loi tcm-