Quidam, retprm pcrtvsi, leges maluerunt. (Tacit
2. Saint Augnst. Ve Civil. Ve i, I, 29. — Ailleurs, il dit encore : Retint refftm fttcil iniguitas rmperandi, innocentent autem militent oslendit ordo scrviendi. (Idem, contra Faustum.)
effets politiques ne pouvaient avoir lieu que lorsque l’autorité pontificale ayant acquis ses justes dimensions, la puissance de cette religion se trouverait concentrée dans la main d’un seul homme, condition inséparable de l’exercice de cette puissance. Il fallait, d’ailleurs, que l’empire romain disparût. Putréfié jusque dans ses dernières fibres , il n’était plus digne de recevoir la greffe divine. Mais le robuste sauvageon du Nord s’avançait, et, tandis qu’il foulerait aux pieds l’ancienne domination, les Papes devaient s’emparer de lui , et, sans jamais cesser de le caresser ou de le qombattre, en faire à la fin ce qu’on n’avait jamais vu dans l’univers.
Du moment où les nouvelles souverainetés commencèrent à s’établir, l’Église, par la bouche des Papes, ne cessa de faire entendre aux peuples ces paroles de Dieu dans l’Écriture ; C’est par moi que les rois régnent; et aux rois : Ne jugez pas, afin que vous ne soyez point jugés, pour établir à la fois et l’origine divine de la souveraineté et le droit divin des peuples.
« L’Église, dit très-bieu Pascal, défend à ses enfants, « encore plus fortement que les lois civiles, de se faire « justice eux-mêmes; et c’est par son esprit que les rois « chrétiens ne se la font pas dans les crimes môme de « lèse-majesté au premier chef, et qu’ils remettent les « criminels entre les mains des juges, pour les faire « punir selon les lois et dans les formes de la justice1.»
Ce n’est pas que l’Église ait jamais rien ordonné sur ce point ; je ne sais môme si elle l’aurait pu, car il est des choses qu’il faut laisser dans une certaine obscurité respectable, sans prétendre les trop éclaircir par des lois expresses. Les rois, sans doute, ont souvent et trop souvent ordonné directement des peines; mais toujours l’esprit de l’Église s’avançait sourdement, attirant à lui les opinions, et flétrissant ces actes de la souveraineté
\ , Dans les Lettres provinciale*.